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Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

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Résumé :

l a suffit d’une fois . Une seule mauvaise décision, partir ,suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans . Six ans après , hagarde , épuisée , avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie , elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités , surnommé " la Casse "
La Casse , c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales , dans des rues entières bordées d’automobiles embouties .
Chaque épave est attribuée à une personne . Pour Moe , ce sera une 306 grise . Plus de sièges arrière , deux couvertures et voila leur logement , à elle et au petit . Un désespoir .
Et puis , au milieu de l’effondrement de sa vie , un coup de chance , enfin : dans sa ruelle , cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la noirceur du quartier . Elles vont adopter Moe et son fils . Il y a là , Ada , la vieille , puissante parce qu’elle sait les secrets des herbes , Jaja la guerrière , Poule la survivante , Marie-Thé la douce , et Nini , celle qui veut quand même être jolie et danser .
Leur force , c’est la cohésion , leur entraide , leur lucidité . Si une seule y croit encore , alors il leur reste à toutes une chance de s’en sortir . Mais à quel prix ?

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Vos #AvisPolar

  • IsaVP 2 septembre 2020
    Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

    NOIR ET SUPERBE
    L’illusion d’une misère contrôlée dans un monde où l’on ne veut plus la voir.
    De réfugiées en accidentées de la vie, de beaux portraits de femmes, fières et volontaires, qui nous font encore croire en la grandeur de l’âme humaine.
    Dans ce condensé de société recréée par l’homme, l’espoir subsiste malgré la misère et l’adversité, dans un futur qui n’est peut-être pas si irréaliste.
    Le clin d’oeil à Khadra et son Olympe des infortunes à la fin, est très plaisant.
    Un vrai coup de coeur.

  • Aude Lagandré 5 octobre 2019
    Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

    Moe a quitté sa Polynésie natale pour suivre Rodolphe, petit français qui passait par là. Sous couvert d’un amour naissant, qui se révèle bien vite poisseux, Moe le quitte avec, dans son paquetage, un enfant. Réjane l’héberge quelque temps, mais rapidement, elle ne supporte plus cette gamine qui n’arrive pas à avoir de travail fixe assez bien payé ni ce gosse qu’elle doit prendre garde à ne pas réveiller. Désœuvrée, seule, sans toit, elle atterrit à la Casse. La Casse c’est un Township dans lequel sont regroupés tous les « ratés » dans son genre. Ils y vivent dans des voitures qui servent d’habitation. Cela évite qu’on les voie traîner dans les centres villes. Ils sont parqués, surveillés, sans possibilités d’en sortir. Une nouvelle vie commence alors pour Moe… sur le sol français, pas telle qu’elle l’avait imaginé…

    Rien de ce que je pourrai écrire dans cette chronique n’arrivera à la cheville de ce roman. J’aurai juste envie de vous dire lisez-le, rien de plus, rien de moins, simplement lisez-le. Il y a des auteurs de littérature noire chez lesquels le lecteur ne décèle aucune lumière, pas la moindre petite braise, juste un noir dense, profond, un puits sans fond où toute forme d’optimisme semble absente. Cela n’est pas le cas dans ce roman de Sandrine Collette. Dieu sait qu’il est noir, qu’il est dur, qu’il est pessimiste. Les situations sont catastrophiques, les personnages désenchantés, les actes dramatiques. Et pourtant, malgré ce scénario effroyable, la lumière jaillit, entretenue par des âmes folles, profondément humaines qui décident de se battre contre la fatalité, envers et contre tout.

