Heimaey - Ian Manook

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Résumé :

Quand Jacques Soulniz embarque sa fille Rebecca à la découverte de l’Islande, c’est pour renouer avec elle, pas avec son passé de routard. Mais dès leur arrivée à l’aéroport de Keflavik, la trop belle mécanique des retrouvailles s’enraye. Mots anonymes sur le pare-brise de leur voiture, étrange présence d’un homme dans leur sillage, et ce vieux coupé SAAB qui les file à travers déserts de cendre et champs de lave... jusqu’à la disparition de Rebecca. Il devient dès lors impossible pour Soulniz de ne pas plonger dans ses souvenirs, lorsque, en juin 1973, il débarquait avec une bande de copains sur l’île d’Heimaey, terre de feu au milieu de l’océan.
Un trip initiatique trop vite enterré, des passions oubliées qui déchaînent des rancoeurs inattendues, et un flic passionné de folklore islandais aux prises avec la mafia lituanienne : après l’inoubliable Mongolie de sa trilogie Yeruldelgger et le Brésil moite et étouffant de Mato Grosso, Ian Manook, écrivain nomade, nous fait découvrir une Islande lumineuse, à rebours des clichés, qui rend plus noire encore la tension qu’en maître du suspense il y distille.

Vos avis

  • Ophé Lit 29 septembre 2018
    Heimaey - Ian Manook

    C’est en voyage que m’a transporté Ian Manook avec son dernier roman Heimaey. Un voyage dans l’Islande des légendes et des croyances, dans l’Islande aux mille et un visages, des pentes volcaniques aux landes d’herbes fraîches, des villages de pêcheurs aux pistes caillouteuses, dans l’Islande dont le feu brûle sous la glace…

    Très vite, dès les premières pages, je me suis sentie happée sur cette île fascinante, où la terre et la mer font jeu égal dans la vie des habitants, et que Ian décrit avec poésie :

    « Le magma noir en décor à d’improbables tropiques. Un écrin calciné pour une eau lumineuse, d’un vert laiteux de jade sous un ciel d’acier brossé. Tout autour la laideur fascinante de la lave à l’odeur de pierre brûlée et, au milieu, l’attirance hypnotique d’une eu de céramique courue d’un duvet de vapeur. »

    Les descriptions des lieux sont magistrales, au point d’en avoir eu parfois le souffle coupé et d’être transportée sur l’île au travers des yeux des personnages.

    Il parle de la terre et de la mer comme un homme amoureux, avec tendresse ou avec fougue, mais toujours avec la force des images qu’il utilise :

    « La mer est une maîtresse trompeuse qui prend les hommes et les bateaux par le ventre, même les plus solides, et les engloutit. Les autres marins du monde disent que le vent sème la tempête, mais les Islandais le savent : c’est du gouffre de la mer que surgit la tempête. De ses entrailles. Du fond vengeur que leurs chaluts raclent et pillent. Les tempêtes sont des vengeances. Des sursauts de bête qu’on assassine. »

    « Les tempêtes sont des vengeances »… La vengeance… Thème en fil rouge de ce roman. Quand Soulniz se rend en Islande avec sa fille, c’est pour se rapprocher de cette enfant avec laquelle il n’avait plus aucun contact. C’est pour lui faire découvrir ces lieux où il est devenu adulte, ces lieux qui l’ont fasciné. Ce qu’il ne sait pas, c’est que dans ce passé adulé, la vengeance gronde.

    Outre ce sentiment qui ronge quiconque le ressent, Ian Manook nous raconte la crise financière en Islande et son impact sur la population, y compris ceux que l’on aurait pu penser être protégés. Il évoque cette terre de légendes mais aussi de coutumes ; la quasi absence d’homicides, comme dans beaucoup de pays nordiques, l’ouverture aux autres si différente de ce que l’on connait en France. Il nous parle de l’addiction aux réseaux sociaux pour les habitants de cette île coupée du reste du monde. Il décrit le paradoxe entre la beauté de l’île, ses coutumes ancestrales et l’hyper exploitation de ses ressources naturelles ainsi que la barbarie de la pêche intensive. Enfin il nous parle des relations pères/filles qui peuvent être parfois difficiles mais aussi du sentiment de culpabilité quand, dans la mort, nous sommes celui qui reste. Tant de sujets qui sont développés, fouillés, argumentés et illustrés, démontrant ainsi à quel point Ian connait ce pays qui semble lui être cher.

    Sur la construction du roman et des chapitres, j’ai retrouvé avec plaisir la « manook touch » , un titre suivi des derniers mots du chapitre. Un style original que j’avais beaucoup aimé en découvrant Yeruldelgger.

