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Dans la brume écarlate - Nicolas Lebel

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Résumé :

Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne.. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n’est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais... Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour. Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d’une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d’avoir retrouvé Lucie. Mais il s’agit d’une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l’on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ? La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n’est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie... Un roman gothique dans un Paris recouvert de brouillard à l’heure où un vampire enlève des femmes et les vide de leur sang. Un roman choral qui laisse la parole à plusieurs protagonistes : à ceux qui perdent ou ont perdu, à ceux qui cherchent, à ceux qui trouvent ou pensent trouver. Un roman qui est l’histoire de six hommes qui aiment ou croient aimer chacun une femme : celui qui la cherche, celui qui l’aime de loin, celui qui veut la venger, celui qui la bat, celui qui la veut éternelle, et celui qui parle à ses cendres. Un roman parle des femmes comme premières victimes de la folie des hommes, même de ceux qui croient les aimer.


Voir en ligne : Voir la critique d’AVoir-ALire

Pour aller plus loin

Vos #AvisPolar

  • Sangpages 23 avril 2019
    Dans la brume écarlate - Nicolas Lebel

    Le grand retour, qu’on attend toujours impatiemment, de la fine équipe.
    Dossantos toujours aussi actif à réciter les alinéas du Code pénal, Sophie Latour fidèle à elle même, et Mehrlicht. Est-il encore nécessaire de présenter Mehrlicht ? L’ultime, le fameux. THE personnage, un de ceux qui font légende, et qui m’a tellement souvent fait penser à Colombo.
    Et quel retour !
    Un brouillard, tu t’en doutes, omniprésent qui enveloppe la ville comme pour en atténuer l’horreur, pour flouter l’indicible, t’empêcher de voir…
    De voir quoi me diras-tu ?
    Viktor et Ilena, enfermée dans cette pièce qui semble médicalisée ?
    Ou peut-être, Yvan qui sillonne l’Europe à la recherche d’un être maléfique tout en écrivant à sa femme Mina ?
    Serait-ce Taleb qui a fui la Syrie avec sa sœur Noura, sans jamais n’avoir réussi à atteindre l’Angleterre ? Qui, bloqué en France cherche cette sœur disparue ?
    Ou alors, ces litres de sang retrouvés dans le cimetière du Père-Lachaise ? Avec quelques belles anecdotes au passage. (Charlie Chaplin et entre autres le vol de son corps que je ne connais que trop bien puisqu’il avait été ré-enterré juste à côté de chez moi.)
    Ou est-ce cette jeune femme retrouvée dans la Seine exsangue ?
    Ou peut-être tout à la fois ? Y aurait-il un vampire dans la ville ?
    Là, tu risques de dire "ouïe", voilà que Lebel part dans du fantastique…
    Et "re-ouïe", tu me diras que tu as lu le 4ème de couverture et qu’il semble qu’il parle aussi d’amour…
    Lebel est-il tombé sur la tête ? S’est-il forcé à changer de genre pour ne plus avoir à côtoyer Norek dans les salons de polar ?
    Et bien non, rien de tout ça... (Enfin quoi que, pour ce qui de fréquenter les salons du polar mais ça, je te laisse lui poser directement la question)
    Nicolas nous offre juste la perfection. Les opus précédents étaient déjà très bons mais celui-là, pour moi, est juste parfait. Plus abouti, plus mâture, plus émouvant, plus émotionnel, plus mieux bien quoi. 🙂 Perso me suis éclatée et je suis sûre qu’il en sera de même pour toi.
    Dès les premières lignes, tu ressentiras quelque chose de très fort. Une ode puissante à la femme. Plus précisément ode au mal fait à la femme, que ce soit maltraitée, tuée, harcelée ou violée.
    Un cri de grenouille pour le dénoncer. (Comprendra qui pourra 😜)
    Derrière une intrigue complexe et excellemment bien gérée. Nicolas te parle d’humanité sous de multiples formes. Il te cause de détresse et de misère. Il t’explique l’amour et la souffrance avec beaucoup d’émotions. Le ton, le sarcasme, l’ironie et les anecdotes sont jubilatoires. Tu oscilleras entre fous rires et frissons mais ça c’est la marque de fabrique de Nicolas. La petite larme qui s’accroche au coin de ton œil, c’est, pour moi, plus inhabituel.
    Le lien entre les différents personnages se fait petit à petit. Distillé goutte à goutte comme chaque goutte de sang des victimes. Le brouillard se dispersera peu à peu et tu entrapercevras la vérité. Tes yeux devront alors s’habituer à la lumière apportée par le capitaine du même nom 😁 et t’es même pas prêt(e) à imaginer l’horreur que tu découvriras !
    C’est excellent de bout en bout d’autant plus qu’en dehors de la trame, Lebel manie les mots comme on manie un pinceau, avec grand art et beaucoup de couleurs.
    Dans la brume écarlate se terre une folie...une folie rouge sang...
    Chapeau Nicolas 😍
    Et toi ? Qu’est-ce que tu fais encore là ? File chez ton libraire et plus vite que ça !