    Six magnifiques portraits de femmes vivent dans ce roman. Chacune dévoile un pan de sa vie dans des apartés saisissants, une vérité terrifiante, un passé lourd peuplé d’êtres malveillants et pervers. Chacune est meurtrie, blessée, isolée, mais ensemble, elles sont la lumière de leur quartier dans la Casse. Ensemble, elles sont fortes, volontaires, aimantes et empreintes d’humanité. « La présence et l’aide de ces cinq femmes-là, elle s’en rend compte, n’ont pas de prix. (…) Vrai, Moe donnerait ce qu’elle gagne si cela suffisait à les rendre presque heureuses… » L’entraide, l’écoute, l’attention mutuelle, la compassion font de ce groupe une force que nul ne peut arrêter : ni les blâmes, ni les horreurs, ni les actes qui souillent ni la misère ni la crasse. Ensemble, et malgré leurs histoires personnelles différentes, leurs blessures intimes, elles se prêtent main-forte. « Vivre les uns sur les autres l’expression parfaite pour expliquer les liens entre les filles : qu’une seule bouge, et toutes le ressentent. »

    Il faut s’imaginer une ville de 8000 habitants, vivant dans des carcasses de voiture, obligés de travailler aux cultures pour quelques maigres piécettes, subissant la chaleur en été, le froid en hiver, les maladies, les agressions, la peur. La Casse est une prison dont on ne sort pas ou alors à un prix élevé. La description faite par Sandrine Collette est criante de vérité. Vous y vivez. Vous subissez. Vous avez peur.

    Cette dystopie dévoile, avec lucidité, le futur de notre société basée sur l’absence de compassion, l’envie de se débarrasser des « éléments gênants » (cf. les migrants et la jungle de Calais), l’individualisme poussé à outrance. La construction de villes ghettoïsées similaires à la Casse est tout à fait plausible dans un avenir proche et incertain où la pauvreté et la misère dérangent. C’est ce qui rend le roman si terrifiant. Dans la première partie, Sandrine Collette développe avec brio la lente escalade vers la misère et le cercle vicieux, infernal, qui en découle. Ces éléments permettent de comprendre la lente et inéluctable dégringolade qui amène Moe à la Casse. La seconde partie décrit la vie en ces lieux où l’avenir est extrêmement sombre et les perspectives de s’en sortir maigres.

    Le style de Sandrine Collette est aussi vivant que le sont ses personnages. Extérieurement, ils peuvent paraître éteints, mais à l’intérieur, ils sont flamboyants et ardents. Par le biais de phrases longues, parfois une page pleine, de nombreuses virgules, de multiples idées concentrées dans une phrase unique comme si le cerveau de l’un de ses personnages fonctionnait à plein régime ou que l’auteur souhaitait une asphyxie programmée de son lecteur, le peu de dialogues, Sandrine Collette parvient à transmettre une empathie totale en nous livrant la quintessence de l’intimité des âmes. « Et c’est quoi un corps, au fond, sinon une enveloppe que l’on peut détacher de toute pensée quelque chose de flottant, d’insensible, parce qu’on l’a décidé et qu’on l’oblige en lui ordonnant de se taire, c’est quoi un corps malaxé, tourné et retourné sur un matelas sale, investi par d’autres, quand le cerveau fait une coupure, oublie la nuit, quoi de plus que des courbatures et des douleurs au petit matin, au moment de rentrer – il est cinq heures le jour d’après et Moe veut seulement prendre une douche, se laver de l’horreur, les effets de l’herbe hallucinogène dérobée dans la caravane d’Ada disparaissent peu à peu. »

    J’ai été littéralement envoûtée par ce récit hypnotique, par cette écriture vampirisante qui résonnait comme un glas au fond de mes entrailles, capable de vassaliser et mon cœur et mon cerveau. Mais surtout, l’auteur transmet cet incroyable appétit de vivre, ce positivisme à toute épreuve, l’idée que rien n’est jamais joué d’avance, que chaque pas, quoi qu’il en coûte reste un pas. « Forcer le destin. À se remettre debout chaque fois en le regardant bien droit dans les yeux, même pas mal, il finira par se lasser, comme les massacres et les épidémies, à un moment tout s’arrête sans que personne ne sache pourquoi, tout reflue, la vie reprend. »

    Ce roman est intimiste, sombre et lumineux, doux et violent, mais c’est avant tout une leçon d’humanisme et une ode à la solidarité.

