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Horrora Borealis - Nicolas Feuz

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13 #AvisPolar
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Résumé :

Sur les rives du lac de Neuchâtel, en Suisse, des coups de feu éclatent en plein festival de musique. Le site est évacué. La grande scène devient le théâtre d’une prise d’otages. Un négociateur intervient. Le groupe d’intervention de la police s’organise. Dans l’esprit de Walker, une seule question compte : que s’est-il passé en Laponie ? Ses souvenirs sont flous. Mais il est clair que, de longue date, il ne croit plus au Père Noël. Et vous, y croyez-vous encore ?

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Vos #AvisPolar

  • Sangpages 6 septembre 2018
    Horrora Borealis - Nicolas Feuz

    Je pourrai partir dans tous les superlatifs, trouver des mots pas possible mais je vais rester simple... les trucs qui sortent droit direct :
    Putain la claque ! Purée le bouquin ! La vache le truc !
    Deux histoires en parallèle qu’on sait dès le début être directement liées.
    C’est en Laponie que tout a débuté et c’est à Neuchâtel que tout semble finir. Walker a perdu la mémoire, son esprit est défaillant et pourtant, ce qui s’est passé en Laponie est clairement la clé de tout. La clé de la présence d’Eric Koskingen et de l’inspecteur Sjöberg en Suisse et de cette prise d’otages à Festi’neuch.
    Une entrée en matière fracassante. Le suspens nous happe dès la première page et ne nous lâche plus jusqu’à la dernière.
    Un voyage magnifique au cœur de cette Laponie troublante, fascinante qui se prête à la perfection à l’atmosphère d’un thriller. Une Laponie si merveilleusement décrite que l’on en ressent les odeurs et surtout la ...fraîcheur 😰
    Pas une minute de répit, un rythme si effréné qu’on en perd le souffle !
    Nicolas Feuz a l’art de nous mener en bateau. J’étais déjà fan mais là...c’est de la manipulation à l’état pur. Il nous malmène, nous fait croire que "Ouais facile, c’est ça, c’est lui" et paf la claque...ben non... et bing un crochet du droite !
    Nicolas nous montre là tout son talent. Il ose plus sanglant, plus gore. Il s’éloigne du polar pour s’approcher du thriller et c’est jubilatoire ! Pas vraiment d’enquête de police en tant que tel. Un commissaire proche de la retraite, Marc Boileau (qui soit dit en passant a de drôles de fréquentations 👻 ) joue le rôle du négociateur. Une vague trame policière mais qui n’est de loin pas omniprésente. La résolution de l’intrigue découle des faits et est rondement bien menée de bout en bout.
    Un livre qui en dehors de son côté terrifiant s’avère aussi touchant, bouleversant. La triste et dure histoire d’une famille. L’horreur, l’amour, la haine, la mort, la tristesse…
    Soyez par contre prévenus : il est possible que vous ressortiez de cette lecture avec les yeux au beurre noire, la joue rouge et l’arcade pétée... Si ce ring ne vous fait pas peur, c’est bon, foncez !!!
    Une fin à faire tomber les chaussettes, comme d’habitude, puisque c’est sa spécialité, mais cette fois-ci, même agrafées, elles ne tiendront pas !
    Pour ma part, je crois au père Noël, mais je crois encore plus en Nicolas Feuz 🙂

  • universpolars 24 novembre 2018
    Horrora Borealis - Nicolas Feuz

    Avant toute chose, je salue l’auteur pour sa capacité à percuter le lecteur de plein fouet, à haute vitesse, en seulement quelques pages (dénouement), tout en étant invisible. L’intrigue de Nicolas Feuz, comme dans "Les Bouches", nous arrache les deux jambes en plusieurs balayages puissants et bien placés. Nous pensons les voir venir, nous sommes même assez fiers de les repérer, mais finalement nous ne voyons pas d’où ils arrivent !

    Voilà qui est dit.

    Nous entrons en scène d’une manière assez radicale, brutale, tâchés de pas mal de sang et de bouts de cervelles. Nous entrons réellement en scène, au festival "Festi’neuch", et nous sommes réellement souillés d’hémoglobine de constitutions différentes : un vrai carnage, plusieurs morts. Un homme, Walker, se trouve au centre de cette tuerie. Je n’en dirai pas plus.

    Une question revient plusieurs fois au-devant de la scène - au sens figuré cette fois-ci - : que s’est-il passé en Laponie ? Ce carnage aurait apparemment un rapport avec le passé, dans le nord de la Finlande.

    Cela tombe plutôt bien, car nous allons y aller pour tenter de comprendre dans quoi nous avons mis les pieds, mis à part tout ce sang qui colle à nos semelles. Donc retour en arrière, dans le froid, dans la Laponie finlandaise.

    Nous sommes près d’Akäslompolo, un petit village dans le cercle polaire finlandais. Nous rencontrons la famille Walker au complet : Rolf et Sandra ainsi que leurs trois enfants, âgés de 18, 17 et 8 ans, qui sont en vacances dans la région.

    Nous rencontrons également un autre personnage assez imposant, froid et tenace : le décor ! Nicolas Feuz fait radicalement chuter la température des pages, nous gelant les doigts, et nous dépose dans un désert de neige et de glace ; de nombreuses pages blanches, mais bien remplies...

