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L’interrogatoire d’Anouk Shutterberg pour La nuit des fous

Bepolar : Quel est le point de départ de ce nouveau roman, votre troisième ? Comment est-il né ?
Anouk Shutterberg : La nuit des fous vient au départ d’une enquête personnelle que j’ai menée sur un secret familial à partir d’un véritable dossier. C’est à la fois un roman psychologique et un roman policier. On découvre le personnage d’Élise qui souffre d’une maladie qui la handicape. Cette jeune femme qui vient de perdre son père apprend l’existence d’une tante qui a coupé les ponts depuis de très nombreuses années avec sa famille. Elle décide de la retrouver. Parallèlement, on retrouve mon commandant Jourdain, son capitaine Noémie et une psycho criminologue : Olivia. L’équipe va enquêter sur des squelettes retrouvés façonnés au fil de fer. Le tueur a semble-t-il voulu laisser un message qu’ils devront décoder.
Deux histoires en parallèle qui n’ont à priori aucun rapport.
Le livre vient de remporter le prix Noir sur Ormesson ce qui me touche d’autant plus par rapport à la genèse de cette histoire.
Le petit plus, comme dans bestial, il y a une playlist à télécharger en début de livre pour accompagner la lecture en musique.

Bepolar : On retrouve le commandant Jourdain et sa collègue Noémie Sanchez. Comment vous les présenteriez ? Sur quels ressorts fonctionnent leur duo ?
Anouk Shutterberg : Jourdain est un flic de 46 ans qui donne à montrer son plus mauvais côté. C’est un ours mal léché mais ce n’est qu’une façade. Avec son équipe il est protecteur, il a un côté paternaliste. Dans La nuit des fous on comprend toute la sensibilité qu’il dissimule.
Noemie Sanchez apparaissait déjà dans Bestial mais de manière ténue. J’ai tout de suite aimé le personnage de cette mère de famille divorcée qui élève seule sa fille. Noémie est une battante mais elle est écorchée vive car elle a subi des violences conjugales pendant de nombreuses années. Dans la nuit des fous elle retrouve une vie épanouie et heureuse avec un nouveau compagnon. Le parallèle entre Jourdain qui est en dépression profonde et Noémie qui au contraire revit était intéressant pour créer un équilibre émotionnel entre les deux personnages principaux. Leur lien va bien au-delà de simples collègues, Noémie considère Jourdain un peu comme son grand frère. Elle n’hésite pas à le bousculer mais elle prend soin de lui. Il y a beaucoup de tendresse entre eux.

Écrire un polar c’est en fin de compte créer un puzzle dont on va parsemer les pièces avec parcimonie tout au long du récit.

Bepolar : Ils vont être appelé pour une sale affaire à Dôle dans le Jura. Cinq corps ont été retrouvés. Leur meurtre date des années 70. Il y a une mise en scène très précise qui trouve son explication à la fin. Est-ce que cette mise en scène s’est imposée d’elle même ou l’avez-vous préparez minutieusement pour l’enquête et le dénouement ?
Anouk Shutterberg : J’ai eu cette idée de façonnage des corps très rapidement. Et évidemment tout est minutieusement préparé, tout doit s’emboîter parfaitement. Écrire un polar c’est en fin de compte créer un puzzle dont on va parsemer les pièces avec parcimonie tout au long du récit. La nuit des fous m’a donné énormément de mal j’ai bien cru devenir folle ;)) car tout devait se mettre en place au millimètre près.

Bepolar : Ca se passe dans le Jura. Est-ce que le lieu a une importance pour l’histoire ? Auriez-vous écrit le même récit dans une autre région ?
Anouk Shutterberg : Oui, c’était important pour moi de mettre en valeur le Jura dont je suis originaire. Je connais parfaitement les lieux et notamment l’hôpital psychiatrique de St Ylie à côté de Dole. Adolescente je passais régulièrement devant ce bâtiment qui est à la fois beau dans une architecture de style Vauban mais ce lieu m’ a toujours délivré une sensation de malaise. Ensuite, on part assez rapidement dans le sud de la France. Là encore ce sont des souvenirs d’enfance qui ont guidé mes pas notamment les Cévennes et la Haute Loire.

Bepolar : On y suit aussi Élise, en situation de handicap, qui va essayer de recontacter sa tante à la mort de son père. Qui est-elle au début du livre ?
Anouk Shutterberg : Élise est duelle. C’est à la fois une vraie solitaire mais qui s’accorde des moments puissants avec des partenaires sexuels de passage. Ce n’est pas une ermite mais sa maladie a pris le dessus sur sa vie. Son seul secours, celui qui a toujours été là pour elle c’est son père avec lequel elle partage la maison familiale. On la pense fragile mais le lecteur va vite s’apercevoir qu’elle est beaucoup plus forte que ne le laisse croire son handicap

Bepolar : C’est un roman pour lequel il faut avoir parfois le coeur bien accroché. Vous vouliez mettre les lecteurs et lectrices en situation d’inconfort ?
Anouk Shutterberg : Je pense que les fans de polars et thriller aiment sortir de leur zone de confort. Ils aiment être bousculés, bluffés.
Mon objectif est avant tout susciter de l’émotion et faire vivre une expérience aux lecteurs.
Cette expérience de lecture est renforcée par la playlist qui accompagne mes livres. Plusieurs lecteurs m’ont dit qu’ils m’avaient lue comme s’ils regardaient une bonne série policière. Là je sais que j’ai mis dans le mille.

Bepolar : Qu’est-ce que vous auriez envie que vos lecteurs et lectrices retiennent une fois la dernière page tournée ?
Anouk Shutterberg : « J’ai échafaudé toutes les hypothèses mais aucune n’était au final la bonne. J’ai lu ce livre en une journée et en apnée. J’ai refermé le livre en proie à une émotion puissante j’ai eu du mal à reprendre un autre livre après » (je repends ici les derniers retours que m’ont fait les lecteurs)

Mon objectif est avant tout susciter de l’émotion et faire vivre une expérience aux lecteurs.

Bepolar : Quels sont vos projets ? Sur quoi travaillez-vous ?
Anouk Shutterberg : Je suis actuellement sur l’écriture de mon 4ème polar. L’action se déroulera en Savoie dans l’univers des sports extrêmes.
Je vais laisser de côté mes personnages policiers récurrents de mes 3 premiers livres. L’enquête de police sera sous-jacente car c’est une journaliste qui va mener l’enquête.

Bepolar : Et la dernière question : qu’est-ce qui fait un bon polar ?
Anouk Shutterberg : Dans un bon polar l’écriture doit être vive, au scalpel. Cela emporte le lecteur dans l’action. Un bon thriller doit être travaillé comme un Rubi’x cube avec des fausses pistes crédibles évidemment et des rebondissements tout au long de la lecture. Il faut savoir doser des moments calmes et des moments dont l’intensité doit accrocher le lecteur. Et surtout, surtout soigner la chute finale qui doit laisser le lecteur pantois tout en restant évidemment logique et crédible.


PS : photo d’Anouk Shutterberg par Mélania Avanzato

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