  • madame.tapioca 3 mars 2019
    Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

    Une fiction noire, cruellement contemporaine et éminemment politique, où se mêlent l’horreur et la fraternité.

    Dans un futur assez proche où la crise est à son paroxysme, la société a inventé un nouveau système pour se débarrasser des sans domicile fixe dont elle ne sait plus que faire. Désormais la misère est parquée à La Casse. Un bidonville d’un nouveau genre, une sorte de prison contrôlée par l’Etat où les laissés pour compte vivent dans des carcasses de vieilles voitures.
    Un véritable enfer, une décharge humaine à ciel ouvert, avec ses règles, ses quartiers et sa violence.
    Pour en sortir, il faut payer une somme astronomique. Alors les habitants de La Casse travaillent dans les champs d’état en échange d’un salaire de misère dans l’espoir d’amasser au bout de plusieurs années le prix de leur libération.

    C’est là que va atterrir Moe, jeune polynésienne qui a quitté son ile par amour.
    De mauvaises décisions en mauvaises décisions, de pas de chance en pas de chance, elle se retrouve à la rue avec un bébé.
    La société l’envoie à La Casse.
    Elle s’installe dans la voiture rouillée qui lui est allouée avec son nourrisson.
    Dans cet univers étrange et abject, Moe va faire la connaissance de ses voisines, cinq femmes incroyables, chacune avec une histoire lourde.
    Ensemble, elles vont se soutenir, s’entraider et au milieu de l’horreur on découvre la force de la solidarité, la puissance de l’amitié entre ces femmes extraordinaires.

    Un livre très fort pour 3 raisons :
    D’abord l’histoire : ça prend aux tripes, ça met en colère. Si besoin était, on se rend compte de la facilité avec laquelle le malheur arrive, comment un rien suffit pour que tout bascule.
    Ensuite l’ambiance : je me suis fait happer par ce décor d’une tristesse infinie (cadavres de voitures, tôles rouillées, vitres cassées). L’atmosphère pesante, sombre et oppressante vous enveloppe.
    Et puis il y a l’écriture : la plume de Sandrine Collette est sèche, brute, percutante et décousue, en parfaite adéquation avec l’environnement de son histoire. L’ambiance sordide est parfaitement rendue, on ressent toute la dureté de la Casse et l’injustice.

    Une histoire forte + une ambiance hors norme + une écriture admirable = un ensemble redoutablement efficace et addictif. Une fois le livre entamé, il devient impossible de le lâcher.

  • Loudiebouhlis 26 février 2019
    Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

    Moe est le genre de femme qui fait beaucoup de mauvais choix, quitter son île d’origine pour un homme, Rodolphe, qu’elle connaît à peine, se rendre compte que ce dernier l’a bercée d’illusion, avoir une liaison avec un homme marié qui l’a laisse seule avec son enfant, quitter Rodolphe pour vivre chez sa collègue Réjane qui ne mettre pas plus de quelques jours avant de la mettre, elle et son nourrisson à la rue. Pour à la fin, se retrouver embarqué par "les services sociaux" et se retrouve à La Casse, une ville construite comme ces villages de vacances sauf que les bungalows sont remplacés par des carcasses de voitures et qu’un mur empêche quiconque de sortir...

    Des carcasses de voitures aux sièges éventrés soutenues par des cales, des roulottes ou caravanes pour certains, quelques épaves alignées en cercles de façon a formé un petit "quartier", des gardiens qui patrouillent a longueur de temps pour faire régner une forme de terreur dans une ambiance glauque aux relents d’ordures. C’est dans cette sorte de bidonville que Moe va devoir évoluer au quotidien dans l’espoir de récolter suffisamment d’argent pour pouvoir rentrer chez elle. La crise économique sévit et afin d’éviter une ré-insertion trop prématuré de ces personnes, le gouvernement a décidé de les enfermer dans La Casse.

