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Alfred Hitchcock - COMPLOT DE FAMILLE (1976)

Non, l’ultime œuvre d’Alfred Hitchcock n’est pas un film mineur dans l’immense filmographie du réalisateur. Déroutant et toujours à un fil de l’humour espiègle, « Complot de famille » révèle peut-être la sophistication de la mise en scène du maître comme jamais auparavant, avec en prime une densité thématique folle.

Le pitch

La richissime Julia Rainbird engage une voyante, Blanche Tyler, pour retrouver le fils de sa sœur décédée, Edward, qu’elle souhaite voir devenir son héritier. Elle lui propose en échange la somme de 10 000 dollars. Une fois sur la piste de ce dernier, Blanche la prétendue médium et son compagnon s’aperçoivent qu’Edward a changé d’identité, s’adonnant volontiers au kidnapping de hauts dignitaires en échange de fortes rançons.

Pourquoi c’est un incontournable

À l’instar de tous les derniers jalons de la filmographie d’Hitchcock, « Complot de famille » est une œuvre au goût aigre et peu aimable. Ce qui ne fait en aucun cas d’elle un film banal, mais proprement extraordinaire – à y regarder de plus près. Certains affirment que le talent du maître, pour ses derniers longs-métrages, n’est alors plus qu’un lointain souvenir. C’est faire fi de la dernière mutation de son cinéma, qui troque la séduction contre le trouble évanescent. Pas une raison suffisante pour tourner le dos au génie.

« Complot de famille » vaut pour beaucoup de choses, et particulièrement pour son final terrifiant.

Le célébrissime compositeur John Williams, coéquipier de Steven Spielberg, en signe ici la superbe bande originale avec son identité caractéristique.

Mentions spéciales pour les scènes dans le cimetière, l’introduction de Karen Black (Fran), le coup de la voiture à la Fritz Lang.

La Hitchcock’ touch

Film testament, ce dernier tour de piste se déleste de tout artifice pour privilégier la pureté et le minimalisme, donnant ainsi lieu à toutes les grandes thématiques hitchcockiennes. Dualité, faux-semblant… l’intrigue policière se dilue autour d’une symétrie entre deux couples opposés, chacun à l’affut du diamant volé au début du film. De part et d’autre, se joue un chassé-croisé au bout duquel tous s’épient sans jamais comprendre qui est qui. Du reste, la sexualité inassouvie et la pulsion de mort irriguent tous les replis du long-métrage.

Pour son caméo, Hitchcock – une fois n’est pas coutume – s’efface derrière sa silhouette noire, perceptible à travers une porte (celle du bureau des « Certificats de naissances et décès ») à la quarante-et-unième minute. Il semble alors avoir une discussion animée. Pressentant sa mort prochaine, le cinéaste s’amuse en quelque sorte de cette fatalité.

via GIPHY

L’analyse

Le génie d’Hitchcock est d’avoir choisi de cadrer les protagonistes de profil lorsque ceux-ci se contentent de tenir leur rôle, c’est à dire lorsqu’ils s’en tiennent au mensonge – d’un côté la fausse voyante et le faux taxi, de l’autre les faux bijoutiers. Puis au contraire de les avoir filmés de face en champ-contrechamp pour révéler leurs véritables visages quand ils s’arrêtent de feindre ce qu’ils ne sont pas – par exemple au moment où ils parlent en sourdine. Manière pour Hitchcock, par le seul usage du découpage, de mettre au jour toute hypocrisie ou sournoiserie.

Alors qu’il avait jusqu’ici systématiquement contrôlé les dialogues de ses films à la virgule près, le cinéaste laisse cette fois les acteurs improviser de temps à autre, notamment lors des quelques disputes de couple – soulignant l’insatisfaction sexuelle de Blanche, notamment. Ce qui lui permet de laisser le récit dériver en apparence à travers les agissements des protagonistes, mais tout en peaufinant en parallèle sa mise en scène structurée sur le mode du point de vue. Ce qui s’exprime par une position de la caméra donnant toujours au spectateur un point de vue divin sur la situation, soit un train d’avance sur ce que vivent ou s’apprêtent à vivre les personnages. Comme lorsque la veuve s’engage sur un sentier dont on sait avant elle qu’elle ne pourra sortir indemne.

via GIFER

Cette logique permet à Hitchcock de faire de nous ses assistants ou ses complices, en cela qu’il nous livre dans un dernier souffle les ressorts de sa mise en scène. Chaque mouvement ou angle de caméra est ainsi une manière de nous en dire plus que n’en dit le récit. Ce qui ne nous empêche pas, nous aussi, d’être à un moment donné victime d’une manipulation.

La genèse

C’est en partie paralysé et malade qu’Hitchcock réalise – assisté d’Howard Kazanjian » – « Complot de famille » en 1976. Ernest Lehman, à qui l’on doit le scénario de « La Mort aux trousses », est de nouveau de la partie pour un récit tout en faux-semblant, adapté d’un roman de l’écrivain Victor Canning : « The Rainbird Pattern ».

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