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A même la peau - Lisa Gardner

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Résumé :

Deux meurtres spectaculaires sont perpétrés à Boston à six semaines d’intervalle. Dans les deux cas, les victimes sont des femmes seules, atrocement mutilées, à côté desquelles l’assassin a déposé une rose.

L’inspectrice D.D. Warren, chargée de l’enquête, décèle vite une similitude entre ces mises en scène macabres et une longue série de meurtres ayant défrayé la chronique à Boston quarante ans plus tôt et dont l’auteur, Harry Day, s’est suicidé depuis.

Seul recours pour D.D. Warren : se rapprocher des deux filles de Harry Day. Se pourrait-il qu’il y ait un lien entre les récents crimes et Shana et Adeline ? Pour le savoir, D.D. Warren va devoir se confronter à cette interrogation : peut-on échapper à son destin lorsqu’il est marqué du sceau de la mort ?

Une plongée stupéfiante au coeur d’un enfer familial : Lisa Gardner s’impose définitivement comme une virtuose du thriller psychologique.

Vos #AvisPolar

  • Ophé Lit 3 janvier 2019
    A même la peau - Lisa Gardner

    Chronique de la douleur.

    Si Lisa Gardner est loin d’être une novice en matière de thriller, A même la peau est mon premier roman de l’auteur. C’est donc vierge de tout a priori que j’ai entamé cette lecture passionnante.

    Adeline est psychiatre. Jusqu’ici tout va bien me direz-vous. Oui. Mais Adeline est aussi la fille d’un tueur en série et la sœur d’une meurtrière peu commune. Fardeau familial peu banal qui vient s’alourdir d’une anomalie génétique qui l’empêche de ressentir la douleur. C’est pour combler cette absence de sensation, comprendre ce qu’elle est incapable de ressentir, qu’Adeline en fait sa spécialité. C’est dans ce cadre qu’elle rencontre DD Warren, inspectrice, blessée à l’épaule sur une scène de crime.

    Lisa Gardner nous plonge dans le domaine de la douleur. Ses mécanismes, les possibilités de la combattre, son rôle dans la survie de l’ Homme également. Un thème sur lequel je suis particulièrement sensible et qui s’est révélé passionnant. Les recherches qu’a fait l’auteur sur le sujet sont nombreuses et Lisa Gardner brosse une carte d’identité complète de cette sensation. Elle évoque la douleur physique mais aussi psychique, celle qui alimente nos peurs et qui bien qu’appartenant à nos esprits est capable de se faire ressentir jusque dans nos chairs.
    "Mais si on ne ressent pas la douleur, comment savoir de quoi avoir peur ? La plupart de nos peurs ne trouvent-elles pas leur origine dans la douleur ?"

    A côté de ce sujet, l’auteur évoque le système carcéral américain et plus particulièrement les établissements pour femmes, les relations père-fille sous le prisme de l’adoption, mais explore également les multiples définitions de la famille, qu’elle soit du sang, imposée par la vie, ou celle que l’on se choisit.

    Côté intrigue, c’est également une bonne surprise. D’impasses en fausses pistes, de certitudes en rebondissements, Lisa Gardner m’a emmenée avec elle, sans jamais me perdre, jusqu’à un final surprenant et émouvant.
    L’écriture est fluide et dynamique, soignée, sans ambages, avec la sensation que le style évolue au fil de l’intrigue : phrases plus ou moins courtes, traits d’humour, sensibilité exacerbée.. ; mais toujours pour mettre en relief un point particulier.
    Je me suis prise d’affection pour plusieurs personnages, certains plus que d’autres tant par leurs caractéristiques que par le fait qu’ils ne présentent pas tous le même degré de construction.
    Un roman qui m’a beaucoup plu et que je recommande.

    A même la peau, un thriller où la souffrance culmine quand l’absence de douleur, elle, domine.

  • Le Boobooker 7 février 2019
    A même la peau - Lisa Gardner

    C’est vraiment une valeur sûre cette auteure franchement. Bon en plus comme vous le savez je suis très fan du personnage de DD, qui va subir une drôle d’évolution dans cet opus, je ne m’attendais pas du tout à ça, surprenant en tout point 😊

    Deux meurtres à 6 semaines d’intervalles, qui font échos à une autre série de meurtres 40ans plus tôt, avec le célèbre Harry Day... DD va devoir mener l’enquête, mais croyez moi vous allez être surpris pour ceux qui connaissent ce personnage 🤗

