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Les 25 polars cultes d’Alfred Hitchcock : Clap de fin

Pas de doute : le cinéma d’Hitchcock a continué bien après sa mort. "Complot de famille" n’est donc pas son oeuvre testament mais le dernier jalon avant un passage de relais : le transfert d’un langage au septième art tout entier. Car à bien y regarder, le maître du suspense est désormais partout...

Pour beaucoup, "Pas de printemps pour Marnie" (1964) constitua le dernier grand film d’Hitchcock. D’aucun considèrent en effet que le cinéaste ne sût par la suite maintenir le cap de la modernité, notamment face à l’arrivée de quelques célèbres trublions du "Nouvel Hollywood" : Scorsese, De Palma, Bogdanovich, Coppola, Spielberg, Friedkin... Une chose toutefois dont on peut aisément douter au regard d’un chef d’oeuvre comme "Frenzy" (1972) et dans une certaine mesure "Complot de famille" (1976), son dernier clap. D’autant que le langage hitchcockien ne disparaît assurément pas avec sa mort en 1990, bien au contraire.

À la fin de sa vie et au-delà – jusqu’à nos jours – , l’influence d’Hitchcock s’est poursuivie. Il s’agit d’une ombre tutélaire qui hante le cinéma, lui dicte ses codes. Et pour cause, comme le soulignent de nombreux réalisateurs illustres qui lui doivent tout (Friedkin, entre autres) : pour apprendre le cinéma, il leur aura suffi de voir et revoir les films du maître du suspense. C’est pourquoi aucun d’entre eux ne cache sa fascination ou son inspiration.

Brian De Palma, bien sûr, dès "Greetings" (1968), où apparaît même à l’écran le célèbre livre d’entretien "Truffaut/Hitchcock", va revisiter le cinéma d’Hitchcock. La chose sera d’autant plus manifeste de film en film, avec "Hi, Mom !" (1970), "Soeurs de sang" (1973), "Carrie au bal du diable" (1976), "Obsession" (1976) bien sûr, "Pulsions" (1980), "Body Double" (1984), "Snake Eyes" (1998) ou encore "Femme fatale" (2002). L’admiration pour Hitchcock a créé plus d’une vocation.

Avec "The Big Shave", Martin Scorsese se place lui aussi dès son premier court-métrage sous le signe de"Psychose". De même, Francis Ford Coppola s’en remet au même long-métrage avec "Conversation secrète" : la salle de bain immaculée puis les toilettes qui débordent d’un sang écarlate. Le début de carrière de cette nouvelle génération s’inscrit résolument comme un héritage assumé, ne cherchant pas à prétendre inventer quoi que ce soit.

Dès lors, le cinéma d’Alfred Hitchcock est partout, quoique les auteurs les plus tortueux n’auront pas attendu la révolution du Nouvel Hollywood outre-Atlantique pour le convoquer : Alain Resnais fait par exemple apparaître une photo d’Hitchcock sur un mur dans "L’année dernière à Marienbad" (1961) ou encore dans son film suivant, "Muriel ou le Temps d’un retour" (1963), avec une statue en carton pâte représentant le réalisateur affublé d’une toque de cuistot.

Bien évidemment, le cinéma d’Alfred Hitchcock s’insinue dans tout le cinéma de genre. On le distingue à travers le mélange de travelling avant et de zoom arrière (le "Vertigo effect") dans "Les Dents de la mer" (Spielberg, 1975), emprunté directement à "Vertigo".

On le voit avec le piéton (Marsellus Wallace) qu’il ne fallait pas croiser dans "Pulp Fiction" (Tarantino, 1994), en échos à celui de "Psychose". Les cheveux blonds du "Syndrome de Stendhal" (Argento, 1996) se fait le miroir de ceux de "Vertigo" et "Marnie" – idem notamment dans "Étreintes brisées" (Almodovar, 2009).

L’avion de "Zabriskie Point" (Antonioni, 1970) ou l’hélicoptère de "Bons baisers de Russie" (Terence Young, 1963) sont tous articulés bien évidemment autour du motif de l’avion de "La Mort aux Trousses".

Le tailleur de Naomi Watts dans "Mulholland Drive" se révèle presque identique à celui de Kim Novak dans "Vertigo". La maison moderne de "La Mort aux Trousses" est reprise par les Coen dans "Ave Caesar" (2016). On retrouve le lit au matelas creux de "Psychose" dans "Suspiria" (Dario Argento, 1977) ou encore dans "Mauvais sang" (Carax, 1986).

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Autre clin d’oeil décisif : celui fait par John Carpenter à "Psychose" (toujours) en confiant le premier rôle d’"Halloween" (1978) à Jamie Lee Curtis, fille de Janet Leigh (l’un des personnages centraux de "Psychose"). Même principe chez Brian de Palma, lequel fait appel pour son film "Body Double" à Mélanie Griffith, fille de Tippi Hedren (l’héroïne de "Les Oiseaux").

Parlez-vous Hitchcock ?

Résultat, la langue d’Hitchcock infuse le cinéma tout entier.

On a par exemple refait "Le crime était presque parfait", cette fois avec Michael Douglas et Paltrow ("Meurtre parfait", d’Andrew Davis) en 1998. On a refait "Psychose" avec le "Psycho" de Gus Van Sant. Anthony Perkins est retourné au Bates Motel pour la suite de la saga "Psychose". La série "Bates Motel" s’est quant à elle intéressée à la jeunesse de Norman Bates et à sa relation complexe avec sa mère.

Où faut-il encore chercher aujourd’hui l’héritage d’Alfred Hitchcock ? Auprès de figures cultes à l’image de Catherine Tramell dans "Basic Instinct" (Verhoeven, 1992) ou Hannibal Lecter dans "Le Silence des agneaux" (Jonathan Demme, 1991), deux protagonistes qui structurent à eux-seuls la plupart des thrillers contemporains. Deux personnages qui n’auraient existé encore une fois sans Hitchcock. La première est une post-blonde hitchcockienne qui à la fois venge ses pairs tourmentés et rend hommage au fétichisme du cinéaste (la chevelure, le tailleur à la Kim Novak). Le second perpétue la trajectoire initiée par Norman Bates. Du reste, tous les scénaristes s’avèrent aujourd’hui toujours plus fascinés par les histoires de famille dysfonctionnelle (dans le cinéma autant que dans les séries), une composante hautement hitchcockienne – à commencer par la relation épiçneuse de Norman Bates avec sa mère.

Plus récemment, on a aussi croisé Hitchcock (sous les traits d’Anthony Hopkins) dans "Hitchcock" (Sasha Gervasi, 2012), on l’a vu dans "Grace de Monaco" (Olivier Dahan, 2014) tenter de convaincre la princesse (interprétée par Kidman) de jouer dans son film "Marnie". Aujourd’hui encore, le cinéma doit beaucoup au réalisateur...

Mention spéciale pour deux des scènes les plus inoubliables empruntées à Hitchcock : la scène de désespoir sous la douche dans "Paranoid Park" de Gus Van Sant.

Le numéro impayable de Vincent Gallo imitant Cary Grant dans "La Mort aux trousses".

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