    Enfin, je ne pouvais clore cette chronique sans vous parler d’un personnage : Simonis. Je ne vous dirais pas qui il est, ni son rôle dans l’intrigue pour ne pas gâcher votre découverte, toutefois, il m’aura souvent fait sourire… parce que si Simonis est lituanien, sa façon de s’exprimer en usant et abusant de proverbes, m’a laissé de lui l’image d’un Maître Yoda moderne, même si, in fine, il est loin d’en avoir la sagesse.

    Heimay n’est pas un coup de cœur pour l’intrigue, qui bien que prenante et bien construite n’est pas, pour moi, la force de ce roman. Mon coup de cœur, parce qu’il existe bel et bien, va à la plume remarquable de Patrick, à cette capacité qu’il a de nous faire voyager sans quitter notre canapé, à cet amour qu’il glisse dans ses mots, à la poésie qu’il distille entre ses lignes.

  • jean_paul_dos_santos_guerreiro 25 octobre 2018
    Heimaey - Ian Manook

    Bonjour à toutes et à tous…

    Je viens de terminer à l’instant Heimaey de Ian Manook.

    Par où commencer ?
    Par dire peut-être, que je regrette de ne pas avoir lu plus tôt cet auteur incroyable !
    Que malgré le fil rouge de son récit, un polar, un vrai, un dur, c’est la beauté de ses textes qui m’a porté tout le long de son récit ?

    Il y a quelques jours je suis allé voir un spectacle immersif, où la vue et l’ouïe nous permettaient presque de ne faire qu’un avec l’artiste…
    Ian Mannok réussit avec Heimaey le même prodige !

    J’ai vécu et respiré l’île d’Heimaey, terre de feu au milieu de l’océan pendant quelques heures…
    Pas seulement dues aux superbes descriptions qui m’ont faites rêver, les volcans, l’immensité de la neige et de la glace, la mer que l’on devine tout autour, les vagues qui se fracassent contre les falaises depuis des milliers d’années, mais aussi la force des ses personnages, forts, grands, puissants, semblant tout droits sortis d’un autre temps, afin de pouvoir subsister dans cet univers au climat hostile.
    Mais ce qui m’a le plus impressionné c’est le “krummasivur”. Ce chant viking venu du fond des âges, mélodies considérées comme des chansons folkloriques en hommage aux corbeaux, que j’ai écouté en boucle durant une grande partie de ma lecture. Le corbeau est associé à une grande intelligence et se produit dans la mythologie nordique, y compris sous la forme de Hugin et Munin (islandais Huginn et Muninn, pensée et mémoire), les compagnons d’Odin.
    J’en connaissais certaines, du groupe “In Extremo“ par exemple, mais je n’avais jamais fait le lien avec l’Histoire Islandaise… C’est absolument superbe !!!

    Je ne peux que vous conseiller de voyager avec Ian, dans l’espace et dans le temps à la recherche de Rebecca suite à sa disparition, dans un monde ou tout donne l’impression d’être au ralenti tant la “pression“ de la nature se fait présente…
    Chaque pas, chaque décision est une lutte, une vraie décision à prendre contre ces forces vivantes !

    Merci Ian, de m’avoir mené aussi loin, où même les hurlements du vent nous racontent une histoire…
    Un grand merci aussi à Claire Lajonchère et Albin Michel pour leur gentillesse et leur confiance.

    ...
    Extrait :
    “La maison d’Ida a un étage, mais elle vit au rez-de-chaussée, dans un demi-sous-sol qui est là aménagé en studio. Ça lui suffit. Elle loue le reste. Ce goût des Islandais pour les refuges enterrés. Les maisons de tourbe. Les bains chauds dans les grottes. Le peuple invisible dans les rochers. Ce besoin d’appartenir au minéral quand les océans grondent tout autour. C’est aussi pour ça que Kornélius est bien chez Ida. Parce qu’elle est bien chez elle. Et bien dans son corps, dont il admire la nudité depuis le lit où ils viennent de faire l’amour. Ida est une femme à l’aise dans sa vie, et il est heureux d’en faire partie, d’une certaine façon. Dans le halo de la lumière de cette journée magnifique, pendant que tout le monde pique-nique, nue devant la fenêtre de sa cuisine, elle prépare le café. Il se dit qu’elle a le corps des femmes heureuses, sans vraiment comprendre ce que cela veut dire. ”

  • jean_paul_dos_santos_guerreiro 25 octobre 2018
    Heimaey - Ian Manook

    Bonjour à toutes et à tous…

    Je viens de terminer à l’instant Heimaey de Ian Manook.

    Par où commencer ?
    Par dire peut-être, que je regrette de ne pas avoir lu plus tôt cet auteur incroyable !
    Que malgré le fil rouge de son récit, un polar, un vrai, un dur, c’est la beauté de ses textes qui m’a porté tout le long de son récit ?

    Il y a quelques jours je suis allé voir un spectacle immersif, où la vue et l’ouïe nous permettaient presque de ne faire qu’un avec l’artiste…
    Ian Mannok réussit avec Heimaey le même prodige !

