Club Sang

Profitez de toutes nos fonctionnalités et bénéficiez de nos OFFRES EXCLUSIVES en vous inscrivant au CLUB.

JE REJOINS LE CLUB SANG

De soleil et de sang - Jérôme Loubry

Club Sang

Inscrivez-vous ou connectez-vous pour pouvoir participer au Club !

11 #AvisPolar
2 enquêteurs
l'ont vu/lu
0 enquêteur
Veut la voir/lire

Résumé :

Dans ce quartier chic de Port-au-Prince s’élèvent de belles demeures de pierre entourées de palmiers, de flamboyants et d’arbres orchidées. C’est là que, pour la deuxième fois en une semaine, un couple est retrouvé assassiné dans sa chambre. Deux corps mutilés gisant au pied du lit conjugal. La presse titre déjà sur une série de « crimes vaudous ».
Pourtant l’inspecteur Simon Bélage refuse de tomber dans la superstition. Sur cette île, la corruption et le trafic d’enfants font plus de ravages que le terrible Baron Samedi, le dieu des morts. Simon sait avec certitude que ces crimes sont l’oeuvre d’un être de chair et de sang. Et tous les indices convergent vers un orphelinat fermé depuis près de vingt ans, surnommé la « Tombe joyeuse ».
Mais Simon devrait prendre garde. En Haïti, ignorer les avertissements des esprits, qu’ils soient vrais ou faux, peut se révéler dangereux…

« Un thriller atmosphérique ! Laissez-vous guider par Jérôme Loubry pour un voyage en enfer... »
Jérôme Toledano, Librairie Les Cyclades

L'œuvre vous intéresse ? Achetez-la chez nos partenaires !

En librairie

  • Acheter sur LesLibraires.fr
  • Acheter sur Emaginaire
  • Acheter sur Cultura
  • Acheter sur Rakuten

Vos #AvisPolar

  • bonne_heure_litteraire 23 septembre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Départ pour Haïti peu de temps avant le seïsme où des couples sont retrouvés morts dans d’atroces circonstances qui laissent présager des meurtres vaudou, religion très présente la bas.
    .
    Une enquête est lancée par Simon Bélage, inspecteur de police qui devra tenter de résoudre cette affaire malgré ses propres démons et un pays gangréné par la corruption... une enquête qui le mènera jusqu’a un orphelinat fermé en 1984, qui cache sûrement plus de chose que l’ont veut bien le croire...
    .
    Une fois de plus ce dernier roman de Jérôme Loubry est une réussite ! Toujours cette plume envoûtante, addictive qui vous prend dès les premières pages ! J’ai tenté de me modérer, de le lire tranquillement, de faire durer le plaisir et le fait d’avoir repris le travail m’a permis de prendre le temps de le savourer.
    .
    Voilà un auteur qui sait pimenter ses romans, vous surprendre et distiller la juste dose de rebondissements pour en faire de vrais best sellers !

  • L’atelier de Litote 25 septembre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    L’action de ce roman se situe principalement à Haïti, avec plusieurs temporalités allant de 1984 à nos jours, en passant par la date du 12 janvier 2010 où un terrible séisme a tué des milliers de personnes sans épargner les enfants. L’auteur possède un véritable talent pour nous parler de l’enfance, de l’enfance abusée, maltraitée. Nous allons avec ce thriller noir, suivre l’enquête avec l’inspecteur Simon Belage et son adjoint Manus. On assiste à une série de meurtres dont le rituel n’est pas sans rappeler celui du vaudou encore très présent dans l’île. Le pays tout entier est corrompu, la pauvreté frappe d’autant plus fort les enfants. Simon lutte pour ne pas sombrer sous le poids des traditions dont il veut se libérer. Un thriller qui pourrait entrer dans la case des ethnos-thrillers mais se serait réducteur car au delà d’Haïti c’est bien la noirceur de l’être humain qu’on peut observer. Il y règne une atmosphère étouffante et dépravé, Port-au-Prince se révèle une ogresse dévorante, l’ombre de la dictature des Duvalier plane encore, le pouvoir perverti n’épargne pas les plus faibles. Le style de l’auteur nous emporte dans cette triste réalité. Les descriptions des rues, des maisons, des personnages comme « la prêtresse mamba » viennent donner de la force au récit. Lorsqu’il fait parler les enfants de la « Tombe joyeuse » c’est à la fois poignant et révoltant. J’ai trouvé se thriller excellent justement parce qu’il est profondément ancré dans la réalité aussi pénible qu’elle puisse être. La tension atteint des points culminants alors que ses personnages les plus forts ne sont pas épargnés. Chacun de ses différents romans avaient un cadre bien différent mais la place faite aux enfants reste prégnante. De soleil et de sang se révèle aussi sombre qu’étincelant et donne au lecteur matière à réflexion. Bonne lecture.