    Elle va devoir se rapprocher des deux filles de cet ancien meurtrier aujourd’hui mort. La relation entre les deux soeurs est très bien travaillée. Beaucoup de non-dits, de secrets, une hérédité à laquelle il est difficile d’échapper. Bref, BIBI IL A BIEN KIFFÉ 😅😂

    Évidemment je vous conseille ce livre, c’est le genre de thriller que j’aime beaucoup, très prenant, avec une écriture particulièrement fluide du rythme du rythme et encore du rythme 👌🏻

  • Angie - Blog Culturez-moi 8 février 2019
    A même la peau - Lisa Gardner

    Des meurtres mais pas que...
    Soyons honnête en alentours de la page 3 j’ai eu très très peur. Quand j’ai vu apparaître toujours ces mêmes redondances sur les tueurs en séries, leur enfance occupée à mutiler des animaux, le tout enveloppé de convenance et de déjà vu, j’ai vraiment eu très peur. Mais j’ai continué et heureusement ! Parce qu’avec le recul je pense que justement l’auteure à voulu balayer d’un revers de main tous les clichés habituels dès le tout début du roman. Et pour ça merci !

    Une fois lancée j’ai eu beaucoup de mal à m’arrêter et j’ai dévoré ce livre en deux jours. Les thématiques abordées m’ont beaucoup touchée. Notamment la gestion de la douleur chronique au travers de la thérapie de l’inspectrice de police. J’ai même appris des méthodes et théories psychiatriques très intéressantes dans le domaine de la douleur par la même occasion.

    L’inspectrice DD Warren (personnage récurrent des romans de Lisa Gardner) forme un excellent duo avec la psychiatre Adeline Glen. Toutefois mon duo préféré reste celui que forme Adeline avec sa sœur Shana, incarcérée depuis 30 ans pour un meurtre sordide. La personnalité de Shana est tout simplement démoniaque, c’est une manipulatrice hors pair et cela vaut envers sa sœur, mais aussi envers le lecteur…

    Soif de sang de père en fille
    Enfin, la grande ligne directrice de ce thriller policier très bien ficelé c’est l’héritage. Et dans le cas de cette histoire, l’héritage sanglant que Harry Day, tueur en série cruel et abominable a légué à ses filles. Shana a passé sa vie en prison après avoir perpétré son premier meurtre à 14 ans. Adeline, elle, a eu la chance d’être adoptée par un grand chercheur, de suivre des études de médecine et d’échapper à ce passé familial sanglant. On devrait se dire que tout ça est loin derrière elle, et pourtant c’est plus compliqué que cela. Le livre pose les questions de l’héritage génétique de la violence, mais aussi de l’éducation et de la socialisation primaire qui dit que pour un enfant tout se joue durant les 4 premières années de sa vie.

    C’est une facette de l’histoire que j’ai trouvé captivante et qui dessert très bien l’intrigue dans le sens où les personnages sont beaucoup moins manichéens que ce que l’on pourrait croire en apparence.

    EN BREF

    Si La famille parfaite m’avait un peu laissée de marbre, ce n’est pas du tout le cas de ce dernier roman de Lisa Gardner. J’ai eu beaucoup de mal à fermer ma liseuse alors qu’il était 2 heures du matin. J’ai été vraiment conquise par ces deux femmes que tout oppose et qui vont collaborer pour trouver ce tueur écorcheur de femmes. Comme souvent, j’ai trouvé que la fin et la résolution n’était pas parfaite. Mais je suis très difficile concernant les révélations finales. N’hésitez pas à vous procurer cet excellent thriller policier de début d’année.

  • claire chronique 5 mars 2019
    A même la peau - Lisa Gardner

    Malgré le fait que cette auteure soit connue, je ne l’ai jamais lue ! Et à force de voir ses livres partout, je me suis dit « allez, je tente ! » D’autant plus qu’elle fait dans le thriller donc impeccable pour moi ! J’avais deux livres de cette auteure et j’ai choisi de lire celui-ci. L’autre resté pour le moment dans ma pal est « Famille parfaite ». Peut-être aurais-je dû commencer par celui-là, car je n’ai que très peu apprécié « À même la peau ». Pourtant le résumé était vraiment très intrigant. En effet, je n’ai jamais lu de livres où l’on parle de personnages qui ne ressentent pas la douleur !
    J’ai trouvé le temps long, c’est-à-dire que pour que tout commence réellement, il faudra attendre plus de 200 pages. On nous rabâche que D. D. Warren s’est bousillé l’épaule. Ensuite l’auteure nous parle de deux soeurs, dont l’une qui a justement cette maladie de ne pouvoir ressentir la douleur et l’autre qui est en prison, car elle a tué étant plus jeune.

