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5 polars incontournables sur fond de monde de l’entreprise 

On sait à quel point l’argent et le pouvoir – ajoutés au sexe – sont à l’origine de bien des inimitiés dans les thrillers. Or, le phénomène prend une ampleur réellement claustro et accrue lorsque ces tensions s’exercent au sein d’un espace clos tel que l’entreprise. Sur ce segment, les films à mettre en scène l’univers de la finance ne l’ont que trop démontré, à commencer par « Wall Street » (Oliver Stone, 1988) – lequel remettra le couvert en 2010 avec «  Wall Street : l’argent ne dort jamais  », en ignorant malheureusement en toute indifférence la réalité de la crise). Les itérations en la matière seront plus ou moins couronnées de succès. La préfiguration de Kerviel, « Trader  » (James Dearden, 2004), est à placer tout en bas de la liste, tandis que « Margin Call » (J.C. Chandor, 2012) et « Le Loup de Wall Street » (Scorsese, 2013) tiennent le haut du pavé. Parmi ceux-là, pourtant, manque un ingrédient phare : la mort – et pas seulement allégorique –, sans qui rien ne permet vraiment de ressentir toute l’angoisse des polars et thrillers.

Or, le cinéaste Costa-Gavras – pourfendeur des injustices et a fortiori de la finance devant l’éternel – avait saisi cette subtilité avec brio via « Le Couperet » (2005), meilleure adaptation du roman éponyme de Donald Westlake. Entre gentillesse et machiavélisme, José Garcia, tenté de trucider ses concurrents après avoir été mis à la porte d’une grande entreprise, est épatant. Respectant les règles du film noir tout en disséquant toute la sauvagerie du néolibéralisme, Costa-Gavras signe l’un de ses meilleurs films.

Alain Corneau avec « Crime d’amour » (2010) (qui fera l’objet en 2012 d’un remake signé De Palma, « Passion  »), dans un dernier souffle avant de s’envoler, avait lui aussi exploré le genre à travers l’affrontement à mort de deux femmes au sein d’une puissante multinationale. Sans égaler la virtuosité d’un Fritz Lang ou d’un Hitchcock, que Corneau adulait, le metteur en scène livre un portrait acerbe du monde impitoyable qu’est l’entreprise. Ludivine Sagnier et Kristin Scott Thomas ne sont pas étrangères à la réussite de quelques scènes du film.

Dans une veine nettement plus barrée et déjantée, trouve sa place le « Night Call » de Dan Gilroy (2014). Satire jusqu’au-boutiste de la fabrique de l’information, tel «  Le Gouffre aux chimères  » (Wilder, 1951), il dresse le portrait d’un journaliste à ce point poussé au vice et à l’arrivisme qu’il se transforme en charognard et délaisse toute morale. Pour obtenir le scoop, Lou (Jake Gyllenhaal) est réellement prêt à tout. Une vision atypique du monde de l’entreprise.

Plus classique et moins sanglante cette fois, est à noter l’incursion du réalisateur Nicolas Silhol sur ce créneau avec « Corporate  » (2016). Chronique étouffante, le thriller montre bien comment le monde du travail crée des monstres dès lors qu’il se trouve gangréné par le profit et la pression du chiffre. C’est en quelque sorte le processus d’une aliénation, laquelle se répand de manière latente ici quand Emilie liquide les salariés pour satisfaire les exigences du patronat. Beau travail sur la psychologie des protagonistes.

Citons en dernier lieu le film « Meurtre par intérim » réalisé en 1992 par Tom Holland (cinéaste à l’origine du premier Chucky, «  Jeu d’enfant », à ne pas confondre avec l’acteur éponyme). Satire horrifique du monde de l’entreprise, le long-métrage suit Peter Derns, patron d’une entreprise de cookies qui voit sa vie basculer après avoir engagé Kris Bolen, une assistante intérimaire aux dents longues. S’il hésite trop entre le thriller façon « Basic Instinct » et le pamphlet – le sabotage du film lors de sa post-production n’y est pas pour rien –, le long-métrage vaut pour son grain de folie composite.

Mais aussi…
La Méthode, de Marcelo Pineyro
Fair play, de Lionel Bailliu
Demonlover, d’Olivier Assayas
Passion, de Brian de Palma
Money Monster, de Jodie Foster
American Psycho, de Mary Harron

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