  • Yannick Provost 6 mai 2019
    Dans la brume écarlate - Nicolas Lebel

    Un caractère de daube, un argot bien à lui, une gitane coincée entre ses lèvres, une tronche de kermit jaune sur un imper défraichi, tu l’auras deviné, le capitaine Merhlicht est de retour dans un 5ème opus.
    Nous sommes en avril après l’escapade irlandaise de Merhlicht. Une mare de sang au cimetière du Père Lachaise. Pas de cadavre. Une jeune femme nue et exsangue avec deux trous rouge retrouvée dans la Seine.
    L’intrigue paraît jouer avec le mythe du vampire dans un Paris saturé par un épais brouillard - une pensée à Stocker et à Shelley - on y retrouve les fameuses sonneries de téléphone et bien entendu Questions pour un Champion. Merhlicht, dénué de charme sexy mais tellement attachant, traine sa crève tandis que des jeunes femmes disparaissent et personne ne croit aux vampires. Pourtant les codes gothiques des copains de Vlad s’inscrivent dans les rues nébuleuses de Paris. La Roumanie obscure durant et après Ceausescu, aussi. Mais l’essentiel est ailleurs.
    Les personnages de Nicolas évoluent. Ces retrouvailles sont un vrai plaisir. Aucune lassitude car Nicolas les fait grandir. Ils sont toujours très bien travaillés. Comme tout à chacun, leurs vies sont en mouvement. Chaque protagoniste paye le prix de ses décisions, de son mode de vie trainé durant les tomes précédents.
    Les réfugiés syriens de la Porte de la Chapelle, les extrémistes, sont bien sûrs présents, mais il s’agit avant tout d’amour. Ceux de Sophie Latour, ceux de Mickaël Dossantos, quoique, et ceux de Merhlicht bien entendu, mais pas que. Chaque homme porte l’amour pour une femme. Car il y a toujours une femme désirée. L’amour et ses conséquences sur la vie, la mort.
    On déchire le brouillard au fil des pages, de ce polar vif où il n’y a pas une seconde d’ennui. On dévore l’enquête de l’équipe qui vient de toucher un nouveau patron. Les dialogues peuvent être drôles, mais l’écriture sait se faire subtil si besoin. On ne parlera pas de la fin. J’ai hâte de lire le 6ème tome. Même si je crains le pire. Bref, Dans la brume écarlate est un parfait polar qui démontre si besoin était que Nicolas Lebel fait désormais parti du cercle restreint des auteurs à suivre.

