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Les pépites du polar #1 : Trois raisons de voir Traîné sur le bitume

Passé inaperçu ou presque, "Trainé sur le bitume" compte parmi les meilleurs néo-polars de ces dernières années. Voici 3 raisons de découvrir cette perle noire ébène, accessible sur Amazon Prime.

Ils ont chacun le même désir : rafler un tas de lingots d’or pour sortir la tête de l’eau. D’un côté, un jeune noir (Tory Kittles) qui rêve de voir sa famille trouver sa rédemption, de l’autre, deux policiers aux méthodes brutales (Mel Gibson et Vince Vaughn), fatigués par leur hiérarchie et un déterminisme social cruel. Sur leurs chemins respectifs, quelques déboires et beaucoup de sang…

Violent, intransigeant et d’une beauté à couper le souffle, "Trainé sur le bitume" est de ces bijoux anonymes que le destin n’aura pas su faire passer à la postérité. Et comment : jamais sorti en salles mais en VOD – la faute peut-être à une irrévérence et une férocité jusqu’au-boutiste, quoique Winding Refn en la matière n’aura jamais eu à en faire les frais –, le long-métrage demeure presque confidentiel. Une injustice, tant "Trainé sur le bitume" n’a pas à rougir face aux plus grands. Mais alors pourquoi ce film est-il si important ?

Parce que S. Craig Zahler.
Son nom ne vous dit rien ? Il s’agit du réalisateur, déjà auteur de deux excellents films, violents et impressionnants eux aussi : "Bone Tomahawk" (2016) avec Kurt Russell, et "Section 99" (2018) avec Vince Vaughn. Chez cet artiste, scénariste et à ses heures batteur dans un groupe de métal (Realmbuilder), la photographie et la mise en scène sont toujours peaufinées, soignées à l’extrême. Cadrage, profondeur de champ, mise en lumière… chaque aspérité donne des indications à la fois sur la psychologie des protagonistes, sur leur environnement et sur l’intrigue elle-même. Et comme, à l’instar de Tarantino, les dialogues sont nombreux et touffus chez Zahler, cette subtilité de la mise en scène, là où s’exprime quelque part « le style de l’écrivain », fait tout. Même lorsque l’histoire semble ne pas avancer, des choses se construisent, se sédimentent et c’est fascinant. Une atmosphère magnétique.

Parce qu’il y a du Tarantino, mais surtout du Lumet, du Siegel ou encore du
Fleischer.

Exit la bien-pensance : chez Zahler – et d’autant plus dans "Trainé sur le bitume" –, la morale n’a pas voix au chapitre. Quitte à passer pour un réac, le cinéaste se place quelque part dans les pas du Fleischer de "Les Flics ne dorment pas la nuit" (1972), ou encore du Friedkin de "Police Fédérale Los Angeles" (1986). Médias, pouvoirs politiques, individus… son regard n’épargne personne. Mieux : la frontière entre Bien et Mal se trouve invisible, dans la lignée du « chacun a ses raisons » de Jean Renoir. Et dans ce système brutal, l’émotion du spectateur et l’ambiguïté morale sont reines.

Parce que "Trainé sur le bitume" est un polar à l’épaisseur romanesque.
Que cela soit pour dessiner l’intimité et la violence sociale qui s’abat sur les personnages – cette brutalité que martèle Zahler –, pour rendre compte de l’effroi d’un vol à mains armées, pour filmer des coéquipiers en planque dans une voiture pourrie ou une fusillade frénétique, le cinéaste se révèle un génie de metteur en scène. Capable de donner du mordant et de la consistance à chaque élément, il n’est pas loin parfois – l’écriture des dialogues y contribue – de surpasser, au détour d’une histoire de sandwich, la scène du Big Kahuna Burger de "Pulp Fiction". On en redemande.

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  • delphinecinetoile 2 décembre 2020
    Les pépites du polar #1 : Trois raisons de voir Traîné sur le bitume

    Traîné sur le bitume est loin du film de buddy movie tragico-comique, c’est un vrai polar noir qui ne cache pas certaines références, j’ai notamment pensé à Heat et à Pulp Fiction. Le film est clairement constitué de deux parties avec la première heure qui pose les différents personnages avec une vue sur leurs activités et leur environnement. La seconde se focalise sur la rencontre de tous et où la tension va monter crescendo jusqu’à des scènes d’actions, certaines violentes avec notamment une assez gore. Le tout avec un souci de réalisme qui rend le tout finalement assez crédible.

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