Alfred Hitchcock - LA MAIN AU COLLET (1955)

Hitchcock s’accorde une récréation sur fond de vols de bijoux et de tension sexuelle exacerbée, avec en toile de fond la côte d’Azur et la belle Grace Kelly. Dernier tour de piste de l’actrice devant la caméra du maître du suspense, au grand dam de ce dernier…

Le pitch

John Robie, ancien cambrioleur et héros de la Résistance, coule une retraite dorée sur la côte d’Azur. Mais cet homme que l’on surnommait jadis « le chat » pour ses coups d’éclat voit brusquement son passé refaire surface. Un voleur sévissant dans les palaces et imitant à la lettre ses méthodes le désigne en effet comme principal suspect d’une série d’effractions de haut vol. Pour piéger le coupable, des appâts de choix sont vite identifiés : la milliardaire Mme Stevens et sa séduisante fille, Frances.

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Pourquoi c’est un incontournable ?

Alfred Hitchcock dirige pour la troisième et dernière fois Grace Kelly – la fin d’une collaboration d’autant plus prolixe qu’elle permît au metteur en scène de pousser presque à son paroxysme son obsession pour la blonde fantasmatique, mélange complexe de froideur extérieure escamotant sous glace une sensualité dévorante. Le réalisateur dira d’elle aux journalistes qu’elle l’intéressait en cela que chez elle, le sexe apparaissait de manière indirecte.

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Le cinéaste fait coïncider deux ingrédients clés dans « La Main au collet » : la beauté solaire de Grace Kelly et les paysages de la Côte d’Azur, de Nice à Monte-Carlo en passant par Cannes. Une juxtaposition qui incarne certainement l’essence-même du film.

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Incontournable, « La Main au collet » l’est indéniablement pour sa scène du pique-nique, où la fascination exercée par Frances (Grace Kelly) sur John (Cary Grant) – que l’on peut aisément identifier à Hitchcock en personne – atteint son point culminant avec un dialogue acidulé car à double-sens. Un échange ambigu suivi d’une étreinte ponctuée par un feu d’artifices, qu’il faut interpréter comme allégorie possible de l’orgasme (ci-dessous à partir de la 39e seconde).

La Hitchcock touch’

Il s’avère assez parlant d’observer comment Hitchcock s’intéresse en définitive bien peu à son protagoniste central – John Robie –, auquel il attribue mollement un passé, mais non sans quelques invraisemblances délibérées. Ceci pour dire que le réalisateur recherche à travers ce décalage à recentrer l’intrigue sur Frances, qui l’intéresse tout particulièrement. Une véritable déclaration d’amour. Du reste, ne se cache-t-il pas d’autre part de rapprocher l’enjeu des bijoux d’une charge libidinale.

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Lassé par le Technicolor bleu pour filmer le ciel dans les scènes de nuit, Hitchcock opte cette fois pour un filtre vert. Évitant ainsi le bleu roi, il se rapproche du bleu foncé d’une nuit authentique.

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Hitchcock fait son caméo habituel à la dixième minute : on le voit assis à gauche de Cary Grant au fond d’un bus. Une musique amusante accompagne le panoramique le mettant en évidence.

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L’analyse

Après « Fenêtre sur cour », Hitchcock cherche à filmer une histoire divertissante et délibérément moins tortueuse qu’à son habitude. En découle une tonalité légère, mais non moins emprunte d’une vraie profondeur quand on réfléchit sur un plan symbolique.

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Une dimension qui s’exprime surtout à travers la tension sexuelle, qu’il s’agisse du brusque baiser à la dérobée dans le couloir, du dialogue équivoque dans le jardin – jardin d’ailleurs lézardé de symboles phalliques : sapins, marbres –, ou encore avec le bouquet final du feu d’artifices, avec le filtre vert comme un « Sueurs froides » avant l’heure. Résultat : le film s’articule surtout autour du désir de la perte de la virginité.

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Quelques stéréotypes amusants apparaissent ici ou là, à l’instar du contraste des attitudes anglaises, américaines ou françaises. Ainsi, si John et l’assureur britannique se veulent classes et élégants, les Américains s’avèrent hâbleurs, et les Français presque grossiers.

La genèse

Outre un roman de David Dodge du même nom (Robert Laffont, 1955), le récit de « La Main au collet  » serait basé sur des faits réels, et plus spécifiquement sur la personnalité d’Albie Baker. Il s’agissait d’un célèbre voleur de bijoux, lequel signa notamment l’autobiographie « Stolen Sweets ».

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