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Les monstres - Maud Mayeras

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Résumé :

Ils vivent dans un « terrier ». Les enfants, la mère. Protégés de la lumière extérieure qu’ils redoutent. Sales et affamés, ils survivent grâce à l’amour qui les réchauffe et surtout grâce à Aleph, l’immense, le père, qui les ravitaille, les éduque et les prépare patiemment au jour où ils pourront sortir. Parce que, dehors, il y a des humains.

Parce qu’eux sont des monstres et que, tant qu’ils ne seront pas assez forts pour les affronter, ils n’ont aucune chance.

Mais un jour Aleph ne revient pas, un jour les humains prédateurs viennent cogner à leur porte. Alors, prêts ou pas, il va falloir faire front, sortir, survivre.

Pendant ce temps, dans une chambre d’hôpital, un homme reprend conscience. Une catastrophe naturelle sème la panique dans la région. La police, tous les secours, sont sur les dents. Dans ce chaos, l’homme ne connaît qu’une urgence : regagner au plus vite la maison où on l’attend.

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Vos #AvisPolar

  • Les_lecturesdeflo 12 octobre 2020
    Les monstres - Maud Mayeras

    Monstre, définition Larousse :
    - Être vivant présentant une importante malformation
    - Être fantastique des légendes, de la mythologie : Un centaure était un monstre moitié homme, moitié cheval.
    - Animal effrayant ou gigantesque par sa taille, son aspect.
    - Personne d’une laideur effrayante.
    - Personne qui suscite l’horreur par sa cruauté, sa perversité.

    Tout y est.
    Le monstre sous toutes ses formes.

    « Je me cache et j’attends jusqu’à ce que les humains ne représentent plus de danger. Si la faim me tenaille, si ma gorge est sèche, alors j’attends encore, qu’il n’y ait plus le moindre bruit dehors. Sinon les humains me tueront… »

    Maud Mayeras m’a tendu la main, et je l’ai saisie.
    Je l’ai suivie dans le terrier, à la rencontre de ses monstres.
    Il faisait sombre, c’était sale, ça sentait mauvais. J’avais du mal à respirer. J’ai fait connaissance avec eux, et je les ai aimés. J’aurais voulu les protéger, les préserver de l’Ogre, les aider à sortir et à vivre hors de leur terrier. Mais le mal est fait. L’homme est un monstre, une personne qui suscite l’horreur par sa cruauté et sa perversité.

    La digestion de ce thriller est lente et difficile. Les mots me manquent pour décrire les d’émotions contradictoires ressenties lors de cette lecture. J’ai eu la chair de poule, la nausée, les larmes aux yeux. J’en ai rêvé.
    Ressortir du terrier indemne est impossible.

    J’ai aimé me faire malmener par la plume de Maud Meyeras. Elle vous secoue dans tous les sens et ne vous lâche qu’une fois KO.

    Je la découvre avec ce livre, mais ce ne sera pas mon dernier, c’est certain.

  • Aude Lagandré 13 octobre 2020
    Les monstres - Maud Mayeras

    Il y a des romans à l’atmosphère très anxiogène et il y a « Les monstres »… Anxiogène n’est pas le mot adéquat. Malaisant serait plus exact, même si j’en déteste la sonorité. Malaisant est un adjectif très laid, mais dérangeant ou déroutant n’est pas assez fort. Quatre ans que j’attendais la sortie d’un nouveau roman de Maud Mayeras… Après « Hématome » en 2006, « Reflex » en 2013 et « Lux » en 2016, « Les Monstres » sorti le 2 octobre 2020 confirme le talent d’une auteur à l’univers singulier, une femme qui semble avoir une vie intérieure fertile, naviguant au milieu de ses ogres personnels. Je referme le roman bousculée, chamboulée, à la fois soulagée de l’avoir terminé et triste d’abandonner ses personnages auxquels elle a adjugé, une fois encore, des âmes tourmentées, mais si riches d’émotions. Je crois qu’on ne peut écrire un tel livre sans vivre avec de véritables démons intérieurs, sans blessures profondes, sans un immense talent pour conférer aux mots un embrasement et une portée si prodigieux. Une écorchée vive qui crée des protagonistes écorchés vifs, sur lesquels la fée usuellement chargée de distribuer des bontés a préféré catapulter des maléfices.

    Il était une fois une femme qui vivait dans un terrier avec ses deux enfants. Une vie sous terre où le confort de notre société n’existe pas, où la crasse flirte avec la tendresse, où la peur des bactéries danse avec ce qu’une mère, aussi faillible soit-elle, procure comme petits bonheurs quotidiens. Il était une fois un ogre, chargé de maintenir cette famille en vie, qu’il distribue une nourriture réelle ou une nourriture spirituelle. On n’élève pas des monstres comme des enfants « normaux ». Si la mère les berce d’imaginaire, l’ogre, lui, les prépare à un monde post apocalyptique où l’humanité n’a plus rien d’humain.