  • Kirzy 3 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    J’aime quand les polars nous offrent un dépaysement total. de Soleil et de sang le fait avec brio, créant immédiatement une ambiance poisseuse et sourde. Haïti est une une toile de fond idéale pour un thriller et Jérôme Loubry rend immédiatement palpable la déréliction et la dépravation anarchique qui règnent dans cette île : misère, inégalités sociales entre le quartier riche de Pétion-Ville et celui complètement abandonné aux gangs de la Cité-Soleil, corruption généralisée depuis les Tontons macoutes du président Papa Doc.

    A partir de ce matériau potentiellement très riche, Jérôme Loubry déploie tout son talent de conteur dans un scénario très intelligemment mené autour de deux arcs narratifs : 2010, quelques jours avant le terrible séisme du 12 janvier, pour une sombre histoire de crimes odieux empreints de magie vaudou commis sur de riches Haïtiens ; 1984 autour des Six, bande d’orphelins enlevés, tous enfants à « défaut » ( aveugle, bègue, jumeaux marassa soit-disant porteurs de malheurs etc ), tous très attachants ; comme il se doit, leur histoire tragique est relié aux meurtres de 2010 ....

    Le tempo monte crescendo, les coups de théâtre arrivant pile au moment où il faut pour happer le lecteur et le surprendre. Et au-delà de sa construction très convaincante, l’auteur parvient à distiller une émotion très forte lorsqu’il parle de ces enfances abusés dans ces orphelinats clandestins, véritables plateformes de trafics en tout genre, contrebandes et blanchiment. Si ce thriller ne révolutionne pas le genre, il est empreint d’une sensibilité toute humaniste qui touche droit au coeur. Une réussite.

  • valmyvoyou lit 5 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Décembre 2009, des crimes atroces sont commis dans les quartiers chics de Piéton-Ville, à Haïti. La mise en scène évoque des crimes vaudous, d’autant plus que des cercueils en origami sont retrouvés à côté des corps. Les victimes ont été droguées avec une substance, appelée, communément, drogue du zombi. L’inspecteur Simon Bélage réfute l’existence du vaudou, qui est une des religions officielles de Haïti. Il sait quel mal peut être commis au nom de ces croyances qui ont détruit son enfance et lui ont pris sa mère.

    Alors que ses supérieurs lui demandent de trouver un coupable, quitte à le créer de toutes pièces, selon certaines pratiques du pays, Simon découvre une photo qui le met sur la piste de « la Tombe joyeuse », un orphelinat qui a fermé après un drame, en 1984. Cette année-là, six enfants ont intégré l’établissement. Comme de nombreux enfants haïtiens, ils avaient été enlevés pour alimenter le business très rentable de l’adoption internationale. Ces six enfants présentaient un intérêt supplémentaire pour ceux qui les ont kidnappés : leur différence, celle qui leur a fait franchir le seuil de la porte rouge…

    En France, Méline et Vincent s’aiment. Ils se sont rencontrés en 2005 et se sont mariés en 2008. Mais en 2009, la jeune femme affronte la perte de ses deux parents. le deuil est difficile. Heureusement, elle est soutenue par son époux et par son amie Sybille. Comme beaucoup d’entre nous, le couple n’a pas connaissance des trafics d’enfants et de la corruption qui gangrènent l’île de Haïti.

