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Les mal-aimés - Jean-Christophe Tixier

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Résumé :

1884, aux confins des Cévennes. Une maison d’éducation surveillée ferme ses portes et des adolescents décharnés quittent le lieu sous le regard des paysans qui furent leurs geôliers.
Quand, dix-sept ans plus tard, sur cette terre reculée et oubliée de tous, une succession d’événements étranges se produit, chacun se met d’abord à soupçonner son voisin. On s’accuse mutuellement du troupeau de chèvres décimé par la maladie, des meules de foin en feu, des morts qui bientôt s’égrènent… Jusqu’à cette rumeur, qui se répand comme une traînée de poudre : « ce sont les enfants qui reviennent. » Comme si le bâtiment tant redouté continuait de hanter les mémoires.
Porté par une écriture hypnotique, le roman de Jean-Christophe Tixier, portrait implacable d’une communauté rongée par les non-dits, donne à voir plus qu’il ne raconte l’horreur des bagnes pour enfants qui furent autant de taches de honte dans l’Histoire du XXe siècle.

Vos #AvisPolar

  • Maks 26 février 2019
    Les mal-aimés - Jean-Christophe Tixier

    Jean-Christophe Tixier qui bien souvent écrit des romans jeunesse (dont deux que j’avais bien aimés, Demain il sera trop tard et Quand vient la vague), nous propose cette fois un roman adulte, sombre, rendant hommage aux enfants des bagnes de la fin du XIXème, début du XXème siècle.

    J’hésite toujours sur le thème dans lequel positionner ce roman, thriller ? suspense ? roman noir ? roman historique ? roman du terroir ? je pense qu’il ne se met finalement pas dans une case mais qu’il est tout cela à la fois.

    Une chose est certaine, c’est que l’histoire ne peut laisser indifférent de par son sujet de départ, les enfants des bagnes, on y apprend les horreurs qui leurs étaient faites, brimades, violences, jeûne, viols, meurtres, tel de la marchandise sans aucune valeur.
    Ici hommage leur est rendu dans l’histoire mais aussi au début de chaque chapitre où l’auteur nous soumet la fiche identitaire d’un des enfants mort dans un bagne, j’ai trouvé cela dur mais tellement nécessaire.

    Le déroulement du livre en lui-même commence de manière calme, voir contemplatif, pour vite s’accélérer et nous emporter dans un maelström comme seuls les villages isolés plein de non-dits et de secrets savent le faire. L’écriture est fluide et la construction se fait avec de courts chapitres qui donnent une impulsion permanente dans la lecture, on ne lâche pas le livre et on ne s’arrête pas avant la fin.

    Parmi les personnages (car ici il n’y a pas de personnage principal mais un village), certains m’ont plus, surtout le personnage de « Blanche » pour qui on ne peut avoir que de la compassion, mais les autres m’ont tellement mis en colère que je ne les ai pas appréciés, c’est voulu par l’auteur car le récit reflète la réalité du passé, les horreurs et les secrets, mais il n’empêche que sans pouvoir s’accrocher à autre chose qu’un seul personnage quand il y en a tant, c’est difficile. Ne vous inquiétez pas trop tout de même car ils sont nécessaires et le récit vaut le coup d’être lu de bout en bout.

    En conclusion, « Les mal-aimés » est un roman de superstitions, de non-dits et de secrets, à lire pour sa noirceur, mais aussi pour comprendre encore un peu plus à quoi ressemble la stupidité humaine, à lire également pour le devoir de mémoire envers ces enfants, ces mal-aimés.

  • livrement-ka 18 mars 2019
    Les mal-aimés - Jean-Christophe Tixier

    Début du livre :

    24 février 1884

    Le chemin que le gamin a si souvent envié de puis la fenêtre de sa cellule file désormais devant lui.

    Presque pour lui.

    Le prologue nous retrace en cette année 1884, la liberté retrouvée de ces jeunes enfants ou adolescents enfermés au bagne pour des faits commis et jugés. Mais quelle liberté après tant d’années d’enfermement et sous la coupe d’adultes totalement démunis et sans scrupules.

    Ces bagnes ayant existé dans ces années là sont aujourd’hui un peu dévoilé dans l’histoire de Jean-Christophe TIXIER.

    Des ordres qui mordaient plus que les fers installés par les gardiens lors de leurs séjours au cachot.