    Bon, je ne vous le cache pas, il n’y a pas beaucoup de protagonistes donc j’ai deviné assez vite qui était le tueur. Et, pour ma part, la fin n’a pas été transcendante, mais j’en ai un autre de l’auteure. Peut-être que celui-là me fera changer d’avis.

  • anais_serial_lectrice 7 mars 2019
    A même la peau - Lisa Gardner

    [ Des craintes… ]

    Quand j’ai posté ma photo sur Instagram comme quoi je commençais ce livre, les commentaires ont fusé : « c’est trop calme et gentil pour toi« . Visiblement, j’ai une sacrée réputation de sauvageonne moi, ah ah ! Je vous avoue que j’ai eu un peu peur en voyant la couverture, très féminine, je me suis dit « c’est un polar pour gonzesse ça et ça ne va pas me plaire« … Clairement, je n’apprécie pas les lectures trop soft, trop féminines (histoires d’amour, de maternité et tout le tralala me font fuir à grandes enjambées et j’abandonne avant la moitié du bouquin) et il est vrai que je suis plus friande des thrillers qui tabassent. Malgré tout, il m’arrive aussi d’apprécier des thrillers plus « gentils » et conventionnels, et ça a été le cas ici, ouf, je n’ai pas eu le sentiment de lire « un livre pour gonzesse » (mille excuses pour celles qui les aiment !) !

    [ Et finalement… ]

    J’ai bien accroché ! Derrière une intrigue somme toute assez classique, A même la peau se révèle être un thriller efficace, parfait entre deux horreurs histoire de souffler un peu ! Si le rythme n’est pas toujours des plus entraînants, j’y ai malgré tout trouvé mon compte car ça se lit bien, vite, et que les thèmes abordés ont été assez accrocheurs pour que je m’y intéresse.

    Le thème majeur de ce polar est celui de la gestion de la douleur : l’enquêtrice principale, D.D Warren, se retrouve dans une incroyable souffrance physique suite à un mystérieux accident survenu durant une arrestation, tandis qu’Adeline, l’autre personnage important du livre, ne ressent aucun douleur car atteinte d’une pathologie qui l’empêche de ressentir quoi que ce soit. J’ai trouvé intéressant de mettre en opposition deux personnages aussi importants sur ce sujet, car on se rend compte de la place qu’occupe la douleur dans la vie d’un individu : lorsqu’elle est constante, elle fatigue, fait souffrir et affaibli le psychisme d’une personne qui deviendra peu à peu l’ombre d’elle-même, et lorsqu’elle n’existe pas elle met en danger, car la douleur est un mécanisme de protection, elle prévient d’un danger immédiat pour le corps (et pour l’esprit).

    Je n’ai pas forcément beaucoup accroché au personnage de D.D Warren pour cette première rencontre avec elle, mais je pense que son rôle a été mis un peu en second plan dans l’intrigue en raison de son état de santé qui n’était pas favorable pour mener une enquête de front. Je l’ai sentie très frustrée, très enfermée dans ce corps qui la handicape, et du coup j’ai moi-même été un peu frustrée vis-à-vis d’elle. Ça n’a pas forcément entaché ma lecture, je n’ai pas besoin de m’attacher à un personnage pour apprécier un bouquin.

    [ Le mot de la fin ]

    Sans forcément être un coup de cœur, j’ai passé un bon moment de lecture. C’est pour moi un thriller tout public, idéal pour découvrir le genre de manière assez douce histoire de ne pas traumatiser les plus sensibles.

    A même la peau fait partie d’une série, je n’ai aucunement été dérangée dans le fait de ne pas avoir lu les précédents.

  • livrement-ka 8 mars 2019
    A même la peau - Lisa Gardner

    Que vous dire sur ce livre ? Encore une fois Lisa Gardner a su mener son intrigue d’une main de maître. 

    Cette auteure fait partie des plus grands du thriller. 

    Début du livre :  

    Un bébé dans un berceau, dans un arbre, tout en haut...

    Le cadavre n’était plus là, mais l’odeur était restée. D.D. Warren, enquêtrice de la brigade criminelle de Boston le savait d’expérience : ce genre de scène de crime peut puer pendant des semaines,sinon des mois...

    Une famille composée du père de la mère et de leurs deux filles : Shana l’aînée et Adeline la dernière.

    Alors que les filles ont respectivement 4 ans et 1 an, la police fait irruption chez elle pour arrêter leur père, tueur en série ayant comme particularité de mutiler ses victimes d’une manière épouvantable, et conservant un lambeau de peau.

