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De soleil et de sang - Jérôme Loubry

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24 #AvisPolar
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Résumé :

Dans ce quartier chic de Port-au-Prince s’élèvent de belles demeures de pierre entourées de palmiers, de flamboyants et d’arbres orchidées. C’est là que, pour la deuxième fois en une semaine, un couple est retrouvé assassiné dans sa chambre. Deux corps mutilés gisant au pied du lit conjugal. La presse titre déjà sur une série de « crimes vaudous ».
Pourtant l’inspecteur Simon Bélage refuse de tomber dans la superstition. Sur cette île, la corruption et le trafic d’enfants font plus de ravages que le terrible Baron Samedi, le dieu des morts. Simon sait avec certitude que ces crimes sont l’oeuvre d’un être de chair et de sang. Et tous les indices convergent vers un orphelinat fermé depuis près de vingt ans, surnommé la « Tombe joyeuse ».
Mais Simon devrait prendre garde. En Haïti, ignorer les avertissements des esprits, qu’ils soient vrais ou faux, peut se révéler dangereux…

« Un thriller atmosphérique ! Laissez-vous guider par Jérôme Loubry pour un voyage en enfer... »
Jérôme Toledano, Librairie Les Cyclades

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Vos #AvisPolar

  • eTemporel 3 juillet 2021
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    On se retrouve aujourd’hui avec Jérôme Loubry et son dernier roman, paru en 2020. De cet auteur, je n’avais lu jusqu’ici que Les refuges, dont j’avais adoré l’intrigue complexe et hyper bien ficelée. De quoi positionner la barre très haut et me rendre exigeante, forcément. Alors, De soleil et de sang aura-t-il su se hisser à la hauteur de son prédécesseur ? Eléments de réponse.

    Nous sommes sur l’île d’Haïti, juste avant le séisme de 2010, auprès de Simon Bélage, un flic qui enquête sur une série de meurtres dont les mises en scène ont toutes les apparences d’un rituel de vaudou. Le vaudou, parlons-en justement : une religion aux pratiques occultes et très mystérieuses à laquelle tout le monde finit par croire, excepté Simon qui s’en défend de toutes ses forces. Sur une île frappée par la fatalité et le chaos, il aura fort à faire pour démêler le vrai du faux.

    J’ai particulièrement apprécié la manière dont l’auteur nous fait découvrir les côtés sombres d’Haïti, où les enfants, les orphelins, sont les victimes toutes désignées de la pauvreté et de la corruption. Il pose une ambiance, une atmosphère lourde, moite, presque étouffante. Il instille son suspens à grands coups d’allers et retours entre différents lieux et époques, entre différents personnages aussi. Tous sont bien construits, avec leurs parts d’ombre et de lumière qui nous les rendent si attachants, particulièrement les enfants. Et cette maison de style gingerbread, j’avais vraiment l’impression de la découvrir !

    Seul bémol, le dénouement ! Je m’attendais à une intrigue très complexe et imbriquée, comme dans Les refuges, mais Loubry ne tombe pas dans le piège de reproduire ce qu’il a déjà fait. Malheureusement, si c’est plutôt à son honneur, j’avoue avoir été un peu déçue par son classicisme. L’identité du coupable est sans surprise, je l’avais anticipée depuis un moment déjà, mais surtout, ce final terriblement abrupt m’a laissée sur ma faim. Quoi, c’est fini ? Là, comme ça ? Un sentiment d’inachevé qui n’est pas très agréable et gâche un peu tout le reste.

    Un thriller sympathique, à lire pour l’atmosphère qu’il dégage, pour en apprendre un petit peu plus sur Haïti, ses inégalités sociales et ses croyances vaudous, pour son thème fort aussi. Mais une intrigue un petit peu trop classique et un final assez décevant feront qu’il ne restera probablement pas longtemps dans ma mémoire. A découvrir par vous-même au final, pour vous faire votre propre avis bien sûr.

  • lemurmurdesameslivres 23 juin 2021
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    « Une part de ce récit n’est que pure fiction. L’autre part est réelle et toujours d’actualité. »
    Voici le lecteur avisé pour ce nouveau thriller.

    Haïti, deux histoires, deux temporalités, une enquête.
    En 2009, des meurtres sordides ont lieu dans le quartier aisé de Pétion-Ville. Chacune de ces mises en scène macabres est accompagnée d’un symbolique cercueil en papier, laissant présager des rituels vaudous.
    Néanmoins, l’inspecteur Bélage doute. Et si tout ceci n’avait rien à voir avec la religion ? Et s’il existait un lien entre les différentes victimes ?
    Son entêtement le conduira sur les traces d’un passé gangrené par la corruption et l’inconcevable.

    Comme toujours avec les livres de l’auteur, j’ai trouvé l’histoire captivante. Je suis de nouveau surprise par sa capacité à se renouveler. A chaque nouvelle intrigue un nouveau décor.

    Avec Jérôme Loubry, pas d’impression désagréable de déjà lu. Je me laisse embarquer dans l’histoire, à la manière d’un page-turner, et son nom sur la couverture est désormais pour moi promesse de satisfaction.

    Caroline - Le murmure des âmes livres

  • jeanmid 5 juin 2021
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    En matière de vaudou la terre d’Haïti , gorgée de soleil et sang , est un concentré de cette croyance.
    Une quasi religion bien ancrée dans les esprits quelle que soit la génération.
    Des meurtres atroces qui sont commis sur des couples de riches blancs semblent être leur manifestation . Mais pour l’inspecteur SImon Belage , ces assassinats ne sont pas l’œuvre du Baron Samedi ou d’autres créatures diaboliques, mais bel et bien le fait d’un ou plusieurs hommes qu’il faut retrouver au plus vite avant qu’ils ne fassent d’autres victimes. A défaut que sa hiérarchie ne lui désigne par défaut un quelconque innocent à inculper pour clore l’affaire , Simon a bien l’intention de mener son enquête jusqu’au bout quoi qu’il lui en coûte .
    Celle-ci va l’emmener vers la piste du marché des orphelinats et des adoptions illégales dont certaines associations locales se sont fait une spécialité : une famille vend son enfant contre la promesse d’une vie meilleure à des entremetteurs peu scrupuleux qui vont ensuite le proposer à une famille américaine ou européenne contre une somme substantielle. Mais ces enfants sont aussi souvent arrachés de force à leur famille ...
    Grâce à sa fille Rachelle , il va découvrir l’existence d’un ancien orphelinat , appelé la Tombe Joyeuse , inauguré en grande pompe par Baby Doc ( le fameux dictateur) , dans les années 80 et l’histoire de six enfants maudis qui y ont séjourné. Six jeunes vendus par leur famille et dont leur handicap ou leur statut ne leur permettent aucun espoir d’être un jour adopté par une nouvelle famille Six enfants dont le destin tragique résonne encore aujourd’hui .