    Nicolas Feuz connaît bien la région - il me l’a confirmé -, mais je l’avais déjà plus ou moins deviné. Pour décrire un endroit aussi précis, le rendre aussi vivant et le servir d’une manière aussi expressive au lecteur, il faut avoir humé et reniflé cette atmosphère ! S’être imprégné de toute la gamme de couleurs pour mieux dépeindre ce décor.

    Des retours en arrière comme celui-ci, nous allons en faire bien quelques-uns dans ce thriller, car l’auteur nous récupérera à maintes reprises dans ce froid polaire pour nous replacer dans l’enceinte du festival, au milieu de ce carnage, pour mieux nous repousser à nouveau au fin fond de la Laponie. Ces aller-retours "chaud-froid" vont nous permettre de rassembler les pièces d’un puzzle que nous devrons ensuite trier et placer dans le bon sens.

    La structure de l’intrigue est bien pensée. Le fait d’aller chercher des réponses dans le temps, en flash-back, pas à pas, pour essayer de comprendre un événement en cours qui se passe dans l’urgence, ça me plaît énormément. Au niveau de la tension, de la pression, c’est du lourd. Il faut dire que le "tempo" est y pour beaucoup. L’ambiance que nous vivons à Festi’neuch est glauque, avec ce fond sonore rempli de basse, puis rempli de rien, avec quelques projecteurs qui balayent la mort inlassablement.

    Le lecteur remarquera que le personnage principal, Walker, va être victime de son état de "panique", et devra donc assumer ses faits et gestes. À ce niveau, la situation deviendra assez ambiguë pour nous, pour lui ou pour la police.

    L’auteur réussit ici à créer un aspect que j’adore suivre dans un thriller ou un polar : l’ambiguïté d’un ou plusieurs personnages. J’aime être bluffé par le côté psychologique des protagonistes et, ici, je me retrouve dans cette situation. Que penser de ...

    L’intrigue prendra la même direction et la même qualité de ce que je viens de dire. Les personnages sont ambigus et l’intrigue aussi. Tout paraît simple, mais forcément trop simple ! Connaissant l’auteur, cela ne peut pas en être ainsi. Bref...

    Retour à Festi’neuch ! Qui dit carnage et bain de sang, dit police. Nous allons donc également faire connaissance avec les membres de la police neuchâteloise, notamment avec le commissaire Marc Boileau. Cet homme en fin de parcours ne vit pas avec ses démons, mais plutôt avec ses morts.

    Toutes les levées de corps qu’il a vécues durant sa carrière se matérialisent par ces hommes, femmes et enfants qui ne veulent apparemment pas le laisser tranquille. Ou alors, c’est peut-être lui qui ne veut pas les laisser partir... Ces rencontres morbides, ces dialogues d’outre-tombe m’ont assez touché, car je sais pertinemment ce que ressent ce flic. Il y a des choses qu’on n’accepte pas, qu’on ne peut pas admettre, mais qu’on devrait pourtant digérer. Facile à dire.

    Qui dit carnage, dit police, et si l’on rajoute prise d’otages, nous complétons le dispo avec groupe d’intervention et négociateur. Ce côté-là m’intéresse au plus haut point car il est très technique et délicat. Je profite alors de faire un petit paragraphe sur le côté purement "police" de ce thriller.

    Au niveau de la procédure de la prise d’otages, négociation, groupe d’urgence, tireurs d’élite, bouclage, tout me paraît au plus près de la réalité. Je soulèverai juste le fait que le négociateur, un habitué, un peu le "vieux loup" dans ce genre de mission, ose s’octroyer quelques tâches qui ne devraient pas lui être attribuées. Mais pour le roman, ça passe plutôt bien et cela donne une merveilleuse dynamique ! C’est très visuel, très cinématographique.

    Concernant le dénouement, je me sens un peu frustré ! J’étais assez satisfait d’avoir découvert le pot aux roses concernant la finalité de l’intrigue. Je trouvais même un peu dommage, car presque trop simple. Cependant, comme je l’ai dit plus haut, ce n’est jamais simple avec Nicolas Feuz ! Du coup, à nouveau, je me suis fait manipuler et bien comme il faut !

    En quelques pages, j’ai reçu plusieurs claques dans la gueule, assez rapprochées, histoire de bien se faire secouer ! Exactement le même effet que dans "Les Bouches", si vous vous en rappelez...

    Un grand Feuz ! Si ce n’est pas le meilleur.

    Bonne lecture.

  • lecturesdudimanche 28 janvier 2019
    Horrora Borealis - Nicolas Feuz

    Lorsque je lis dans une chronique : « Putain la claque ! Purée le bouquin ! La vache le truc !« , à l’instar de ce que j’ai pu lire dans la chronique de Valette sur le blog Sangpages, c’est clair que cela fait atterrir le titre direct dans ma wish-list ! Papa Noël, qui a eu la riche idée d’y piocher pour remplir sa hotte, a dû se sentir probablement flatté que j’aie choisi d’y mettre un livre dont une bonne partie de l’intrigue se situe dans sa propre contrée ! Et il l’a donc déposé sous le sapin le mois dernier…

    Bon, alors, elle a bien fait de jouer les tentatrices, notre Valette ? Oui ! Mille fois oui ! J’ai été, dès les premières lignes, happée par l’histoire qui n’est qu’une suite d’interrogations et de cliffhangers, qui nous balade entre le présent et le passé, passant d’un festival de musique Suisse au décor majestueux de la Laponie.