    De soleil et de sang comporte trois espaces temporels, deux pays et un personnage central : Haïti. Les meurtres se produisent quelques jours avant le séisme du 12 janvier 2010, qui a tué plus de deux cent quatre-vingt mille personnes et le décompte se fait à rebours, à partir de cette date. Cette catastrophe, qui a ému le monde entier, est le point d’intersection entre l’oeuvre de fiction qui prend fin et la réalité qui est, hélas, toujours d’actualité. Comme la qualifie Jérôme Loubry, avant de commencer son récit, c’est la plus tragique. Ce sont ces drames humains que l’auteur nous confie. Il réveille nos consciences en décrivant l’exploitation des enfants, les trafics autour des adoptions, dans un pays dans lequel 90 % des orphelinats sont illégaux et non-contrôlés, où des petits sont enlevés ou achetés à leurs parents trop pauvres pour les élever, permettant à certaines personnes véreuses de s’enrichir en les vendant à des adoptants en mal d’enfants. Il écrit, également, de quelle manière, la dictature menée par Duvalier et celle des gangs de rues ont permis à la corruption d’émerger, dans tous les domaines, touchant même l’humanitaire.

    Quel lien relie les corps atrocement mutilés à l’orphelinat qui a cessé d’exister en 1984 ?

    J’ai adoré ce livre dans lequel la folie des hommes s’exprime à travers le « triptyque soleil-sang-vaudou », dans une atmosphère oppressante, celle des enfers de Haïti. « Ils se situent à la frontière de l’acceptable et de l’impossible. Sur cette île, les hommes vacillent constamment entre ces deux notions. Pour certains, le vaudou explique l’impossible et le rend acceptable. » (p. 289). Ce qui fait mal est que la souffrance des enfants, décrite par Jérôme Loubry, est véridique.

  • Sangpages 7 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Jerôme s’avérait, dès le début, plus que prometteur. Un premier livre brillant, puis un deuxième excellent et une 3ème absolument ébouriffant...
    Que dire de ce 4ème ? 
    L’intrigue est, certes, moins alambiquée que celle des refuges, simplement parce que ce récit est totalement différent. Bien au-delà du thriller, il place les projecteurs sur notre monde, sur des faits avérés puisque cette histoire, bien que née de son imaginaire, pourrait tout simplement être une histoire vraie et c’est bien ce qui la rend plus terrible. L’intrigue devient alors secondaire et la tournure sociale prend place pour nous démontrer qu’il est un véritable caméléon.

    L’auteur nous parle d’Haïti, un pays où l’on vend un enfant comme une miche de pain, où la misère est telle que les valeurs disparaissent. Il nous parle de sa politique, de ses dirigeants véreux, dont le nom de certains restent ancrés dans toutes les mémoires. Il nous parle de ses habitants, du sort des enfants et de la différence, de ses traditions et bien sûr du Vaudou qui habite chaque recoin de cette île mystérieuse.

    D’ailleurs, si par hasard, tu venais à douter du modus operandi utilisé dans la trame, si tu crois que c’est un délire de l’auteur, et bien je peux t’assurer que Jerôme n’a rien fumé...
    C’est véridique puisque cette poudre, je la connais fort bien pour avoir suivi les différents travaux internationaux, lorsque je travaillais à l’institut de médecine légale de Lausanne. Je l’ai vue de mes propres yeux, ainsi que les résultats de ce qu’elle contenait. Et pour la petite histoire, Clairvius Narcisse aurait même la marque des clous de cercueil sur sa peau. Si tu veux en savoir plus, penche-toi sur les travaux de l’anthropologue Wade Davis, c’est saisissant !

    Non seulement il nous offre un récit bouleversant et douloureux, mais nous démontre que sa plume est aussi évolutive. Je l’ai trouvée plus acérée, plus percutante, plus subtile, plus soutenue. Une plume qu’il manie définitivement comme une épée qu’il pointe sous ta gorge, en te susurrant "Touché".
    Il faut dire que le cliffhanger est capital dans un polar/roman noir. C’est ce petit truc en fin de chapitre qui te tient suspendu pour te pousser à continuer, mû d’un insatiable besoin d’en savoir plus. C’est donc largement utilisé, mais rarement aussi bien. Ses fins de chapitres ultra-courts d’ailleurs, ne te tiennent pas juste suspendu, ils te transforment en camé en phase de manque aigüe et vu que tu vas osciller entre la France et Haïti à différentes époques, je te dis pas dans quel état tu vas te retrouver pour avoir la suite...