    L’auteur nous propose cette intrigue policière prétexte à la découverte de ce pays frappé par la fatalité et le chaos . À des conditions de vie misérable , des inégalités sociales scandaleuses, une corruption ayant atteinte toutes les strates de l’État , s’allie un fléau climatique, dont le terrible tremblement de terre de 2010 n’est que le dernier avatar . Pour couronner le tout , les rites coutumiers d’où émane le culte vaudou prennent le pas sur la réalité et la justice de droit .
    Dans ce bourbier humide et poisseux s’échappent quelques personnages hors du commun auxquels on a envie de s’attacher comme Simon et sa fille Rachelle . Des êtres qui tentent de survivre et de garder l’espoir d’un futur meilleur tout en se battant au quotidien pour que stoppe les injustices .
    Comme dans ses précédents ouvrages , Jérôme Loubry , fait briller une prose fluide et dynamique, qui , allié à un solide scénario , nous offre un beau moment de lecture .
    Suspens garanti pour cette sombre histoire à double détente temporelle qui ne vous laissera aucun répit .

  • Mes Carnets Litteraires 6 février 2021
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Ce livre a malheureusement souffert de la comparaison avec "Les refuges" que j’avais adoré.
    Mais en toute honnêteté, je n’ai pas retrouvé la patte de l’auteur, que ce soit au niveau de l’originalité de l’intrigue, du suspense ou des rebondissements.
    Dans "De soleil et de sang", si l’intrigue est assez simple, l’enquête l’est tout autant.
    La thématique des croyances vaudoux donne un peu d’exotisme à l’histoire mais cela ne m’a pas emballée plus que ça.
    J’ai trouvé que le combo "enfants/orphelinat" et "vaudou haïtien" donnait une tournure presque jeunesse à l’intrigue, un peu "Club des Cinq".
    Bref, vous l’aurez compris, malgré une lecture plutôt agréable, ce fut une déception !
    Peut-être devrais-je tenter ses deux premiers romans "Le douzième chapitre" et "Les chiens de Détroit" pour ne pas rester sur cet avis mitigé !

    ▶️ Un roman décevant par rapport au précédent !

  • Lectures noires pour nuits blanches 28 janvier 2021
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Pour son quatrième roman, Jérôme Loubry nous emmène cette fois dans les Caraïbes, plus précisément à Haïti. C’est dans cette île meurtrie, qui ne vend malheureusement pas du rêve, qu’il a décidé de planter son décor. Haïti, sa pauvreté, sa misère, ses orphelinats, sa corruption, son trafic d’enfants, sa culture, ses croyances, son vaudou, sa violence, son soleil et sa noirceur. Haïti où plane encore l’ombre des Duvalier. Haïti personnage central du roman avec son atmosphère pesante, suffocante et mystérieuse.

    Dans ce roman, deux endroits, deux temporalités, une enquête classique, bien menée mais pas transcendante. Mais pour moi l’essentiel n’est pas là, l’enquête est en quelque sorte secondaire dans cette fiction. Une fiction qui n’est hélas pas bien loin de la réalité.
    Les personnages sont loin d’être tous attachants mais j’ai été très touchée par l’histoire des six et leur sort
    Un roman qui m’a donné envie d’en savoir plus sur cette île et son histoire.

    Jérôme Loubry ou l’art de se renouveler. En quatre romans, il nous a embarqué dans quatre histoires totalement différentes. Nouveau cadre à chaque fois mais un sujet récurrent, l’enfance.
    En merveilleux conteur, il n’a pas son pareil pour nous dépeindre des atmosphères particulières, c’est ce que je préfère. Ces ambiances envoûtantes, très visuelles et totalement immersives où je plonge toujours avec délice et en ressort souvent complètement retournée.
    Que nous réserve-t-il pour son prochain livre ? J’ai déjà hâte de le découvrir.

    Celui-ci m’a conquise et je vous le recommande vivement.

  • crystyn 27 décembre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Nous sommes à Haiti en 2010, pays de misère et de corruptions ancré dans les croyances Vaudou. Des corps mutilés sont retrouvés et mis en scène dans des quartiers chics de la ville. Tout porte à croire que ce sont des crimes vaudous, mais l’inspecteur Belage n’y croit pas. Son enquête l’amène vers un orphelinat, et nous découvrons la situation de nombreux enfants, abandonnés, achetés, enlevés pour être placés dans des orphelinats et ensuite vendus dans le cadre des adoptions.
    Le récit se déroule sur deux époques, avec des chapitres qui s’intercalent et entretiennent le suspense, rythment l’histoire et nous tiennent en haleine. J’ai aimé la construction du livre ainsi faite et l’ambiance particulière des « esprits » de Haiti.
    Je découvre l’auteur avec ce livre, mais j’ai très envie de lire ses autres livres.

  • leslecturesdecaroline 18 décembre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Je découvre Jérôme Loubry avec la lecture de ce roman.

    Dans ce thriller, l’auteur emmène le lecteur en Haïti, un pays de soleil et de sang, de misère, de corruption, où les croyances vaudoues sont très ancrées, dans une ambiance poisseuse et malaisante avec une histoire qui révèle une partie bien sombre de l’âme humaine.

    Un polar qui se lit bien avec une intrigue efficace même si je m’attendais à quelque chose de plus prenant.

    Maintenant, j’ai envie de découvrir d’autres romans de cet auteur.

  • Clem_YCR 1er décembre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    De soleil et de sang est mon troisième Jérôme Loubry et, c’est à l’aveugle que je m’y suis plongée. En effet, j’ai sélectionné ce titre sur simple nom de l’auteur lors de la dernière masse critique Babelio. Je vous conseillerai de faire de même car, alors que je découvre le résumé, je me rends compte qu’il en dévoile beaucoup trop.

    J’ai eu un peu de mal à me glisser dans l’histoire, les premiers chapitres étant denses et plutôt macabres ; pourtant, l’auteur confirme à nouveau son talent de conteur car, au fil des pages, il a su m’embarquer dans ce nouveau voyage en terre Haïtienne, où plane le vaudou.

    Si l’on retrouve la même construction que dans les deux romans que j’ai déjà lu : une alternance de chapitres passé / présent, entrecoupés par des interludes mystérieux, nous sommes face à une intrigue totalement différente, encore une fois. Ce livre est glaçant ; les conditions de vie en Haïti, ainsi que les termes employés pour parler des enfants sont parfois choquants, surtout de mon point de vue d’occidentale, mais ce qui est le plus inquiétant, ce que l’on ne sait pas réellement où s’arrête la réalité, et où commence la fiction. Jérôme Loubry introduit d’ailleurs son récit par les mots suivants : "Une part de ce récit n’est que pure fiction. L’autre part est réelle et toujours d’actualité. C’est la plus tragique."