    Dans le présent, Walker, dépassé par les événements, se retrouve au cœur d’une prise d’otages sanglante en plein Festi’neuch. Déboussolé, il n’a qu’une seule certitude : la clé de toute cette histoire se trouve dans un coin de sa mémoire défaillante. Il aura des réponses quand il pourra reconstituer ce qui s’est produit en Laponie, 12 ans plus tôt…

    Alternant entre les deux périodes et les deux décors avec aisance, l’auteur nous entraîne dans le sillage de ses héros, découvrant l’ordinaire extraordinaire d’une famille (a ?)normale en vacances…

    On sait, dès les premières pages, qu’en Laponie, une catastrophe est imminente. Dès lors, l’auteur joue avec nos nerfs, nous laissant en permanence à l’affût, apeurés… Mais tout s’enchaîne et notre stress ne fait que croître !

    On a l’impression qu’il fait nuit tout au long de l’histoire, sentiment renforcé par un récit mécanique, mais pas froid pour autant ! Lorsqu’on touche du doigt l’abominable vérité, on se retrouve à glisser sur une pente bien plus raide que tout ce qu’on avait imaginé… Et quand tout finira par s’emboîter, c’est avec soulagement qu’on quittera l’arène, accompagnés par un florilège de sentiments contradictoires. Le voyage fut secoué, l’atterrissage, fracassant ! Tous les ingrédients sont donc réunis pour que les amateurs de thrillers embarquent fissa pour la Laponie… Cerise sur le gâteau, il y a une aurore boréale à la clé… 😉

  • Loudiebouhlis 26 février 2019
    Horrora Borealis - Nicolas Feuz

    On m’avait beaucoup parlé de Nicolas Feuz et des écrits. Alors quand l’opportunité d’en lire enfin un s’est présenté à moi, je n’ai pas refusé. Et au début, c’était très mal engagé. A tel point que je n’étais pas sûre de pouvoir continuer ma lecture. Dans un premier temps, la période choisit pour le lire n’était pas très adaptée, ensuite j’étais beaucoup trop fatigué pour me concentrer réellement dans cette lecture. Mais j’ai persévéré et je n’en suis pas déçu.

    Avant toute chose si vous souhaitez lire ce livre, préparez-vous à des longueurs piquantes. Car il faut le dire, Nicolas Feuz prends son temps pour installer l’univers, pour que toutes les pièces se mettent en place tout en vous balançant quelques phrases intrigantes par-ci, par là. Pour être tout à fait honnête, je n’aime pas qu’on tourne autour du pot et c’est clairement ce qu’a fait l’auteur et ce qui m’a le plus agacé. Pourtant quand enfin toutes les pièces du puzzle ont eu finis de s’emboîter les unes aux autres, tout est devenu clair. 

    Nicolas Feux alterne deux phases de la vie de son personnage principal dans l’histoire, une zone de son passé (l’histoire en Laponie) et son présent (la prise d’otage). Un chapitre après l’autre. Je dois dire que par moment, cela m’a perdu. J’avais quelque peu de mal à me concentrer pendant plus d’un chapitre (la fatigue ne me permettait pas de discerner les chapitres...).

    Cependant aux trois quarts du livre, l’auteur ne nous laisse plus aucun répit. Les révélations se succèdent, certaines incroyablement surprenantes, d’autres bien plus prévisibles. Au final, une excellente lecture que je recommanderais sans problème.

  • Mes petits plaisirs à moi 12 mars 2019
    Horrora Borealis - Nicolas Feuz

    Il y a des thrillers qui vous donnent l’impression de n’en avoir jamais lus avant eux tant ils vous subjuguent par leur originalité.  Horrora Borealis  en est un brillant exemple, un véritable petit joyau de moins de 300 pages qu’il est absolument impossible de lâcher une fois entamé. Et c’est tant mieux car ce roman est en compétition pour le Prix des lecteurs du Livre de poche catégorie Polar/Thriller et croyez-moi, il a toutes ses chances pour faire partie de la sélection finale voir pour l’emporter.

    Qu’est-ce qui s’est passé en Laponie ? (4e de couverture)

    Sur les rives du lac de Neuchâtel, en Suisse, des coups de feu éclatent en plein festival de musique. Le site est évacué. La grande scène devient le théâtre d’une prise d’otages. Un négociateur est dépêché sur place. Le groupe d’intervention de la police s’organise. Dans l’esprit de Walker, une seule question compte : Qu’est-ce qui s’est passé en Laponie ? Ses souvenirs sont flous. Mais il est clair que, de longue date, il ne croit plus au père Noël. Et vous, vous y croyez encore ?

    Ce résumé vous semble trop général. C’est tout à fait normal car entrer plus dans les détails risquerait de vous dévoiler le mystère de l’intrigue. Quant à la référence au père Noël, je vous rassure également, on n’est pas dans du roman bien pépère de fin d’année. On est dans du bien glauque voire, pour certaines scènes, dans de l’hyper violent.