    Et puis, il y a l’atmosphère. Omniprésente, pesante par moment. Loubry a cet art de matérialiser les lieux comme peu en sont capables. Ils prennent vie, ils sont là, devant toi avec leurs images et leurs odeurs et ça c’est magique !

    Bref, tu l’as compris, c’est un énorme coup de cœur pour moi et je n’ai rien d’autre à ajouter pour te convaincre, si ce n’est que ce roman n’a pas seulement sa place dans les rayons polars boudés par beaucoup. Il devrait se trouver dans tous les rayons : de la littérature générale à ceux du récit, mais quoi qu’il en soit, il prouve à ceux qui en douteraient que la littérature noire est le meilleur vecteur pour dénoncer !

    Au-delà du réel se trouve parfois la fiction !

  • livrement-ka 7 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry


    Méline et Vincent sont en couple depuis quelques temps. Alors que tout semble se passer correctement, une rencontre va bouleverser ce quotidien.

    Il faut dire que Méline traverse une période difficile tant au niveau personnel que professionnel.

    A plusieurs milliers de kilomètres de là, en Haïti, plusieurs crimes laissent à penser que le vaudou fait des siennes.

    Mais une photo va mettre tout le monde sur la piste et lier les destins de nombreux personnages.

     

     

    Alors que la rentrée littéraire bat son plein depuis quelques jours chez toutes les maisons d’éditions, c’est une foison de nouveautés qui nous est présentée.

    Le dernier livre de Jérôme Loubry étant encore dans ma mémoire, notamment avec son écriture simple et surtout ces pointes de mystique, c’est avec bonheur que je me suis plongée dans ce roman dès sa réception des éditions Calmann Lévy.

    Whaou....je suis encore sous le choc de cette lecture que j’ai adorée.

    Tout m’a plu : 

    - le style totalement fluide 

    - l’histoire originale à souhait et mêlant à l’intrigue les événements de 2010 (tremblements de terre) qui ont marqué tous les esprits.

    - la trame parfaitement construite

    - les personnages autant attachants que mystiques et ayant tous une part d’ombre.

    - et que dire de cette ambiance qui plane sur tout le livre...

    On se projette dans ces orphelinats où l’argent et le pouvoir est le nerf de la guerre. La corruption est présente et l’auteur ne cesse d’argumenter en ce sens présentant aux lecteurs un environnement malsain et surtout une emprise sur ces enfants issus de milieux plus que défavorisés.

    On navigue à vue entre d’une part la vie assez pépère de Méline et Vincent, et le quotidien totalement à l’opposé de ces milliers d’Haïtiens.

    Puis plusieurs petits détails auxquels je n’avais pas prêté attention au départ mais qui peu à peu permettent de comprendre toute l’intrigue et surtout de découvrir une partie de la vérité.

    L’auteur réussit à maintenir rythme et dynamisme dans son récit grâce à de nombreux dialogues et des chapitres brefs.

    Il n’y a vraiment rien à reprocher à la plume de l’auteur qui est suffisamment acérée pour rendre en quelques mots ou quelques phrases un sentiment de crainte. 

    On passe de l’année 1984 à 2010 sans aucune difficulté . Le tout qui va peu à peu s’entremêler, faisant de ce livre un véritable page turner.

    La parole est également laissée aux enfants, victimes malheureuses dans ce thriller aux allures de cauchemars.

    Je vous conseille bien évidemment cette lecture qui est un véritable coup de coeur .

     

    Belle lecture ! 