    Nous sommes donc sur une double narration ; en Haïti, peu de temps avant le tremblement de terre de 2010, et en France en 2009 ; puis, de nouveau en Haïti dans les années 1980. Nous suivons un inspecteur Haïtien, Simon, que les expériences de vie ont amené à rejeter le vaudou, pourtant ancré dans les croyances populaires, et reconnu comme l’une des principales religions. Un homme intègre qui se bat, à hauteur de ses moyens, pour faire régner la justice dans un monde de corruption. Il est entouré de son jeune coéquipier, Manus, et de sa fille, Rachelle, engagée auprès d’une association humanitaire pour aider les orphelins du pays. Jérôme Loubry nous immerge dans la vie de Simon, nous faisons corps avec lui, dans les épreuves qu’il a traversé et dans la tourmente qui le saisit alors que les corps s’accumulent.

    De l’autre côté, nous assistons à la rencontre de Vincent, un jeune français, et de sa future femme, Méline. Alors que les pages se tournent, nous cherchons quel peut être le lien entre ces deux histoires.

    De soleil et de sang est totalement immersif, plus que des personnages, c’est un pays que nous découvrons, une culture et une religion. Le vaudouisme, avec ses dieux, ses prêtres et tout son folklore. Pour moi, lorsque j’entendais parler de vaudou, je pensais aux poupées de paille que l’on pique avec des aiguilles pour se venger de quelqu’un par exemple ; c’est donc avec une grande curiosité que j’ai élargi ma vision de cette religion qui peut, tendre vers la sorcellerie selon l’usage que l’on en fait.

    Jérôme Loubry met plus d’une fois en avant la folie des hommes dans ce roman ; la folie, mais aussi la lâcheté, le fait de se retrouver embrigadé dans quelque chose qui nous dépasse, nous révulse, peut-être, au départ, mais d’y prendre tout de même part, par peur de ce qu’il peut nous arriver. De soleil et de sang est extrêmement bien construit ; j’ai d’ailleurs reparcouru quelques passages en particulier, une fois que le pot aux roses est dévoilé, une fois que l’on sait ce qu’il s’est réellement passé. Entraînée dans cette chasse au meurtrier, en franchissant le seuil de cette demeure maudite, j’ai subitement entendu un plom, lorsque mon esprit a compris quel homme se dressait réellement devant moi. Un coup de massue, que je n’ai vu venir que quelques pages en amont.

    Une écriture dense, visuelle, violente, aux accents de réalisme (et de réalité), qui nous conduit à découvrir une histoire dont on n’est pas sûr de pouvoir se remettre.

  • Mes évasions livresques 29 novembre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Avec ce quatrième roman, Jérôme Loubry nous offre un thriller psychologique de très haut niveau.

    Une fois de plus, l’auteur va employer plusieurs dimensions temporelles pour perdre son lecteur dans une intrigue complexe, à plusieurs niveaux.

    Je ne vais pas tourner autour du pot, ce roman est pour moi le meilleur de l’auteur, j’ai un petit bémol dont je ne peux pas vous parler au risque de spoiler, mais cela reste pour moi l’intrigue la plus surprenante et haletante des livres de l’auteur.

    L’intrigue plante son décor principal à Haïti, qui malgré ses villas de rêve, emplies de végétations magnifiques dans la capitale, présente également ses quartiers pauvres, avec un trafic d’enfants alimentant des "orphelinats". La croyance est très importante aussi à Haïti et le culte vaudou, un folklore dont personne ne se moque, qu’on y croit ou non.

    Je n’ai pas trop envie de vous divulguer l’histoire de ce roman, plus que ne le fait la quatrième de couverture, car j’ai aimé le découvrir petit à petit, sans rien en connaître.

    J’ai ressenti beaucoup d’émotions à la lecture de ce roman : de la peur, du dégoût, de la tristesse, de la révolte, ... Beaucoup d’adrénaline lors des scènes d’action qui entraînent le lecteur, quelques larmes face à l’injustice du monde.

    Ce roman m’a accompagné quelques jours et je le rouvrais toujours avec plaisir, celui d’en savoir plus même si l’ambiance était difficile et anxiogène par moment.

    Un roman qui parle d’argent, de politique, d’économie, de culte, d’enfance brisée et de vengeance, le tout sur fond d’enquête policière avec des flics non corrompus.

    A chaque livre, Jérôme Loubry nous mène un peu plus loin dans le thriller, aussi bien psychologique que visuel... jusqu’où ira-t-il ? En tout cas, il confirme de plus en plus une position de leader dans la littérature noire, qui est loin de me déplaire...

  • Emysbook 27 novembre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Comme à chaque fois je trouve qu’il est toujours très difficile de faire une critique juste et sans trop dévoiler l’intrigue.
    Un fois de plus l’auteur se démarque et nous offre un thriller haletant et rempli de suspense.
    Je trouve même que pour cette fois Jérôme Loubry est sorti de sa zone de confort.
    Le roman se tourne légèrement vers quelque chose de surnaturel mais avec toujours cette dose et cette portion de réel.
    L’histoire débute à Haïti : lieu qui pourrait potentiellement être parfait. Cependant Haïti n’est pas l’Île qu’elle prétend être.
    Des couples sont retrouvés mutilés de façon atroces au pieds de leurs lits. Des insignes vaudous sont présentes ce qui ne manque pas de faire douter notre flic aventureux.
    Malheureusement celui-ci ne croit pas à ses croyances. Et si cela se retourné malheureusement contre lui ?
    C’est à ce moment précis du roman que l’auteur nous apporte un chamboulement qui m’a glacé. C’est profondément percutant. J’ai adoré même si au premier abord je me suis sentie prise au dépourvu. Rien de mieux que de casser les codes.
    Je me suis prise d’attachement pour cette Île bien qu’elle soit maudite. J’ai tremblé comme lors d’un séisme.
    L’auteur nous offre également une réalité avec cet opus. Réalité qui est déroutante et affreuse à considérer. Vérité qui fait nettement plus froid dans le dos que l’histoire en elle-même. J’ai appris et je vois les choses différemment.
    Ce que j’ai également apprécié c’est de voir des chapitres courts. le roman se lit facilement et d’une traite !!
    Un très bon thriller ; percutant, addictif et maîtrisé comme toujours.