    Et là je t’ai entendu pleurer. Toi le bébé qui ne pleurait jamais, qui nous regardait toujours avec ses grands yeux noirs. Tu as raison Adeline. Ca perturbait papa et maman. Mais pas moi. Jamais.

    Ce qu’ils trouvent dans la maison ira au dessus de ce qu’ils imaginaient.

    Les deux petites filles sont placées dans une famille d’accueil. Malheureusement l’aîné semble avoir hérité des gênes de son père. Quant à la seconde, elle est touchée par une maladie génétique rare, elle ne ressent pas la douleur.

    La douleur, ce n’est pas ce qu’on voit ou ce qu’on ressent. La douleur c’est ce qu’on seulement entendre, seule dans le noir...

    Les deux jeunes filles ont un caractère diamétralement opposé : et à l’âge adulte elles se revoient par intermittence.

    Adeline est devenue psychiatre. 

    Suite à plusieurs meurtres à la manière de leur père, les policiers vont faire irruption dans leur vie et rechercher s’il existe un lien entre ces meurtres et la descendance du célèbre tueur en série.

    La relation unissant les deux soeurs a vraiment été maniée superbement par l’auteur. Quant à la maladie d’Adeline, elle est magnifiquement présentée et va se retrouver être non pas un avantage mais plutôt un inconvénient.

    Comme toujours avec Lisa Gardner, l’histoire est prenante, et nous mène sur différentes pistes qui se révèlent être des impasses et à la fin est vraiment époustouflante et surtout touchante et émouvante.

    Comment le passé peut ressurgir à ce point. Quant aux liens familiaux, peuvent-ils vraiment un jour disparaître pour ne jamais revenir ? La violence est-elle héréditaire ?


    Les personnages principaux sont :

    . Shana : aînée de la famille du tueur en série, qui est actuellement en prison : cette dernière n’a connu que la violence étant petite et a dû mal à vivre sans . Son père la scarifiait en lui disant que c’était de l’amour

    . Adeline : découverte petite dans la maison de l’horreur, cette dernière n’a jamais subi de scarifications de la part de son père : pour quelles raisons ?

    . DD : policière qui subit une agression, mais malgré tout continue l’enquête sur les meurtres. Elle rencontre Adeline dans le cadre du traitement de sa blessure.

    . Alex : mari de DD, extrémement patient et attentionné avec sa femme, et va l’aider dans son enquête.

    Le décor est la ville de Boston.


    Sur la forme de l’histoire :

    Le livre est divisé en plusieurs chapitres.

    Le texte très aéré et la plume fluide en font une lecture agréable.

    Le texte est à la portée de tous. 

    Conclusion :

    Lisa Gardner n’en est pas à son coup d’essai. Et encore une fois c’est réussi. Un thriller passionnant autour d’une histoire familiale et d’une violence héréditaire. 

    Je vous le conseille vivement.

  • lectures_criminelles 26 mars 2019
    A même la peau - Lisa Gardner

    Inné ou acquis ? L’homme est-il défini par son patrimoine génétique ou par son éducation ? Est-ce que l’attrait pour la violence est inscrite dans notre ADN au même titre que notre couleur de cheveux ? Telle est la grande question de ce livre. J’ai beaucoup apprécié cette enquête qui m’a pas mal baladée d’un suspect à l’autre, qui m’a fait tourner comme une girouette. J’ai aimé découvrir le passé et la « vraie » Shana au fil des pages, me rendre compte que parfois les apparences et croyances sont trompeuses, en bien comme en mal. J’ai beaucoup aimé le final auquel je ne m’attendais pas du tout. Par contre je n’ai pas trop aimé l’identité du coupable qui ne m’a pas tant que ça surprise malheureusement (ou alors je deviens trop difficile ?). Il n’empêche que ce livre se lit très vite, comme tous les ouvrages de cet auteur, ce qui est très agréable, et que je ne suis pas déçue, loin de là par le déroulé de l’intrigue.

  • Light and Smell 20 avril 2019
    A même la peau - Lisa Gardner

    Le prologue met tout de suite dans l’ambiance de ce que l’on va trouver dans ce roman : du sang, de la tension et de l’angoisse ! L’autrice attaque, en effet, très fort avec une scène qui a ce quelque chose d’angoissant qui vous fait rendre compte de la chance que vous avez de ne pas la vivre. Et ce n’est pas l’inspectrice D.D. Warren qui vous dira le contraire…

    Blessée et officiellement en arrêt suite à un incident sur une scène de crime dont elle garde les douloureux stigmates, mais dont elle n’a aucun souvenir, la policière refuse de se mettre au vert. Elle continue donc d’enquêter officieusement, grâce au soutien de son mari et de ses collègues, sur les meurtres perpétrés par un tueur qui écorche ses victimes et prélève de longues et fines bandes de peau. Ce charmant personnage se plaît également à mettre en scène ses crimes.