    Sandrine Collette instaure dés le début une ambiance glauque et malsaine, dans un environnement qui l’est tout autant. Elle fait preuve d’une imagination débordante en inventant ce type d’endroit où vivent une grande partie de la population.

    Au coeur de la Casse, Moe va tout tenter pour sauver la chair de sa chair et lui offrir une vie digne de ce nom mais ce ne sera pas de tout repos. Loin de là.

    Les cinquante premières pages ont été pour moi difficile à lire. Au fil de celles-ci, l’auteur me perdait peu à peu. L’histoire est lente, longue à s’installer. Mais après réflexion, je pense que c’est ce que Sandrine Collette cherchait à faire. J’ai d’abord trouvé ma lecture pénible, voir ennuyeuse et c’est d’ailleurs ce que j’en pense sur les deux cents premières pages, sachant que le livre en fait trois cent soixante dix huit, autant vous dire que la moitié du roman fut compliqué. Mais la seconde partie n’a pas cessé de me surprendre sans parler de la fin d’ailleurs. Globalement, cette lecture fut plutôt bonne. Le genre de Sandrine Collette ne cesse de m’intriguer. Et j’espère ne pas être déçu avec le suivant.

  • Bibliobleue 9 février 2019
    Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

    Je connais Sandrine Collette depuis son tout premier roman Des noeuds d’acier.
    Au fil des années, elle a cumulé les succès. Ses livres sont connus pour être intenses et douloureux.
    En commençant Les larmes noires sur la terre, je ne m’attendais pas à être prise dans un tel engrenage, une noirceur dérangeante qui me fait poser le livre à un moment et m’interroger. Allais-je oui ou non pouvoir continuer cette lecture ? Après 48h de réflexion, je me suis décidée à reprendre le fil de l’histoire. Et quelle histoire !

    Dans un futur proche, on découvre la vie de Moe, la jeune femme a quitté son île du Pacifique pour suivre son homme à Paris. Le quotidien qu’elle imaginait festif, plein de lumières, se révèle bien plus terne. Elle passe du statut de princesse à souillon en moins de temps qu’il ne faut pour réaliser son erreur. Voulant fuir son destin, elle va échouer dans un centre d’accueil pour personnes défavorisées, devenues parias d’une société qui les chasse des villes.


    « Combien sont-ils aujourd’hui, peut-être huit mille personnes qui vivent là sur les sièges éventrés des Fiat et des Renault hors d’usage, sur les coffres ouverts prolongés par une tôle ou une bâche pour gagner un peu d’espace. Une ville de miséreux, impensable ici et aujourd’hui, et pourtant, les crises économiques successives ont eu raison des bons sentiments, le déclin des civilisations, ce sera comme Rome et tout s’effondrera, ils disaient à la télévision. Qui aurait pu prévoir qu’une dizaine de ces centres, qu’ils appellent les Casses, allaient éclore en quelque vingt années ? »

    Dans cette prison à ciel ouvert, exploitant la paupérisation sans vergogne, Moe va découvrir la survie grâce à une solidarité féminine qu’il n’imaginait même pas.
    J’ai véritablement été prise aux tripes par ce roman. Plus que jamais, l’écriture de Sandrine Collette explore la naïveté, la misère, mais aussi l’espoir. Elle dresse de remarquables portraits de femmes, aux parcours pleins d’embûches, aux opportunités balayées, à la confiance bafouée.

  • Killing79 6 février 2019
    Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

    Le nom de Sandrine Collette est souvent cité sur les réseaux littéraires et je l’ai quelques fois croisée sur les salons. Mais je n’avais jamais eu l’occasion de lire un de ces ouvrages. Suite à la sortie en poche de son avant dernier livre, j’ai saisi l’opportunité qui m’était donnée.