  • ju_se_livre 26 novembre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    C’est un auteur que je suis désormais assidûment. Ces livres ne restent jamais bien longtemps dans ma pal.
    — -
    Cette fois, direction Haïti où des meurtres sanglants vont donner du fil à retordre à l’inspecteur Simon Bélage. Sur fond de croyances vaudou, l’auteur va nous entraîner dans une enquête où les superstitions rythment le quotidien de cette île.
    — -
    L’auteur va avec brio nous faire voyager dans cet enfer à travers deux époques distinctes. Toujours avec cette facilité qu’il a de nous immerger totalement dans l’intrigue.
    — -
    Je trouve que cette fois, Jérôme Loubry s’est surpassé en nous offrant une histoire très riche, captivante et pleine de suspense, en abordant un thème qui a beau se retrouver dans une œuvre fictive mais qui n’en reste pas moins un sujet réel. Tout ça, sans leçon de morale.
    — -
    En bref, je suis toujours aussi fan. Jérôme Loubry fait parti du peu d’auteurs dont j’achète les livres, les yeux fermés, sans lire la quatrième de couverture. Parce que pour moi c’est une valeur sûre, et il a encore su le prouver.

  • BulleDeLecture 4 novembre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Avec son style si caractéristique l’auteur monte son roman comme un puzzle. On se laisse prendre à son écriture qui parfois se révèle un brin poétique et pour pourtant il ne nous jette pas de la poudre aux yeux Jérôme Loubry. Tout est soupesé, distillé pour un rendu vraiment excellent. Au fur et à mesure de ses romans, la griffe de l’auteur prend de l’épaisseur. Tout ne tient pas forcément dans la complexité des intrigues, non. Ce qui est remarquable c’est plutôt l’atmosphère que Jérôme Loubry sait si bien utiliser, à travers les descriptions, les émotions et les personnages.

    Avec De soleil et de sang Jérôme Loubry décortique l’univers obscure du vaudouisme pour nous faire entrer dans un monde où la noirceur en sera le socle.

  • lecturesdudimanche 4 novembre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Quatrième roman et un nouvel univers. dans lequel Jérôme Loubry va nous emmener en visite en Haïti à quelques heures du dramatique séisme du 12 janvier 2010. Simon, policier, va devoir enquêter sur les meurtres de riches couples accomplis, semble-t-il, selon un rituel vaudou. Pour Simon qui rejette en bloc cette culture, l’explication est ailleurs… Mais il va devoir la trouver vite, car en Haïti, l’important est de présenter un coupable à l’opinion publique rapidement, et peu importe la vérité ! Simon, pourtant, ne renonce pas à la faire éclater et ses recherches le mènent à « la Tombe Joyeuse », un vieil orphelinat fermé depuis bien longtemps.

    Et c’est là que, sous couvert de l’intrigue et à travers l’histoire « des Six », Jérôme Loubry met le doigt sur la réalité de la vie des enfants d’Haïti et de l’ignoble trafic dont ils sont les victimes. « Les Six », c’est une bande de gamins qui, en 1984, intègrent la « Tombe Joyeuse ». Ce qui les lie aux meurtres de 2009 ? Ce qui les lie au destin de Vincent et Méline, attachant couple français ? Je vous laisse le découvrir en plongeant dans l’immersive plume de l’auteur qui a su, tout en maintenant un rythme dynamique, nous plonger dans l’histoire d’un pays et de ses rites, où corruption et croyances ont une sacrée tendance à régir la vie des citoyens.

    Jongler entre différentes temporalités et différents lieux est parfois un exercice périlleux dont l’auteur se sort avec brio, maintenant son lecteur en haleine. Pour ma part, j’ai lu avec avidité. Jérôme Loubry se classe, depuis un moment déjà, en très bonne position dans mon top d’auteurs chouchous, et cette lecture confirme sa place !

  • Matbaum 19 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    De soleil et de sang est le quatrième roman de Jérôme Loubry, écrivain né en 1976 qui a su s’attacher un lectorat fidèle grâce à des histoires et des intrigues qui fonctionnent très bien, jusqu’à obtenir de façon méritée le prix Cognac du meilleur roman francophone 2019 pour son précédent roman, Les Refuges. De Soleil et de sang est un roman noir composé de façon classique, du moins dans son premier tiers, ce qui n’est pas péjoratif, alternant deux histoires, l’une se déroulant en France, l’autre en Haïti. Deux histoires liées, évidemment, et qui vont se rejoindre autour de la personne de Méline et de son mari. Tout à commencé à Port-aux-Princes, dans l’une de ces vieilles demeures typiques devenue un orphelinat surnommé « La Tombe joyeuse ». C’était autrefois, plus de 20 ans auparavant, à l’époque où le pays était une dictature violente. Quand le roman commence, l’inspecteur Simon Bélage enquête sur une série de meurtres au schéma identique et à l’apparence d’un rituel vaudou. Ce dernier point donne sa forte originalité au roman : Loubry parvient peu à peu à nous transporter à Haïti, à faire sentir la présence des esprits, des dieux vaudous de la mort et de Baron Samedi, mais aussi le poids de ce qu’est une vie d’enfant dans un tel pays. Superstition et vaudou ou crimes crapuleux ? La réponse se trouve entre les murs de « La Tombe joyeuse ».

  • Annesophiebooks (Les lectures d’Anne-Sophie) 10 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Une chose avant tout : pour apprécier De Soleil et De Sang à sa juste valeur (et il en a !), ne le commencez pas en pensant lire une deuxième version des Refuges.
    .
    Oui, celui de l’année dernière était excellentissime. Oui, ça a été un des meilleurs thrillers de 2019. Aucun doute là-dessus.
    .
    Mais, comme à son habitude, Jérôme Loubry nous propose cette année un nouveau roman totalement différent des précédents.
    .
    Les lieux, l’ambiance, l’enquête, le message, le rythme : tout est différent.
    Et c’est parfait comme ça.
    .
    Il n’y a pas 36 façons de faire un bon thriller, et pourtant, l’auteur est parvenu, avec ses 4 thrillers, à nous proposer 4 histoires totalement différentes, en changeant à chaque fois absolument tout par rapport au roman précédent.
    Ça s’appelle le talent, tout simplement.
    .
    Si tout change à chaque histoire, certains aspects, eux, sont récurrents et sont un peu la « marque » de l’auteur : les enfants, les traumatismes violents, les conséquences sur des périodes plus ou moins longues et sur un certain nombre de protagonistes, et, toujours, ce monstre, tapi, qui nous rappelle les pires contes de notre enfance...
    .
    Ce tout nouveau thriller présente donc lui aussi une intrigue passionnante, servie par des recherches poussées, et une multi temporalité toujours aussi efficace.
    .
    Jérôme Loubry parvient chaque année à nous surprendre, toujours différent et pourtant toujours fidèle à ses thèmes favoris.
    Grâce à une imagination débordante.
    .
    Et, si cette année il parvient à nous interpeller encore plus que d’habitude, c’est parce qu’il arrive cette fois à faire fusionner une trame diabolique et des évènements réels traumatisants.
    .
    Un rythme dingue, une histoire folle, des personnages troublants et des cauchemars assurés sont à portée de page, juste là...
    .
    Alors, oui, il faut découvrir ce nouveau thriller, aucun doute. Tout en gardant l’esprit ouvert, et surtout entièrement vierge des précédents.
    Pour en apprécier toutes ses qualités .
    Pour se laisser porter.
    Pour se laisser immerger.
    Pour le laisser nous faire frissonner.
    Et pour pouvoir pleinement le savourer.
    En attendant impatiemment l’année prochaine...
    .
    Dépêchez-vous, vous ne le regretterez pas !

