Le lagon noir - Arnaldur Indridason

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Résumé :

Reykjavik, 1979. Le corps d’un homme est repêché dans ce qui va devenir le lagon bleu. Il s’agit d’un ingénieur employé à la base américaine de l’aéroport de Keflavik. Dans l’atmosphère de la guerre froide, l’attention de la police s’oriente vers de mystérieux vols effectués entre le Groenland et l’Islande. Les autorités américaines ne sont pas prêtes à coopérer et font même tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher la police islandaise de faire son travail. Dans un climat de tension, conscients des risques qu’ils prennent, Erlendur et Marion Briem poursuivent leur enquête avec l’aide d’une jeune femme noire, officier de la base. Le jeune inspecteur Erlendur vient d’entrer à la brigade d’enquêtes criminelles, il est curieux, passionné par son métier, soucieux des autres, mais il ne cache pas son opposition à la présence américaine sur le sol islandais. En parallèle, il travaille sur une vieille affaire non résolue. Une jeune fille disparue sur le chemin de l’école quarante ans plus tôt, à l’époque où la modernité arrivait clandestinement dans l’île, portée par les disques de rock et les jeans venus de la base américaine. Indridason construit un univers particulier, une atmosphère pénétrante et sans nostalgie, un personnage littéraire de plus en plus complexe, et le roman noir, efficace, est transformé par la littérature.

Vos avis

  • 1001histoires 3 janvier 2018
    Le lagon noir - Arnaldur Indridason

    Le lagon noir : publié en Islande en 2014 sous le titre original de "Kamp Knox".

    De nos jours le Lagon bleu est un lieu réputé du tourisme en Islande.

    Mais avant ...

    ... il y avait Illahraun, un champ de lave de sinistre réputation. Puis en 1974, il y a été mis en service la centrale géothermique de Svartsengi. Ses rejets d’eau chaude puisée à grande profondeur sont à l’origine de ce lagon. Mais c’était encore un lieu lugubre en 1979.

    Dans "Les nuits de Reykjavik" Marion Briem avait proposé à Erlendur de rejoindre la Criminelle. Il a attendu trois ans avant de se décider. En 1979, durant l’hiver, Erlendur a deux ans d’ancienneté et la découverte d’un cadavre immergé dans le lagon sera peut-être sa première grosse affaire criminelle.

    J’ai vraiment éprouvé un immense plaisir à retrouver Erlendur. Arnaldur Indridason reconstitue peu-à-peu le puzzle de la vie de son héros récurrent le plus connu. Cela permet également d’explorer l’Histoire récente de l’Islande. Ce pays isolé au milieu de l’Atlatique semble avoir porté malgré lui le poids de l’Histoire mondiale. Durant la seconde Guerre mondiale, l’île fut occupée par l’armée britannique puis par les Américains. Après le départ des soldats, les baraquements vides, comme par exemple ceux de Kamp Knox, le plus grand des camps, avaient servis de logements aux islandais les plus pauvres. Ils étaient devenus en quelque sorte des bidonvilles.

    La Guerre froide avait de nouveau attiré l’attention des grandes nations sur l’Islande. L’OTAN y a installé une gigantesque base stratégique qui pouvait accueillir les avions de combat les plus modernes mais normalement sans armes nucléaires qui restaient stockées au Groenland. Cette base dans la lande de Midnesheidi est située tout près du lagon où le cadavre mutilé a été retrouvé. L’enquête rapproche plus-en-plus Erlendur et Marion de la base militaire, une véritable ville dont les activités secrètes n’empêchent pas les islandais de percevoir un mode de vie totalement nouveau et attirant, surtout pour les jeunes et des petits trafics en tout genre font leur apparition. Ils ne peuvent travailler seuls, dans l’enclave US, ils sont constamment avec Caroline Murphy, sous-lieutenant de la police militaire, une femme de couleur. Son aide sera déterminante car le crime du lagon pourrait être lié à une affaire d’espionnage.

    Erlendur est un personnage solitaire et taciturne. En 1979, divorcé et privé de ses enfants, il fuit son quotidien. L’enquête du lagon ne lui suffit pas. Il mène parallèlement une investigation personnelle sur une disparition non élucidée. Dagbjört a disparu en novembre 1953 sans laisser de trace sur le chemin de l’école. Son chemin longeait les bidonvilles de Kamp Knox. Dagjjört était une adolescente qui rêvait de musique américaine, ses parents lui avaient offert un électrophone et elle avait réussi à se procurer quelques quarante-cinq tours récents venus tout droit d’Amérique. Puis elle a disparu.