    Il y a ces personnages qui semblent aussi fantasmagoriques que réels. La mère donne naissance et nourrit. C’est elle qui implicitement navigue entre la vie et la mort. Une mère ambivalente, ambiguë, dont le comportement désarçonne autant qu’il suscite l’admiration. Douceur et violence, tendresse et cruauté, bien et mal. « Elle nous dit parfois qu’il serait si simple que nous n’existions pas, que le malheur aurait été évité si nous n’avions pas vu le jour. Elle se contredit, nous assure aussi que nous sommes son seul bonheur, et nous ne comprenons pas pourquoi elle pleure en disant ça. (…) Elle pleure et nous regarde ensuite avec tant de haine que nous nous sentons coupables de respirer. »

    Les monstres poussent, bercés par les contes, par la vie dans le terrier, et par l’éducation de l’ogre. Les mots de l’ogre parlent de l’humanité, de la bêtise des hommes, des contradictions de la société, des incohérences observées, de tout ce qui fait que vivre dans un terrier c’est être, d’une certaine façon, à l’abri du monde. Et vous verrez que vous serez parfois tentés de rejoindre ce terrier silencieux, pour vous offrir une parenthèse hors du temps qui file, des idées nauséabondes du monde, des nombreux êtres humains si décevants, aux réactions incompréhensibles, et aux actes chaotiques.

    Maud Mayeras dépeint une certaine vision de la société à travers les mots de l’ogre sur l’être humain. « Il nous explique que les humains ont des oreilles qui se ressemblent à peu près toutes, qu’elles ont juste un trou au milieu qui ne leur permet pas toujours d’entendre, que les hommes aboient presque tous, qu’ils ne savent pas murmurer, qu’ils crient pour s’exprimer, et qu’ils sont bêtes comme des coings. » Elle raconte la puissance de la littérature capable d’ouvrir tant de mondes pour échapper au nôtre, elle travaille sur la force des mots : « Il dit qu’on peut tout faire avec les mots, tant qu’on sait les dresser. » Elle étrille cette comédie humaine qui a de moins en moins de sens au travers de cet ogre qui affirme « Vous êtes bien plus puissants puisque vous savez réfléchir, contrairement à eux. »

    Il vous faudra découvrir l’histoire de cette famille, seuls… Il vous faudra dénicher le message de Maud, localiser la lumière dans le terrier, démêler la vérité du mensonge, comprendre les mots et ce qu’ils impliquent, appréhender l’implicite, accepter de ressentir des émotions aussi terrifiantes que sublimes, prendre la mesure du mensonge véhiculé et le rapprocher des mensonges de notre société… Laisser Maud entrer en vous, la laisser vous démolir, consentir à absorber toute la noirceur qui l’habite, aimer ses monstres, admirer cette mère et la comprendre, apprivoiser cet ogre, soutenir ces enfants.

    Maud a un don. Celui d’écrire peu et bien. Celui de susciter toutes sortes d’émotions. Celui de vous tordre les tripes, de vous laisser reprendre de l’air, puis de vous sonner. Rester indifférent est impossible. Sortir indemne est impensable. Croire en l’humanité est délicat, voire utopique. Ces monstres vous les aimerez. Cette mère, vous voudrez la consoler. Maud, vous ne pourrez que la placer au panthéon des conteurs d’émotions parce que sa plume est profondément authentique.

    Je sais que chaque roman lui demande du temps, lui pompe toute son énergie… Je veux simplement ajouter que pour lire un roman d’une telle qualité empathique, je veux bien attendre quelques années de plus. Seulement dire « Maud, n’arrête jamais d’écrire. »

  • Sangpages 16 octobre 2020
    Les monstres - Maud Mayeras

    Chaque sortie d’un Maud Mayeras est une fête, un événement.
    Chaque sortie, je me retrouve comme un enfant le jour de Noël à attendre mon plus beau cadeau. Les yeux qui pétillent sans même lire le 4ème couverture.
    Par contre, chaque sortie est une appréhension en tant que blogueuse puisque chroniquer un Mayeras est, d’emblée, mission impossible tant la force, la puissance des mots est indescriptible. 

    Maud, c’est avant tout une plume, un style. Des mots sur des maux précis et incisifs. Ni trop, ni trop peu, juste ce qu’il faut pour te bousculer, t’atteindre au plus profond de ton âme, au plus profond de ton bide pour faire remonter une boule au fond de ta gorge. Des mots écrits avec les tripes, avec tout ce qu’elle est et ressent au point où, à chaque fois, je me dis que l’enfantement doit être, pour elle, terriblement douloureux ou incroyablement libérateur.

    Les monstres est un récit indescriptible. C’est un émotionnel à vif, brut et sans concession. C’est une histoire terrible qui m’a fait penser à "Room" d’Emma Donoghue mais en mieux. Si si je te jure ! En mieux parce qu’elle va plus loin, plus fort parce qu’elle va au delà de la psychologie pour te démontrer la souffrance inculquée à coup de mots plutôt que de marteau. 
    Des histoires de séquestration, il y en a des milliers tu me diras et tu as raison et pourtant des comme ça, je te promets il n’y en a qu’une.
    Elle a osé aller au bout du bout, elle a osé dépasser tous les tabous, tout ce que l’on ne dit jamais sur l’après. Sur cette liberté que l’on croit salvatrice, libératrice et dans laquelle on imagine les victimes heureuses. Elle nous offre un récit d’une réalité crasse qui fait mal et qui pourrait, sans doute, déranger.

    Maud encore une fois m’a bousculé, m’a remué...Maud encore une fois m’a donné de l’inoubliable. Merci 🥰

    Je n’ai rien de plus à ajouter, simplement parce que les mots me manquent, parce qu’aucun d’entre eux ne peut être à la hauteur d’un tel récit, parce que comme je te l’ai dit, c’est mission impossible.
    Je ne peux que te demander de me donner ta main, de me faire confiance, de me suivre et me laisser t’emmener rencontrer les monstres ...

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