    Puis nous nous retrouvons à l’été 1901, dans ce village des Cévennes ayant abrité le bagne. Cette bâtisse existe toujours : est-ce pour conserver le souvenir de ce qu’il s’y est passé il y a 20 ans.

    C’est ce que les habitants semblent croire.

    De mystérieux phénomènes se passent, des drames inexpliqués, comme si le malheur planait sur le village. Comme si des personnes malveillantes souhaitaient faire payer quelque chose aux villageois : mais leur faire payer quoi ? 

    Le fait d’avoir vu et rien dit à l’époque ? Car les habitants sont les mêmes qu’à l’époque ?

    Quant au quotidien de Blanche, jeune femme vivant avec son oncle il est quelque peu malsain.

    Et Etienne ayant été recueilli par Léon et Jeanne, ce couple d’agriculteurs.

    Malgré la fermeture du bagne ces enfants ne semblent pas être traités de la meilleure des manières.

    Quant à Léon, Alphonse et Ernest, ils ont des choses en commun à cacher. Comment arriveront-ils à vivre avec ce secret.

    Ce sont les enfants qui reviennent ?

    Et Géraud, qui est-il ce mystérieux personnage difficile à cerner et à trouver, qui erre comme une âme en peine dans le village. Sait-il des choses ? 

    Personne sait plus d’où il vient. Mais l’est d’ici..Alors

    Et Emile Morluc, le médecin, d’où vient-il ? et pour quelles raisons s’intéresse t’il à Blanche ? 

    Je ne vous ai pas tout dit sur le bagne l’autre fois.

    Que de questionnements entourent ce livre.... Malheureusement, il n’en ressort pas que du bon.

    Tout le long du livre on ressent une ambiance lourde et pesante qui nous étouffe. Comment des choses de cette nature ont-elles pu arriver ? Comment les voisins du bagnes ont-ils pu ignorer ce qu’il s’y passait, ou tout simplement fermer les lieux sur ce carnage. 

    Leurs âmes à ces gosses elles dormaient tranquillement au cimetière....Mais l’a bien fallu que quelque chose les réveille...

    L’auteur n’a pas besoin de décrire ce qu’enduraient les enfants, leur souffrance est tellement présente entre les lignes du livre, qu’on ne peut que les imaginer et c’est bien cela le plus difficile.

    Il faut quand même souligner que les enfants étaient condamnés alors que certains n’avaient pas 8 ans... leur vie familiale était épluchée et certains ne survivaient pas plus d’un ou deux ans. De quoi mourraient-ils ? tout est possible compte tenu des conditions de détention.

    A la fin de l’histoire, on se rend compte de la peur dans laquelle ont vécu toutes ces personnes, que ce soient les enfants ou même les paysans voisins du bagnes. Une peur différente mais au final un peur qui aura eu raison de leurs vies.

    Les sujets du récit sont les bagnes, la maltraitance infantile, et surtout l’omerta qui régnait dans les villages.

    Le style de l’auteur est prenant. Le quotidien de chacune des familles, et surtout les personnalités de chacun ainsi que leurs caractères et leurs émotions sont vraiment détaillés et présentés par l’auteur avec une maîtrise telle que j’essayais de poser un visage sur chaque personnage.

    Sur la forme de l’histoire :

    Le livre est divisé en plusieurs chapitres ; lesquels débutent tous par la fiche d’un des enfants ayant séjourné au bagne.

    Le texte très aéré et l’écriture fluide fait de ce livre une lecture très agréable mais difficile en raison du sujet.

    Conclusion :

    Une formidable histoire retraçant l’existence et surtout le fonctionnement plus que douteux des bagnes dans les années 1900.

    Une excellente lecture... je vous le conseille fortement.

