#Mafia : « Le gang des rêves » de Luca di Fulvio

N°25 au palmarès des meilleurs livres du crime organisé selon BePolar

Dernière incartade en dehors des purs livres sur le crime organisé avec un très beau roman d’amour et de haine, de mafia et de rédemption dansLe gang des rêves de Luca di Fulvio. Ce livre nous semble plus que digne de figurer au palmarès en montrant « de l’intérieur » comment le monde du crime peut influencer les destins individuels.

L’histoire :

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth.

Pourquoi ce livre est important :

Ce roman est celui de la tentation, des tensions entre le bien et le mal, dont les frontières sont assez faciles à franchir. Élevé par une mère courage, victime incessante du mal qui continue pourtant de croire au « rêve américain », le jeune Christmas balance entre valeurs morales inculquées et fascination envers le pouvoir des gangs. Le mâle en devenir choisira lui aussi la voie du rêve en étant confronté au mal qui ne connaît aucune limite. La rédemption est incertaine et dépend alternativement de choix et des hasards de la vie.

On plonge aussi dans l’univers de la mafia, pas celui de ses membres et de son activité, mais celui de son terreau fertile : les populations délaissées, là où la loi n’est plus rédigée mais celle du plus fort. Et, à cet égard, les années 20 dans ce New York de l’immigration est un véritable creuset : c’est l’époque de la Prohibition, des bandes, des casseurs de grève, de la prostitution de subsistance, des flics corrompus, des bordels, des salles de jeu clandestines, du code d’honneur et de la loi du Talion, en résumé le temps des mafieux juifs et italiens, qui font régner leur loi dans les quartiers pauvres.

Ce roman-fleuve dépasse néanmoins largement du cadre de la mafia : il y est question de la misère, des logements insalubres, des difficultés de l’immigration et de l’intégration, des médias qui vivent de véritables révolutions (la télévision parlante, le règne d’Hollywood et de ses stars, les radios libres, les pièces de théâtre à succès), des différentes facettes de l’agglomération new-yorkaise (Ellis Island, Park Avenue, le Lower East Side, Broadway, Harlem, etc.), d’amours et d’amitiés contrariés, de vie et de mort. Un concentré haut en couleurs et en émotions.

Ce qu’il faut retenir (pour briller en société) :

1. Le Gang des rêves est le premier tome d’une sorte de triptyque où les personnages et les époques changent mais où les ambiances perdurent : l’intrigue des Enfants de Venise se déroule en 1515 en Lombardie alors Le Soleil des rebelles se déroule au XIVème siècle autour du lac de Constance.

2. Après des triomphes retentissants en Italie et en Allemagne, le livre est en passe de s’imposer comme un grand succès dans la sphère francophone. Ne manque plus qu’une adaptation pour couronner un livre qui s’y prête à merveille.

3. L’histoire de la maison d’édition en grand format du Gang des rêves, Slatkine, est digne des meilleures sagas et un joyeux écho au titre du roman. Encore méconnu en France, cet éditeur suisse a été fondée par un émigré russe ayant fui la Russie des pogroms sous le règne du tsar Nicolas II. Ruiné, il est contraint de vendre ses livres pour survivre. Son fils l’aidera à développer sa librairie, qui devient bientôt une référence internationale pour la vente de livres rares et épuisés. La 3ème génération de Slatkine développe la réimpression de ces ouvrages très demandés et initie l’édition d’ouvrages d’érudition. La 4ème génération gère désormais une maison florissante, en phase avec les défis de son temps. Une formidable odyssée littéraire elle aussi digne d’un film !

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spip-bandeau
  • madame.tapioca 4 mars 2019
    #Mafia : « Le gang des rêves » de Luca di Fulvio

    Difficile de quitter les Diamond Dogs et les personnages de ce roman que l’on imagine déjà au cinéma car il y a dans cette histoire quelque chose qui nous rappelle le « Il était une fois en Amérique » de Sergio Leone avec De Niro.
    Ceux qui ont lu ce livre comprendront que je me sente soudain un peu perdue sans Christmas et les autres ….
    Pour ceux qui n’ont pas encore rejoint le gang, il est grand temps de vous lancer dans l’aventure. Plongez dans le New-York des années 20 en compagnie des immigrés italiens et juifs, des gangsters et des putains. 700 pages d’ombre et de lumière, d’espoir et de doute, de violence et d’amour. Bref, c’est ce que j’appelle un roman romanesque !

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