    Nicolas Feuz ou celui qui mène son lecteur par le bout du nez

    Une chose est certaine : Nicolas Feuz sait comment vous mener sur de fausses pistes. Et après tout, n’est-ce pas l’objectif de tout bon auteur de polar ou de thriller ? Mais l’art du romancier ici consiste à vous laisser penser tout au long du roman que vous êtes maître du jeu. C’est même au point que durant les 230 premières pages, vous vous demandez ce qu’il y a encore à découvrir car tout semble vous être livré sur un plateau.

    En effet, l’auteur se contente de nous raconter l’histoire de Walker qui, persuadé qu’on l’épie et le suit dans les rues de Neuchâtel, se réfugie en plein cœur d’un festival de musique, le Festi’neuch, histoire de pouvoir se cacher et repérer plus facilement celui ou celle qui le traque. Mais par une subtile construction enchâssée du récit, on comprend que les choses ne vont pas se passer aussi simplement que cela. En effet, Nicolas Feuz nous fait passer du présent au passé, du moment T aux heures qui l’ont précédé et ceci sans relâche, nous permettant seulement de glaner quelques indices (du moins ceux qu’il veut bien nous accorder) afin de comprendre le pourquoi du comment. En gros, pourquoi Walker se retrouve-t-il sur une scène de spectacle assis à côté d’un "finlandais blond" et d’un chanteur abattu d’une balle dans la tête, le tout en se demandant s’il sera le prochain à y passer ? La chose que l’on sait de source sûre, c’est que la solution de l’énigme se trouve dans un voyage qu’il a réalisé quelques années auparavant avec sa famille en Laponie.

    Qu’est-ce qui s’est passé en Laponie ? Ceci aurait pu être le titre du roman tant cette phrase est récurrente dans l’oeuvre. Walker se la répète encore et encore dans sa tête, réussissant petit à petit à faire émerger des bribes de souvenirs qui vont nous dévoiler la vérité. Mais est-ce que Walker est encore capable de nous la donner ? C’est là la question et c’est ce que nous finissons par découvrir dans les 30 dernières pages du roman qui pourraient s’apparenter à un véritable feu d’artifice ou un tsunami. En quelques lignes, Nicolas Feuz réussit un véritable tour de passe-passe, une escroquerie digne du coup du siècle. En effet, cette vérité qu’il était parvenu à faire découvrir au lecteur éclate en mille morceaux en une phrase (que, bien entendu, je ne vous révélerai pas) obligeant le lecteur à repenser toute l’histoire depuis la première ligne du roman. Mais une fois ceci fait, il l’assomme une nouvelle fois avec la révélation finale qui, dans tout autre ouvrage, aurait pu faire un flop total. Mais là, vous vous dites : "Ce mec est un génie !". Tout s’emboîte à la perfection au final et vous avez alors le sentiment que vous ne pourrez peut-être plus jamais connaître un tel plaisir de lecture. C’est absolument grandiose. En moins de 300 pages, Nicolas Feuz nous offre un dénouement digne de  Usual suspects au point que, pour ma part, j’angoisse un peu de lire une autre oeuvre de cet auteur de peur d’être déçu. Mais peut-être passerais-je alors à côté d’une autre perle de thriller ? Non, mais vous imaginez mon dilemme ?

    On appréciera enfin l’auto-dérision de l’auteur qui, étant procureur lui-même, dépeint un de ses homologues à la fin du roman et, il faut l’avouer, ne lui donne pas le meilleur rôle. Comme quoi, même dans un cauchemar, on peut rire de soi-même.

    Mon chouchou à moi

    Le personnage de Marc Boileau, le négociateur, est à mes yeux absolument bouleversant. En proie, au moment où son épouse mène son dernier combat contre le cancer, à de terribles remords et à quelques encablures de son départ à la retraite, Boileau vit dans sa confrontation avec Walker l’expérience sans aucun doute la plus marquante et la plus douloureuse de son existence. On sent ce personnage sur le fil du rasoir. Il tient le coup mais jusqu’à quand ? La fin est absolument exceptionnelle mais laisse au lecteur une sensation de mal-être, comme si l’on pressent une deuxième fin que l’on ne souhaite pas voir arriver. On n’aura, hélas, jamais la réponse à cette question angoissante mais la veut-on vraiment ? Je ne le pense pas pour ma part.

    Au final, un petit chef d’oeuvre de thriller qu’il faut ABSOLUMENT avoir lu au moins une fois dans sa vie !

  • Le Carnet de Stitch 15 mars 2019
    Horrora Borealis - Nicolas Feuz

    Tout d’abord, je remercie la maison d’édition Le Livre de Poche pour l’envoi de ce roman noir dans le cadre du jury du Prix des Lecteurs 2019, section Polar.

    Le titre et la première de couverture intriguent et incitent à imaginer les pires horreurs. Mais quelles horreurs ? Seule la lecture de ce roman vous le dira.

    Une synopsis alléchante. Une fusillade au festival de musique Fest’Neuche à Neuchâtel en Suisse. Une question : que s’est-il passé en Laponie ? Telle est la question ? Et surtout, le but de ce roman !

    Un voyage entre deux pays : la Suisse et la Laponie. Des personnages lapons physiquement caricaturaux. Les personnages sont attachants avec des secrets lourds et fous. Et surtout, des énormes surprises !