  • Yannick Provost 6 mai 2019
    Dans la brume écarlate - Nicolas Lebel

    Un caractère de daube, un argot bien à lui, une gitane coincée entre ses lèvres, une tronche de kermit jaune sur un imper défraichi, tu l’auras deviné, le capitaine Merhlicht est de retour dans un 5ème opus.
    Nous sommes en avril après l’escapade irlandaise de Merhlicht. Une mare de sang au cimetière du Père Lachaise. Pas de cadavre. Une jeune femme nue et exsangue avec deux trous rouge retrouvée dans la Seine.
    L’intrigue paraît jouer avec le mythe du vampire dans un Paris saturé par un épais brouillard - une pensée à Stocker et à Shelley - on y retrouve les fameuses sonneries de téléphone et bien entendu Questions pour un Champion. Merhlicht, dénué de charme sexy mais tellement attachant, traine sa crève tandis que des jeunes femmes disparaissent et personne ne croit aux vampires. Pourtant les codes gothiques des copains de Vlad s’inscrivent dans les rues nébuleuses de Paris. La Roumanie obscure durant et après Ceausescu, aussi. Mais l’essentiel est ailleurs.
    Les personnages de Nicolas évoluent. Ces retrouvailles sont un vrai plaisir. Aucune lassitude car Nicolas les fait grandir. Ils sont toujours très bien travaillés. Comme tout à chacun, leurs vies sont en mouvement. Chaque protagoniste paye le prix de ses décisions, de son mode de vie trainé durant les tomes précédents.
    Les réfugiés syriens de la Porte de la Chapelle, les extrémistes, sont bien sûrs présents, mais il s’agit avant tout d’amour. Ceux de Sophie Latour, ceux de Mickaël Dossantos, quoique, et ceux de Merhlicht bien entendu, mais pas que. Chaque homme porte l’amour pour une femme. Car il y a toujours une femme désirée. L’amour et ses conséquences sur la vie, la mort.
    On déchire le brouillard au fil des pages, de ce polar vif où il n’y a pas une seconde d’ennui. On dévore l’enquête de l’équipe qui vient de toucher un nouveau patron. Les dialogues peuvent être drôles, mais l’écriture sait se faire subtil si besoin. On ne parlera pas de la fin. J’ai hâte de lire le 6ème tome. Même si je crains le pire. Bref, Dans la brume écarlate est un parfait polar qui démontre si besoin était que Nicolas Lebel fait désormais parti du cercle restreint des auteurs à suivre.

  • Stef Eleane 12 mai 2019
    Dans la brume écarlate - Nicolas Lebel

    Après l’excellent De cauchemar et de feu , il faut bien vous avouer que j’attendais Nicolas LEBEL au tournant 😉 Moi qui aimerais tant le voir toucher d’un peu plus prêt le roman noir voir effleurer la blanche. J’ai une grande foi en ses capacités à nous étonner. Dans la brume écarlate n’est point de cela, mais il réussi malgré tout à descendre dans l’horreur et accessoirement en latitude.

    De l’Irlande à la Roumanie.

    Je ne me souviens pas que les précédents romans de l’auteur nous embarquaient autant dans le passé et l’histoire. Un changement depuis notre voyage irlandais ? Je me souviens des causes, des messages et des valeurs essentiellement. Elles restent d’ailleurs présentent dans ce nouveau roman. Je dois avouer que j’apprécie particulièrement depuis que les enquêtes de l’inspecteur Mehrlicht m’embarquent à travers le monde. Et plus particulièrement, lorsqu’elles me rappellent ou m’apprennent des événements.

    Paris, l’éternel arrondissement et son équipe. L’inspecteur Mehrlicht et son équipe se retrouvent face à la disparition d’une jeune fille qui va les conduire à une immense trace de sang. Mais pas de corps.

    Une équipe qui se délie.

    [si vous n’avez pas lu le livre précédent, stoppez votre lecture et passez au chapitre
    Mais on n’y voit rien ! ]

    Dossantos est limite suicidaire, coincé entre son passé, son boulot, ses idéaux et son amour pour sa collègue. Mais ce qui le bouffe le plus est sa culpabilité. On peut dire qu’il morfle encore dans cette aventure ! Nicolas Lebel, il serait peut-être temps de pardonner ..

    Delatour est au bord de l’implosion. Entre les remarques sexistes de Mehrlicht et son collègue qui a failli faire tuer son fiancé, elle ne trouve plus sa place dans ce trio. Pourtant, elle arrive toujours à poser son calme, à traduire son chef et apaiser l’ambiance tendue lors de cette enquête, mais à quel prix ?

    Seul notre inspecteur est heureux puis qu’amoureux. Mais notre auteur ne compte pas le laisser vivre sa vie comme un long fleuve tranquille. Je ne comprends pas ce sadisme 😉

    Mais on n’y voit rien !