    Dans « Les larmes noires sur la terre », on suit la destinée de Moe, jeune fille des îles, à qui la vie ne va pas faire de cadeau. Après plusieurs évènements malheureux, elle va progressivement se retrouver en pleine désolation. L’auteur entraîne le lecteur dans le quotidien de cette laissée-pour-compte et de ses acolytes. Dans une casse automobile devenue le nouveau bidonville, une véritable société s’est mis en place. Vivant en marge du monde, tous les acteurs de cette communauté ont créé des lois inhérentes à leur mode de vie. Malgré une organisation différente, on s’aperçoit rapidement que les vices et les dérives de l’être humain sont les mêmes, quel que soit le lieu. Pour exister au milieu de cet univers, chaque individu va donc devoir intégrer un des clans et le défendre. Moe et les femmes qui l’accompagnent, vont se serrer les coudes afin de survivre dans cet enfer et espérer des jours meilleurs.

    Sandrine Collette nous offre une allégorie de la misère du monde. En imaginant la Casse, elle met en scène les oubliés de la société que l’on préfère mettre de côté, cloîtrés, parce qu’on n’en supporte pas la présence. C’est un véritable roman noir désespéré, sans concession, duquel se dégage une belle humanité. Il procure de vrais moments d’émotions exacerbés par la pauvreté. Étant un grand fan de ce genre de lecture, je comprends maintenant tout l’intérêt porté à Sandrine Collette. Même si la fin m’a un peu déçu par sa bienveillance, je redescendrai avec plaisir dans l’esprit tourmenté de cette auteure.

  • La Caverne du Polar 26 novembre 2018
    Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

    Les larmes noires sur la terre est le 5ème roman de Sandrine Collette. Ce n’est ni un roman policier car pas de crime à résoudre, ni un thriller avec une atmosphère stressante. C’est un vrai roman noir.

    Moe rêve de quitter son île natale pour venir habiter à Paris. Alors après avoir fait connaissance avec Rodolphe, un français qui la demande en mariage, elle n’hésite pas une seconde. Mais six ans après être venu en France, elle va quitter le domicile avec son nourrisson. Elle pense pouvoir s’en sortir seule mais va vite être rattrapé par la dureté de la vie. Les services sociaux vont la placer, elle et son fils, dans un centre qu’on appel « la casse ». Après les ghettos, les bidonvilles et les cités voici donc « la casse » ! Une ville toute pourrie pour les exclus de la société où on loge les habitants dans des voitures défoncés. La nouvelle maison de Moe et son fils sera donc une 306 grise. Pour survivre pas le choix, il faut aller travailler pour gagner presque rien. Mais Moe garde l’espoir de pouvoir sortir de cet endroit et d’élever son fils ailleurs. Au milieu de cet enfer elle va heureusement faire la connaissance de cinq femmes (Ada, Poule, Jaja, Marie-Thé et Nini peau-de-chien) qui s’entraident pour affronter la violence et la dureté du quotidien.

    L’histoire est bouleversante, on est plongé dans un univers à la « Mad Max ». La Casse serait un futur complètement effrayant et brutal. Ce roman montre à quel point il est facile de tout perdre et comme il est difficile après de s’en sortir.

    L’auteur marque les esprits avec ce livre. L’histoire de ces six femmes est celle de notre monde, et peut être celle d’un futur plus ou moins proche. Sandrine Collette a beaucoup de talent pour écrire un roman si sombre. Ce livre ne pourra que vous marquer et vous faire croire en l’humanité.

  • Les Lectures de Maud 6 juillet 2018
    Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

