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Te tenir la main pendant que tout brûle - Johana Gustawsson

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Résumé :

Si vous n’avez pas la force brute et que personne ne vous entend, il vous reste d’autres voies...

Lac-Clarence, Québec, 2002. Maxine Grant, inspectrice et mère célibataire dépassée, est appelée sur une scène de crime affreuse.
L’ancienne institutrice du village, appréciée de tous, a massacré son mari, le lardant de coups de couteau.
Paris, 1899. Lucienne Lelanger refuse d’admettre la mort de ses filles dans un incendie. Elle intègre une société secrète dans l’espoir que le spiritisme et la magie noire l’aideront à les retrouver.
Lac-Clarence, 1949. La jeune Lina vit une adolescence
mouvementée. Pour la canaliser après l’école, sa mère lui impose de la rejoindre à la Mad House, la maison de repos où elle travaille.
Lina y rencontre une étrange patiente, qui lui procure des conseils pour le moins dangereux...

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Vos #AvisPolar

  • Nessa 3 décembre 2021
    Te tenir la main pendant que tout brûle - Johana Gustawsson

    Il n’aura fallu que quelques jours pour engloutir ce bijou de la littérature noire. En effet, les page se tournent très facilement et dès le chapitre terminé, on a envie de continuer sans jamais s’arrêter. J’aime tellement ces auteurs dont la plume permet un investissement total dans l’histoire malgré les sauts temporels. Et ce fut le cas avec ce roman et ses chapitres très courts. En effet, chaque chapitre reprend un petit bout d’histoire de l’une des 3 femmes que nous allons suivre : Maxine, Lucienne et Lina.

    Rapidement, j’ai eu un coup de coeur pour le personnag de Maxine, cette maman partagée entre le boulot de flic et la maternité. Cette maman au bout du rouleau dans laquelle beaucoup de femmes d’aujourd’hui pourraient se reconnaitre. J’ai eu une empathie folle pour ce protagoniste qui s’accroche à la vie avec fureur. Rapidement, au fil des pages, j’ai pris également possession des autres femmes, Lucienne et Lina, cette petite fille perdue dans un monde qui ne la comprend pas. Malgré tout, j’avais un peu plus de réserve pour Lucienne, cette femme qui a perdu 2 enfants dans un incendie, cette femme que la maternité a rendue folle. Mais je pense que mon non-attachement à Lucienne était dû à l’époque à laquelle je n’ai pas réussi à m’adapter.

    Peut-on dire que ce thriller noir nous parle à nous les femmes ? En tous cas, ce roman parle de femmes et de ce que la maternité est capable de nous faire faire. En tant que maman, j’ai totalement été happée par ces émotions dont on parle finalement peu. Ce thriller n’est aucunement comparable avec les autres romans du genre. Parce qu’en plus de l’aspect « policier », nous parlons de combats de femmes qui essaient de trouver une place dans la société, de mères qui font de leur mieux, de féminisme caché et de bien d’autres choses dont je ne peux dévoiler dans cette chronique. Pour en savoir plus, il faudra lire le roman, mais je vous promets une lecture magistrale.

    Plus les pages se tournaient plus je comprenais les liens entre les personnages et ce fut comme si, moi-même, je réussissais à résoudre une énigme. D’ailleurs, chapeau bas à l’autrice qui a réussi un travail de maître dans sa structure narrative. Je pense, d’aussi loin que je lis, que je n’avais jamais lu meilleure structure. Les éléments nous sont amenés avec savoir et on sent une réelle connaissance narrative et une plume d’exception. J’ai été bluffée, car je connais le travail en amont pour écrire un tel chef d’oeuvre.

    Je vous raconte le meilleur ?

    La fin ! Je ne vais pas vous l’expliquer rassurez-vous. Mais dès que j’ai abordé les 50 dernières pages, j’ai commencé à avoir des palpitations et une hargne livresque. Les pages tournaient de plus en plus vite et moi pestant « mais, ce n’est pas vrai !!!!« . Sincèrement, Johana, vous m’avez eue !! Moi qui adore être surprise, j’ai été plus que satisfaite.

    Concernant le titre, je ne sais pas si j’en ai fait une bonne interprétation. D’ailleurs, je me suis questionnée tout au long de ma lecture sur la symbolique de ce titre, mais je pense qu’il est liée à la fin et à Maxine, ais-je raison ?

    Je ne connaissais pas l’autrice avant de lire ce roman, mais je vais rapidement m’offrir sa première trilogie, en espérant être toute aussi séduite.

    Vanessa

  • Les_lecturesdeflo 26 novembre 2021
    Te tenir la main pendant que tout brûle - Johana Gustawsson

    Je découvre Johana Gustawsson avec cet ouvrage. Alors comme tout le monde, c’est un nom qui m’était familier, mais je ne l’avais encore jamais lu. Voilà, c’est chose faite, et je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin car je viens de me prendre une grosse claque !