  • calyenol 9 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Bonjour vous !
    .
    .
    Je viens aujourd’hui vous donner mon ressenti sur Dᴱ sᴼᴸᴱᴵᴸ ᴱᵀ ᴰᴱ sᴬᴺᴳ de Jérôme Loubry chez Calmann-Levy
    .
    .
    Haïti,Simon inspecteur en chef se voit confronté avec Manus,son coéquipier, à des crimes où les corps mutilés font penser à des crimes vaudous...sur chaque scène de crime,un petit cercueil en papier y est placé.
    L’enquête va les mener à la Tombe Joyeuse,un orphelinat fermé depuis près de vingt ans.
    .
    .
    "Nous devenons ces statues qui nous effrayaient tant... Immobiles,silencieux,comme figés dans une réalité à laquelle nous ne souhaitons pas appartenir."
    .
    .
    Deuxième livre de l’auteur que je lis et si j’avais adoré Le douzième chapitre,il en est de même pour Dᴱ sᴼᴸᴱᴵᴸ ᴱᵀ ᴰᴱ sᴬᴺᴳ .
    L’auteur nous balade entre Haïti et Paris,entre les années 80 et 2000,et si au départ on ne fait pas le lien,tout devient vite clair car tout se rejoint "là où tout à commencé".
    Si l’intrigue est prenante,il m’a tout de même manqué un peu plus de vaudou ou plutôt un peu plus d’angoisse lié à cette croyance et pratique.
    Oserai-je dire que j’aurais voulu un peu plus de spectacle
    ...le petit truc qui perturbe qui stresse...vous voyez ?!
    Mis à par ça,je me suis laissée prendre par l’ambiance sombre et sa porte rouge.
    Je me suis attachée aux six dont la vie n’a pas été joyeuse avant ni après...ils ont été, pour moi,le socle parfait de l’histoire.
    J’ai eu envie de leur tenir la main.
    J’ai aimé rencontrer Méline, Rachelle et Vincent,trio indispensable également.
    Ces crimes barbares m’ont fait mener l’enquête en naviguant de Pétion Ville à la Cité Soleil sans me rendre compte que j’arrivais au point final.Je me suis dit "Non,pas déjà"
    Et pourtant,tous les bons livres ont une fin !
    Jérôme Loubry a une écriture fluide,sans longueurs,sans chichis...il a su me captiver dans un Haïti que je ne connais pas et dont j’ai pris plaisir au voyage.
    Dᴱ sᴼᴸᴱᴵᴸ ᴱᵀ ᴰᴱ sᴬᴺᴳ est un livre assez intense et addictif que j’ai adoré du début à la fin.

  • Aude Lagandré 8 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Que savez-vous de l’histoire d’Haïti en 1984 ? En 2010 ? Si ce n’est ce séisme terrible qui s’est abattu sur le pays le 12 janvier de cette année-là ? Peut-être comme moi, pas grand-chose. À peine, le situer sur une carte, rien sur les évènements historiques, les problématiques ou encore les enjeux. Le prétexte du thriller est souvent un excellent moyen d’éclairer les consciences et d’aborder des sujets méconnus. Pour son quatrième roman, Jérôme Loubry nous entraîne donc en Haïti, entre Port-au-Prince, la partie riche du pays et Piéton-Ville, un quartier où règne misère, crasse et damnation. En cette période trouble où tout voyage est compliqué, voir interdit, il est très agréable de pouvoir s’évader vers des contrées lointaines, a fortiori celles où jamais l’on n’avait prévu de se rendre tant elles ne font pas partie des destinations idylliques que l’on rêve de visiter avant de mourir. ( c’est gai cette entrée en matière !)

    De Haïti « comme un pays de soleil et de sang, comme un ogre affamé de ses propres enfants », je ne savais rien. J’ai donc fait des recherches parallèles à ma lecture pour m’immerger totalement dans la culture de ce pays à l’Histoire complexe et aux traditions singulières. En effet, le vaudou hante ce roman et permet une immersion totale dans le récit. « Cette religion faisait partie de l’intime. Elle coulait dans les veines de tous les habitants depuis des générations, depuis la création de cette terre de soleil par le sang, depuis le courage des premiers esclaves enivrés par le rythme lancinant des incantations et des tambours vaudous. »

    En 2009, Simon Bélage, flic de son état, travaille sur une enquête des plus effroyables : des corps suppliciés sont retrouvés accompagnés d’origami formant un cercueil. Dans ce pays où les traditions perdurent, des crimes vaudous sont rapidement évoqués provoquant la terreur. Le vaudou est une force puissante qui doit être respectée et avec laquelle il ne faut pas jouer. Simon Bélage, plus cartésien, ne croit pas franchement à ces mythes dont il a même tendance à un peu se moquer. Parallèlement, à Paris en 2005, Vincent fait la connaissance de Méline qui deviendra sa femme. Entre eux, une passion commune : « J’ai perdu mon Eurydice » chantée par Maria Callas. « Si je devais retenir un moment de notre rencontre, ce serait celui-ci. Nos deux silences. Notre immobilité. Ces promesses invisibles que l’on formula au fond de nos iris, bien à l’abri et préservées dans nos certitudes amoureuses. » Jérôme Loubry prend un malin plaisir à nous balader d’un pays à l’autre, faisant évoluer ces deux histoires jusqu’à ce qu’elles finissent par se rencontrer, une construction que j’affectionne tout particulièrement lorsque les deux histoires sont intelligemment menées comme c’est le cas ici.

    Quelle est donc la place accordée aux enfants d’Haïti dans ce roman ? Essentielle, puisque l’intrigue tourne autour « des six de la Tombe joyeuse », nom d’un orphelinat qui ne manque pas d’ironie ! Derrière ses portes, l’auteur vous réserve bien des surprises, à avoir les cheveux dressés sur la tête tant il est difficile d’imaginer le destin de ces enfants. Élevés dans le marché de la mendicité infantile, ils sont souvent vendus et placés dans des orphelinats tels que la Tombe joyeuse.