    Un récit poignant, perturbant par son réalisme. Des histoires différentes mais qui ont réuni ces femmes au milieu de l’enfer, avec la même motivation : survivre et rêver de sortir de la Casse. J’ai tourné les pages machinalement de ce livre bouleversant, leur quotidien va d’abomination en abomination eu fur et à mesure des pages tournées, je gardais l’espoir qu’un monde meilleur les attendait.
    Ces femmes, magistralement bien décrites, un rythme qui traduit bien l’ambiance de leur quotidien, leurs craintes, leurs peurs, personne n’est épargnée, n’est à l’abri, au moindre faux pas, tout peut basculer « en pire », comment est-ce possible ? Des tempéraments de feu, une force incroyable qu’ont chacune des protagonistes, vouloir et toujours croire à pouvoir un jour sortir de ce lieu sordide. Elles s’organisent, se soutiennent et se préservent au mieux.
    Je découvre l’auteur grâce à cette œuvre, dont je me souviendrai longtemps. D’une réelle abomination, l’auteur nous emmène, dans l’horreur où la survie de l’humain est la seule priorité. L’auteur nous dépeint admirablement, la situation de vie de certaines personnes, en France au XXIème siècle, sans être moralisateur pour autant. Une lecture émouvante, très éprouvante, à retourner les tripes, mais d’une beauté sans pareil.

  • Les Lectures de Maud 6 juillet 2018
    Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

    Un récit poignant, perturbant par son réalisme. Des histoires différentes mais qui ont réuni ces femmes au milieu de l’enfer, avec la même motivation : survivre et rêver de sortir de la Casse. J’ai tourné les pages machinalement de ce livre bouleversant, leur quotidien va d’abomination en abomination eu fur et à mesure des pages tournées, je gardais l’espoir qu’un monde meilleur les attendait.
    Ces femmes, magistralement bien décrites, un rythme qui traduit bien l’ambiance de leur quotidien, leurs craintes, leurs peurs, personne n’est épargnée, n’est à l’abri, au moindre faux pas, tout peut basculer « en pire », comment est-ce possible ? Des tempéraments de feu, une force incroyable qu’ont chacune des protagonistes, vouloir et toujours croire à pouvoir un jour sortir de ce lieu sordide. Elles s’organisent, se soutiennent et se préservent au mieux.
    Je découvre l’auteur grâce à cette œuvre, dont je me souviendrai longtemps. D’une réelle abomination, l’auteur nous emmène, dans l’horreur où la survie de l’humain est la seule priorité. L’auteur nous dépeint admirablement, la situation de vie de certaines personnes, en France au XXIème siècle, sans être moralisateur pour autant. Une lecture émouvante, très éprouvante, à retourner les tripes, mais d’une beauté sans pareil.

  • Nicolas Elie 7 juillet 2017
    Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

    Si tu suis un peu mes pérégrinations littéraires, t’as lu Sandrine Collette déjà. T’as marché dans la neige avec les fourmis, et t’as mangé la poussière soulevée par le vent…

    Ici, elle t’emmène pas loin de chez toi, pas loin des villes qui font de la lumière et qui fabriquent les mirages à coups de rêves, ces rêves qui font que parfois tu tombes et que tu te relèves pas.

    L’histoire, c’est comme d’hab, pas important, juste un prétexte au milieu des mots, des émotions aussi, celles de Moe justement, parce que c’est son histoire. L’histoire d’une ville-prison qui pourrait être la casse juste à côté de chez toi, celle que tu aperçois quand tu regardes à la fenêtre, sauf que là, il y aurait des gens dedans.

    Cinq femmes, magnifiques, qui vont te raconter leur histoire, cette histoire que tu connais, parce que ça pourrait être la tienne, ou celle d’une autre, que t’aurais lu dans un journal.

    Il y a Jaja, Poule, Marie-Thé, et Nini. Et puis il y a Ada. Celle qui sait. Celle qui console. Celle qu’on respecte parce qu’elle est sans doute l’essence même de la Femme. Cette essence qui vit dans chacune de celles qui se sont levées pour résister.

    Résister à la noirceur, au désespoir, à ces coups reçus, l’un après l’autre, et qui t’empêchent de te relever, quand après le bonheur entrevu tu ne t’appelles plus que « la colorée », puis « la taipouet », puis plus rien. Quand tu oublies jusqu’au nom de celui qui est né au milieu du malheur, issu d’une violence supplémentaire, et quand il faut que tu te forces pour ne pas que son prénom, Côme, ne soit plus qu’une marque dans la terre noire, comme les larmes que tu laisses couler.