     

  • universpolars 8 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    A mes yeux, l’évolution de la qualité des bouquins de Jérôme Loubry est allée crescendo vers le meilleur, notamment au niveau de l’écriture, de la maitrise du rythme ou encore de la finesse de l’intrigue. La trame de « Les refuges » m’avait carrément déstabilisé. Tout cela pour en arriver au constat suivant : la barre est toujours plus haute !

    L’auteur a-t-il réussi à me bousculer aussi violemment que dans son précédent roman ? La réponse est non. L’intrigue qu’il déroule dans « Les refuges » est pour moi, jusqu’à présent, inégalable. Par contre, la maîtrise de l’écriture de ce récit ainsi que sa profondeur - sa noirceur ! - sont des aspects qui m’ont heurté et touché.

    Haïti. Un pays où une masse importante de pauvres tentent de survivre dans un effroyable bourbier, alors que quelques riches, dans les beaux quartiers, profitent du système pour vivre dans l’opulence. Constat aussi triste que réel ... Dans cet État qui chancèle encore sous les réminiscences d’une ancienne dictature familiale, c’est le crack davantage que la joie qui fait briller les yeux des enfants. C’est violent, désespérant.

    C’est pourtant dans un quartier de riches que la police va découvrir, à quelques jours d’intervalles, les cadavres de deux couples de blancs, sauvagement mutilés dans leur chambre à coucher. Simon Bélage, flic de 60 ans, encore mystérieusement pétri d’idéaux en dépit de la corruption, va saisir cette affaire d’assassinats à bras le corps.

    Les enfants, justement, vont être à l’honneur dans ce récit. L’honneur d’être les victimes d’une abomination qui perdure dans ce pays depuis des lustres. Ici, tout se vend et tout s’achète : l’Etat, la pauvreté et même les gosses, surtout les gosses !

    Entre graissages de pattes, abus de pouvoir et accords douteux, des orphelinats, aussi pourris que cruels, ont poussé comme de la mauvaise herbe sur cette île des Grandes Antilles.

    L’auteur nous imprègne de toute cette horreur liée à une civilisation désœuvrée, maudite et malchanceuse, avec un récit dur où rites et croyances vaudous se mêlent à la vengeance la plus froide.

    C’est en allant fouiller dans le passé que nous allons comprendre ce qui se passe aujourd’hui. Muni d’une pioche aux arêtes plutôt acérées, Jérôme Loubry va frapper avec rage contre la caillasse de cette île désespérante et creuser un trou bien profond d’où vont s’échapper des odeurs nauséabondes et dérangeantes. Il y a pas mal de probabilité que le passé revienne nous cogner dans la gueule lorsqu’on y a laissé des traces douteuses et indélébiles !

    Une « signature » propre à l’auteur, que j’avais pu observer dans « Les refuges » et que je retrouve ici, c’est le fait de laisser le lecteur se faire complètement absorber par un lieu aussi ambigu que troublant, qui nous rend immédiatement mal à l’aise. Ici, c’est un orphelinat qui jouera ce rôle déstabilisant, « La tombe joyeuse ».

    Autant vous dire que l’auteur écarte toutes les barrières qui nous séparent de l’horreur absolu. Notre monde, tellement infect et parfois malsain, nous donne carrément la nausée. Cette île, depuis laquelle nous aurons bien le temps d’observer et ressentir toute cette cruauté, est un puissant piège à ciel ouvert, regroupant les pulsions les plus viles !

    Tout s’achète, même l’impunité ! A lire.

    Bonne lecture.

  • Aude Lagandré 8 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Que savez-vous de l’histoire d’Haïti en 1984 ? En 2010 ? Si ce n’est ce séisme terrible qui s’est abattu sur le pays le 12 janvier de cette année-là ? Peut-être comme moi, pas grand-chose. À peine, le situer sur une carte, rien sur les évènements historiques, les problématiques ou encore les enjeux. Le prétexte du thriller est souvent un excellent moyen d’éclairer les consciences et d’aborder des sujets méconnus. Pour son quatrième roman, Jérôme Loubry nous entraîne donc en Haïti, entre Port-au-Prince, la partie riche du pays et Piéton-Ville, un quartier où règne misère, crasse et damnation. En cette période trouble où tout voyage est compliqué, voir interdit, il est très agréable de pouvoir s’évader vers des contrées lointaines, a fortiori celles où jamais l’on n’avait prévu de se rendre tant elles ne font pas partie des destinations idylliques que l’on rêve de visiter avant de mourir. ( c’est gai cette entrée en matière !)