    J’ai vécu et respiré l’île d’Heimaey, terre de feu au milieu de l’océan pendant quelques heures…
    Pas seulement dues aux superbes descriptions qui m’ont faites rêver, les volcans, l’immensité de la neige et de la glace, la mer que l’on devine tout autour, les vagues qui se fracassent contre les falaises depuis des milliers d’années, mais aussi la force des ses personnages, forts, grands, puissants, semblant tout droits sortis d’un autre temps, afin de pouvoir subsister dans cet univers au climat hostile.
    Mais ce qui m’a le plus impressionné c’est le “krummasivur”. Ce chant viking venu du fond des âges, mélodies considérées comme des chansons folkloriques en hommage aux corbeaux, que j’ai écouté en boucle durant une grande partie de ma lecture. Le corbeau est associé à une grande intelligence et se produit dans la mythologie nordique, y compris sous la forme de Hugin et Munin (islandais Huginn et Muninn, pensée et mémoire), les compagnons d’Odin.
    J’en connaissais certaines, du groupe “In Extremo“ par exemple, mais je n’avais jamais fait le lien avec l’Histoire Islandaise… C’est absolument superbe !!!

    Je ne peux que vous conseiller de voyager avec Ian, dans l’espace et dans le temps à la recherche de Rebecca suite à sa disparition, dans un monde ou tout donne l’impression d’être au ralenti tant la “pression“ de la nature se fait présente…
    Chaque pas, chaque décision est une lutte, une vraie décision à prendre contre ces forces vivantes !

    Merci Ian, de m’avoir mené aussi loin, où même les hurlements du vent nous racontent une histoire…
    Un grand merci aussi à Claire Lajonchère et Albin Michel pour leur gentillesse et leur confiance.

    ...
    Extrait :
    “La maison d’Ida a un étage, mais elle vit au rez-de-chaussée, dans un demi-sous-sol qui est là aménagé en studio. Ça lui suffit. Elle loue le reste. Ce goût des Islandais pour les refuges enterrés. Les maisons de tourbe. Les bains chauds dans les grottes. Le peuple invisible dans les rochers. Ce besoin d’appartenir au minéral quand les océans grondent tout autour. C’est aussi pour ça que Kornélius est bien chez Ida. Parce qu’elle est bien chez elle. Et bien dans son corps, dont il admire la nudité depuis le lit où ils viennent de faire l’amour. Ida est une femme à l’aise dans sa vie, et il est heureux d’en faire partie, d’une certaine façon. Dans le halo de la lumière de cette journée magnifique, pendant que tout le monde pique-nique, nue devant la fenêtre de sa cuisine, elle prépare le café. Il se dit qu’elle a le corps des femmes heureuses, sans vraiment comprendre ce que cela veut dire. ”

  • jeanmid 26 octobre 2018
    Heimaey - Ian Manook

    Avec "Heimaey" Ian Manook nous offre une nouvelle expérience dépaysante et décoiffante . Après la Mongolie, le Brésil , l’auteur nous convie à un périple non sans danger en Islande . On y fait la connaissance avec ce français , Jacques Soulniz , qui souhaite profiter de l’occasion d’un voyage au pays des trolls et des geysers pour tenter de se réconcilier avec sa fille Rebecca , que la mort de sa mère a séparé. Soulniz connaît l’île pour y avoir déjà séjourné quarante plus tôt en août 1973 , la jeunesse insouciante d’alors a laissé la place à la maturité mais les drames du passé ont la vie dure , ce qui pourrait peut être un peu gâcher ce voyage si bien organisé ..
    Autre personnage central du roman : Korneluis Jacobsson , un flic taillé comme une armoire normande de bon gabarit qui en plus d’enquêter sur la mort suspecte d’un homme retrouvé dans un bain de boue fumantes à plusieurs centaines de degrés - qu’on nomme ici solfatare - , est chargé par un usurier lituanien de retrouver de la cocaine en échange d’une épuration de sa dette .
    Deux destins et deux histoires qui vont se rencontrer, s’entremêler pour notre plus grand bonheur mais au plus grand péril des deux protagonistes et de leurs proches .
    Ian Manook nous embarque pour un tour de l’Islande dont on découvre les étrangetés géologiques preuve d’une activité sismique permanente où la beauté des paysages contraste avec la rudesse des lieux .
    Mais vous l’aurez vite compris : l’auteur n’a pas fait de pige au Guide du Routard mais nous a bien concocté un roman policier pur jus où tous les codes du genre sont présents. Mais avec la patte Manook en plus : une écriture qui ensorcelle ses lecteurs d’entrée de jeu , un rythme sans temps mort et des personnages entiers et pittoresques qui valent leur pesant de bonbons salés à la réglisse.
    J’ajouterai cette histoire à rebondissements multiples parfaitement scénarisée qui vous captive et vous laisse sous pression jusqu’au dénouement final .
    Bref du grand Ian Manook.

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