    Avec cette enquête, vous ne verrez plus la Laponie sous le même œil. J’ai adoré me faire berner par cette histoire. On croit s’attendre à telle chose. Et non ! Avec son écriture fluide et maîtrisée, Nicolas Feuz sait nous surprendre jusqu’aux dernières pages. Une enquête riche en rebondissements et en émotions. L’auteur ne passe pas par quatre chemins pour décrire les scènes sordides. Néanmoins, certaines questions restent sans réponses.

    Un "Maxime Chattam" à la Suisse ! Chapeau bas pour m’avoir fait voyager dans cet univers. Ce roman est un véritable coups de cœur. Un auteur à suivre ! Une belle découverte !

  • Komboloi 28 mars 2019
    Horrora Borealis - Nicolas Feuz

    Je n’avais encore jamais entendu parlé de cet auteur vendu comme la petite pépite du polar helvétique.

    Mon avis va sûrement être moins dithyrambique.
    Il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à ce court roman policier, c’est de manquer de rythme. Tout va à cent à l’heure et on se laisse facilement emporter par ce rythme infernal.

    Autre point positif mais qui relève vraiment du ressenti personnel, j’ai plutôt bien accroché avec les différents protagonistes. J’ai également plutôt été surpris par les différents retournements de situation / surprises de ce roman, un bon page turner.

    Mais là ou j’ai été nettement été plus dérangé c’est par l’écriture et les répétitions un peu lourdes que l’on retrouve au fil du livre. Dire la même chose quasiment au mot près à quelques pages d’intervalle m’a vraiment donné une désagréable impression de livre bâclé. Et c’est bien dommage car ce roman a des atouts !

    En conclusion, un polar agréable (en faisant fi des imperfections parfois énormes dans l’écriture), rapide à lire et prenant pour amateur au coeur bien accroché car l’auteur ne lésine pas sur les détails et c’est quand même bien violent.

  • Musemania 1er avril 2019
    Horrora Borealis - Nicolas Feuz

    Voilà le deuxième livre de la sélection pour le mois de mars dans la catégorie « Polar » (après « Dans les angles morts » d’Elizabeth Brundage dont vous pouvez retrouver ma chronique ici : https://musemaniasbooks.blogspot.com/2019/03/dans-les-angles-morts-delizabeth.html) en lice pour le Prix des Lecteurs des éditions Le Livre de Poche. Il s’agit de « Horrora Borealis » du suisse, Nicolas Feuze.

    Lorsque j’ai lu la quatrième de couverture où le journal « L’Express » évoquait l’auteur comme le Maxime Chattam suisse, cela a encore titillé plus ma curiosité nonobstant le résumé de l’histoire. Je ne connaissais Nicolas Feuz que par les couvertures de ses bouquins, n’ayant pas eu l’occasion de les lire. Grâce au « Prix des Lecteurs » dont je fais partie du jury, j’ai eu la chance de le recevoir dans la sélection du mois de mars qui - doucement - se termine déjà et cela a été véritablement une très bonne surprise !

    Lors du festival musical Festi’neuch à Neuchâtel, des coups de feu sont tirés faisant plusieurs morts mais surtout une prise d’otage. Preneur d’otage et otage semblent avoir partagé des faits traumatisants mais ils devront retourner dans leurs souvenirs pour comprendre comment les choses ont pu tourner de la sorte. Mais que s’est-il passé en Laponie, pays des rennes, du Père Noël et des aurores boréales ?

    Le résumé est assez nébuleux et c’est bien mieux pour le lecteur d’en découvrir toutes les subtilités du récit. Comptant un peu moins de 269 pages, j’ai été littéralement happée par le récit et eu du mal à le lâcher avant de l’avoir terminé.

    Même si l’histoire, et surtout la fin, sont peut-être un peu rocambolesque, j’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a fait à la fois découvrir la Laponie, la Suisse et plus particulièrement la ville de Neuchâtel. Les descriptions sont si réalistes que j’ai parfois eu l’impression de ressentir le froid glacial du cercle polaire alors je cuisais sous le soleil tropical du Cap-Vert.

    J’ai trouvé que le suspens grandissait assez vite au fil des pages grâce notamment à une écriture assez incisive de l’auteur. Je voulais vraiment découvrir ce qu’il avait pu se passer en Laponie et connaître le destin de la famille Walker. Quand je pensais enfin avoir découvert le fin mot de l’histoire, l’auteur m’occasionne un total twist que je n’avais pas vu venir. Franchement, c’est bien tourné et ce, sans que le lecteur ne se doute d’un temps soit peu du final.

    Peut-être parce que c’est invraisemblable mais l’auteur a réussi sa mission de me divertir et de m’avoir fait autant apprécié ce récit malgré le pan assez glauque de l’histoire mais on n’est pas dans un livre des Bisounours non plus. Cela pourra en heurter plus d’un, mais vous savez tout comme moi que les auteurs de thrillers ne font pas dans le monde des licornes courant sur des arcs-en-ciel et mangeant des pâquerettes.

    En fin de compte, j’ai trouvé que la comparaison avec l’auteur Maxime Chattam n’était pas volée. Nicolas Feuz est un auteur que je compte à l’avenir suivre avec beaucoup d’intérêts et j’espère découvrir très vite son nouveau roman « Le miroir des âmes », paru en août 2018, chez Slatkine et cie.