    De Haïti « comme un pays de soleil et de sang, comme un ogre affamé de ses propres enfants », je ne savais rien. J’ai donc fait des recherches parallèles à ma lecture pour m’immerger totalement dans la culture de ce pays à l’Histoire complexe et aux traditions singulières. En effet, le vaudou hante ce roman et permet une immersion totale dans le récit. « Cette religion faisait partie de l’intime. Elle coulait dans les veines de tous les habitants depuis des générations, depuis la création de cette terre de soleil par le sang, depuis le courage des premiers esclaves enivrés par le rythme lancinant des incantations et des tambours vaudous. »

    En 2009, Simon Bélage, flic de son état, travaille sur une enquête des plus effroyables : des corps suppliciés sont retrouvés accompagnés d’origami formant un cercueil. Dans ce pays où les traditions perdurent, des crimes vaudous sont rapidement évoqués provoquant la terreur. Le vaudou est une force puissante qui doit être respectée et avec laquelle il ne faut pas jouer. Simon Bélage, plus cartésien, ne croit pas franchement à ces mythes dont il a même tendance à un peu se moquer. Parallèlement, à Paris en 2005, Vincent fait la connaissance de Méline qui deviendra sa femme. Entre eux, une passion commune : « J’ai perdu mon Eurydice » chantée par Maria Callas. « Si je devais retenir un moment de notre rencontre, ce serait celui-ci. Nos deux silences. Notre immobilité. Ces promesses invisibles que l’on formula au fond de nos iris, bien à l’abri et préservées dans nos certitudes amoureuses. » Jérôme Loubry prend un malin plaisir à nous balader d’un pays à l’autre, faisant évoluer ces deux histoires jusqu’à ce qu’elles finissent par se rencontrer, une construction que j’affectionne tout particulièrement lorsque les deux histoires sont intelligemment menées comme c’est le cas ici.

    Quelle est donc la place accordée aux enfants d’Haïti dans ce roman ? Essentielle, puisque l’intrigue tourne autour « des six de la Tombe joyeuse », nom d’un orphelinat qui ne manque pas d’ironie ! Derrière ses portes, l’auteur vous réserve bien des surprises, à avoir les cheveux dressés sur la tête tant il est difficile d’imaginer le destin de ces enfants. Élevés dans le marché de la mendicité infantile, ils sont souvent vendus et placés dans des orphelinats tels que la Tombe joyeuse.

    Dans ce quatrième roman de Jérôme Loubry, il m’apparaît important de souligner certains points essentiels. D’abord, j’ai trouvé que son style d’écriture s’était considérablement étoffé, comme si la chaleur écrasante d’Haïti avait rejailli sur ses mots pour les rendre plus en phase avec leur environnement : chauds, moites, irrespirables et grouillants. Les descriptions de la ville, ou l’évocation des traditions sonnent extrêmement juste, quand elles ne sont pas empreintes d’une certaine poésie, chose plutôt rare dans un thriller. Ensuite, loin de se contenter de surfer sur des procédés littéraires ou des sujets qui ont fait son succès, l’écrivain a choisi une belle prise de risque, autant pour le sujet de son livre que par la manière dont il l’aborde. La manière justement dont il distille par exemple les informations de l’enquête est très bien dosée et fort à propos. Il ne « protège » pas non plus ses personnages comme on peut le voir trop souvent, ce que personnellement, je peux trouver assez agaçant parfois. Le suspense est parfaitement distillé : si ce n’est pas un thriller qui tabasse, avec de grosses scènes choc à vous coller la nausée, c’est pourtant une lecture que vous ne pouvez pas lâcher. Comme quoi, il n’est pas toujours nécessaire d’en mettre plein la vue !

