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Les Blessures du silence - Natacha Calestrémé - Elizabeth GEORGE

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Résumé :

Amandine Moulin a disparu. Son mari évoque un possible suicide. Ses parents affirment qu elle a été tuée. Ses collègues pensent qu elle s est enfuie avec un amant. Une succession de témoignages contradictoires qui ne collent pas avec la description qui est faite de cette mère de trois petites filles. Qui croire ? Qui manipule qui ? Connaît-on vraiment la personne qui vit à ses côtés ?

Vos #AvisPolar

  • polacrit 26 juin 2019
    Les Blessures du silence - Natacha Calestrémé - Elizabeth GEORGE

    Les blessures du silence a été publié en 2018 par les éditions Albin Michel. Il est le quatrième roman de l’auteure que néanmoins je découvre. Le style est fluide, utilisant alternativement un vocabulaire recherché et précis dans proposant une combinaison de mots à la musicalité étrange : "Malheureusement, seule une forme sombre au contour flou me dévisage. Même mon reflet n’arrive pas à s’imposer dans le limon de la ville. Je scrute les rugosités du sol à la recherche d’un signe positif, un morceau d’asphalte en forme de cœur, un brin d’herbe qui s’épanouirait dans le béton." (Page 7)...ou plus familier si les circonstances l’exigent : "Combien de temps va-t-il jouer au faux-cul ? Il n’y a pas de honte à avouer qu’on a été amoureux et qu’on s’est ramassé ! Filippo m’emmerde avec son jeu du chat et de la souris."(Page 65).
    L’histoire nous est racontée selon le point de vue de deux narrateurs différents, alternant les chapitres d’avant la disparition dans lesquels Amandine raconte son histoire avec ceux d’après la disparition dans lesquels Yoann raconte l’enquête, à la première personne et au présent, rendant ainsi l’histoire plus vivante, plus aisée à s’approprier. Et là où ça devient encore plus intéressant, c’est que l’auteure présente différentes perceptions d’un même événement du passé, ou d’une même personne, par exemple comment Amandine est perçue par ses proches, proposant des portraits psychologiques très fouillés.
    Les thèmes abordés sont le harcèlement au sein de couple et la perversion dont de nombreuses femmes, mais aussi des hommes, sont victimes chaque jour sans que le droit français ne le reconnaisse ; comment sortir de cette spirale de violences verbales ne laissant aucune trace apparente, comment aider les victimes et les comprendre.

    Huit jours après la disparition d’Amandine Moulin, l’enquête menée par le commissariat de quartier, au point mort, est confiée à la brigade criminelle dirigée par le commissaire Hervé Filippo qui, vingt ans plus tôt, a bien connu la disparue, raison pour laquelle Yoann, le meilleur enquêteur de la brigade, relève le défi : reprendre l’enquête à zéro à partir de rien, la jeune femme s’étant volatilisée sans laisser aucune trace. Depuis le 5 septembre 13 heures, plus personne ne l’a vue et son portable reste muet.
    Sachant que dans la majorité des cas le mari est responsable de la disparition de sa femme, Yoann oriente son enquête dans ce sens, d’autant que des éléments troublants viennent étayer sa thèse : pourquoi Henry Moulin ne semble pas vraiment inquiet ? Pourquoi n’a-t-il pas cherché à joindre sa femme sur son portable ? Pourquoi a-t-il attendu cinq jours pour signaler sa disparition ? Et surtout, pourquoi parle-t-il d’elle au passé ?
    Pourquoi les parents d’Amandine sont-ils convaincus qu’il a assassiné leur fille qui, quelques jours avant sa disparition, leur a confié avoir peur de lui ? Qui ment ? Quel rôle Filippo joue-t-il dans cette affaire ? Henry Moulin est-il le manipulateur, froid et sans coeur décrit par les proches d’Amandine ? A moins que les choses ne soient pas si simples...Afin de résoudre cette enquête complexe, le major Clivel devra affronter ses propres démons et regarder la réalité en face.
    Les blessures du silence est mon premier coup de coeur de cette année 2018. Tout y est à sa place : le ton juste, le style fluide, les personnages attachants et bien campés, les descriptions appropriées sans détails inutiles, la construction judicieuse, le thème intelligemment traité. Honnêtement, rien à redire, sinon que je vous conseille vivement de vous plonger dans l’univers de Natacha Calestrémé...ce que je compte faire dès que possible en lisant ses trois précédents romans.

