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Nicolas Leclerc pour La Bête en cage !

Bienvenu dans le Jura, ses hivers, ses solitudes et ses trafics...

Aujourd’hui Un certain goût pour le noir vous emmène près de la frontière Suisse avec le nouveau roman de Nicolas Leclerc, La bête en cage, publié aux éditions Seuil.

On y suit Samuel, un éleveur au bout du rouleau qui va pour survivre accepter de passer de la drogue à la frontière...

Un livre sombre et ultra-rythmé en forme de chronique sociale sur des terres que Nicolas Leclerc connaît bien pour y avoir vu le jour...

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  • Michel BLAISE 1er mars 2021
    Nicolas Leclerc pour La Bête en cage !

    « L’on fait plus souvent des trahisons par faiblesses que par un dessein forcé de trahir » (La Rochefoucauld)

    Samuel est éleveur laitier dans une bourgade isolée du Jura. Malgré les dettes qui s’accumulent, il ne ménage ni son temps ni sa peine pour assurer la pérennité de l’exploitation familiale depuis la mort de ses parents. Il est financièrement soutenu par son oncle, Claude Vauthier, conseiller municipal, qui, avec son fils Simon, dissimule sous une apparence de notable, une entreprise de trafic de stupéfiants pour le compte d’un réseau kosovars à la frontière Suisse. En contrepartie de l’aide fournie, Samuel est « contraint » de s’associer au « commerce » de son oncle et de son cousin.

    Mais le soir d’une livraison particulière et considérable - cent kilos de cocaïne - Samuel attend, en vain, l’arrivée de Simon et de la marchandise afin de cacher celle-ci dans la propriété. Simon est retrouvé mort dans son véhicule ; la drogue a disparu dans l’immensité jurassienne.

    Pas très loin d’ici, Chloé - une toxicomane au passé douloureux - torturée, à fleur de peau, le tempérament effréné, excédée par les tâches ingrates et mal rétribuées proposées par l’agence d’intérim qui l’emploie - ne se perd plus en conjectures. Jusqu’au jour où elle reçoit un téléphone prépayé, accompagné de photographies la désignant en train de commettre un vol avec effraction. Dans la suite, un appel anonyme lui « suggère » vivement d’écouler une grande quantité de drogue. À toute allure, Chloé rencontre Adnan, son ancien amant introduit dans le milieu, qui la met en relation avec deux dealers, les frères Saillard.

    Toujours dans les parages, Virginie Favrot n’est pas privilégiée par le destin. Grégoire et leur fils, Gabriel, vivent de son unique et modeste salaire de vendeuse dans un supermarché de bricolage. Un soir, à la sortie du travail, la voiture de Virginie ne démarre pas. Angoisse. Le foyer n’a qu’une voiture, indispensable à Virginie pour se rendre à son travail sans aucune possibilité financière pour remplacer le seul véhicule du foyer. Virginie ne peut pas joindre ses parents – son père est mort, sa mère est loin ; ses amis se sont éloignés depuis sa relation avec Greg. Sa seule famille est son frère, Thierry, garagiste et pompier volontaire, seul susceptible de la dépanner ce soir. Mais elle doit attendre deux heures avant qu’il n’arrive. « Virginie va donc attendre. Elle met un peu de musique sur son téléphone et s’apprête à passer les deux plus longues heures de son existence. Elle est loin de se douter que cette simple panne va changer sa vie. » (P. 34.35)

    Voilà tous les ingrédients d’un roman parfaitement réussi : une intrigue immédiatement installée et parfaitement maitrisée, un paysage d’ensemble et des décors qui suscitent émotions et implications, des conflits « en veux tu en voilà », des dialogues qui confèrent la nécessaire force supplémentaire aux évènements.

    Mais la singularité la plus remarquable du récit de Nicolas Leclerc réside dans le procédé d’écriture. Le ton - franc et net – de même que le style vif et tranché s’inscrit manifestement dans celui de l’écriture d’un scénario de cinéma. Et ce n’est pas dépréciatif que de le souligner étant donné le travail admirablement soigné et abouti de Nicolas Leclerc. Et l’on saisit, sans peine, nonobstant, la relative facilitée de suivre l’intrigue, le travail déployé par l’auteur pour construire le scénario maitrisé à la perfection.

    L’on peut, cependant regretter parfois le manque d’approfondissement des personnages, même si celui de Chloé relève le niveau d’ensemble de ce point de vue. L’auteur semble s’être davantage attaché à l’intrigue et au scénario – c’est qui est fréquent dans ce genre de scénario cinématographique. (1)

    Néanmoins, c’est un très bon roman, à bien des égards, sur fond de tragédies, de trahisons, de règlements de comptes et d‘assassinats sommaires. Et si l’on ajoute à tout ça des trafiquants de drogue féroces et cinglés on obtient « la bête en cage » de Nicolas Leclerc (Seuil 2021).

    Bonne lecture.

    Michel.

    PS. Je tiens à remercier bien vivement les éditions du Seuil et Bepolar.

    1 – Pour une exception notable, les romans de Roslund & Hellstrom et, plus particulièrement, la trilogie 3 secondes, 3 minutes, 3 heures où le scénario cinématographique est tout aussi réussi tant sur le plan de la construction du scénario que des personnages.

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