    Ma chronique sur mon blog : https://musemaniasbooks.blogspot.com/2019/03/horrora-borealis-de-nicolas-feuz.html

  • LectureChronique2.0 3 avril 2019
    Horrora Borealis - Nicolas Feuz

    Je vous annonce un coup de coeur énorme pour ce livre.

    Pour l’anecdote, j’avais annoncé à son auteur que j’allais passer le week-end en sa compagnie en lisant son livre, mais Nicolas a réussi à me faire mentir car j’ai dévoré cette œuvre en un après-midi. Trop court certes, mais tellement intense.

    Pour commencer, ce thriller nous emmène donc en Suisse, au Festival de musique de Neuchâtel où Walker retient en otage un homme rencontré en Laponie, l’accusant d’y avoir perpétré le meurtre de sa famille.

    La famille Walker y a passé quelques jours de vacances mais celles-ci ne se sont pas révélées franchement idylliques et ont vite pris une autre tournure.

    Le preneur d’otage va alors demander à parler à un seul flic : Marc Boileau. Ce dernier va devoir faire office de négociateur et va prendre un peu trop à coeur toute la mesure de son rôle.

    Une fois commencé, vous ne pouvez plus vous arrêter de lire, page après page, vous plongez instantanément dans l’histoire comme la nuit enveloppe facilement les terres enneigées de la Laponie.

    Vous êtes absorbés par l’intensité de l’intrigue qui se joue juste sous votre nez, vous sentez que le dénouement va vous exploser au visage au fur et à mesure que les éléments s’enchaînent.

    Comme une chanson douce qu’aurait pu lui murmurer sa maman le soir, cette phrase qui hante et qui n’a de cesse de revenir tout au long du récit :
    "Walker … Qu’est-ce qui s’est passé en Laponie ?"

    Aucun temps mort, le tensiomètre à son maximum, vous affrontez le froid assassin du Pole Nord. Non, définitivement, vous n’êtes pas au pays enchanteresse du Père Noël, loin de là. A mille lieux de la légende existante.

    Le final vous tombe dessus comme un coup de hache. La vérité qui éclate et qui vous glace le sang ( Noooon, pas possible ! vous allez vous entendre dire ) et qui boucle la boucle sur l’histoire d’un soir.

    La légende de l’enfant mort-né a rattrapé tout ceux qui l’ont côtoyé en Laponie. Saurez-vous y faire face et braver la Plaine des Loups ?

    Extrait : Un négociateur devait prendre le contrôle de la situation dès le début et tout tenter pour atteindre une résolution pacifique du conflit. A cette fin, l’écoulement du temps jouait en sa faveur. Il devait le mettrez à profit pour collecter le maximum de renseignements sur la situation et la cible.
    A l’exception du terroriste agissant selon un plan d’exécution froidement calculé, le preneur d’otage était souvent une personne ordinaire, dont la vie avait basculé de manière inattendue. Désespéré, submergé d’émotions et de colère qu’il ne contrôlait plus, il se retrouvait pris dans un tourbillon insupportable d’évènements qui lui échappaient. Face à un tel profil, le négociateur devait faire preuve de patience, d’écoute, d’empathie, afin de parvenir à un échange.

  • lecturesdudimanche 6 avril 2019
    Horrora Borealis - Nicolas Feuz

    Lorsque je lis dans une chronique : « Putain la claque ! Purée le bouquin ! La vache le truc !« , à l’instar de ce que j’ai pu lire dans la chronique de Valette sur le blog Sangpages, c’est clair que cela fait atterrir le titre direct dans ma wish-list ! Papa Noël, qui a eu la riche idée d’y piocher pour remplir sa hotte, a dû se sentir probablement flatté que j’aie choisi d’y mettre un livre dont une bonne partie de l’intrigue se situe dans sa propre contrée ! Et il l’a donc déposé sous le sapin le mois dernier…

    Bon, alors, elle a bien fait de jouer les tentatrices, notre Valette ? Oui ! Mille fois oui ! J’ai été, dès les premières lignes, happée par l’histoire qui n’est qu’une suite d’interrogations et de cliffhangers, qui nous balade entre le présent et le passé, passant d’un festival de musique Suisse au décor majestueux de la Laponie.

    Dans le présent, Walker, dépassé par les événements, se retrouve au cœur d’une prise d’otages sanglante en plein Festi’neuch. Déboussolé, il n’a qu’une seule certitude : la clé de toute cette histoire se trouve dans un coin de sa mémoire défaillante. Il aura des réponses quand il pourra reconstituer ce qui s’est produit en Laponie, 12 ans plus tôt…

    Alternant entre les deux périodes et les deux décors avec aisance, l’auteur nous entraîne dans le sillage de ses héros, découvrant l’ordinaire extraordinaire d’une famille (a ?)normale en vacances…

    On sait, dès les premières pages, qu’en Laponie, une catastrophe est imminente. Dès lors, l’auteur joue avec nos nerfs, nous laissant en permanence à l’affût, apeurés… Mais tout s’enchaîne et notre stress ne fait que croître !