    Tu vas pleurer, avec Moe, à cause de toutes ces directions manquées, de toutes ces erreurs commises au nom du rêve qu’on t’a fait miroiter, et tu vas sourire aussi, parfois, en regardant Côme vivre et rire face au malheur. Tu vas apprendre le goût du thé à la menthe et à quel point son parfum peut être synonyme de petit bonheur, ces petits bonheurs que tu accumules pour en fabriquer un encore plus grand, celui qui te fera sortir de cette prison, remplie de désespoir, de cris, et de larmes.

    Tu vas tout essayer, pour gagner un peu d’argent, tu vas vendre ton corps, toi aussi, avec Moe, plus de vingt fois par nuit, tu vas faire la mule et devenir ce que tu n’aurais pas imaginé il y a quelques mois encore.

    Tu vas rêver des arbres, des brins d’herbe par millions, de la rosée, et du printemps.

    Et puis tu vas te dire, comme moi, que ce que Sandrine Collette te raconte, c’est demain matin. Qu’enfermer les pauvres et les sans-abris, leur interdire les centre-villes, c’était hier matin, déjà. Que la peste brune, elle est pas si loin de nous et que l’éthique, la morale, si tu les caches bien, il te reste à voir les sombres côtés de l’âme, tu sais, ce truc qui pèse que 21 grammes…

    Que la sélection, elle a déjà commencé. Demande à ceux qui bossent en SEGPA, j’en connais, et ils vont te dire que ouais, on y est. Ceux qui suivent pas, ils restent sur le bord, et pas forcément pour regarder passer les autres, parce que parfois, les autres, ils leur marchent dessus à coups de godasses cloutées. Parce que la morale, c’est plus enseigné. Trop compliqué après quand on te demande de faire la queue pour le dernier smartphone au milieu des autres moutons. Parce que tu vas comprendre, comme le dit un chanteur que j’aime bien, que « l’homme descend pas du singe, qu’il descend plutôt du mouton »…

    Plus de piliers pour tenir la société bien droite, plus de colonne vertébrale pour tenir les hommes debout.

    Elle a passé un cap, Sandrine Collette. Jusqu’à présent, elle était un auteur de roman noir, et un bon. Avec ce livre, elle devient un écrivain, un écrivain tout court, et j’en connais pas des masses.

    Elle t’a fait toucher du doigt la solitude glacée, celle du brouillard et de la neige, celle du sacrificateur, seul face aux dieux et à son destin.

    Puis elle t’a emmené, emporté, dans celle de la Patagonie, la solitude du vent et de la poussière, des hommes qui te regardent pas, qui t’empêchent même d’exister, qui te rouent de coups pour t’enfoncer sous la terre.

    Dans ce dernier roman, elle te fait respirer la solitude de demain, celle qu’on nous apprend à ignorer, quand tu passes devant un être humain, sans domicile fixe, et que tu tournes les yeux pour ne pas le voir. Cette solitude-là, que tu ressens quand tu rentres chez toi, et que t’es tout seul face à tes rêves de gosse, ceux que tu fais plus, sauf de temps en temps.

    Tu te rappelleras la prochaine fois, un être humain.

    Il y a un type qui a écrit il y a longtemps :

    « Tu n’as pas sommeil, tu fumes et tu veilles, t’es toute écorchée.

    T’es comme un chat triste, perdu sur la liste des objets trouvés.

    La nuit carcérale, tombant sur les dalles, et ce lit glacé.

    Aller et venir, soleil et sourire, sont de l’autre côté… »

    L’autre côté, c’est celui que va te montrer Sandrine Collette.

    C’est un roman noir, ils disent, les autres blogueurs qui t’expliquent les choses en analysant le style…

    Pas moi.

    C’est juste un putain de roman qui claque à toutes les pages.

    Un putain de roman qui va t’obliger à croire à nouveau en l’humanité, parce qu’on n’a pas le choix.

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