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Alfred Hitchcock - LE FAUX COUPABLE (1956)

Hitchcock adore les histoires d’innocents accusés d’un crime qu’ils n’ont pas commis, la preuve une fois de plus avec « Le Faux Coupable ». Filmé comme un documentaire expressionniste, ce film est peut-être l’un des plus grands films noirs.

Le pitch

Christopher Balaestrero, dit « Manny », est contrebassiste dans un groupe de jazz-latino à New York. Un jour, il est accusé du hold-up du siège de sa compagnie d’assurances : la guichetière de l’établissement reconnaît en lui formellement le malfrat, alors qu’il s’y rendait pour emprunter 300 dollars. Avec l’aide de son épouse Rose, Manny veut tout faire pour prouver son innocence.

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Pourquoi c’est un incontournable ?

Parce que c’est l’unique long-métrage où l’on peut entendre la voix d’Hitchcock : le metteur en scène introduit son film en se présentant en effet à contre-jour, en guise de narrateur.

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Toujours dans ce souci du minimalisme, Hitchcock privilégie cette fois des décors réels, à l’image de ce que faisait à l’époque Elia Kazan. En résulte un New York authentique : la ville est largement filmée, et l’on pénètre à l’intérieur du Stork Club, le club où joue Manny. À noter cependant que l’intérieur du cabinet d’avocat et celui du métro ont été tournés en studio.

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Mais ce resserrement et cette sincérité n’entachent pas pour autant le recours à certaines innovations, ou à de brillantes trouvailles techniques. C’est le cas de la vision subjective de Manny en prison, rendue possible grâce à une caméra fixée sur une plate-forme sur pivot. Aussi, le plan cadré à travers la porte de la prison tire parti d’un grand angle capable d’éviter toute altération des perspectives.

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La Hitchcock touch’

Afin de ne pas troubler l’attention du spectateur, Hitchcock choisit de ne pas faire de caméo. Seule sa silhouette est visible en ouverture. Mais l’humour habituel laisse place à une tonalité plus sérieuse et dramatique.

Ce choix délibéré de l’épure s’avère assez unique dans la filmographie du cinéaste. On sent chez lui le désir d’emprunter un peu du réalisme européen si cher à Roberto Rossellini – alors, particulièrement en vogue chez les cinéphiles.

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Pour cette raison sans doute, ni l’intrigue, ni la mise en scène ne tendent vers le baroque. Si le symbolisme et l’expressionnisme d’Hitchcock sont là, c’est surtout par petites touches – par les motifs de la fatalité en surimpression, notamment.

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L’analyse

Il s’agit du thème favori d’Hitchcock repris dans presque tous ses films – le faux coupable –, mais cette fois illustré de façon concrète voire documentaire (sont filmés avec minutie l’arrestation, les interrogatoires, l’inculpation et l’emprisonnement) et non plus romanesque. Le paradoxe assez stupéfiant du film, c’est qu’il donne le sentiment parfois d’une esthétique quasi néoréaliste, et ce, sans toutefois s’éloigner des obsessions hitchockiennes habituelles en matière de cadrage et de mouvement ; et en même temps, il incarne un produit : car il s’agit d’un film de commande (pour la Warner, qui se solda par un échec commercial) avec des acteurs très connus (Henry Fonda, Vera Miles…).

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En somme, Manny pâtit du fait qu’un autre que lui-même – précisément son double, autre manie d’Hitchcock – ait perpétré le hold-up. Mais si le réalisateur suit l’histoire authentique des Balestrero et l’erreur d’identité, il préserve (sans affirmer la culpabilité de l’un ou de l’autre) un doute qu’il affectionne : Manny et son double (Daniel, le vrai coupable) seraient une seule et même personne. Ainsi, comme toujours chez Hitchcock, l’être humain se voit-il tiraillé entre le Bien et le Mal. Reste que le véritable drame du film n’est certainement pas l’erreur de culpabilité, mais le soupçon de Rose, l’épouse de Manny, laquelle tombe dans le doute et brise en cela leur lien amoureux (thématique déjà présente dans « Soupçons).

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Le thème du catholicisme prend une place déterminante dans « Le Faux Coupable » : on voit Manny conserver son rosaire en prison, puis le tenir fermement au cours du procès. De même, sa mère le pousse à la prière, et tandis qu’il jette un regard sur la figure du Christ, le spectateur finit par apercevoir le vrai criminel (Daniel) dans la rue après un fondu enchaîné. Il y a là une sorte de déterminisme religieux, salvateur.

La musique de Bernard Herrmann, dépourvue des grandes partitions récurrentes, joue sur une sorte de stridence : les trompettes se montrent notamment à l’image de la peur-panique de Manny. Des tonalités inquiétantes que contrarie la mélodie poétique qui surnage dans les scènes en famille. Une composition brillante et moderne.

La genèse

« Le Faux Coupable » s’inspire d’une histoire vraie : le drame authentique traversé par la famille Balestrero. Hitchcock découvre le récit en tombant sur l’article « A Case of Identity » (« Une affaire d’identité »), signé du journaliste Herbert Brean pour Life Magazine.

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