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Trois raisons de voir 7500, huis-clos dans les airs

Les pépites du polar #2

À bord d’un A319 reliant Berlin à Paris, le co-pilote américain Tobias Ellis se retrouve aux prises d’un groupe de terroristes.

Pour un premier film, "7500" témoigne d’une maîtrise assez redoutable. Son réalisateur, le prometteur Patrick Vollrath, est un ancien élève de Michael Haneke, dont il avait suivi les cours à l’Académie du Film à Vienne. C’est donc sans réelle surprise que l’on observe chez l’Allemand une certaine analogie avec l’esthétique de l’Autrichien. Contiguïté qui, outre l’absence de musique, s’illustre par une obsession pour l’horreur, vécue en temps réel mais restant paradoxalement à distance, souvent hors-champ. Ce qui décuple le malaise et les effets du thriller. Pour autant, Vollrath laisse un peu plus de place à la psychologie que son maître. Voici 3 raisons pour lesquelles brille 7500.

Parce qu’il s’agit d’un huis-clos… dans un cockpit.
Dès "Lifeboat" (1944), film se déroulant intégralement dans un canot de sauvetage, Hitchcock avait fait passer le huis-clos à la postérité – avant d’enfoncer le clou avec "La Corde" (1949) et "Fenêtre sur cour" (1954). Mais "7500" apparaît comme le premier du genre à se passer dans un cockpit. Le résultat, qui préfère à la prouesse technique du plan-séquence ("La Corde") un découpage à la grammaire plus complexe ("Fenêtre sur cour"), est brillant sans jamais céder à la démonstration. Comme chaque petit détail compte, le montage et les échelles de plan s’avèrent travaillés jusqu’à l’obsession. Dans cet espace de quelques mètres carrés (dopé certes par la surface filmée par la caméra de sécurité extérieure), il suffit d’un geste ou d’un regard pour que tout bascule, comme une partie d’échecs. Dispositif au sein duquel les acteurs Joseph Gordon-Levitt (le copilote) et Omid Memar (l’un des terroristes), impeccables, rivalisent de justesse et de sobriété.

Parce que "7500" est un pur exercice de tension, radical.
Non, il ne faut pas chercher à travers la mise en scène du film l’ombre d’un symbole ou d’une métaphore : son réalisateur Vollrath a tout fait pour épurer et vider son œuvre de toute substance allégorique. De fait, ne se cache aucun message politique à l’horizon puisque tout est simplement fait pour placer le spectateur dans un état de tension maximal. Pas de musique, pas de grand huit… il faut s’en tenir à une intrigue factuelle et laissant le regard totalement libre ou presque d’analyser la situation à sa guise. Pas de point de vue omniscient ici pour venir nous prendre par la main : seule persiste la focalisation interne du novice Tobias, imparfaite. Si quelques-uns reprochent à "7500" son éloge du devoir, arguant que le héros ne fait que respecter des règles au détriment de ce qu’il ressent, reste que le protagoniste ressemble finalement à n’importe quel pilote tenu de suivre les ordres. En cela, la dynamique relève davantage du réalisme que du parti pris.

Parce l’ultra-réalisme ne tourne pas le dos au divertissement.
Là où "7500" aurait pu pêcher par excès d’austérité et de rigueur, privant résolument le spectateur de toute récréation (comme chez Haneke), son développement flirte finalement avec le spectacle. Sans jamais virer à la pleine attraction, jusqu’à ressembler à une simulation d’attaque terroriste au même titre que "1917" (Mendes, 2019) ressemble à un jeu vidéo de guerre, le long-métrage demeure néanmoins ludique. Dans cet univers moitié documentaire, moitié fantaisie (pas si loin en définitive du "Vol 93" de Greengrass), les acteurs peuvent parfois déployer leur jeu et laisser tout le suspense, haletant, s’exprimer à loisir.

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