    Dans une ambiance sombre, on avance entre les rues parisiennes dignes des ruelles londoniennes de la fin XIXe. La brume est tombée sur la ville, est s’y est installée et ne compte pas s’en aller. Tout comme les migrants au grand drame des groupuscules extrémistes.

    Non seulement on n’y voit pas à trois mètres, mais on ne voit pas comment l’auteur va retomber sur ses pattes pour permettre à son équipe d’enquêter, de mener à bien sa mission avec toutes les embûches sur leurs routes. Il joue avec nos nerfs, trouve notre point faible et arrive à nous harponner avec une si grande facilité que cela devient frustrant d’être si faible.

    Bref, encore un très bon roman quoi ..

    Tout ça pour conclure, sans trop vous en dire que c’est encore un très bon roman. Nous retrouvons l’humour des précédents. Je ne remercie d’ailleurs pas Nicolas Lebel qui a réussi à me mettre quelques chansons dans la tête. Certaines sont d’un ringard 😦 mais je me suis explosée de rire. Tout cela est savamment bien dosé entre les moments bien intenses comme d’habitude.

    Maintenant, j’appréhende le prochain, car je sens que nos personnages vont encore être bien malmenés.

  • universpolars 5 juillet 2019
    Dans la brume écarlate - Nicolas Lebel

    Quel plaisir de chasser à nouveau toute cette fumée de Gitane qui t’arrive en pleine face ! Ce n’est pas franchement agréable, c’est vrai, mais cela veut également dire que l’homme qui se trouve derrière ce brouillard de nicotine n’est autre que le capitaine Mehrlicht !

    En parlant de brouillard, c’est lui qui nous tournera autour au fil des pages. Cette brume, qui nous donne parfois une sensation d’insécurité, sera l’un des personnages de ce polar. Une brouillasse qui nous permettra d’entre-apercevoir les personnes évoluer dans cette trame noire et cassante.

    Mehrlicht entrera ici en scène dans le sens propre du terme. Toute la magie de l’auteur sera déployée et étalée dans ces pages ; oui, les apparitions de Mehrlicht sont théâtrales ! Humour, humeur, sarcasme et ironie demeureront toujours là, quelque part, au coin d’une page, au détour d’un paragraphe ou suspendu à une ligne.

    Mais l’humour ne noircira pas toutes les pages de ce bouquin, loin de là. Nicolas Lebel traitera ici de thèmes assez navrants, voire affligeants, comme la violence conjugale, la maltraitance, les sévices ou humiliations faites aux femmes, mais aussi le trafic d’êtres humains ou la haine liée aux migrants. Eh oui ! La brume, dans ce roman, n’est pas présente que dans les arrondissements de Paris, mais aussi dans les esprits !

    Entre la disparition de jeunes femmes adultes en plein Paris, le parcours calamiteux d’une fratrie venue d’Alep, des agissements plus que douteux perpétrés dans une cave, impliquant un homme et une femme - victime ? -, ou encore une mare de sang sans cadavre au milieu du cimetière du Père-Lachaise, Mehrlicht aura assez de prétextes pour tirer nerveusement sur ses tiges à cancer. Au fil des pages, de l’enquête, notre flic acariâtre aura peut-être même des raisons de bouffer son paquet de clopes en entier !

    Le sang restera le cœur ou le corps de cette intrigue. Cette trame nous emportera dans la tombe, ou plutôt dans le milieu gothique, noir, excentrique et assez insolite. Mais dans la tombe, tout de même, car nous serons très présents au cimetière du Père-Lachaise, dans cette brume persistante, entourés de locataires pas trop bavards.

    Un trafic peu commun, violent, aux raisons surprenantes viendra vous déranger toujours un peu plus dans votre confort et vous rapprochera inexorablement de la folie des hommes. Encore ...

    Nicolas Lebel nous balade dans un Paris en apesanteur, en compagnie de ses flics du commissariat du XIIème arrondissement, avec une dextérité artistique qui m’impressionne toujours autant. Quel plaisir de lire ! Quel artisan de la prose ! Quel virtuose du verbe ! Un mélange de poésie, de réalité, de noirceur et de propos décalés qui donnent un style très accrocheur et enivrant. On en redemande !