  • Aude Lagandré 6 octobre 2019
    Les Blessures du silence - Natacha Calestrémé - Elizabeth GEORGE

    Amandine Moulin a disparu. Son mari évoque un possible suicide. Ses parents affirment qu’elle a été tuée. Ses collègues pensent qu’elle s’est enfuie .Une succession de témoignages contradictoires qui ne collent pas avec la description qui est faite de cette mère de trois petites filles. Qui croire ? Qui manipule qui ? Connaît-on vraiment la personne qui vit à ses côtés ?

    Je ne vais pas cacher mon enthousiasme : j’ai trouvé de très très belles réussites dans ce roman.
    Je ne connaissais pas Natacha Calestrémé avant le lecture de ce livre-ci. (la bonne nouvelle c’est qu’elle en a écrit d’autres !)
    C’est d’une main de maitre qu’elle nous plonge dans l’univers des pervers narcissiques et de leurs victimes.
    Ici, le pervers s’appelle Henry Moulin.
    La victime Amandine, c’est sa femme.
    Sauf que dans « la vraie vie » le pervers peut aussi être votre voisin, votre meilleur ami, votre collègue de bureau. L’image que renvoie certaines personnes ne correspond pas toujours à ce qu’elles sont une fois les portes fermées.

    D’abord, laissez-moi vous parler de l’alternance des voix :
    – Celle d’Amandine, dont on suit l’histoire et les affres du mariage, 6 mois avant sa disparition. Cela permet de laisser entrevoir les nombreuses années cauchemardesques de celui-ci, les déceptions, les humiliations, les angoisses et les espoirs.
    – Celle de Yoann Clivel, le flic qui est chargé d’enquêter sur sa disparition mais pas seulement. Par son enquête, il donne aussi la parole au mari d’Amandine, à ses parents, à sa soeur, à sa chef et permet, par ce biais, d’accentuer la parole de la disparue par le prisme de ces témoignages. Quand ceux-ci se recoupent, le lecteur a un avant-goût de la situation effroyable dans laquelle elle se trouvait.

    Ensuite, j’ai beaucoup aimé aussi qu’on se situe entre un roman et un documentaire.
    Le but n’est pas seulement de « divertir » en racontant une histoire lambda, réelle ou non, mais surtout d’informer.
    Vous ne savez pas ce qu’est un pervers narcissique ? Après la lecture de ce livre, vous saurez.
    Le harcèlement moral constant, le mépris quotidien, la manipulation de l’autre, l’absence de communication claire, la culpabilisation de la victime, la critique constante, la dévalorisation par les mots, le mensonge, la dépendance financière utilisée comme arme de destruction massive, l’annihilation totale de sa victime pour qu’elle ait l’impression de ne plus exister comme être humain à part entière, tout y est !
    Et c’est amené très finement par l’intermédiaire du parcours d’Amandine au cours des 6 derniers mois, de tout le chemin psychologique parcouru depuis l’aveuglement sur sa situation jusqu’à sa prise de conscience.
    Le côté reportage/documentaire s’accentue à la fin en abordant les points essentiels pour s’en sortir et permet au lecteur de comprendre les victimes. Car oui, Amandine, on a envie de la secouer. On ne tolère pas sa léthargie, on lui en veut de se montrer si faible, de manquer de réactions, de se laisser faire, de s’oublier, de se comporter comme une victime, d’ignorer la parole des autres, ceux qui voient, ceux qui savent ou sentent mais ne font rien de concret pour l’aider.
    Mais surtout, on ne comprend pas par quel processus elle en est arrivée là : Natacha Calestrémé nous l’explique.
    Ni comment elle va pouvoir se reconstruire : Natacha Calestrémé s’appuie sur les mots de Charlotte Rougaud pour témoigner de la possibilité de s’en sortir.

    Enfin, quelle écriture ! Elle est à la fois empathique et sans jugement, émotive et détachée, littéraire et documentaire. On sent une tendresse profonde pour ses personnages, un gros travail d’enquête, une parfaite maitrise du sujet et de ses problématiques.

    Je terminerai par une petite réflexion personnelle, qui ne concerne pas seulement les pervers narcissiques, mais qui nous concernent tous en général.
    Les mots ont une résonance énorme en chacun d’entre nous, qu’ils soient tendres ou extrêmement brutaux. Pour les brutaux, ceux de l’enfance, ceux de l’amitié trahie, ceux de l’amour disparu, ceux qu’on exprime quand on est en colère et qu’on ne peut reprendre une fois prononcés, on ne les oublie JAMAIS.
    On se construit autour d’eux, pas avec eux…

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