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Leurs enfants après eux - Nicolas Mathieu

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Résumé :

Août 1992. Une vallée perdue quelque part à l’Est, des hauts fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a 14 ans, et avec son cousin, ils s’emmerdent comme c’est pas permis. C’est là qu’ils décident de voler un canoë pour aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence. Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt, cette France de l’entre-deux, celle des villes moyennes et des zones pavillonnaires, où presque tout le monde vit et qu’on voudrait oublier.


Voir en ligne : Voir la critique d’AVoir-ALire

Vos #AvisPolar

  • La belette du sud 11 novembre 2018
    Leurs enfants après eux - Nicolas Mathieu

    Pour une fois, j’ai lu un Goncourt avant que cette distinction ne lui soit épinglée à la jaquette. Même si ce n’était pas mon petit favori, je me réjouis que Leurs enfants après eux soit honoré de cette distinction. Je me réjouis aussi que le Goncourt soit à nouveau un livre accessible et agréable à lire.

    Nicolas Mathieu sait y faire, il a l’envolée belle, il maîtrise son style. Son écriture est tellement fluide et naturelle qu’on finit par l’oublier au profit d’une immersion totale dans ce récit social. Impossible de vous expliquer exactement pourquoi parce que, pendant ma lecture, je me suis surprise à penser que ce livre n’avait rien de particulier . Et pourtant, il se lit presque d’une traite. Oui, les pages se tournent toute seules, le lecteur boit l’histoire jusqu’à la fin, comme par fatalité, par solidarité avec Anthony et les autres, englués dans un déterminisme régional auquel ils tentent d’échapper.

    Il y a dans ce livre la magie d’un auteur qui maîtrise son sujet, un auteur qui a été capable d’observer et de saisir tous les codes sociaux d’une époque et la détresse d’une région sinistrée. Et ça, j’en suis certaine, parce que, voyez-vous, Hayange (Heilange dans le livre) est à 50 km de chez moi à vol d’oiseau, avec un changement de pays entre les deux. Cette ‘France d’en bas’, la chute du bassin sidérurgique lorrain, l’appauvrissement de toute une région, j’en ai entendu parler toute ma jeunesse.

    Ce livre, c’est le retour à l’époque des mes parents, à celle de mon père, sidérurgiste, heureusement dans « un état providence voisin » comme le dit si bien Nicolas Mathieu. C’est le souvenir des conversations à table où mon père racontait l’usine, les copains « bicots », ceux qui venaient de la Zup. C’est l’époque des apéros au picon bière et des barbecues « des vieux » auxquels nous, ados, tentions d’échapper. C’est aussi un retour aux références musicales et cinématographiques de mon adolescence. Mais la comparaison s’arrête là. Cinquante kilomètres parfois, ça vous laisse le choix, ça vous change une vie. Enfin, quoique, si j’y réfléchis bien … Mais ça, c’est une autre histoire, c’est la mienne et ça ne ferait pas un Goncourt.

    Bon voyage en Lorraine !

  • Henri-Charles Dahlem 14 février 2020
    Leurs enfants après eux - Nicolas Mathieu

    Lorraine, cœur d’acier… rouillé
    Après Aux animaux la guerre, Nicolas Mathieu revient avec un magnifique roman qui, à travers les portraits d’une bande de jeunes dans une Lorraine désindustrialisée, raconte la France des années 90. Fort, juste, dramatiquement vrai.