    Oui, cette fois j’en suis plus que convaincu, Lebel s’amuse avec agilité pour nous enfouir dans son univers gorgé d’humanité. L’être humain se situe vraiment au centre de ses préoccupations, pour le meilleur et pour le rire. Le pire aussi ...

    Les scènes, les dialogues ou encore les situations sont très cocasses ! L’auteur nous plonge dans le noir avec une légèreté qui me surprendra à chaque fois. Cocasses, mais pas seulement ...

    Le volet de l’histoire liée à ce frère et cette sœur venus de Syrie et livrés à eux-mêmes est d’une noirceur difficilement digérable. Encore une fois, lorsque la réalité dépasse largement la fiction, les émotions deviennent également une puissante réalité.

    Mehrlicht reste fidèle à lui-même, c’est sûr, mais se dévoile encore davantage par ses monologues mythiques et profonds. Lorsqu’il démarre et extériorise une diatribe, une pensée ou simplement une humeur, franchement on l’écoute, même avec respect !

    Ce petit capitaine, froid et désagréable, nous montre encore une fois sa face cachée, son côté sensible, une âme fatiguée qui ne supporte pas ou plus le mal et la violence qui dansent autour de lui, qui le narguent en tirant la langue. Mehrlicht aura ici un coup de retard et ne le supportera pas ! Ce n’est pas une histoire de fierté, pas du tout, mais cela engendrera davantage de souffrance, de cruauté et des victimes qui n’ont rien demandé !

    L’auteur mettra un terme à cette intrigue en envoyant moult cartons rouges au visage des enquêteurs. La loi des hommes est parfois difficile à comprendre, surtout d’un point de vue moral. Mais Mehrlicht et ses hommes ont également pas mal de cartes à jouer, à distribuer, ce qu’ils ne vont pas se gêner de faire !

    Le dénouement est donc un vrai combat pour la justice, la vraie, celle qui est juste ! Mais ce dénouement est aussi le début d’un nouveau combat ...

    Bonne lecture.

  • universpolars 5 juillet 2019
    Dans la brume écarlate - Nicolas Lebel

    Quel plaisir de chasser à nouveau toute cette fumée de Gitane qui t’arrive en pleine face ! Ce n’est pas franchement agréable, c’est vrai, mais cela veut également dire que l’homme qui se trouve derrière ce brouillard de nicotine n’est autre que le capitaine Mehrlicht !

    En parlant de brouillard, c’est lui qui nous tournera autour au fil des pages. Cette brume, qui nous donne parfois une sensation d’insécurité, sera l’un des personnages de ce polar. Une brouillasse qui nous permettra d’entre-apercevoir les personnes évoluer dans cette trame noire et cassante.

    Mehrlicht entrera ici en scène dans le sens propre du terme. Toute la magie de l’auteur sera déployée et étalée dans ces pages ; oui, les apparitions de Mehrlicht sont théâtrales ! Humour, humeur, sarcasme et ironie demeureront toujours là, quelque part, au coin d’une page, au détour d’un paragraphe ou suspendu à une ligne.

    Mais l’humour ne noircira pas toutes les pages de ce bouquin, loin de là. Nicolas Lebel traitera ici de thèmes assez navrants, voire affligeants, comme la violence conjugale, la maltraitance, les sévices ou humiliations faites aux femmes, mais aussi le trafic d’êtres humains ou la haine liée aux migrants. Eh oui ! La brume, dans ce roman, n’est pas présente que dans les arrondissements de Paris, mais aussi dans les esprits !

    Entre la disparition de jeunes femmes adultes en plein Paris, le parcours calamiteux d’une fratrie venue d’Alep, des agissements plus que douteux perpétrés dans une cave, impliquant un homme et une femme - victime ? -, ou encore une mare de sang sans cadavre au milieu du cimetière du Père-Lachaise, Mehrlicht aura assez de prétextes pour tirer nerveusement sur ses tiges à cancer. Au fil des pages, de l’enquête, notre flic acariâtre aura peut-être même des raisons de bouffer son paquet de clopes en entier !

