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3 raisons de voir Un homme en colère

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Avec « Un homme en colère », Guy Ritchie troque sa fantaisie habituelle contre la rudesse et la placidité – ici inflexibles. Un polar ultra noir certes sans l’élégance trash d’un Zahler, mais qui se révèle un convenable film d’action.

L’énigmatique « H » vient d’être embauché comme convoyeur de fonds par Fortico Security, une entreprise de camions blindés. Ses résultats passables lors de l’examen d’entrée, notamment en conduite et au tir, lui permettent de justesse d’intégrer l’équipe. Lors d’une de ses premières missions, pourtant, lui et deux de ses coéquipiers sont victimes d’un violent braquage au cours duquel tous ses tirs de riposte font mouche du premier coup. Si bien que ses employeurs et collègues en viennent à s’interroger sur sa réelle identité et le pourquoi de sa présence au sein de l’équipe…

D’"Arnaques, Crimes et Botanique" (1998) à "The Gentlemen" (2019) en passant par "Snatch" (2000) ou encore "RocknRolla" (2008), les films du réalisateur Guy Ritchie n’ont presque jamais cessé de cultiver un même paradoxe, ambigüité à la fois pétillante et fougueuse : celui de demeurer dans un perpétuel indéterminisme entre brutalité et comédie. Ainsi, la violence, les affrontements et autres règlements de compte côtoient bien souvent une forme de légèreté chez le metteur en scène britannique – une sorte de fantaisie inconséquente à ranger volontiers entre la classe du "Ocean’s Eleven" (2001) de Steven Soderbergh et l’insolence crasse du "Kingsman : services secrets" (2014) de Matthew Vaughn. Eh bien cette antinomie post-tarantinienne, poussée dans se derniers retranchements grandiloquents dans le diptyque "Sherlock Holmes", se voit totalement gommée dans "Un homme en colère". Plus question dans cet opus de retournements de situation tragicomiques ou d’un humour plus ou moins noir pour rire de l’intolérable. Et pour cause : sous un déluge de solennité, Guy Ritchie donne bien souvent surtout l’impression de vouloir imiter le côté cérémoniel et étouffant d’un cinéaste tel que S. Craig Zahler ("Trainé sur le bitume"). La violence, même si moins graphique que chez son homologue américain, s’abat comme un implacable couperet. On passe du polar pétillant au polar noir, le raffinement en moins.

Légèrement plus sobre qu’à l’accoutumée (ce qui reste donc très chargé malgré tout), la mise en scène du film "Un homme en colère" n’écrase pas cette fois son spectateur sous un déluge de plans et d’effets. Ce qui ne l’empêche pas néanmoins de faire dans le déclamatoire et le tape-à-l’œil – Ritchie ne saurait complètement lutter contre tous ses démons et, somme toute, retrancher ce qui fait sa personnalité. Le résultat, tout en étant régulièrement assez pompeux, n’en reste pas moins précis et plutôt maîtrisé. La photographie est rigoureuse et axée sur une colorimétrie résolument sombre. Le cadrage est toujours net et les mouvements d’appareil nerveux. Pas de doute : tous les codes du film d’action haut-de-gamme – ici dans la veine des films de vengeance à la "Taken" (Pierre Morel, 2008) mais en beaucoup plus soigné – se voient compilés avec brio.

Sans autre originalité que celle de réactualiser une recette éculée ("Un homme en colère" est d’ailleurs adapté du film de 2004 "Le Convoyeur" de Nicolas Boukhrief, la critique sociale en moins), le long-métrage réussit quand même à garder son spectateur captif d’un bout à l’autre. Le cocktail d’acteurs (de Jason Statham à Holt McCallany - "Mindhunter"… - en passant par Josh Hartnett - bientôt sortie de sa traversée du désert ? - et Scott Eastwood) et la tension permanente y sont pour beaucoup. De même, le découpage du récit, développé selon différentes focalisations et temporalités, pèse considérablement sur le capital sympathie du film, même si dépourvu de réelles surprises.

L’un des écueils les plus fâcheux du film, a fortiori même en faisant abstraction de l’ère moraliste post #MeToo qui est la nôtre, réside cependant dans l’écriture de ses protagonistes. Tous les personnages de premier plan, exclusivement ou presque composé d’hommes (deux femmes à l’arrière plan), apparaissent comme un banal agrégat de phallos mal dégrossis. Leurs blagues s’avèrent ainsi soit misogynes, soit homophobes – James Cameron avait fait bien plus subtil avec "Aliens"… en 1986. Et même si les faiblesses et angoisses de Sweat Dave (Josh Hartnett) transigent quelque peu avec le côté G.I. Joe généralisé, l’ensemble semble pour autant saturé de testostérone. Par-delà toute réalité sociologique, l’univers des convoyeurs de fonds et des gangsters est ainsi réduit à un virilisme sans nuance. Une idéologie du reste singée à chaque plan ou presque par le visage invariablement patibulaire du monolithique Jason Statham.

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