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#Mafia : « American Desperado » de Jon Roberts et Evan Wright

N°13 au palmarès des meilleurs livres du crime organisé selon BePolar

Au cœur des ténèbres et Symapthy for Devil : voilà en deux œuvres ce que suscite American Desperado, le récit sous forme d’entrevues du parcours criminel de Jon Robert, surnommé le« Cocaïne Cowboy ». Cette plongée aux racines du mal, à la croisée entre la biographie et le documentaire est fascinante, comme sait parfois l’être le mal. Il faut l’éclairage donné par le co-auteur, un journaliste, et mettre son intelligence en action pour sortir indemne voire grandi de ce récit plus surréaliste que bien des films de mafia.

L’histoire :

Ce livre retrace l’histoire intense de John Riccobono alias Jon Roberts. Né dans la famille Gambino affiliée à la Mafia new-yorkaise, Jon a sept ans quand il est témoin d’un meurtre commis par son père et doit apprendre la loi du silence. Suivant la voie qu’on lui a tracée, il fait ses armes comme "soldat" du clan Gambino puis s’engage dans les Marines et donne libre cours à sa sauvagerie naturelle au Vietnam. On le retrouve à vingt-deux ans à New York, où il supervise le racket des boîtes de nuit pour ses oncles. La vague disco/cocaïne va lui donner des idées et lui faire découvrir Miami, où il devient en quelques années l’un des correspondants les plus actifs du cartel de Medellín, écoulant de 50 à 100 kg de poudre par mois. Son carnet d’adresses se lit comme un bottin mondain : le général Noriega, Richard Pryor, O-J Simpson, Meyer Lansky, Richard Dreyfuss, Pablo Escobar... Au volant de voitures de luxe, entouré des plus belles femmes, il est aussi charmant qu’amoral et meurtrier. Scrupuleusement documenté, ce livre écrit en collaboration avec Evan Wright, romancier et grand reporter, permet de découvrir non seulement la vie d’un criminel extraordinairement audacieux, mais aussi une période chaotique et passionnante de l’histoire américaine.

Pourquoi ce livre est important :

A l’origine était le crime. Jon Roberts ne met pas longtemps à choisir sa voie. Issu d’une famille mafieuse, il est fasciné, enfant, par le meurtre commis par son père et resté impuni d’un automobiliste ayant seulement refusé de lui céder le passage. Pour lui, c’est une leçon morale : le mal est plus fort que le bien, le crime paie, il n’y a pas de justice divine, contrairement à tout ce qu’on prétend enseigner. La seule règle est de ne pas se faire coincer.

Jon Roberts, c’est donc la rencontre entre l’intelligence au service du mal et un contexte ultra-favorable, qui va démultiplier sa violence et ses appétits de pouvoir. Cet homme en colère, en manque de reconnaissance, va donc vivre une adolescence digne d’Orange mécanique, faite de règlements de compte sanglants, de bastons à coups de battes de baseball, de trafics sordides.

Le problème est que cette abomination individuelle va croiser la sauvagerie institutionnalisée : l’armée lui propose d’effacer son casier judiciaire en s’engageant au Vietnam où sa cruauté et son manque de considération pour la vie humaine feront des merveilles. A son retour il est mûr pour le crime organisé, un phénomène marginal certes, mais qui se nourrit des insuffisances de nos sociétés.

Son intelligence va faire des ravages dans ce monde qu’il présente comme étant essentiellement composés d’obsessionnels et de psychopathes obsédés par le pouvoir de l’argent. Il va alors devenir un logisticien brillant et discret au service du cartel de Medellín (tenu par les frères Ochoa et uncertain Pablo Escobar), un pivot du trafic de drogue aux États-Unis, usant des techniques dignes d’un État (organisation des transports et de la sécurité, recrutement de personnel qualifié, contre-espionnage…). Un témoignage précis et passionnant sur les agissements de la mafia.

Si l’homme s’assagit alors par nécessité, les dommages qu’il inflige à la société n’en sont pourtant que démultipliés : c’est le début de la diffusion massive des drogues, un phénomène de société dans lequel les États-Unis sont encore englués.

Au-delà de la fascination morbide envers ce bad boy et sa toute-puissance, l’intérêt principal de ce livre est, par ses côtés surréalistes, de nous amener à réfléchir. Tout d’abord sur les ambiguïtés d’un système qui prétend combattre la drogue mais qui favorise la "construction" des consommateurs et des trafiquants. Sur la violence et la confiance en soi, souvent les deux seules armes aux mains des mafiosi pour s’élever aux plus hauts niveaux. Sur le fait que tous les criminels finissent par chuter alors que ceux qu’ils ont corrompu s’en sortent presque toujours. Vous avez dit société viciée ?

Ce qu’il faut retenir (pour briller en société) :

Jon Roberts est un criminel froid non dénué d’humour, pertinent et impertinent. Extraits :

1. « Bien que crédible, la violence du film Scarface m’a fait marrer […] mon approche était à l’opposé de celle d’Al Pacino. Moi je recrutais des Américains discrets qui voulaient juste mettre du beurre dans leurs épinards. »

2. « Ce qui était drôle, c’est que plus la Concurrence [les autorités] arrêtait les trafiquants, mieux c’était pour nous : elle les éliminait du marché. La guerre menée contre la drogue a aidé le cartel de Medellín à contrôler quatre-vingts pour cent du marché américain de la cocaïne. En 1985, il n’y avait plus que nous. […] Merci le gouvernement ! »

3. Longtemps après son arrestation et sa libération suite à sa collaboration, Jon Roberts est une célébrité, une icône de la « culture gangsta », présenté par exemple au public comme une star lors d’un match de basket. « À l’époque où je suis né, l’Amérique était un pays propre où quelqu’un dans mon genre n’aurait pas été applaudi ». Alors conservateur Jon, ou lucide ?

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