    Le sang restera le cœur ou le corps de cette intrigue. Cette trame nous emportera dans la tombe, ou plutôt dans le milieu gothique, noir, excentrique et assez insolite. Mais dans la tombe, tout de même, car nous serons très présents au cimetière du Père-Lachaise, dans cette brume persistante, entourés de locataires pas trop bavards.

    Un trafic peu commun, violent, aux raisons surprenantes viendra vous déranger toujours un peu plus dans votre confort et vous rapprochera inexorablement de la folie des hommes. Encore ...

    Nicolas Lebel nous balade dans un Paris en apesanteur, en compagnie de ses flics du commissariat du XIIème arrondissement, avec une dextérité artistique qui m’impressionne toujours autant. Quel plaisir de lire ! Quel artisan de la prose ! Quel virtuose du verbe ! Un mélange de poésie, de réalité, de noirceur et de propos décalés qui donnent un style très accrocheur et enivrant. On en redemande !

    Oui, cette fois j’en suis plus que convaincu, Lebel s’amuse avec agilité pour nous enfouir dans son univers gorgé d’humanité. L’être humain se situe vraiment au centre de ses préoccupations, pour le meilleur et pour le rire. Le pire aussi ...

    Les scènes, les dialogues ou encore les situations sont très cocasses ! L’auteur nous plonge dans le noir avec une légèreté qui me surprendra à chaque fois. Cocasses, mais pas seulement ...

    Le volet de l’histoire liée à ce frère et cette sœur venus de Syrie et livrés à eux-mêmes est d’une noirceur difficilement digérable. Encore une fois, lorsque la réalité dépasse largement la fiction, les émotions deviennent également une puissante réalité.

    Mehrlicht reste fidèle à lui-même, c’est sûr, mais se dévoile encore davantage par ses monologues mythiques et profonds. Lorsqu’il démarre et extériorise une diatribe, une pensée ou simplement une humeur, franchement on l’écoute, même avec respect !

    Ce petit capitaine, froid et désagréable, nous montre encore une fois sa face cachée, son côté sensible, une âme fatiguée qui ne supporte pas ou plus le mal et la violence qui dansent autour de lui, qui le narguent en tirant la langue. Mehrlicht aura ici un coup de retard et ne le supportera pas ! Ce n’est pas une histoire de fierté, pas du tout, mais cela engendrera davantage de souffrance, de cruauté et des victimes qui n’ont rien demandé !

    L’auteur mettra un terme à cette intrigue en envoyant moult cartons rouges au visage des enquêteurs. La loi des hommes est parfois difficile à comprendre, surtout d’un point de vue moral. Mais Mehrlicht et ses hommes ont également pas mal de cartes à jouer, à distribuer, ce qu’ils ne vont pas se gêner de faire !

    Le dénouement est donc un vrai combat pour la justice, la vraie, celle qui est juste ! Mais ce dénouement est aussi le début d’un nouveau combat ...

    Bonne lecture.

