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Angkar - Christian Blanchard

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Résumé :

Champey est une jeune mère courage qui tente de se reconstruire après la trahison ignoble de son ex-mari. À leur fille de 6 ans, elle invente un bon père, mort dans un accident de voiture, alors que Mau était bébé. Mentir plutôt que la laisser découvrir la vérité sur son géniteur.
Mais une nuit, Champey fait un cauchemar qui la transporte au Cambodge dans la peau d’une autre femme. Elle vit les bombardements, le sang, l’horreur. Les revit les nuits suivantes. Ses rêves sont si violemment réalistes que la jeune femme, bouleversée, décide de retourner dans le pays qui l’a vue naître, sous la dictature des Khmers rouges.
Au même moment et sans le savoir, mère et fille vont devoir se confronter à l’insoutenable et cruelle vérité de leurs origines.

Suffocant, terrifiant, dans la lignée de son succès Iboga, le nouveau roman de Christian Blanchard prend sa source dans les heures les plus sombres de l’histoire du xxe siècle.

Vos #AvisPolar

  • Aude Lagandré 17 mars 2020
    Angkar - Christian Blanchard

    Avril 1976, Phnom Penh, Cambodge. La nation toute entière vit au rythme des enlèvements, tortures et crimes commis par le régime en place. L’Angkar, organisation révolutionnaire demande fidélité, respect et obéissance au parti. Janvier 2019, Brest, Champey est en proie à de terribles cauchemars qui la transportent au Cambodge. Elle rêve de bombardements, de sang, de tortures. Pourtant, adoptée dès son plus jeune âge, elle n’a jamais connu le pays qui l’a vue naître. Le mystère de ses origines reste entier. Mère d’une petite Mau âgée de 6 ans, Champey lui ment sur ses origines. Elle dissimule avec beaucoup de détermination l’identité de son vrai père et lui en invente un plus honorable. « Peut-on vivre dans le mensonge ? Dans une mystification idyllique de son passé ? Ou bien doit-on se confronter à la vérité, si terrifiante et cruelle soit-elle ? »

    Dans « Angkar », Christian Blanchard explore le mystère des origines par le prisme de deux survivantes, deux rescapées de la vie. Si le conscient se barricade pour ne pas souffrir, l’inconscient ne laisse pas Champey tranquille. Elle porte en elle le cauchemar de sa naissance et traîne les stigmates de ce pan de son histoire personnelle. Perturbée par ces nuits douloureuses et exténuantes, sa curiosité s’empare peu à peu de son quotidien, obsédée par les mystères cachés de sa naissance. Et pourtant, intéressant paradoxe, Champey cache la véritable identité de son père à sa fille, refusant toute authenticité le concernant, créant un faux album photo, racontant des anecdotes tronquées.

    Cette confrontation, et cette mise en perspective auraient dû être le point d’ancrage du roman. L’histoire du Cambodge et la prise de pouvoir des Khmers rouges, le décorum qui permettait de donner une âme au récit. La transmission épigénétique, le cœur d’une longue quête sur le chemin de la vérité. Les cartes étaient fort bien posées, les ambivalences dans les actions éminemment intéressantes, les affres psychologiques telles que « pourquoi reproduit-on ce qui nous fait souffrir » énoncées. Les connexions, les interactions entre l’histoire personnelle de Champey et la vie de sa fille laissaient supposer de beaux axes de réflexion sur ce qui fait que vous sommes qui nous sommes. Les retours en arrière, en 1976 sont très réalistes et fort réussis. L’histoire du Cambodge est peu connue et la raconter offre un voyage dans le temps dont le lecteur ne se lasse pas, même s’il sert principalement à raconter des abominations. Lorsque Champey se rend dans le centre de détention S-21 au Cambodge pour remonter le fil de son histoire, le lecteur est comme suspendu à ses émotions.

    Et puis, malheureusement, le soufflet retombe. Christian Blanchard donne à la seconde partie de son roman une direction particulière à laquelle je n’ai absolument pas adhéré. Les thématiques psychologiques captivantes abordées plus haut font place nette à des scènes d’actions pures dont je ne vous parlerai pas. Les réponses attendues n’arrivent qu’en toute fin de roman, presque jetées là comme un cheveu sur la soupe, dans une incompréhensible précipitation, sans développement particulier, et sans épaisseur. Le temps accordé pour aborder les vrais aspects spirituels du travail de mémoire et encore plus de la mémoire génétique est trop expéditif. Pour moi, tout va trop vite, et les choses ne sont pas traitées en profondeur.

    Voilà une semaine que j’ai achevé ma lecture et ce compte-rendu me torture depuis lors. J’aurais aimé écrire autre chose… Si la première partie du roman est habilement menée développant une vraie psychologie des personnages, la seconde partie m’a perdue dans des circonvolutions que je juge dommageables pour le roman. Cela reste mon avis et il n’engage que moi. Je suis persuadée que ce récit ravira les lecteurs avides d’histoires qui mêlent aspects introspectifs et scènes d’action. J’aurais préféré que Christian Blanchard reste sur sa ligne de départ et développe cette double mise en abîme de recherche des origines pour la mère et la fille, afin de dégager de vrais axes de réflexions. N’hésitez pas à vous faire votre propre idée et parlons-en.

    Je remercie des éditions Belfond et Netgalley pour leur confiance.

  • L’atelier de Litote 17 mars 2020
    Angkar - Christian Blanchard

    Un roman puissant qui regroupe en deux parcours distincts, deux des pires personnages que l’on puisse imaginer. Sur deux époques différentes, on va se lancer avec Champey sur la quête de ses origines. Champey est une jeune mère qui après avoir subit la découverte de qui était vraiment son mari, voit revenir en elle sous forme de cauchemar un passé qui ne lui appartient pas. Il prend sa source au Cambodge, le pays qui l’a vu naître pendant la dictature des Khmers rouges. Les passages sur cette époque reprennent selon toute vraisemblance des évènements qui se sont produit au sein des camps de la mort et on est face à l’horreur. A partir de là on va la suivre dans ses recherches qui font appelle à la psycho généalogie. C’est sur ce point que j’ai eu le plus de mal à adhérer à l’intrigue même si cela s’est révélé très intéressant. En même temps nous suivons Mau la petite fille de Champey qui ne connaît de son père que ce que sa mère lui en a dit, à savoir que c’était un homme bon, parti trop tôt dans un accident de voiture alors qu’elle avait un an. Alors qu’en fait la vérité est à l’opposé. La plume de l’auteur est fluide et nous emporte dans les méandres de l’âme humaine avec beaucoup de talent. Il n’est jamais facile de lire les exactions commises par des tortionnaires, alors je suppose que c’est encore plus difficile quand il faut les écrire. Pourtant, je me suis vite prise à l’intrigue, le suspense savamment distillé, le rythme du récit et l’envie de mieux cerner le passé, le présent et l’avenir de Champey. Un roman qui remue et fait réfléchir sur l’incidence du passé sur le présent, l’intérêt réel de la petite histoire dans la grande. A découvrir. Bonne lecture.

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