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7 polars cultes avec Sean Connery

Parce qu’à jamais le plus grand 007 sinon le plus iconique, Sean Connery était indissociable du film d’espionnage et d’action grand public. Si bien que son avatar James Bond, figure nonchalante qui lui colla à la peau une grande partie de sa carrière, vampirise probablement pour toujours l’essentiel de sa filmographie, pourtant plus variée qu’on ne se la représente, et marquée par d’authentiques chefs d’œuvre.

Dès lors que l’acteur écossais fut repéré par EON Productions dans "Darby O’Gill et les Fardadets" (1959), piètre production Walt Disney, l’affinité qui lia James Bond à Sean Connery fut irrésistible. Vieillissant, le séduisant Cary Grant venait de refuser le rôle car il ne voulait pas signer pour plus d’un volet – hasard qui fit bien les choses. Refaçonnant à lui seul le personnage, Sean Connery créa une entité qu’il est depuis difficile d’égaler ou de réinventer : un espion britannique à l’élégance ravageuse, doté d’un charisme magnétique tiraillé entre décontraction et instinct – le tout non sans style ni humour. Machiste, phallocrate, sexiste, James Bond ? L’analyse s’avèrerait réductrice tant le protagoniste, aussi ancré soit-il dans son temps, fait avant tout montre de pure insolence, de cynisme.

C’est donc à Sean Connery que l’on doit la construction d’un mythe : faire passer le personnage imaginé par Fleming du papier à la chair, donner corps à sa profondeur psychologique et à tout ce qui définit sa personnalité. Il lui aura ainsi fallu composer Bond, faire advenir à l’écran le tueur surdoué qu’il refoule, sa ruse, son caractère vénéneux… De cette réussite sur laquelle il serait vain de s’appesantir, l’on pourrait ne garder que le meilleur ou le plus culte : Goldfinger (Guy Hamilton, 1964), avec pour la première fois Sean Connery au volant d’une Aston Martin (la DB5 grise) équipée de gadgets. Mais par son caractère inédit, son rôle de défricheur, le premier opus, "James Bond 007 contre Dr. No" (1963), reste le plus fascinant, ne serait-ce que pour sa relative fidélité avec le roman (la Bentley, entre autres…) et Honey Ryder alias Ursula Andress, sur une plage comme au beau milieu d’un rêve.

Peu importe qu’il ne corresponde pas complètement au canon du film policier ou du polar au sens le plus strict du terme, sa transversalité et son immoralité transcendent les frontières du genre. Reste que Sean Connery, la faute à James Bond mais pas uniquement, n’est pas un acteur typique de polar. Trop enjoués et charmeurs, pas assez fatalistes et dépressifs, les personnages qu’il incarne apparaissent dans leur écrasante majorité comme des êtres stables et sereins. De ces individus finalement à tel point maîtres d’eux-mêmes qu’ils échappent à toute malédiction, ne peuvent prétendre au statut d’antihéros de polars. Un Sean Connery en James Bond rendu totalement ivre et désabusé par l’abus de Martinis ne saurait par exemple exister. En cela, l’acteur, par l’affabilité intrinsèque de ses rôles, rebat les cartes du genre. Il faut regarder derrière le masque de distinction pour percevoir les faiblesses tenant du raté. Dans "Pas de printemps pour Marnie" (Hitchcock, 1964), ce masque est celui d’un analyste richissime dissimulant sous son apparente noblesse une perversité typiquement hitchcockienne, calculatrice. L’occasion pour le pape du thriller de projeter à travers Sean ses pulsions pour l’actrice Tipi Hedren dans l’un de ses plus grands films.

Le cas du metteur en scène Sidney Lumet est intéressant car il va contribuer à changer l’image fallacieusement uniforme de Sean Connery, même si les studios de EON Productions feront en sorte de l’en détourner pour ne pas risquer d’altérer la représentation sublimée de James Bond. Sur les cinq films que Sean tourna avec Lumet, de "La Colline des hommes perdus" (1965) à "Family Business" (1989), trois relèvent au moins pour partie du polar : "Le Gang Anderson" (1971), l’immense "The Offence" (1973) et "Le Crime de l’Orient-Express" (1974). Le premier est une œuvre rare et méconnue dans laquelle Sean Connery incarne John Anderson, un cambrioleur à la fois impétueux et imbécile dans une histoire de magot sur fond de dispositif de vidéo-surveillance implacable et préfigurant à sa façon le Watergate. Plus que le brillant découpage du film, c’est la musique de Quincy Jones et l’allégorie entre le cambriolage et la sexualité du protagoniste qui retiennent l’attention. Une œuvre à redécouvrir.

Toujours chez Lumet, c’est dans "The Offence" que Sean Connery interprète son personnage le plus fou, cette fois typiquement raccord avec le polar : le sergent Johnson, un flic usé et irascible enquêtant sur une sombre affaire de viols. Totalement à contre-emplois, l’acteur donne une performance stupéfiante d’intensité, plus vraie que nature dans sa propension à perdre tout repère moral. Le film est un chef d’œuvre avant-gardiste inoubliable.

L’année suivante, dans une veine plus classique et politiquement correcte avec l’adaptation d’Agatha Christie "Le Crime de l’Orient-Express", Sean Connery campe le colonel Arbuthnot, personnage impassible et hautain dont les tempes grisonnantes annoncent déjà ses rôles futurs de simili patriarche. Un divertissement haut de gamme bien au-dessus de la récente reprise par Kenneth Branagh.

Par la suite, Sean Connery restera ce personnage toujours vieillissant (mais toujours athlétique et jamais vieux non plus) que l’on croisera film après film. Dans "Le Nom de la Rose" (Jean-Jacques Annaud, 1986), il incarne Guillaume de Baskerville, un érudit franciscain et ancien inquisiteur enquêtant sur d’étranges disparitions de moines. Intransigeant et attentionné, aussi génial qu’un Sherlock Holmes, il dispose d’une capacité stupéfiante de déduction. L’un des plus grands rôles de Sean Connery, à n’en pas douter, et le meilleur film d’Annaud.

Dans "Les Incorruptibles" (De Palma, 1987), incontournable notamment pour sa séquence finale imitant "Le Cuirassé Potemkine" (Eisenstein, 1926), il est Jim Malone, officier de police des plus honnêtes, au caractère trempé et aux méthodes musclées. On ne se lasse pas de la structure miroir du film, notamment celle opposant les déboires de Malone et l’extase d’Al Capone. Virtuose, tape-à-l’œil et scotchant comme Brian De Palma en a le secret.

Mais la filmographie de Sean regorge d’autres polars oubliés à redécouvrir. C’est le cas notamment de :
The Next Man, de Richard C. Sarafian
Meurtres en direct, de Richard Brooks
Le Nom de la Rose, de Jean-Jacques Annaud
Haute Voltige, de Jon Amiel
Soleil Levant, de Philip Kaufman
Presidio, Base militaire, San Francisco, de Peter Hyams
Juste Cause, d’Arn Glimcher
Family Business, de Sidney Lumet
Cuba, de Richard Lester

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