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Les éditeurs polar et la crise de la Covid : Carine Verschaeve pour Belfond

Bepolar : D’abord comment avez-vous vécu cette période de confinement en tant qu’éditrice ? Est-ce que beaucoup de titres ont dû être décalés ? Quel a été l’impact sur la maison ?
Carine Verschaeve : Comme dans de nombreux secteurs, la crise a marqué un coup d’arrêt inédit à notre production. Néanmoins, même si le choc du confinement a été de taille et nous a frappé durement, nous avons fait de notre mieux pour continuer à aller de l’avant, pour faire preuve d’adaptabilité face aux contraintes de création, de production et de commercialisation que nous a imposé la période. La fermeture des librairies a été dure à accepter, car nous savons que rien ne remplace le libraire pour faire vivre la production de nos auteurs. Nous avons fait de notre mieux pour leur faire bénéficier d’une visibilité numérique, grâce aux e-libraires. Les réseaux sociaux, les newsletters, nous ont également permis de maintenir le lien avec nos communautés de lecteurs. Le point positif est, me semble-t-il, qu’il n’y a jamais eu autant d’échanges autour des livres qu’en cette période où chacun était chez soi. Des liens précieux quand le quotidien est aussi incertain et anxiogène.
Bien sûr, des romans ont dû être décalés pour leur permettre de sortir sous de meilleurs auspices. C’est notamment le cas de Jolies filles, la nouveauté de la série de Robert Bryndza initialement prévue en avril et repoussée à janvier 2021, et des Samaritains du bayou, de Lisa Sandlin, une primo-romancière texane, dont l’œuvre a été récompensée du Dashiell Hammett Prize et du Shamus Award, les deux plus hautes distinctions américaines de la littérature suspense. Prévue en septembre, dans le sillage du festival America, la sortie de celui-ci est décalée d’une année.

Bepolar : Les livres de janvier et de février ont vu leur vie en librairie s’arrêter brutalement. Est-ce que vous pouvez nous parler de ces titres ? Je pense évidemment à MotherCloud de Rob Hart. Pouvez-vous nous en dire un mot ? Quelles sont les qualités pour vous de ces romans ?
Carine Verschaeve : En effet, un polar comme Nid de guêpes, de l’anglaise Rachel Abbott, sorti le 6 février, a vu sa vie en librairie dramatiquement écourtée. Pire encore avec Champ de tir, du canadien Linwood Barclay, sorti le 19 mars.

C’est également le cas de MotherCloud, de Rob Hart, sorti le 5 mars, un premier roman passionnant, un thriller qui mélange débat d’idées, anticipation et suspense, et qui peut se lire comme un classique de Bradbury et d’Orwell. Il y a une subversion, une force et une accessibilité dans ce livre comme on en trouve rarement. Surtout, il y a une prémonition que nous ne pouvions imaginer : Rob Hart dépeint notre société en 2040, à l’heure de crises sociales sans précédent, où le commerce en ligne prend des proportions accablantes, tant économiquement qu’humainement. Un monde supposé être celui de demain et qui s’est avéré être, à peu de choses près, celui post-16 mars 2020. C’est glaçant. Ce roman a reçu de nombreux coups de cœur en librairie, dans la presse et sur les réseaux ; l’auteur aurait dû rencontrer son public français aux Quais du polar, à Lyon, début avril.

Il y aura d’autres fois, c’est évident, mais l’on ne peut s’empêcher de ressentir de la tristesse pour ces livres qui n’ont pu recevoir l’attention qu’ils méritaient tant.
J’en profite d’ailleurs pour lancer un appel aux lecteurs de BePolar : tous ces ouvrages sont actuellement disponibles en librairies. N’hésitez pas à les emporter avec vous cet été.

Bepolar : Quels sont les livres qui sortent en ce moment ? Est-ce que eux aussi sont impactés par la crise ?
Carine Verschaeve : Deux romans noirs viennent de paraître. Tout d’abord, Reine de beauté, de la primo-romancière américaine Amy K. Green ; un suspense psychologique sur les petites et grandes perversions que recouvrent les façades chic et immaculées de la Nouvelle-Angleterre. Un roman que je compare à La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert pour son décor et ses thématiques. Une petite pépite bien grinçante.

Vient de sortir également Arrêt d’urgence, de l’anglaise Belinda Bauer. Un roman d’une finesse psychologique parfaite, mélange de poésie et de sordide dans l’Angleterre des démunis, avec un ado qui veille seul sur ses petites sœurs, loin des services sociaux, depuis que sa mère a été assassinée. Jusqu’au jour où il se retrouve sur le chemin du meurtrier… C’est très prenant.

Quant à savoir s’ils seront eux aussi impactés par la crise, il est encore trop tôt pour le dire.

Bepolar : Un petit mot de la rentrée à venir. Quelles seront vos publications ?
Carine Verschaeve : Pour la collection de littérature, nous avons de quoi nous réjouir en cette rentrée, avec le retour tant attendu de l’irlandais Colum McCann et son Apeirogon, un roman protéiforme, inclassable et d’une immense force sur le conflit israélo-palestinien. Nous aurons aussi le plaisir de retrouver l’anglaise Annalena McAfee, avec Poison Florilegium, un roman très noir sur la place des femmes dans l’art. Et l’allemande Barbara Zoeke fera son entrée au catalogue avec son premier roman, L’Heure des spécialistes, qui retrace un épisode méconnu de l’histoire nazie, avec le programme d’euthanasie Aktion T4, visant à éliminer les patients atteints de maladies psychiatriques, de handicaps.

Côté polar, il y aura du lourd avec le nouveau roman de Harlan Coben, L’Inconnu de la forêt, qui plongera le lecteur au cœur des forêts du New Jersey, à la rencontre d’un enquêteur aux méthodes singulières – sortie prévue le 15 octobre. Et l’allemand Max Annas fera aussi son retour, le 1er octobre, avec Kodjo, un roman noir au rythme hypnotique, traitant d’injustice sociale, de la situation des migrants africains à Berlin et, plus largement, du racisme en Europe. Un sujet qui interpelle chacun d’entre nous et qui l’une des préoccupations majeures de Max Annas.

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