    On a l’impression qu’il fait nuit tout au long de l’histoire, sentiment renforcé par un récit mécanique, mais pas froid pour autant ! Lorsqu’on touche du doigt l’abominable vérité, on se retrouve à glisser sur une pente bien plus raide que tout ce qu’on avait imaginé… Et quand tout finira par s’emboîter, c’est avec soulagement qu’on quittera l’arène, accompagnés par un florilège de sentiments contradictoires. Le voyage fut secoué, l’atterrissage, fracassant ! Tous les ingrédients sont donc réunis pour que les amateurs de thrillers embarquent fissa pour la Laponie… Cerise sur le gâteau, il y a une aurore boréale à la clé… 😉

  • La Caverne du Polar 2 juillet 2019
    Horrora Borealis - Nicolas Feuz

    J’ai découvert Nicolas Feuz, avec Le miroir des âmes. Aujourd’hui je vais vous parler de Horrora Borealis dont j’ai beaucoup entendu parler. Nicolas Feuz est procureur du canton de Neuchâtel et s’est lancé dans l’écriture en 2010. A ce jour il a déjà publié 9 romans. Allez c’est parti suivez-moi en direction de la Suisse et la Laponie.

    La famille Walker se rend en vacances au Nord de la Finlande, en Laponie. Mais malheureusement celles-ci vont vite tourner au cauchemar. Walker qui est de retour à Neuchâtel, se sent très vite observé lors de sa promenade, c’est alors qu’il se réfugie avec hâte en plein festival musical Festi’neuch. Très vite s’en suivent des coups de feu faisant plusieurs morts et également une prise d’otage. Il est impératif pour Walker qu’il se souvienne de son voyage en Laponie, mais tout est si confus dans son esprit… Que s’est-il vraiment passé là-bas, au pays des rennes et du Père Noël ?

    J’ai bien aimé l’alternance des chapitres, Nicolas Feuz varie entre le passé, (l’histoire en Laponie) et le présent, (la prise d’otage). Petit à petit on parvient à relier les éléments entre eux, mais que de surprises. Découvrir la Laponie pour moi qui aime beaucoup la neige, la glace et les pays nordiques, a été une très bonne surprise. Les descriptions sont vraiment réalistes. En tant que lecteur on est vraiment pressé de découvrir ce qu’il s’est réellement passé avec cette famille en Laponie. Et quelle surprise lors du dénouement…

    Horrora Borealis est un bon thriller, un peu court mais très efficace. Une lecture très agréable que je recommande à tout les amateurs du genre. Je vais bien sûr continuer de suivre Nicolas Feuz, qui est devenu une valeur sûre du polar Suisse. J’ai hâte de lire L’Ombre du renard son prochain roman qui va paraître à la rentrée.

  • La Bibliothèque de Juju 12 septembre 2019
    Horrora Borealis - Nicolas Feuz

    La Suisse. Ses chocolats , ses montres , ses banques …

    Bon, OK, j’arrête tout de suite les clichés …

    Nous sommes donc en Suisse en plein festival Festi’neuch . Une prise d’otages est en cours. Il y a déjà des morts. Le preneur d’otages semble avoir vécu des événements traumatisants quelques temps lus tôt en Laponie …

    Les aurores boréales, le Père Noel et les élans …

    Bon, OK, j’arrête tout de suite les clichés …

    De Laponie, il sera question et cette question qui va vous consumer tout le longe de votre lecture : « Que s’est-il passé exactement en Laponie ? ».

    Et bien, vous allez le savoir et vous risquez de ne pas vous en remettre !

    Le mystère plane et l’auteur fait allers retours entre cette soirée fatale en Suisse et les fameux événements qui se sont déroulés en Laponie …

    On a envie de savoir et Nicolas Feuz sait très bien jouer avec les nerfs de son lecteur. Ce qui se passe en Laponie ne doit pas rester là-bas, surtout pas. On tourne les pages avec frénésie, tant les deux événements contés ici nous embarquent …

    Je découvre Nicolas Feuz. Et quelle découverte ! Rarement un thriller ne m’a autant tenu en haleine du début à la fin du livre ! Je pensais avoir vu venir les choses et pourtant non, j’étais bien loin de tout avoir saisi !

    Tellement content de tenir un nouvel auteur de thriller de talent que je ne vais pas le lâcher !!! Je m’attelle très vite à la suite de son œuvre ! Et je donne rendez-vous aux amateurs du genre, ils devraient prendre bien du plaisir !