    Dans ce quatrième roman de Jérôme Loubry, il m’apparaît important de souligner certains points essentiels. D’abord, j’ai trouvé que son style d’écriture s’était considérablement étoffé, comme si la chaleur écrasante d’Haïti avait rejailli sur ses mots pour les rendre plus en phase avec leur environnement : chauds, moites, irrespirables et grouillants. Les descriptions de la ville, ou l’évocation des traditions sonnent extrêmement juste, quand elles ne sont pas empreintes d’une certaine poésie, chose plutôt rare dans un thriller. Ensuite, loin de se contenter de surfer sur des procédés littéraires ou des sujets qui ont fait son succès, l’écrivain a choisi une belle prise de risque, autant pour le sujet de son livre que par la manière dont il l’aborde. La manière justement dont il distille par exemple les informations de l’enquête est très bien dosée et fort à propos. Il ne « protège » pas non plus ses personnages comme on peut le voir trop souvent, ce que personnellement, je peux trouver assez agaçant parfois. Le suspense est parfaitement distillé : si ce n’est pas un thriller qui tabasse, avec de grosses scènes choc à vous coller la nausée, c’est pourtant une lecture que vous ne pouvez pas lâcher. Comme quoi, il n’est pas toujours nécessaire d’en mettre plein la vue !

    Les personnages, notamment les six enfants sont terriblement attachants. La ville d’Haïti est un personnage à part entière « un enfer babélique », « une putain qui engendre, délaisse puis revend son propre futur. » La mambo est un magnifique personnage de femme qui effraie autant qu’elle materne, j’ai trouvé que l’auteur avait eu une très belle idée de mettre en lumière cette femme qui incarne les traditions, mais aussi une certaine forme de révolte face au destin des enfants, produits dotés d’une « marge aussi conséquente. » Cette prêtresse longe bien une « frontière entre deux mondes », elle fait le lien entre réalité cruelle et traditions ancestrales. Au-delà du mysticisme généré par ces traditions, le mythe d’Orphée et d’Eurydice est un choix narratif judicieux qui ajoute une dimension d’exaltation au texte, de quoi asseoir une atmosphère définitivement fiévreuse et brûlante.

    Jérôme Loubry parvient encore une fois à nous maintenir sous sa coupe, embarqués dans un « ailleurs » où se mêlent réalités sociales, corruption, trafics d’enfants et traditions ancestrales. Il a décidément tous les talents !

    Je remercie les éditions Calmann-Lévy de leur confiance.

  • universpolars 8 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    A mes yeux, l’évolution de la qualité des bouquins de Jérôme Loubry est allée crescendo vers le meilleur, notamment au niveau de l’écriture, de la maitrise du rythme ou encore de la finesse de l’intrigue. La trame de « Les refuges » m’avait carrément déstabilisé. Tout cela pour en arriver au constat suivant : la barre est toujours plus haute !

    L’auteur a-t-il réussi à me bousculer aussi violemment que dans son précédent roman ? La réponse est non. L’intrigue qu’il déroule dans « Les refuges » est pour moi, jusqu’à présent, inégalable. Par contre, la maîtrise de l’écriture de ce récit ainsi que sa profondeur - sa noirceur ! - sont des aspects qui m’ont heurté et touché.

    Haïti. Un pays où une masse importante de pauvres tentent de survivre dans un effroyable bourbier, alors que quelques riches, dans les beaux quartiers, profitent du système pour vivre dans l’opulence. Constat aussi triste que réel ... Dans cet État qui chancèle encore sous les réminiscences d’une ancienne dictature familiale, c’est le crack davantage que la joie qui fait briller les yeux des enfants. C’est violent, désespérant.

    C’est pourtant dans un quartier de riches que la police va découvrir, à quelques jours d’intervalles, les cadavres de deux couples de blancs, sauvagement mutilés dans leur chambre à coucher. Simon Bélage, flic de 60 ans, encore mystérieusement pétri d’idéaux en dépit de la corruption, va saisir cette affaire d’assassinats à bras le corps.

    Les enfants, justement, vont être à l’honneur dans ce récit. L’honneur d’être les victimes d’une abomination qui perdure dans ce pays depuis des lustres. Ici, tout se vend et tout s’achète : l’Etat, la pauvreté et même les gosses, surtout les gosses !

    Entre graissages de pattes, abus de pouvoir et accords douteux, des orphelinats, aussi pourris que cruels, ont poussé comme de la mauvaise herbe sur cette île des Grandes Antilles.

    L’auteur nous imprègne de toute cette horreur liée à une civilisation désœuvrée, maudite et malchanceuse, avec un récit dur où rites et croyances vaudous se mêlent à la vengeance la plus froide.

    C’est en allant fouiller dans le passé que nous allons comprendre ce qui se passe aujourd’hui. Muni d’une pioche aux arêtes plutôt acérées, Jérôme Loubry va frapper avec rage contre la caillasse de cette île désespérante et creuser un trou bien profond d’où vont s’échapper des odeurs nauséabondes et dérangeantes. Il y a pas mal de probabilité que le passé revienne nous cogner dans la gueule lorsqu’on y a laissé des traces douteuses et indélébiles !

    Une « signature » propre à l’auteur, que j’avais pu observer dans « Les refuges » et que je retrouve ici, c’est le fait de laisser le lecteur se faire complètement absorber par un lieu aussi ambigu que troublant, qui nous rend immédiatement mal à l’aise. Ici, c’est un orphelinat qui jouera ce rôle déstabilisant, « La tombe joyeuse ».

    Autant vous dire que l’auteur écarte toutes les barrières qui nous séparent de l’horreur absolu. Notre monde, tellement infect et parfois malsain, nous donne carrément la nausée. Cette île, depuis laquelle nous aurons bien le temps d’observer et ressentir toute cette cruauté, est un puissant piège à ciel ouvert, regroupant les pulsions les plus viles !

    Tout s’achète, même l’impunité ! A lire.

    Bonne lecture.

  • livrement-ka 7 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry


    Méline et Vincent sont en couple depuis quelques temps. Alors que tout semble se passer correctement, une rencontre va bouleverser ce quotidien.

    Il faut dire que Méline traverse une période difficile tant au niveau personnel que professionnel.

    A plusieurs milliers de kilomètres de là, en Haïti, plusieurs crimes laissent à penser que le vaudou fait des siennes.

    Mais une photo va mettre tout le monde sur la piste et lier les destins de nombreux personnages.

     

     

    Alors que la rentrée littéraire bat son plein depuis quelques jours chez toutes les maisons d’éditions, c’est une foison de nouveautés qui nous est présentée.

