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4 raisons de regarder (ou pas) la série Caïd

Franck, réalisateur, et son cameraman Thomas sont envoyés par une boîte de production mystérieuse dans une cité du sud de la France. Au sein de cet espace hostile et gardé comme une forteresse, le duo est chargé de tourner un docu-clip pour Tony, rappeur montant mais connu pour diriger un réseau de vente de cannabis. Très vite, le tournage en huis-clos, en plein cœur d’un règlement de comptes, prend une tournure inquiétante…

Adaptation en dix épisodes du film éponyme sorti en 2017 et primé la même année au Festival du Polar de Cognac, la série "Caïd", une fois encore signée Ange Basterga et Nicolas Lopez, cherche par tous les moyens à échapper à une veine auteurisante. Si bien qu’on y entend certains personnages (comme s’ils s’adressaient au spectateur) souligner que nous ne nous trouvons pas ici dans "Un Prophète" ou encore "Dheepan" de Jacques Audiard – pas que le papa de "De battre mon cœur s’est arrêté" ait déjà réussi à esquisser à travers ses films le portrait le plus réaliste des cités, mais qu’importe…

Reste que la série "Caïd" prend plus nettement ses distances avec le réel : elle ne tente pas de dépeindre une réalité sociale des cités mais plutôt d’y rendre possible la fiction, quitte à en passer par des stéréotypes et postures éculés (malfrats, mimiques, gueules cassées...). Alors même si on perd de vue dans l’équation toute possibilité de constat politique, se cache dans ce refus le désir d’un espace régénéré par des personnages pris dans une véritable aventure – aussi cafardeuse soit-elle. À ce titre, la série "Caïd" se rapproche davantage du côté épique des "Misérables" (Ladj Ly, 2019) que de la gravité de "La Haine" (Mathieu Kassovitz, 1995). Ce pari, entre divertissement et complaisance teintée de fascination pour les bad guys, est risqué car empêtré dans un paradoxe : celui d’invisibiliser le réel tout en célébrant un environnement trop souvent délaissé par l’imaginaire contemporain.

Et pourtant, même pétrie d’aberrations et flirtant quelquefois avec les limites de l’amateurisme, la série "Caïd" fonctionne (ou presque). Voici donc quatre raisons de tenter (ou pas) l’aventure.

Parce que c’est construit sur le mode du "found footage"

Popularisé notamment par "Projet Blair Witch" ou encore "REC", le dispositif du "found footage" est un lieu commun du film d’horreur : l’intrigue progresse en simili vue subjective, à mesure que défilent les enregistrements vidéo d’une caméra abandonnée, et ce sans raccord extérieur. Sans révolutionner le concept, "Caïd" réussit grâce à ce système à procurer à ses épisodes une vraie intensité (redoublée par leur durée, de 9 à 15 minutes). Une bonne astuce aussi pour favoriser les ellipses et permettre toutes sortes de fantaisies scénaristiques.

Parce que c’est plutôt bien fichu

Tout en cherchant à donner l’impression d’un montage bricolé et anarchique, "Caïd" profite néanmoins d’une image bien construite. Les déplacements des protagonistes s’avèrent millimétrées et l’utilisation du hors-champ se fait parfois même virtuose. Les scènes d’action, notamment, bénéficient à ce titre d’un soin tout particulier.

Pour ses interprètes amateurs

On pourra reprocher à "Caïd" l’inégalité de son interprétation, propulsée à la fois par des acteurs amateurs et plus expérimentés. Il n’empêche que cette composante lui redonne un peu de la vraisemblance que son récit cherche à gommer. Les rôles principaux, sans chercher la précision ni la justesse, participent ainsi du caractère singulier de la série.

Parce que c’est un survival

Eh oui, l’enjeu principal se situe probablement là : Franck, le réalisateur, va-t-il survivre dans cet environnement qui lui est totalement inconnu et dont il ne maîtrise pas les codes ? La caméra montre en partie ce à quoi lui et son chef opérateur assistent, mais dissimule le reste. L’angoisse n’est pas loin et c’est plutôt heureux.

Galerie photos

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  • Maks 24 mars 2021
    4 raisons de regarder (ou pas) la série Caïd

    Une mini série que j’ai regardé d’une traite en moins de 2h car chaque épisode dure 10 minutes à peine.
    J’ai littéralement été scotché devant l’écran du début à la fin, premièrement car j’aime cette manière de filmer caméra au poing, mais aussi pour le jeu des acteurs qui malgré l’amateurisme, rend le tout plus réaliste.

    Le sujet de la série est intéressant mais c’est surtout le fond qui est important, "comment se déroule un trafic de cité des quartiers nord de Marseille".

    J’ai passé un excellent moment, en plus la bande son est pour un bonne partie excellente et notamment avec des titres de Soso Maness, Niro, Bouga etc...

    À voir si vous aimez les histoires se déroulant en cité.

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