    C’est un roman noir, intense, tragique et troublant regroupant trois histoires, celles de trois femmes vivant dans trois temporalités distinctes. Ces femmes sont différentes et pourtant tellement semblables. Elles se battent, toutes avec leurs convictions, chacune avec ses propres moyens en fonction de son époque.
    Elles sont déterminées et prêtes à tout pour aller jusqu’au bout de ce qui leur semble être légitime, quitte à flirter avec des forces invisibles et maléfiques. La folie et l’occultisme se mêlent habilement aux thèmes de la maternité et de la condition humaine des femmes à travers les âges.
    Je me rends compte que c’est également des thèmes que j’affectionne particulièrement et auxquels je suis rarement insensible. Certes, ça m’influence peut être un peu, mais je vous assure que le sujet ne fait pas tout dans un roman. Ici tout est admirablement maitrisé du début à la fin. Aucun hasard, Johana Gustawsson emmène son lecteur exactement là où elle a décidé. C’est bluffant, et tellement délicieux de se laisser malmener de la sorte. C’est bien simple, je trouve que tout est parfait dans ce livre. L’écriture fluide et immersive, l’intrigue, la construction, les personnages qui sonnent vrai, pour moi c’est combo gagnant et surtout un gros coup de coeur.

    Si en cette fin d’année vous voulez lire ou offrir un excellent roman noir, c’est LE livre qu’il vous faut, sans l’ombre d’un doute.

    Quant à moi, je vais m’empresser de mettre Block 46 sur ma liste de Noël.

  • L’atelier de Litote 26 novembre 2021
    Te tenir la main pendant que tout brûle - Johana Gustawsson

    Une superbe intrigue qui se joue entre Québec et Paris, sur trois lignes de temps différentes. Trois personnages féminins, trois réalités différentes et trois profils psychologiques captivants.
    2002, Maxine Grant va être appelée sur une scène de crime domestique qui dépasse l’entendement. Son ancienne institutrice a poignardé son mari de nombreux coups de couteaux et ne dit plus un mot depuis.
    1949, Lina se fait régulièrement harceler à l’école, depuis elle doit rejoindre sa mère sur son lieu de travail, une Mad House comme on dit au Québec. Elle va être soutenue et comprise par une étrange pensionnaire qui se révélera déterminante pour elle.
    1899, dans le Paris de la belle époque, Lucienne qui vient de perdre ses deux filles dans un incendie, va trouver un certain réconfort dans des séances de spiritisme et de magie noire.
    Trois destins de femmes, de mères et de filles qui viennent mettre du piquant dans les existences mornes. Une mention spéciale au personnage de la psy qui donne un plus à la compréhension et à l’interprétation de l’histoire.
    Je me suis laissé porter par ces trois héroïnes avec une préférence pour la jeune Lina. Une écriture tout en finesse qui nous fait aller de l’une à l’autre avec comme seul questionnement de trouver ce qui peut bien relier ces trois histoires. C’est là toute la magie déployée par Johana Gustawsson car petit à petit, insidieusement les choses se mettent en place. Bien malin celui qui pourra émettre une quelconque prévision. On reste sur le fil, une position aussi inconfortable qu’elle peut être excitante. Un thriller où la psychologie joue un grand rôle mais aussi une pointe de magie noire qui n’est pas déplaisante. Un livre captivant jusqu’au final qui est venu me faucher et m’a laissée épatée. Bonne lecture.
    http://latelierdelitote.canalblog.com/archives/2021/11/26/39165115.html

  • valmyvoyou lit 26 novembre 2021
    Te tenir la main pendant que tout brûle - Johana Gustawsson

    2002, Lac-Clarence, Québec. Maxine, une inspectrice, mère de deux enfants, se rend sur une scène de crime. C’est sa première affaire depuis son retour de congé maternité et la scène est horrible. Pauline Caron, son ancienne institutrice, est assise sur le perron de sa maison et est couverte de sang. A l’intérieur, le corps de son mari est découvert. Lardé de coups de couteau, l’homme est mort. L’exploration des lieux révèle des éléments qui stupéfient et effraient les enquêteurs.

    1899, Paris, France. Les petites filles de Lucienne Lelanger sont décédées dans un incendie. Leurs corps n’ont pas été retrouvés dans les décombres, aussi leur maman n’accepte pas leur mort et elle continue à les rechercher. Une amie l’intronise dans une société secrète. Lucienne espère que la magie l’aidera à obtenir des réponses.

    1949, Lac-Clarence, Québec. Pour Lina, l’adolescence est une période difficile. Elle est mal dans son corps. Sa mère ne veut pas la laisser sans surveillance. Elle lui impose de la rejoindre, après l’école, à la Mad House, son lieu de travail. Dans cette maison de repos, une patiente entoure Lina d’affection.