    Le dernier livre de Jérôme Loubry étant encore dans ma mémoire, notamment avec son écriture simple et surtout ces pointes de mystique, c’est avec bonheur que je me suis plongée dans ce roman dès sa réception des éditions Calmann Lévy.

    Whaou....je suis encore sous le choc de cette lecture que j’ai adorée.

    Tout m’a plu : 

    - le style totalement fluide 

    - l’histoire originale à souhait et mêlant à l’intrigue les événements de 2010 (tremblements de terre) qui ont marqué tous les esprits.

    - la trame parfaitement construite

    - les personnages autant attachants que mystiques et ayant tous une part d’ombre.

    - et que dire de cette ambiance qui plane sur tout le livre...

    On se projette dans ces orphelinats où l’argent et le pouvoir est le nerf de la guerre. La corruption est présente et l’auteur ne cesse d’argumenter en ce sens présentant aux lecteurs un environnement malsain et surtout une emprise sur ces enfants issus de milieux plus que défavorisés.

    On navigue à vue entre d’une part la vie assez pépère de Méline et Vincent, et le quotidien totalement à l’opposé de ces milliers d’Haïtiens.

    Puis plusieurs petits détails auxquels je n’avais pas prêté attention au départ mais qui peu à peu permettent de comprendre toute l’intrigue et surtout de découvrir une partie de la vérité.

    L’auteur réussit à maintenir rythme et dynamisme dans son récit grâce à de nombreux dialogues et des chapitres brefs.

    Il n’y a vraiment rien à reprocher à la plume de l’auteur qui est suffisamment acérée pour rendre en quelques mots ou quelques phrases un sentiment de crainte. 

    On passe de l’année 1984 à 2010 sans aucune difficulté . Le tout qui va peu à peu s’entremêler, faisant de ce livre un véritable page turner.

    La parole est également laissée aux enfants, victimes malheureuses dans ce thriller aux allures de cauchemars.

    Je vous conseille bien évidemment cette lecture qui est un véritable coup de coeur .

     

    Belle lecture ! 

     

  • Sangpages 7 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Jerôme s’avérait, dès le début, plus que prometteur. Un premier livre brillant, puis un deuxième excellent et une 3ème absolument ébouriffant...
    Que dire de ce 4ème ? 
    L’intrigue est, certes, moins alambiquée que celle des refuges, simplement parce que ce récit est totalement différent. Bien au-delà du thriller, il place les projecteurs sur notre monde, sur des faits avérés puisque cette histoire, bien que née de son imaginaire, pourrait tout simplement être une histoire vraie et c’est bien ce qui la rend plus terrible. L’intrigue devient alors secondaire et la tournure sociale prend place pour nous démontrer qu’il est un véritable caméléon.

    L’auteur nous parle d’Haïti, un pays où l’on vend un enfant comme une miche de pain, où la misère est telle que les valeurs disparaissent. Il nous parle de sa politique, de ses dirigeants véreux, dont le nom de certains restent ancrés dans toutes les mémoires. Il nous parle de ses habitants, du sort des enfants et de la différence, de ses traditions et bien sûr du Vaudou qui habite chaque recoin de cette île mystérieuse.

    D’ailleurs, si par hasard, tu venais à douter du modus operandi utilisé dans la trame, si tu crois que c’est un délire de l’auteur, et bien je peux t’assurer que Jerôme n’a rien fumé...
    C’est véridique puisque cette poudre, je la connais fort bien pour avoir suivi les différents travaux internationaux, lorsque je travaillais à l’institut de médecine légale de Lausanne. Je l’ai vue de mes propres yeux, ainsi que les résultats de ce qu’elle contenait. Et pour la petite histoire, Clairvius Narcisse aurait même la marque des clous de cercueil sur sa peau. Si tu veux en savoir plus, penche-toi sur les travaux de l’anthropologue Wade Davis, c’est saisissant !

    Non seulement il nous offre un récit bouleversant et douloureux, mais nous démontre que sa plume est aussi évolutive. Je l’ai trouvée plus acérée, plus percutante, plus subtile, plus soutenue. Une plume qu’il manie définitivement comme une épée qu’il pointe sous ta gorge, en te susurrant "Touché".
    Il faut dire que le cliffhanger est capital dans un polar/roman noir. C’est ce petit truc en fin de chapitre qui te tient suspendu pour te pousser à continuer, mû d’un insatiable besoin d’en savoir plus. C’est donc largement utilisé, mais rarement aussi bien. Ses fins de chapitres ultra-courts d’ailleurs, ne te tiennent pas juste suspendu, ils te transforment en camé en phase de manque aigüe et vu que tu vas osciller entre la France et Haïti à différentes époques, je te dis pas dans quel état tu vas te retrouver pour avoir la suite...

    Et puis, il y a l’atmosphère. Omniprésente, pesante par moment. Loubry a cet art de matérialiser les lieux comme peu en sont capables. Ils prennent vie, ils sont là, devant toi avec leurs images et leurs odeurs et ça c’est magique !

    Bref, tu l’as compris, c’est un énorme coup de cœur pour moi et je n’ai rien d’autre à ajouter pour te convaincre, si ce n’est que ce roman n’a pas seulement sa place dans les rayons polars boudés par beaucoup. Il devrait se trouver dans tous les rayons : de la littérature générale à ceux du récit, mais quoi qu’il en soit, il prouve à ceux qui en douteraient que la littérature noire est le meilleur vecteur pour dénoncer !

    Au-delà du réel se trouve parfois la fiction !

  • valmyvoyou lit 5 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Décembre 2009, des crimes atroces sont commis dans les quartiers chics de Piéton-Ville, à Haïti. La mise en scène évoque des crimes vaudous, d’autant plus que des cercueils en origami sont retrouvés à côté des corps. Les victimes ont été droguées avec une substance, appelée, communément, drogue du zombi. L’inspecteur Simon Bélage réfute l’existence du vaudou, qui est une des religions officielles de Haïti. Il sait quel mal peut être commis au nom de ces croyances qui ont détruit son enfance et lui ont pris sa mère.

    Alors que ses supérieurs lui demandent de trouver un coupable, quitte à le créer de toutes pièces, selon certaines pratiques du pays, Simon découvre une photo qui le met sur la piste de « la Tombe joyeuse », un orphelinat qui a fermé après un drame, en 1984. Cette année-là, six enfants ont intégré l’établissement. Comme de nombreux enfants haïtiens, ils avaient été enlevés pour alimenter le business très rentable de l’adoption internationale. Ces six enfants présentaient un intérêt supplémentaire pour ceux qui les ont kidnappés : leur différence, celle qui leur a fait franchir le seuil de la porte rouge…

    En France, Méline et Vincent s’aiment. Ils se sont rencontrés en 2005 et se sont mariés en 2008. Mais en 2009, la jeune femme affronte la perte de ses deux parents. le deuil est difficile. Heureusement, elle est soutenue par son époux et par son amie Sybille. Comme beaucoup d’entre nous, le couple n’a pas connaissance des trafics d’enfants et de la corruption qui gangrènent l’île de Haïti.