    Superbe roman policier ! Deux pages d’Histoire. Deux affaires criminelles. La première est pleine de nostalgie avec un final classique. La seconde est moderne, sombre avec de multiples rebondissements. Les deux racontent des tragédies.

    http://cercle-du-polar-polaire.over-blog.com/2017/12/arnaldur-indridason-suite.html

  • La bibliothèque de Céline 3 juillet 2018
    Le lagon noir - Arnaldur Indridason

    Je retrouve Erlendur ! Pour les amateurs du maître du polar islandais qu’est Arnaldur Indridason, je ne le présente plus. Pour les autres, laissez-moi vous en toucher deux mots. Le commissaire Erlendur Sveinsson est le personnage récurrent de l’auteur islandais, bien qu’il n’apparaisse pas à chaque fois. Dans cet opus, il n’est encore qu’un tout jeune policier de la criminelle sous les ordres de sa supérieure Marion Briem. Son instructeur. Son menton avec qui, il tisse peu à peu des liens. A sa façon…
    Erlendur est donc tout jeune ici. Pourtant, Le lagon noir est l’avant dernier titre paru de l’auteur. C’est que, Arnaldur Indridason aime bien revenir sur les jeunes années de l’enquêteur et se livre à cet exercice dans certains de ses bouquins. C’est aussi le cas dans un des titres qui précède Le lagon noir et qui s’intitule Les nuits de Reykjavik.
    Quand je débute un polar d’un de mes auteurs préférés, c’est un moment de grande émotion accompagné de tout un rituel. Tout d’abord, j’admire la couverture. Toujours très sombre (il ne pourrait en être autrement). Mais j’aime ça ! Puis, je lis la biographie de l’auteur qu’avec le temps, je connais pas cœur. Il faut dire que les éditions Points imprime immuablement les mêmes phrases donc à force…Enfin, je me lance et là, ce n’est que pur régal ! Je peux vraiment dire que cet auteur me transporte littéralement. Instantanément, je suis en Islande. La nature aussi apaisante qu’angoissante. Souvent âpre. Parfois hostile. De la lave. Des volcans. Un lagon. Et immanquablement, un cadavre.
    Je dirais que dans Le lagon noir, l’intérêt du polar ne réside pas dans la résolution de l’enquête. Loin de là. C’est bien plus complexe et intéressant que cela. Ce qui importe ici, c’est l’ambiance qui règne. Ce qui domine, c’est la découverte de l’identité islandaise que l’auteur s’attache à faire découvrir à ses lecteurs. En parallèle de l’enquête officielle, Erlendur a pour habitude de mener sa propre enquête, à titre officieux, sur une disparition non résolue et dont plus personne ou presque ne se souvient. Le jeune homme est passionné, que dis-je, obsédé par la recherche de personnes disparues dans des circonstances troubles. Originaire des fjords de l’est, sa préférence va habituellement aux disparitions liées à la nature hostile et au climat peu clément que l’Islande connaît si bien. Pourquoi cette obsession ? Le savez-vous ?! 😉
    – Je m’intéresse à ceux qui résistent, avait précisé Erlendur. A ces gens qui survivent à des conditions extrêmes. Comment y parviennent-ils ? Pourquoi certains survivent-ils alors que d’autres périssent quand ils sont confrontés aux mêmes dangers ? Pourquoi certains se perdent-ils et d’autres pas ? Quelles erreurs commettent-ils ? Comment peut-on éviter les erreurs en question ?
    – Mais je sens autre chose derrière l’intérêt que tu portes à ces histoires.
    – Je ne vois pas.
    – J’ai l’impression que ces récits ont pour toi un sens bien particulier.
    – Non, je…
    – Je me trompe ?
    Erlendur avait longuement regardé Marion, se demandant s’il devait lui dire le fond de sa pensée.
    – Ce n’est peut-être pas forcément…peut-être pas uniquement la question de ceux qui meurent ou qui se perdent, mais plutôt…
    – Oui ?
    – …plutôt de ceux qui restent, ceux qui doivent lutter contre les questions laissées en suspens. C’est peut-être ça qui est le plus intéressant.
    – Est-ce que ces histoires parlent aussi de ceux qui restent ?
    – Bien trop rarement.
    – Si je comprends bien, ce qui t’intéresse, ce sont ceux qui restent et se débattent avec le deuil ?
    – Peut-être, avait reconnu Erlendur. Eux aussi, ils sont importants. « Lequel des deux je suis, celui qui survit ou l’autre qui meurt ? ». Je me pose parfois la question.
    Beaucoup de personnages apparaissent malheureux dans Le lagon noir. Ceux qui restent semblent déjà un peu morts. Une certaine tension plane. L’angoisse se veut permanente mais si bien narrée que je n’ai pu que la trouver belle…
    En toile de fond : la présence de l’armée américaine en Islande. De toute évidence, Arnaldur Indridason fait d’Erlendur son porte-parole sur ce sujet dont on devine très clairement ses pensées….
    Je suis vraiment heureuse de retrouver son style qu’il avait, à mon sens, quelque peu abandonné dans Opération Napoléon : cette course poursuite à l’américaine à laquelle se livraient les héros et dans laquelle on ne retrouvait pas du tout la plume de l’auteur.
    Certains trouvent les polars nordiques et ceux d’Indridason trop lents. A mon goût, ils sont juste parfaits. Question de goûts.

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