    Les personnages, notamment les six enfants sont terriblement attachants. La ville d’Haïti est un personnage à part entière « un enfer babélique », « une putain qui engendre, délaisse puis revend son propre futur. » La mambo est un magnifique personnage de femme qui effraie autant qu’elle materne, j’ai trouvé que l’auteur avait eu une très belle idée de mettre en lumière cette femme qui incarne les traditions, mais aussi une certaine forme de révolte face au destin des enfants, produits dotés d’une « marge aussi conséquente. » Cette prêtresse longe bien une « frontière entre deux mondes », elle fait le lien entre réalité cruelle et traditions ancestrales. Au-delà du mysticisme généré par ces traditions, le mythe d’Orphée et d’Eurydice est un choix narratif judicieux qui ajoute une dimension d’exaltation au texte, de quoi asseoir une atmosphère définitivement fiévreuse et brûlante.

    Jérôme Loubry parvient encore une fois à nous maintenir sous sa coupe, embarqués dans un « ailleurs » où se mêlent réalités sociales, corruption, trafics d’enfants et traditions ancestrales. Il a décidément tous les talents !

    Je remercie les éditions Calmann-Lévy de leur confiance.

  • calyenol 9 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Bonjour vous !
    .
    .
    Je viens aujourd’hui vous donner mon ressenti sur Dᴱ sᴼᴸᴱᴵᴸ ᴱᵀ ᴰᴱ sᴬᴺᴳ de Jérôme Loubry chez Calmann-Levy
    .
    .
    Haïti,Simon inspecteur en chef se voit confronté avec Manus,son coéquipier, à des crimes où les corps mutilés font penser à des crimes vaudous...sur chaque scène de crime,un petit cercueil en papier y est placé.
    L’enquête va les mener à la Tombe Joyeuse,un orphelinat fermé depuis près de vingt ans.
    .
    .
    "Nous devenons ces statues qui nous effrayaient tant... Immobiles,silencieux,comme figés dans une réalité à laquelle nous ne souhaitons pas appartenir."
    .
    .
    Deuxième livre de l’auteur que je lis et si j’avais adoré Le douzième chapitre,il en est de même pour Dᴱ sᴼᴸᴱᴵᴸ ᴱᵀ ᴰᴱ sᴬᴺᴳ .
    L’auteur nous balade entre Haïti et Paris,entre les années 80 et 2000,et si au départ on ne fait pas le lien,tout devient vite clair car tout se rejoint "là où tout à commencé".
    Si l’intrigue est prenante,il m’a tout de même manqué un peu plus de vaudou ou plutôt un peu plus d’angoisse lié à cette croyance et pratique.
    Oserai-je dire que j’aurais voulu un peu plus de spectacle
    ...le petit truc qui perturbe qui stresse...vous voyez ?!
    Mis à par ça,je me suis laissée prendre par l’ambiance sombre et sa porte rouge.
    Je me suis attachée aux six dont la vie n’a pas été joyeuse avant ni après...ils ont été, pour moi,le socle parfait de l’histoire.
    J’ai eu envie de leur tenir la main.
    J’ai aimé rencontrer Méline, Rachelle et Vincent,trio indispensable également.
    Ces crimes barbares m’ont fait mener l’enquête en naviguant de Pétion Ville à la Cité Soleil sans me rendre compte que j’arrivais au point final.Je me suis dit "Non,pas déjà"
    Et pourtant,tous les bons livres ont une fin !
    Jérôme Loubry a une écriture fluide,sans longueurs,sans chichis...il a su me captiver dans un Haïti que je ne connais pas et dont j’ai pris plaisir au voyage.
    Dᴱ sᴼᴸᴱᴵᴸ ᴱᵀ ᴰᴱ sᴬᴺᴳ est un livre assez intense et addictif que j’ai adoré du début à la fin.

