Dans les brumes du mal - René Manzor

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Résumé :

Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassinée et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud.
Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner.
En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meilleurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des Maisons une shadduh, une ombre vaudoue.
Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent,
ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour ?

À propos de Celui dont le nom n’est plus

« C’est une des réussites de l’année. J’adore ce polar ! »
Gérard Collard

« Un polar dense. Une intrigue captivante. »
L’Express »

Vos avis

  • Nicolas Elie 21 juillet 2017
    Dans les brumes du mal - René Manzor

    LES CHRONIQUES BY NICOLAS ELIE
    Dans les brumes du mal – René Manzor

    Éditions Calmann-Lévy

    Encore une où je vais me faire des potes, au vu des dithyrambes que j’ai vues passer.

    Tu te souviens de ce film des années 80 ? Un truc imbitable, sauf à le regarder du 36ème dessous, avec dedans Alain Delon en héros héroïque, qui joue vachement bien les émotions ?

    Tu te souviens de ce conte poético-sirupeux où les morceaux de dessins animés semblent avoir été empruntés à « The Wall » des Floyd, sorti deux ans plus tôt et où tu t’es demandé comme moi, pourquoi le réalisateur avait fait ça ? Puis t’as compris un jour que c’était pas un gamin de cinq ans qu’avait écrit le script, mais un mec, un adulte.

    Le mec, c’est lui.

    René Manzor.

    Ça fait peur, et quand t’ouvre le bouquin, tu t’attends au pire, surtout quand tes références sur le vaudou, c’est William Gibson et Dean Koontz.

    Parce que le roman, il te cause un peu de ça. Du vaudou, et des mauvais parents.

    « La mère de Tom est morte, et Tom a disparu ». C’est écrit derrière. Le reste, on s’en fout un peu. Donc, malgré ma peur du vide (en littérature), j’ai plongé.

    C’est pas le vrai vide. Dans le sens où il y a des trucs dedans. Il te cause de la maltraitance, de l’éducation qu’on donne aux enfants (ou pas), mais bon. Franchement, rien de nouveau sous le soleil de la Caroline du Sud, mis à part qu’il a l’air d’y faire grave chaud. Climat étouffant, brouillard, et ça, c’est bien écrit. De jolis passages sur les paysages de la mangrove, sur les arbres, les moustiques, et les alligators.

    Ce qui est bien fait aussi, c’est le plan du bouquin. Il écrit comme on fait des films, ce mec. C’est à dire que tu vas tourner les pages pour avoir la suite de l’histoire de cette « profileuse du FBI ».

    Je sais, ça m’a fait pareil.

    À croire que c’est la mode les profileuses du FBI. Il y en a partout. Pas un bouquin sans qu’elles fassent leur apparition. C’est presque pénible. Pas une seule femme de ménage futée, ou professeur de collège plus maligne que les autres. Tout ça parce que le club des cinq, c’est déjà pris.

    Tu vois, c’est pénible.

    Donc, t’es comme au cinéma. Ce bouquin, c’est un film. Tout ce qu’il écrit, ou presque, tu le vois, juste en face de toi. Ça te permet de bouffer des pop-corn en lisant (si t’aime ça).

    Les personnages sont vivants, parfois un peu compliqués, mais vivants. Et bien sûr, ils ont eu des enfances difficiles.

    Encore, tu vas me dire.

    Ben ouais.

    En même temps, c’est un peu ce qui fait la cam qu’ils ont à vendre les éditeurs en ce moment. Des héros, récurrents, si possible, genre deux ou trois tomes, mais indépendamment lisibles, pour pas perdre le chaland. Là, c’est Dahlia. La profileuse « vedette » pour ce qui concerne les crimes liées aux trucs satanistes. Je t’avais pas dit ? Dedans, il y a aussi des trucs de satanistes.

    C’est pour ça que tu lis.

    Parce qu’à rené Manzor, je dois lui reconnaître ça. Il m’a bien promené. J’ai eu chaud, j’ai marché dans la vase, j’ai fait gaffe aux alligators, tout ça.

    J’ai aimé ses personnages, même s’ils sortent tous d’un roman de Dickens (t’as vu, là je dis roman, pas bouquin), et qu’à force, ça aussi, c’est un peu pénible.

    Les enfances difficiles, la rue, les mauvais traitements… Donc forcément, on va te dire qu’il revisite le mythe de Peter Pan. Trop facile.

    Comment tu veux revisiter un mythe ?

    De là à me faire dire qu’il donne un peu l’impression d’enfoncer des portes ouvertes, il n’y a qu’un pas, que je ne franchis pas. Je me penche juste au-dessus du vide.

    Une chose, Manzor, il aime écrire. Ça se voit.

    Et la seule phrase qui m’a percuté, c’est celle que j’ai mise au-dessus. Une phrase sur presque 400 pages, c’est pas beaucoup, même si elle est bien écrite. J’espérais plus, à vingt euros.

    Donc, pour finir, bon bouquin. Ce que d’aucun appellent un tourneur de pages. Ça, c’est parfaitement bien maîtrisé et bien écrit. Une enquête presque passionnante, Tu vas te promener dans la campagne. Tu vas passer un vrai bon moment, et c’est pas si fréquent, mais t’attends pas à la claque de début 2017 dans la catégorie « roman noir ».

    C’est pas celle-ci, la claque.

    Peut-être le prochain.

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