    Balzac, Hugo, ou encore… Karine Tuil. Il y a dans le second roman de Nicolas Mathieu la faconde de l’auteur de La Comédie humaine, la dimension sociale et politique de l’auteur des Misérables et l’art de dépeindre une époque de la romancière de L’Insouciance. Autant dire que je place Leurs enfants après eux dans le carré la plus précieux de ma bibliothèque, celui des livres « indispensables » dont j’imagine qu’ils pourraient devenir des classiques.
    Le roman s’ouvre au bord d’une plage, durant l’été 1992. Anthony s’y prélasse avec quelques copains, essayant de tuer le temps. Au sortir de l’adolescence, son horizon n’est guère enthousiasmant. Dans une Lorraine qui a beau comporter de nombreuses localités se terminant par « ange », c’est plutôt le diable qui semble avoir pris le contrôle du territoire. Après la fin du charbon, c’est la fin de la sidérurgie. La désindustrialisation a déjà fait des ravages. Le chômage a frappé les enfants du baby-boom et s’est étendu comme un cancer aux stigmates visibles dans tout le paysage. Comment s’imaginer un avenir au milieu de friches industrielles, d’usines désaffectées, de commerces ayant définitivement tiré leur rideau de fer ? « Le paradis était perdu pour de bon, la révolution n’aurait pas lieu ; il ne restait plus qu’à faire du bruit. » Le bruit des motos pétaradantes ou celui de groupes tels que Nirvana ou Queen vont du reste accompagner le lecteur tout au long du roman. L’YZ que son père garde au fond de son garage va servir à Anthony à rejoindre la fête donnée dans une villa à quelques kilomètres de chez lui. Avec son cousin, il va essayer de trouver dans l’alcool, la drogue et le sexe de quoi agrémenter son spleen. Sauf qu’au petit matin, le bilan est loin d’être grandiose. Outre une altercation avec Hacine qui tentait de s’incruster dans cette fête, et une bonne gueule de bois, il constate que la moto a été volée.
    Il retourne chez lui la peur au ventre, car il n’a pas demandé l’autorisation à son père et sait combien ce dernier tenait à cette moto, même s’il ne s’en servait plus guère. Hélène, sa mère, redoute tout autant la réaction de son mari et décide de se rendre chez le père de Hacine pour récupérer l’YZ, sans succès. Car cette dernière est en train de brûler au milieu de curieux ébahis.
    Si l’on peut parler ici d’acte fondateur, c’est parce que cet événement cristallise toutes les rancœurs, toutes les peurs, tous les drames à venir.
    Hacine se fait proprement défoncer par son père, l’immigré forcément accusé de tous les maux. Patrick s’en prend à sa femme Hélène et à Anthony, provoquant l’éclatement de la famille. La vengeance va entraîner la déchéance…
    Nicolas Mathieu a découpé son roman en quatre périodes, quatre étés de 1992 à 1998 qui nous permettent, outre le passage de l’adolescence à l’âge adulte d’Anthony, de Hacine, de Clem, de Steph et des autres, de suivre l’actualité politique et l’actualité sportive. De la montée du front national à la Coupe du monde de football, l’auteur montre comment ces événements accompagnent le quotidien et marquent les esprits jusqu’à bousculer quelques existences. Car les drames et les réussites servent aussi de révélateur. À l’aune de cette époque floue et instable, entre la chute du mur de Berlin et celle des Twin Towers, la seule issue raisonnable semble devoir être la fuite.
    Disons encore quelques mots du style de Nicolas Mathieu. Il a parfaitement su retrouver le ton, les expressions et le ressenti de ses personnages – il est de la même génération – avec cette dose de violence et de fatalisme qui leur colle à la peau et qui vont faire voler en éclats leurs rêves. Retrouvant l’ambiance de son roman noir, Aux animaux la guerre, Nicolas Mathieu nous livre un constat aussi lucide que douloureux. Et qui résonne d’autant plus fort en moi, car je fais partie de ces Lorrains qui ont choisi de s’exiler sous des cieux plus cléments.
    https://collectiondelivres.wordpress.com/2018/10/08/leurs-enfants-apres-eux/

