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Alfred Hitchcock - PSYCHOSE (1960)

Le pitch

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Marion Crane rêve d’une vie meilleure. Alors que son emploi rébarbatif de secrétaire la laisse sans le sou, son amant Sam ne peut finalement se résoudre à l’épouser faute d’argent.

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Un jour que son patron lui demande de déposer 40 000 dollars à la banque, elle n’y tient plus et s’enfuit avec les billets.

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Son objectif : rejoindre Sam à Fairvale. Tiraillée entre paranoïa et incertitude devant le nouvel horizon qui s’offre à elle, elle roule jusqu’à la nuit tombée vers l’inconnu puis, ralentie par la pluie battante, s’arrête près d’un petit hôtel de bord de route : le Bates Motel…

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Pourquoi c’est un incontournable

Parce qu’Alfred Hitchcock crée un précédent en matière de violence, préfigurant la frénésie irraisonnée qui s’empare du cinéma dans les années 1960-1970, et ce, jusqu’à l’émergence du slasher. Les tabous, par ailleurs, tombent : voyeurisme, nudité (quoique davantage suggérée que frontale), bain de sang, toilettes en action… le metteur en scène contourne allègrement la censure par une crudité jamais vue jusqu’alors.

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La célèbre scène de la douche laisse ainsi le spectateur totalement pantois et médusé, tétanisé par 53 plans successifs et 52 coupes, à l’image du couteau de boucher transperçant Marion Crane (Janet Leigh) et notre regard. Pour le public de 1960, impossible alors de regarder une salle de bain avec l’innocence d’antan. C’est que précisément, Hitchcock désire que le spectateur perde son innocence. Cela va bien plus loin encore que le voyeurisme latent de « Fenêtre sur cour ».

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Le film repose beaucoup sur Norman Bates (Anthony Perkins). Car outre la présence de Janet Leigh, dont le personnage Marion devient vite fantomatique, c’est la personnalité de Bates qui fascine. Le jeune scénariste Joseph Stefano, qui remplace James P. Cavanagh après son évincement par Hitchcock, fait en effet de lui non plus un vieil alcoolique chauve comme prévu initialement mais un jeune homme séduisant, donc d’autant plus inquiétant.

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Incontournable, « Psychose » l’est enfin indubitablement pour la musique terrifiante de Bernard Herrmann, et pour les effets sonores d’une violence inouïe. Sans oublier pour les twists multiples et la déconstruction du scénario classique voulant qu’un héros perdure d’un bout à l’autre d’un long-métrage.

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À ne pas sous-estimer : le remake plan par plan de Gus Van Sant.

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De même que toutes les citations égrainées dans l’œuvre de Brian de Palma – comme ici dans « Sœurs de sang »…

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... ou encore là dans « Carrie au bal du diable », lequel emprunte d’ailleurs la partition de Bernard Herrmann.

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La Hitchcock’ touch

Comme Hitchcock porte lui-même ou presque le budget tout entier de « Psychose » (film qui lui rapportera 2,5 millions de dollars – un énorme succès), il n’hésite pas à y glisser bon nombre de ses motifs fétiches.

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S’y conjuguent ainsi la mère abusive, le faux-coupable, le paradoxe entre le désir et la culpabilité, le voyeurisme (repris dans un plan identique par Paul Thomas Anderson avec « Phantom Thread »), l’oppression du personnage féminin, ou encore le double maléfique. Autant d’ingrédients qui nourrissent les démons de Norman Bates, auquel le spectateur finit – à défaut de s’identifier réellement – par s’attacher. Jusqu’à espérer notamment que la voiture s’enfonce en entier dans l’étang, lorsqu’elle stagne un temps en dehors.

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L’architecture, dans « Psychose », joue un rôle important en matière d’atmosphère. Hitchcock souhaitait ainsi que l’horizontalité du motel s’oppose à la verticalité du manoir de la mère. Une aura que n’aurait en aucun cas pu diffuser un bungalow classique.

Le caméo d’Hitchcock intervient à la septième minute : on le distingue devant l’agence immobilière avec un chapeau clair. Mieux : il figure donc dans la même scène que sa fille, Patricia Hitchcock, laquelle incarne la collègue de Marion.

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L’analyse

Il s’agit du premier film baroque d’Alfred Hitchcock, un pied cette fois directement dans le cauchemar et le songe. Eh oui : juste après le triomphe classique de « La Mort aux trousses », le cinéaste tire ici définitivement un trait sur le champ de la conscience (les personnages réfléchis et lucides face à leurs actes) pour se tourner vers la folie et l’aliénation. En somme, c’est un peu comme si le cinéaste, après avoir longtemps décrit des protagonistes aux prises de leurs pulsions et aux frontières de l’égarement, dépeignait cette fois des héros incapables de les réprimer à force de refoulements. L’humain disparaît ainsi derrière un instinct qui le dépasse, un peu comme pour préparer « Les Oiseaux » (le film suivant d’Hitchcock), où des forces extérieurs (les oiseaux) s’en prennent au genre humain.

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À l’instar du tableau d’Edward Hopper représentant une « maison près de la voie ferrée » comme écrasée par la marche du monde, la maison sur la colline dans « Psychose » s’apparente en miroir à cette demeure abandonnée.

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C’est l’image d’une modernité et d’un progrès en forme de mise à l’écart, tout comme le motel dorénavant en marge du dernier axe routier.

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Signalons en matière de symboles – innombrables dans « Psychose » – que le changement de couleurs (blanc au départ, noir après le vol) des sous-vêtements de Marion Crane ne doit pas être pris à la légère.

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Pour Hitchcock, c’est une manière en effet de placer son larcin sur un plan moral.

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Or, pour laver ce forfait de toute culpabilité et tout pêché, rien ne vaut aux yeux du réalisateur une bonne douche…

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La genèse

Le roman « Psycho » (1959) de Robert Bloch, qui s’inspirait déjà des meurtres du tueur Ed Gein, sert ici de modèle au scénario de « Psychose ». À noter que le serial-killer en question avait créé des sièges et des abat-jour avec la peau de ses victimes, tout en conservant par ailleurs leurs têtes à la manière d’un taxidermiste déviant. On raconte par ailleurs qu’il avait veillé à ne pas toucher la chambre de sa mère après sa mort, la gardant en l’état pendant douze ans.

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Si la Paramount considère le livre de Bloch comme impossible à adapter, Hitchcock s’y attaque quant à lui aussitôt en prenant en charge lui-même l’essentiel du financement. Fort du succès de « La Mort aux trousses », le cinéaste se lance dans le projet en le tournant en noir et blanc, à l’image d’une série B et du film « Les Diaboliques », d’Henri Georges Clouzot.

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Afin de limiter les coûts, Hitchcock invite le chef opérateur John L. Russell, qui se charge alors déjà de sa série « Alfred Hitchcock presents ». En outre, il s’entoure d’une équipe provenant du petit écran : le budget en ressort réduit, de même que le temps de tournage (30 jours, dont 7 pour la séquence de la douche).

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Lorsqu’Alfred Hitchcock arrête son choix sur Janet Leigh, le cinéaste pense évidemment à l’aura de star de l’actrice – qu’il prend un malin plaisir à détruire à mi-parcours. Mais il est aussi très probable qu’il ait visionné « La Soif du Mal » d’Orson Welles, dans lequel la comédienne se fait déjà agresser dans un motel sous une ampoule qui vacille.

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