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#Mafia : « Romanzo Criminale » de Giancarlo De Cataldo -

N°9 au palmarès des meilleurs livres du crime organisé selon BePolar

Italie. En pleine guerre froide, deux blocs luttent pied à pied pour étendre leur influence. L’extrême- gauche d’une part et ses opposants d’autre part, dans lesquels on retrouve les milieux d’affaires, les services de renseignement… et la mafia ! C’est dans ce contexte explosif que nous entraîne De Cataldo dans une fresque romanesque hyper documentée qui nous donne à voir la naissance, la vie et la mort d’un groupe mafieux dans un lieu que l’on n’attendait pas en Italie : Rome, la ville éternelle. Bienvenue dans Romanzo Criminale, le talentueux roman d’un juge qui cherche à se hisser au-dessus de la mêlée.

L’histoire :

Le Libanais, le Froid, le Dandy, le Buffle, Patrizia : une belle brochette de malfrats a fait main basse sur Rome à la fin des années 1970. Pendant vingt ans, la "bande de la Magliana" mettra la capitale en coupe réglée. Loge P2, terrorisme noir, assassinats, corruption de politiciens, services secrets - rien ne lui échappe. Un roman épique passionnant sur l’une des plus puissantes organisations criminelles jamais démantelées en Italie.

Pourquoi ce livre est important :

Quand on parle de mafia italienne, on pense au sud, à la Sicile, à la Calabre, à la Campanie, voire même aux villes riches du Nord que l’on sait largement infiltrées. Moins à Rome, ville d’histoire… et de pouvoirs. Romanzo Criminale c’est d’abord le roman du grand banditisme romain, un territoire vierge ou plutôt délaissé qui ne demande qu’à être conquis par un groupe d’amis originaires du même quartier défavorisé.

Leur ascension est un mélange de violence extrême, de solidarité, de code d’honneur (fragile), de trafics de drogue et de prostitution, d’embourgeoisement et de complots. C’est l’éternelle lutte pour le pouvoir, bien connue dans la ville des Césars, où le crime est roi et Rome un trône, une scène.

1977. Alors que sévissent les « années de plomb » (période de violences politiques intenses), on assiste à la naissance d’un gang qui profite d’un système qui doit déjà livrer d’autres batailles : sous l’impulsion du « Libanais », la Banda della Magliana étend son emprise sur la ville, coup après coup, quartier après quartier. Extorsion, trafic de drogue (le plus rentable) puis d’armes, corruption, intimidation et meurtres vont aider le gang à constituer un petit empire où chaque gain est réinvesti, où la loyauté s’étend à ceux qui tombent tout autant qu’à ceux qui assurent la bonne marche des affaires. Tous les chemins du crime et de la violence mènent bientôt à la soumission de Rome.

Après avoir assisté à la croissance d’une nouvelle mafia dans un pays qui n’en manquait pourtant pas, on suit la lente et inexorable désagrégation du gang provoquée par la mort de son chef de meute : jalousie, traîtrise, folie des grandeurs, absence de planification, d’objectifs ou tout simplement de leadership, combines foireuses et compromissions, vie facile et drogues en tout genre vont désolidariser « l’honorable société », au même titre que les coups de boutoir d’un juge et d’un policier qui se refusent à voir leur ville sous coupe réglée.

Largement inspirée du parcours d’un gang ayant réellement existé, cette saga navigue entre fiction historique dynamique et œuvre documentaire. De Cataldo sait de quoi il parle, lui qui a exercé comme juge à la cour d’assises dans la ville éternelle : les subtilités du droit pénal italien, les déboires des acteurs de la justice (policiers, avocats, magistrats) sont habilement mis en scène et donnent une dimension réaliste au roman.

Mais ce n’est pas tout : en fin connaisseur de la vie publique et souterraine de son pays, De Cataldo nous plonge dans une époque complexe, pleine de compromissions, encore marquée idéologiquement par le fascisme, où la violence politique est la norme (attentats, enlèvement de l’homme d’État Aldo Moro par les « Brigades Rouges », etc. ) et la combinazione tortueuse un art de vivre. Dans ce roman dépourvu de manichéisme, l’auteur laisse l’opportunité à son lecteur de se forger sa propre opinion sur un pays dont la situation dépasse toutes les fictions.

Ce qu’il faut retenir (pour briller en société) :

1. Le gang de la Banda della Magliana a réellement existé et est intimement associé au contexte des « années de plomb », cette période de grande tension politique en Italie qui opposa schématiquement les mouvements révolutionnaires d’extrême-gauche et leurs soutiens à toute une ribambelles d’opposants : les mafias comme Cosa Nostra, la Camorra ou la ‘Ndrangheta, les néofascistes italiens, certaines branches des services secrets, une partie de l’Eglise, des politiques et des membres de la malheureusement célèbre loge maçonnique clandestine P2. Cette alliance étonnante mit en œuvre ce qu’on appelle désormais « la stratégie de la tension », l’instauration d’un climat de violence politique à même de mener à un régime autoritaire.

2. Romanzo Criminale, le roman, a reçu le prix Le Point du polar européen. Il a été adapté en série télévisée puis en film dans une réalisation de Michele Placido sortie en 2016. Giancarlo De Cataldo y apparait dans le rôle d’un juge, un clin d’œil de l’œuvre à son créateur que l’on appelle un « caméo ».

3. Ce roman a connu une suite, La Saison des massacres, parue en 2008. On y suit notamment le parcours du commissaire Scialoja et de Patrizia dans une Italie aux prises avec la célèbre « opération mains propres » qui opposa l’État à la mafia.

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