  • Marie Nel 7 mars 2020
    Leurs enfants après eux - Nicolas Mathieu

    J’avais envie de lire ce roman depuis sa sortie à l’automne 2018. Le sujet m’intéressait beaucoup. Le fait qu’il ait obtenu le prix Goncourt cette même année m’a confortée dans ma curiosité de le découvrir. C’est maintenant chose faite grâce à un emprunt à ma médiathèque. Et je pense que je vais très certainement l’acheter car j’ai beaucoup aimé cette plongée dans la Lorraine des années 90. Je découvre Nicolas Mathieu avec ce titre, et j’ai été fascinée par sa plume et son style d’écriture, la justesse du ton et sa manière très juste de dépeindre la société. Moi qui aime beaucoup Zola, les Rougon-Macquart et Germinal notamment, je me suis retrouvée ici dans la même configuration. À travers des personnages, l’auteur brosse un portrait de la société. Cela se passe en Lorraine avec l’arrêt des hauts fourneaux, mais cela pourrait également se transposer dans le Nord avec l’arrêt des mines ou des usines de textile, ou dans ma région actuelle avec la fermeture des horlogers et lapidaires. Chacun retrouvera dedans un peu des problèmes qu’il vit dans sa région.

    L’histoire va s’étaler sur six ans, de 1992 à 1998, et ce tous les deux ans. Quatre parties représentant à chaque fois une année, 1992, 1994, 1996 et 1998. Et toujours à la même période de l’année puisque l’on est à chaque fois pendant les vacances d’été. On va ainsi suivre sur ce laps de temps un jeune garçon, Anthony, il a 14 ans en 1992. Il fait les quatre cent coups avec son cousin, comme tout adolescent. Tous les deux s’amusent beaucoup, c’est l’été des premiers flirts qu’on aimerait concrétiser, des premiers émois, des premiers regards vers les filles. C’est le moment aussi des nouvelles expériences, l’alcool, le tabac, les joints. Anthony se cherche, voudrait déjà être un homme. Son père vit de petits boulots depuis que les hauts-fourneaux ont fermé et oublie ses problèmes dans l’alcool. On va suivre également Hacine qui vit avec son père, sa mère étant retourné au bled. Lui il vit du trafic de la drogue. Et il y a aussi Steph, Simon, Coralie, Vanessa....

    J’ai pu regarder évoluer ces jeunes, d’été en été. Ils grandissent, deviennent un peu plus mature tout en restant encore gamins dans certaines de leurs réactions. Peu à peu se profile le choix du métier avec les années lycée. Et dans une région où le chômage fait partie de la vie courante, il est très difficile pour ces jeunes de s’imaginer un avenir tranquille et florissant. Certains vont faire des études en université, ils vont tenter, se donner à fond, d’autres préfèreront rentrer dans la vie active, quitter le nid familial pour devenir indépendants, même s’ils vivent des débuts pas faciles.

    Tout le monde connait tout ce que raconte Nicolas Mathieu. Je me souviens très bien de mes années où j’avais espoir dans tout et était positive, je me sentais invulnérable et tout était possible. Mais la société et ses problèmes nous rattrapent bien souvent, nous transforment et nous mènent sur des chemins inattendus. Les personnages sont vraiment très bien travaillés, je me suis retrouvée dans certains, ou j’ai retrouvé des gens que je connaissais dedans. La société tient un rôle très important ici et est un personnage à elle toute seule. L’auteur est très juste dans ses descriptions, il ne la glorifie pas et ne la noircit pas non plus, il est vrai et dit les choses telles qu’elles sont. Pour elle aussi on voit une évolution. Les villes et villages qui s’isolent de plus en plus, les centre-villes qui se désertifient avec les constructions des premiers ultra centre commerciaux qui sont, à l’heure actuelle, de véritables villes à eux tout seuls. C’est un détail qui me choque à chaque fois que je fais de la route et que je traverse des villes de France. Tous les abords se ressemblent, avec des zones commerciales immenses où tous les magasins sont regroupés et causent la fermeture de ceux qui se trouvaient dans la ville et créaient de l’animation. Une évolution de la société de consommation que je n’apprécie pas.