  • Mes polars et le reste 16 octobre 2019
    Horrora Borealis - Nicolas Feuz

    Intriguée par les excellentes critiques lues sur L’ombre du Renard, j’ai décidé de commencer par le milieu et donc mon choix s’est porté sur Horrora Borealis, de Nicolas Feuz, paru en 2016.
    Bien mal m’en a pris.
    Nicolas Feuz, qui prend soin d’indiquer partout son statut professionnel (procureur), explique également, sous forme de boutade, qu’il n’est pas écrivain et, après avoir lu Horrora Borealis, je le crois sur parole.
    Quand je lis un livre, je m’attarde sur plusieurs aspects :
    - le style, qui, à défaut d’être inspirant ou entraînant, doit a minima se faire oublier pour me permettre de m’immerger dans l’histoire. Il est ici assez pauvre.
    - les personnages : ils doivent être "en relief", prendre vie dans mon esprit, ne pas être faits d’un bloc, avoir leurs zones d’ombre et leurs qualités. Je dois ressentir quelque chose à propos d’eux ou au moins l’un d’entre eux doit éveiller quelque chose en moi. Rien de tout ça ici. J’avoue même avoir espéré qu’un bûcheron lapon sorte du bois pour truicider tout ce petit monde tant le sort des personnages m’indifférait. Ados stéréotypés – et pas crédibles, couple à la dérive, flic qui entend les cadavres de ses vieilles affaires lui parler, préoccupé par le cancer de sa femme et son opération de la dernière chance, flic qui n’arrête pas le suspect « parce que c’est un bon gars », aucun d’eux n’a pu éveiller le moindre soupçon d’empathie chez moi. Ils sont restés des mots jetés sur le papier, sans âme, sans corps, sans émotion.
    - l’histoire : ce que ça donne quand on raconte l’histoire en dix lignes. Je ne peux pas le faire ici sans spoiler, mais c’est pas brillant. L’histoire n’est pas du tout crédible et ne consiste, finalement, qu’en une litanie d’incohérences et d’invraisemblances toutes plus crasses les unes que les autres : une mère se demande si elle doit s’inquiéter de ne pas voir rentrer son fils de 8 ans qu’elle a laissé jouer dehors par -20 pendant une tempête de neige, dans un endroit qu’ils ne connaissent pas au fin fond de la Laponie ? Une victime d’hydrocution suffisamment sévère pour y laisser deux doigts est renvoyée chez elle le jour même (je répète, nous sommes en Laponie en février) et va se faire un sauna ? Un flic boute le feu à sa moto neige au milieu de nulle part et en pleine tempête pour réchauffer ladite victime en hypothermie, "parce que l’hélico va arriver" ? Un des personnage distingue même les montagnes. En Laponie, oui, Monsieur.
    Impossible d’énumérer toutes les invraisemblances sans spoiler le livre, si jamais tu as encore envie de le lire.
    - le thème : cette idée centrale autour de laquelle s’enroulent toutes les scènes et que le roman traite. Par exemple, la deuxième saison de Top of the Lake explore le thème de la maternité ; Dans la brume écarlate s’articule autour du thème de l’absence ; Le meilleur des mondes s’intéresse au thème de l’éthique, etc. Le thème est ce qui fait qu’un livre est inoubliable, même si tu n’arrives pas à le voir sur le moment. L’absence de thème est souvent ce qui fait que tu as oublié que tu avais lu ce livre. Les thèmes sont censés nous "apprendre" à vivre, nous montrer comment on peut faire, comment font les autres, etc.
    Ici, ben ... rien. Je cherche bien, je ne vois pas. On trouve tout un tas de thématiques racoleuses dont l’empilement et l’absence de sens ne font que souligner la vacuité de l’intégralité du roman. La drogue, la tromperie dans le couple, l’illégitimité, les prédateurs sexuels sur internet, la grossesse adolescente, l’inceste, l’amnésie rétrograde. Rien n’est approfondi, tout est survolé et surtout, lorsqu’on referme enfin le livre et qu’on se demande : de quoi ça parle ?, force est de constater que, dans l’esprit, le vide se fait, plus grand et plus glaçant que celui des plaines de Laponie. C’est l’histoire d’un mec qui bute tout le monde, mais sans faire exprès, parce qu’il a oublié ce qu’il s’est passé en Laponie.
    - l’intrigue, c’est à dire la façon dont l’histoire est racontée : on alterne ici entre des scènes au festival Festineuch de Neuchatel et le déroule de ce qu’il s’est passé en Laponie, sous forme de flash-back. L’intrigue ici consiste en une succession de scènes dont on ne sait pas toujours si elles se sont passées ou si c’était un rêve et dont le narrateur n’est pas toujours bien défini. En général, l’intrigue est structurée en trois grandes parties : la première qui campe l’histoire (25% du livre), la seconde qui contient le déroulé de l’histoire (50%) et la troisième qui est le dénouement (25%). C’est à peu près respecté ici, même si j’ai du mal à situer le milieu, ce moment pivot où tout commence à basculer.
    - les détails en plus : c’est propre à l’auteur, et c’est ce petit plus qui peut expliquer qu’on n’aime pas un très bon bouquin ou qu’on adore un livre qui n’est pas terrible par ailleurs. Ici, impossible de se rattraper sur des descriptions particulièrement dégeu des sévices subis, sur la complexité des personnages ou le destin particulièrement cruel, comme dans un slasher classique. Non seulement il n’y a pas beaucoup d’imagination dans ce livre, mais il n’y a pas de talent pour lui donner vie ni aucun pouvoir d’évocation. Tu lis Dans l’ombre écarlate et sa nana « dessinée par Moebius et habillée par Marvel » et l’image te saute aux yeux. Tu ouvres Surface, et tu passes des trottoirs crades de Paris à l’air pur de la campagne. Rien qui transporte, non plus. J’ai bien compris que la Laponie, c’est froid, mais moi qui espérait retrouver un peu d’air pur et frais, qu’il soit Suisse ou Lapon, j’en ai été pour mes frais.
    En définitive, je n’ai eu que l’haleine fétide « d’un de ces thrillers aux rebondissements rocambolesques qui se dispensent d’une intrigue cohérente en misant sur un lectorat peut exigeant », comme l’écrit monromannoir sur Babelio. Navrant, conclut-il, et je ne peux que plusseoir.

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