    De soleil et de sang comporte trois espaces temporels, deux pays et un personnage central : Haïti. Les meurtres se produisent quelques jours avant le séisme du 12 janvier 2010, qui a tué plus de deux cent quatre-vingt mille personnes et le décompte se fait à rebours, à partir de cette date. Cette catastrophe, qui a ému le monde entier, est le point d’intersection entre l’oeuvre de fiction qui prend fin et la réalité qui est, hélas, toujours d’actualité. Comme la qualifie Jérôme Loubry, avant de commencer son récit, c’est la plus tragique. Ce sont ces drames humains que l’auteur nous confie. Il réveille nos consciences en décrivant l’exploitation des enfants, les trafics autour des adoptions, dans un pays dans lequel 90 % des orphelinats sont illégaux et non-contrôlés, où des petits sont enlevés ou achetés à leurs parents trop pauvres pour les élever, permettant à certaines personnes véreuses de s’enrichir en les vendant à des adoptants en mal d’enfants. Il écrit, également, de quelle manière, la dictature menée par Duvalier et celle des gangs de rues ont permis à la corruption d’émerger, dans tous les domaines, touchant même l’humanitaire.

    Quel lien relie les corps atrocement mutilés à l’orphelinat qui a cessé d’exister en 1984 ?

    J’ai adoré ce livre dans lequel la folie des hommes s’exprime à travers le « triptyque soleil-sang-vaudou », dans une atmosphère oppressante, celle des enfers de Haïti. « Ils se situent à la frontière de l’acceptable et de l’impossible. Sur cette île, les hommes vacillent constamment entre ces deux notions. Pour certains, le vaudou explique l’impossible et le rend acceptable. » (p. 289). Ce qui fait mal est que la souffrance des enfants, décrite par Jérôme Loubry, est véridique.

  • Kirzy 3 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    J’aime quand les polars nous offrent un dépaysement total. de Soleil et de sang le fait avec brio, créant immédiatement une ambiance poisseuse et sourde. Haïti est une une toile de fond idéale pour un thriller et Jérôme Loubry rend immédiatement palpable la déréliction et la dépravation anarchique qui règnent dans cette île : misère, inégalités sociales entre le quartier riche de Pétion-Ville et celui complètement abandonné aux gangs de la Cité-Soleil, corruption généralisée depuis les Tontons macoutes du président Papa Doc.

    A partir de ce matériau potentiellement très riche, Jérôme Loubry déploie tout son talent de conteur dans un scénario très intelligemment mené autour de deux arcs narratifs : 2010, quelques jours avant le terrible séisme du 12 janvier, pour une sombre histoire de crimes odieux empreints de magie vaudou commis sur de riches Haïtiens ; 1984 autour des Six, bande d’orphelins enlevés, tous enfants à « défaut » ( aveugle, bègue, jumeaux marassa soit-disant porteurs de malheurs etc ), tous très attachants ; comme il se doit, leur histoire tragique est relié aux meurtres de 2010 ....

    Le tempo monte crescendo, les coups de théâtre arrivant pile au moment où il faut pour happer le lecteur et le surprendre. Et au-delà de sa construction très convaincante, l’auteur parvient à distiller une émotion très forte lorsqu’il parle de ces enfances abusés dans ces orphelinats clandestins, véritables plateformes de trafics en tout genre, contrebandes et blanchiment. Si ce thriller ne révolutionne pas le genre, il est empreint d’une sensibilité toute humaniste qui touche droit au coeur. Une réussite.

  • L’atelier de Litote 25 septembre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    L’action de ce roman se situe principalement à Haïti, avec plusieurs temporalités allant de 1984 à nos jours, en passant par la date du 12 janvier 2010 où un terrible séisme a tué des milliers de personnes sans épargner les enfants. L’auteur possède un véritable talent pour nous parler de l’enfance, de l’enfance abusée, maltraitée. Nous allons avec ce thriller noir, suivre l’enquête avec l’inspecteur Simon Belage et son adjoint Manus. On assiste à une série de meurtres dont le rituel n’est pas sans rappeler celui du vaudou encore très présent dans l’île. Le pays tout entier est corrompu, la pauvreté frappe d’autant plus fort les enfants. Simon lutte pour ne pas sombrer sous le poids des traditions dont il veut se libérer. Un thriller qui pourrait entrer dans la case des ethnos-thrillers mais se serait réducteur car au delà d’Haïti c’est bien la noirceur de l’être humain qu’on peut observer. Il y règne une atmosphère étouffante et dépravé, Port-au-Prince se révèle une ogresse dévorante, l’ombre de la dictature des Duvalier plane encore, le pouvoir perverti n’épargne pas les plus faibles. Le style de l’auteur nous emporte dans cette triste réalité. Les descriptions des rues, des maisons, des personnages comme « la prêtresse mamba » viennent donner de la force au récit. Lorsqu’il fait parler les enfants de la « Tombe joyeuse » c’est à la fois poignant et révoltant. J’ai trouvé se thriller excellent justement parce qu’il est profondément ancré dans la réalité aussi pénible qu’elle puisse être. La tension atteint des points culminants alors que ses personnages les plus forts ne sont pas épargnés. Chacun de ses différents romans avaient un cadre bien différent mais la place faite aux enfants reste prégnante. De soleil et de sang se révèle aussi sombre qu’étincelant et donne au lecteur matière à réflexion. Bonne lecture.

  • bonne_heure_litteraire 23 septembre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Départ pour Haïti peu de temps avant le seïsme où des couples sont retrouvés morts dans d’atroces circonstances qui laissent présager des meurtres vaudou, religion très présente la bas.
    .
    Une enquête est lancée par Simon Bélage, inspecteur de police qui devra tenter de résoudre cette affaire malgré ses propres démons et un pays gangréné par la corruption... une enquête qui le mènera jusqu’a un orphelinat fermé en 1984, qui cache sûrement plus de chose que l’ont veut bien le croire...
    .
    Une fois de plus ce dernier roman de Jérôme Loubry est une réussite ! Toujours cette plume envoûtante, addictive qui vous prend dès les premières pages ! J’ai tenté de me modérer, de le lire tranquillement, de faire durer le plaisir et le fait d’avoir repris le travail m’a permis de prendre le temps de le savourer.
    .
    Voilà un auteur qui sait pimenter ses romans, vous surprendre et distiller la juste dose de rebondissements pour en faire de vrais best sellers !

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