    Mais bon, pour revenir à ce livre et cette histoire, tous les faits de société sont représentés, ceux que l’on vit, ceux que l’on voit à la télé. L’auteur parle de tout, du chômage, du racisme, de l’intégration. Mais tout n’est pas sombre, je vous rassure, il y a tout de même beaucoup d’espoir à travers ces jeunes qui pensent changer le monde. Vingt ans après, les espérances sont autres. Dans les années 90, on parlait très peu de climat et de pollution, disons que ce n’était pas un sujet de conversation récurrent comme aujourd’hui. Tout à cette époque reposait beaucoup plus sur le travail, le chômage. Les jeunes de maintenant ont toujours les mêmes questionnements, il n’y a pas plus de travail maintenant, mais sont en plus touchés par les problèmes du climat, beaucoup se remettent en question et ont des interrogations que nous n’avions pas dans ces années là. Vingt ans, c’est pas si loin, mais comme nous avons déjà changé ! C’est en lisant des romans comme celui-ci que l’on s’en aperçoit. Il y avait encore des cassettes stéréo, des VHS, il n’y avait pas encore de téléphones portables, internet en était à ses balbutiements, il n’y avait pas autant d’ordinateurs chez les gens, tout ne se faisait pas par internet, il fallait bouger pour avoir un renseignement. Quand on compare, on se rend compte des bouleversements que nous avons nous-mêmes vécu, et j’ai la sensation qu’il y a beaucoup plus que vingt années qui ont passé tellement il me semble que l’on est différents...

    J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman. J’aime lire les prix Goncourt, j’en ai lu des bons et des moins bons. Celui-ci est un très bon crû pour moi. L’auteur a vraiment très bien décortiqué toute la société, dans ses travers et dans ses bonnes choses. Le tout est bien entendu ponctué par les événements nationaux importants, ou par la musique. Les quatre parties portent d’ailleurs le titre de chansons qui ont marqué cette décennie, avec des groupes mythiques tels que Nirvana ou Guns N’Roses. L’été 1998 est d’ailleurs marqué par un événement qui est dans les souvenirs de tout le monde, et ce n’est pas spoiler que d’en parler, puisque tout le monde pense à la coupe du Monde de football gagné par les Français cette année-là. Ce fut assez marrant pour moi de revivre cet événement alors que nous venons de vivre le même l’année dernière. Je ne suis pas du tout une fan de ce sport, mais une telle compétition reste quelque chose d’exceptionnel quand c’est notre pays qui gagne.

    Ce roman est vraiment très complet et aborde tous les phénomènes de société de ces années là sans que ce soit répétitif ou lassant. L’auteur a très bien su incorporer la vie de ses personnages dedans et retranscrire ainsi leur vie. C’est tellement réaliste et criant de vérité que j’avais l’impression de voir les images défiler devant mes yeux au fur et à mesure de ma lecture. C’est un récit sensible, bouleversant, qui prend aux tripes. J’ai vécu cette lecture en apnée, dans l’attente des événements. Une lecture très dense, très forte émotionnellement parlant, j’ai retrouvé mes jeunes années au travers certains des personnages. Une lecture intense et prenante, les pages se tournent facilement, les unes après les autres. Une lecture pleine d’espoir, profonde que j’ai beaucoup aimé.

    J’aimerais bien voir cette histoire adaptée et retranscrite à la télé ou au cinéma. Ce serait fort intéressant. Je n’ai pas été étonnée en lisant la biographie de l’auteur de voir qu’il avait fait des études dans le cinéma et des stages dans cette profession, je comprends mieux son style justement très imagé et réel. D’ailleurs, son premier roman a été adapté à la télé. Je serai vraiment curieuse de voir l’histoire d’Anthony en images.
    Je ne connaissais pas encore Nicolas Mathieu avant, cette lecture m’a donné envie de lire son premier roman, Aux animaux la guerre, qui se passe dans les Vosges. Je ne peux que vous conseiller ce roman si vous ne connaissez pas encore. N’ayez pas peur du prix obtenu, sa plume est très accessible.

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