    A travers chacun de ces personnages, l’auteure explore un pan de la féminité et les entraves rencontrées par les femmes. Depuis que le destin a plongé sa vie familiale dans la nuit, Maxine élève seule ses deux enfants. Alors qu’elle a un métier très prenant, elle doit jongler entre plusieurs rôles (celui de maman et celui de policière), aussi l’épuisement la guette. Pauline, elle, demeure muette sur son crime. Elle semblait former un couple uni avec son époux. Écrivain célèbre, ce dernier était dans la lumière, sa femme était dans l’ombre. Lucienne, elle, a vécu la pire tragédie : la disparition de ses enfants. Elle cherche l’espoir dans les ténèbres à travers les sciences occultes. Lina, quant à elle, voit son corps changer, mais pas aussi vite qu’elle le voudrait. Les comparaisons et les rivalités féminines remplissent son âme de tristesse et de noirceur, qu’éclaire son amitié avec une pensionnaire de la Mad House. Chaque femme s’exprime à la première personne du singulier. Les chapitres sont une alternance de leurs voix.

    Au début, je ne savais pas pour quelle raison, ces destinées étaient réunies dans un seul ouvrage. Je ne percevais pas le lien entre elles, pourtant, les trois intrigues me passionnaient. Je retrouvais chacune d’elles avec plaisir, mais avec le regret de quitter la précédente. Elles paraissaient évoluer en parallèle puis, des petits cailloux étaient semés et finissaient par former une passerelle. Le chemin semblait alors tracé, mais lorsque la rive s’est distinguée, Johanna Gustawsson a appuyé sur le détonateur ; les pierres se sont éparpillées et un autre pont s’est dessiné. L’auteure m’a prise par la main et m’a aidée à rassembler les cendres, elle m’a montré ce qui était dissimulé par les flammes. J’ai repris mes esprits, pendant que la fumée se dissipait, et que ma bouche, béate de surprise, se refermait.

    J’ai adoré Te tenir la main pendant que tout brûle, qui m’a bluffée.

  • universpolars 13 novembre 2021
    Te tenir la main pendant que tout brûle - Johana Gustawsson

    Allez, je démarre avec l’essentiel, le dénouement. Quelle prouesse ! Grand respect devant cette capacité à boucler une histoire avec tant de finesse, d’adresse, mais aussi de cruauté. Une violence feutrée, trouble, fourbe, qui se déploie petit à petit pour finalement t’éclater à la gueule.

    Johana Gustawsson déplie ici l’échelle du temps pour nous placer face à trois générations, respectivement face à trois destins - plutôt funestes ! - de femmes liées à leurs rôles de mères. C’est fort, ça prend aux tripes et ça ne te les lâche plus.

    Nous avons donc trois époques bien distinctes. En 2002, une ancienne institutrice, connue pour être intègre et bienveillante, poignarde son mari de dizaines de coups de couteau. En 1949, une jeune ado tourmentée tente d’éveiller ses sens et ses désirs en rendant visite à une vieille femme plutôt étrange dans une maison de repos. En 1899, une mère de famille perd ses deux enfants lors de l’incendie de leur hôtel particulier.

    Faut-il y voir un lien ? Évidemment.

    Nous naviguons entre chacune de ces époques en avançant au gré d’un vent plutôt calme. Trop calme ? Non. Ceci nous permet de nous familiariser avec toutes ces personnes qui gravitent autour de nous et, croyez-moi, cela vaut la peine d’être patients. N’allez justement pas trop vite ; observez, écoutez, réfléchissez … sinon vous risquez, comme moi, de vous faire couillonner ! Le diable est dans les détails, non … ?

    Johana Gustawsson a clairement cette capacité à cultiver le mystère, tout en créant des liens qui restent, il faut le dire, très fragiles. J’aime beaucoup cette façon d’accumuler toutes sortes de corrélations qui nous font tilts mais qui, paradoxalement, nous laissent dans une sorte d’opacité. On essaye d’y voir quelque chose, tel un gamin qui sautille devant une fenêtre bien trop haute pour lui, sans pour autant y déceler l’ensemble en une seule fois.

    Je ne vous parlerai pas du fond de l’histoire, ce n’est pas le but. Mais je retiendrai une chose capitale. Le lien qu’une femme peut tisser avec son enfant, un enfant ou même avec l’envie d’avoir un enfant est extrêmement fort et indestructible. Mais peut-être aussi destructeur ? Je n’en dirai pas plus, à part peut-être le fait que Johana Gustawsson sait y faire pour nous envoyer ses mots directement en plein cœur.

    Bref, profitez de vous accaparer de toute cette magie - noire ! - qui émane de ces pages !

    A lire.

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