  • L’atelier de Litote 2 avril 2019
    Les mal-aimés - Jean-Christophe Tixier

    Fin 19ème, nous assistons aux derniers jours d’un bagne pour enfants, tels qu’il en existait à cette époque. Le prologue nous plonge directement dans l’ambiance d’une ruralité cévenole âpre et rapidement nous prenons conscience de l’horreur qu’il y avait à se retrouver dans ce genre d’établissement. Les enfants survivants sont sous alimentés, battus, exploités, abusés. On comprend alors pourquoi tant d’entre eux décédaient dans l’année qui suivait. Chaque ouverture de chapitre débute par un extrait tiré du registre d’une maison d’éducation surveillée, quand la réalité vient renforcer la fiction, cela m’a beaucoup touchée. Dix-sept ans après la fermeture du bagne, des événements viennent réveiller les mauvaises consciences. L’auteur installe patiemment et très efficacement une montée en tension qui nous laisse interdits. Le climat se détériore, chacun épie son voisin et les rumeurs rejaillissent menaçant l’équilibre de tout un village. Les habitants qui sont pour la plupart d’anciens employés du bagne ne tardent pas à penser que les enfants reviennent réclamer vengeance et que le diable n’est pas loin. La galerie des personnages est impressionnante, on apprend à connaître leur vie difficile, la pauvreté, le manque d’éducation, les superstitions tout ce qui a pu en faire des êtres taiseux et durs envers eux-mêmes comme envers les autres. Cela n’excuse en rien les actes commis. Alors préparez-vous à lire des passages très durs, des scènes qui resteront gravées sur votre rétine, le style de l’auteur est très visuel et j’ai souvent été au bord de l’écœurement face à cette réalité sordide. Les chapitres sont courts et je voulais absolument savoir ce qu’il adviendrait de Blanche, un des personnages les plus attachants. Cela m’a aidé de savoir que le début du roman commence sur la fermeture de cet établissement maudit mais il n’en reste pas moins que cette maltraitance sur des êtres que nous adultes sommes censés protéger est révoltante. Un roman noir et rude mais nécessaire car il soulève un pan méconnu et honteux de la république. Bonne lecture.

  • VALERIE FREDERICK 8 mai 2019
    Les mal-aimés - Jean-Christophe Tixier

    Je connaissais Jean Christophe Tixier pour ces romans noirs destinés aux adolescents, que je trouve très bien écrits tant au niveau de la langue utilisée que de l’intrigue. J’ai donc été ravie de pouvoir lire en avant-première son premier roman noir destiné aux adultes. Le thème m’a paru alléchant : les enfants retenus au bagne au XIXème siècle. Le prologue s’ouvre d’ailleurs sur la sortie du bagne situé au fin fond des Cévennes d’une cohorte d’enfants faméliques sous le regard des paysans qui vivent dans le coin, on le saura un peu plus tard, qui auront participé aux mauvais traitements qui leur auront été infligés.

    Chaque chapitre du roman s’ouvre sur un extrait des archives départementales de l’Hérault décrivant l’âge, le méfait, les conditions sociales de chaque enfant délinquant incarcéré à la maison d’éducation surveillée de Vailhauquès, ainsi que la date de sa mort. Le calcul est vite fait : la majorité d’entre eux décèdent avant leur quinzième année. Cette réalité dérangeante sert de support à la fiction de Jean Christophe Tixier : les enfants du bagne sont partis mais leurs fantômes reviennent roder dans les landes entourant le hameau où vivent Léon, Jeanne, Angèle « la Cruere », Alphonse, Ernest, Blanche et Etienne. Une jument meure d’une étrange maladie, le troupeau de chèvre est décimé, des meules de foin s’embrasent… « Le diable. Les gens de la campagne ont toujours eu besoin d’attacher un mot ou une présence à chaque acte qui leur échappe. »
    Vite, on cherche un responsable. Les tensions montent entre ces quelques personnes qui ne connaissent que la violence des propos et des actes… et le curé n’y pourra rien.

    L’histoire se recentre sur le quotidien âpre, miséreux et sans morale des paysans du début du XXème siècle ; ce qui m’a un peu déçue car j’espérais qu’elle serait plutôt axée sur le quotidien et le devenir des enfants incarcérés au bagne. Une petite bride de leur histoire sera révélée un peu plus tard dans le livre… Mais si peu.

    Le récit est captivant, certes, mais entre deux passages d’action, il y a de longs paragraphes sans queue ni tête, complètement inutiles à l’avancées de l’intrigue. Je soupçonne le fait que mon support de lecture ait été des épreuves non corrigées car j’ai pu relever des phrases à la syntaxe erronée, qui m’empêchaient de comprendre exactement où l’auteur voulait en venir. J’ai été agacée aussi de relire plusieurs fois les mêmes longues phrases allégoriques à divers passages du roman ; comme si l’auteur ou le correcteur ne savait encore où placer celles-ci.

    Bref, un roman intéressant mais qui aurait pu avoir plus de saveur… J’espère que ces défauts d’écriture seront corrigés lors de sa parution.

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