  • Encore Un Livre 16 juillet 2019
    Dans la brume écarlate - Nicolas Lebel

    Nicolas LEBEL entraîne son équipe sur les traces du Vampire de Paris, un Paris qui se pare d’une brume dense et compacte. Un brouillard qui règne en maître au fil des pages dont il m’a été difficile de m’extirper, une ambiance gothique rarement bien exploitée dans le polar français, j’en rêvais, LEBEL l’a fait.
    A contrario de ce que j’avais déjà lu l’humour est plus léger, beaucoup moins appuyé, j’ai cru comprendre que Mehrlicht, personnage au caractère atypique un brin misogyne malgré lui, n’avait pas été épargné précédemment, ce qui explique peut-être son état d’esprit, même s’il sait faire preuve de belles salves très bien placées. Je redécouvre donc une équipe et je me rends compte qu’elle est entière et complète dans cette enquête, celle des disparues probablement noyées, s’ouvre sur une multitude de ramifications.
    La voix est donnée aux hommes, voici ma préférée : celle de Taleb un migrant syrien qui recherche sa sœur Noura soudainement évaporée :
    « Dans la tourmente de la guerre, sa petite sœur avait connu tous les heurts, tous les malheurs et toutes les horreurs que le monde destine aux femmes en fuite, contraintes à l’errance, éperdues, parce qu’elles sont les premières cibles et les premières victimes de la violence, de la guerre et de la folie.() Il avait couru, s’était caché, avait été frappé, mordu, s’était battu pour elle. »
    Celles de Viktor à l’égard d’Ileana, les lettres d’Yvan à Mina, autant de voix que d’histoires envoûtantes et ténébreuses.
    L’atmosphère vaporeuse et sinistre est maintenue tout du long, entre les tombeaux et les mausolées du Père-Lachaise, il y glisse de nombreuses références littéraires intrinsèques à l’histoire.
    DANS LA BRUME ÉCARLATE ce polar gothique est une histoire profondément humaniste, ces valeurs où l’on prie encore pour qu’elles deviennent universelles. Un contexte historique en toile de fond qui m’avait déjà plu il y a quelques temps, j’en ai encore apprécié la teneur sans redite.
    Vous l’aurez compris, j’ai adoré, aimé et littéralement succombé à ce dernier LEBEL parce qu’il ne m’a rien manqué, parce que le contexte sombre et cauchemardesque est servi par une superbe écriture comme j’aimerais en lire plus souvent ! J’ai corné des pages, lu et relu des passages, des mots, qui resteront dans un coin de ma tête, dans toute sa noirceur ce polar est de toute beauté !

  • Des plumes et des livres 20 juillet 2019
    Dans la brume écarlate - Nicolas Lebel

    Voilà un moment où j’entendais parler de Nicolas Lebel sans pourtant oser franchir le pas de commencer l’un de ses romans. Lors du Salon du polar de Sens, j’ai profité de la présence de l’auteur pour m’immerger enfin dans son univers policier. Vous commencez à me connaître, je commence toujours par la fin donc je suis repartie avec son dernier roman Dans la brume écarlate.

    Dans ce polar, j’ai fait la rencontre du capitaine Mehrlicht avec son mauvais caractère, ses difficultés relationnelles et son physique atypique. C’est d’ailleurs son non-conformiste qui fait que l’on s’attache facilement à ce policier chevronné, un brin déconnecté de la modernité, fan de Question pour un champion (moi aussi, je préférais quand c’était Julien Lepers ;) ) et aux sonneries de téléphones qui tombent toujours à pic (merci Jean-Luc !). Ce policier étonnant est accompagné de ses fidèles coéquipiers Sophie Latour et Mickael Dossantos, aux caractères bien trempés et au passé commun explosif.

    Comme le titre l’annonce, il y a de la brume, du brouillard sur la capitale française. Dans cette atmosphère humide, désagréable, des jeunes filles vont disparaître de manière inexpliquée. Encore plus étrange quand une énorme flaque de sang va être découverte au détour d’une allée dans le cimetière du Père Lachaise. Mention spéciale aux deux "guides" et leurs excellents dialogues très drôles.

    Dans la brume écarlate n’est pas une simple enquête policière. Dans son roman, Nicolas Lebel développe plusieurs thématiques fort intéressantes, comme les conditions de vie des migrants, les violences conjugales (une fois de plus, on prend l’exemple d’une femme battue dans ce roman, mais n’oublions pas qu’il y a également des hommes battus...), la justice et l’immunité diplomatique. De plus, Nicolas Lebel y développe une part de l’histoire de la Roumanie (que je ne connaissais absolument pas) avec la chute du régime Ceaucescu en décembre 1989.

    Si l’enquête suit son cours de manière linéaire, tout les à-côtés que l’on retrouve dans ces différentes thématiques apportent de la matière et renforce le suspens quant à l’origine de ces disparitions et leur raison.

    A travers tous les sujets abordés, à aucun moment, l’auteur ne se pose en donneur de leçon. Au contraire, il relate simplement des faits, ne fait que des constations, sans jamais prendre partie.

    Dans la brume écarlate est un polar captivant, enrichissant. A découvrir !

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