  • Annesophiebooks (Les lectures d’Anne-Sophie) 10 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    Une chose avant tout : pour apprécier De Soleil et De Sang à sa juste valeur (et il en a !), ne le commencez pas en pensant lire une deuxième version des Refuges.
    .
    Oui, celui de l’année dernière était excellentissime. Oui, ça a été un des meilleurs thrillers de 2019. Aucun doute là-dessus.
    .
    Mais, comme à son habitude, Jérôme Loubry nous propose cette année un nouveau roman totalement différent des précédents.
    .
    Les lieux, l’ambiance, l’enquête, le message, le rythme : tout est différent.
    Et c’est parfait comme ça.
    .
    Il n’y a pas 36 façons de faire un bon thriller, et pourtant, l’auteur est parvenu, avec ses 4 thrillers, à nous proposer 4 histoires totalement différentes, en changeant à chaque fois absolument tout par rapport au roman précédent.
    Ça s’appelle le talent, tout simplement.
    .
    Si tout change à chaque histoire, certains aspects, eux, sont récurrents et sont un peu la « marque » de l’auteur : les enfants, les traumatismes violents, les conséquences sur des périodes plus ou moins longues et sur un certain nombre de protagonistes, et, toujours, ce monstre, tapi, qui nous rappelle les pires contes de notre enfance...
    .
    Ce tout nouveau thriller présente donc lui aussi une intrigue passionnante, servie par des recherches poussées, et une multi temporalité toujours aussi efficace.
    .
    Jérôme Loubry parvient chaque année à nous surprendre, toujours différent et pourtant toujours fidèle à ses thèmes favoris.
    Grâce à une imagination débordante.
    .
    Et, si cette année il parvient à nous interpeller encore plus que d’habitude, c’est parce qu’il arrive cette fois à faire fusionner une trame diabolique et des évènements réels traumatisants.
    .
    Un rythme dingue, une histoire folle, des personnages troublants et des cauchemars assurés sont à portée de page, juste là...
    .
    Alors, oui, il faut découvrir ce nouveau thriller, aucun doute. Tout en gardant l’esprit ouvert, et surtout entièrement vierge des précédents.
    Pour en apprécier toutes ses qualités .
    Pour se laisser porter.
    Pour se laisser immerger.
    Pour le laisser nous faire frissonner.
    Et pour pouvoir pleinement le savourer.
    En attendant impatiemment l’année prochaine...
    .
    Dépêchez-vous, vous ne le regretterez pas !

  • Matbaum 19 octobre 2020
    De soleil et de sang - Jérôme Loubry

    De soleil et de sang est le quatrième roman de Jérôme Loubry, écrivain né en 1976 qui a su s’attacher un lectorat fidèle grâce à des histoires et des intrigues qui fonctionnent très bien, jusqu’à obtenir de façon méritée le prix Cognac du meilleur roman francophone 2019 pour son précédent roman, Les Refuges. De Soleil et de sang est un roman noir composé de façon classique, du moins dans son premier tiers, ce qui n’est pas péjoratif, alternant deux histoires, l’une se déroulant en France, l’autre en Haïti. Deux histoires liées, évidemment, et qui vont se rejoindre autour de la personne de Méline et de son mari. Tout à commencé à Port-aux-Princes, dans l’une de ces vieilles demeures typiques devenue un orphelinat surnommé « La Tombe joyeuse ». C’était autrefois, plus de 20 ans auparavant, à l’époque où le pays était une dictature violente. Quand le roman commence, l’inspecteur Simon Bélage enquête sur une série de meurtres au schéma identique et à l’apparence d’un rituel vaudou. Ce dernier point donne sa forte originalité au roman : Loubry parvient peu à peu à nous transporter à Haïti, à faire sentir la présence des esprits, des dieux vaudous de la mort et de Baron Samedi, mais aussi le poids de ce qu’est une vie d’enfant dans un tel pays. Superstition et vaudou ou crimes crapuleux ? La réponse se trouve entre les murs de « La Tombe joyeuse ».

Votre #AvisPolar

Votre note :
Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Bepolar.fr respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. et nous veillons à n’illustrer nos articles qu’avec des photos fournis dans les dossiers de presse prévues pour cette utilisation. Cependant, si vous, lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe constatez qu’une photo est diffusée sur Bepolar.fr alors que les droits ne sont pas respectés, ayez la gentillesse de contacter la rédaction. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.