    La route de D.D. croisera celle d’une psychiatre, Adeline, et ceci à double titre. D’abord dans le cadre de sa thérapie pour gérer cette douleur qui la handicape fortement et qui ne la quitte plus depuis son accident. Puis dans le cadre de son enquête sur le tueur à la rose… En plus d’être spécialisée dans le traitement de la douleur malgré une particularité génétique la rendant incapable de la ressentir, Adeline possède dans son patrimoine génétique une autre anomalie : elle est la fille d’un tueur en série, Harry Day, et la sœur d’une meurtrière aguerrie, Shana. Un héritage familial pesant surtout si l’on considère que les meurtres auxquels est confrontée la police s’inspirent fortement de ceux perpétrés par son père !

    La mise en place de l’intrigue est efficace, l’autrice arrivant avec une facilité déconcertante à vous immerger dans son récit et à susciter en vous un certain nombre de questions, et ceci, dès les premières pages. À cela s’ajoute une narration alternée maîtrisée qui vous fera naviguer entre les pensées de D.D., d’Adeline, et de manière plus sporadique, de celles du tueur.

    Les deux femmes, dont les personnalités et les tempéraments sont diamétralement opposés, exercent pourtant le même intérêt sur le lecteur qui jubile autant à la découverte de la vie de l’une que de l’autre. C’est d’ailleurs l’un des atouts de ce roman, avoir su ménager un espace suffisant à chacune d’entre elles. Mais je dois bien avouer avoir développé, au fil de l’intrigue, une préférence pour les passages consacrés à Adeline.

    La psychologie de ce personnage est, en effet, particulièrement bien travaillée. On assiste aux tourments et aux émotions très contradictoires qui l’assaillent notamment en ce qui concerne sa sœur. Il y a un vrai combat entre la psychiatre en elle qui sait pertinemment que Shana n’est pas capable d’émotions, et l’être humain qui espère quand même nouer avec cette tueuse des relations familiales. Autre aspect fascinant chez cette femme presque parfaite, sa relation à la douleur ou plus précisément, son absence de relation à la douleur. Alors qu’une vie sans souffrance physique aurait de quoi faire rêver, l’autrice nous prouve à quel point, la douleur fait partie de la vie et que sans cette dernière, on survit plutôt qu’on ne vit… Un constat amer qui poussera Adeline dans ses derniers retranchements.

    On prend donc plaisir à suivre la vie et les pensées de cette femme complexe, et pas sans reproches, d’autant que Lisa Gardner, en bonne autrice de thrillers, sait jouer sur l’ambiguïté de son personnage. Liée par le sang à des meurtriers sanguinaires, peut-elle vraiment sortir indemne de cette famille qu’elle n’a pas vraiment connue, mais qui a pourtant fait tellement de dégâts dans sa vie et celle d’innocents ? Une manière pertinente et plutôt bien menée d’aborder le fameux débat entre inné et acquis. Apprend-on le goût du sang ou naît-on avec cette soif de sang, à moins que la réponse ne se situe au milieu ? À vous de vous faire votre propre opinion, mais vous verrez que sous la houlette de Lisa Gardner, rien n’est ni tout noir ni tout blanc.

    L’enquête, sans être menée tambour battant, se révèle intéressante, voire palpitante, à mesure que l’étau se resserre autour de l’insaisissable tueur à la rose. Passé maître dans l’art de brouiller les pistes, ce tueur dégage une aura de mystère qui, en plus de laisser perplexe la police quant à ses motifs, le rend aussi dangereux qu’effrayant. Ce côté insaisissable joue en grande partie dans la tension et le suspense qui se dégagent du roman. On en vient, aux côtés de l’inspectrice D.D Warren, à se triturer les méninges pour essayer de déterminer qui est le tueur à la rose, et comprendre les raisons de ses agissements. Un simple psychopathe, un fan de Harry Day qui veut lui rendre hommage, le complice de Shana qui, depuis sa prison, serait responsable de ces horribles meurtres, ou la réalité est-elle bien plus tordue ? Je n’en dirai pas plus si ce n’est que l’autrice a su me mener en bateau…

    Mue par la volonté/le besoin de lever le voile sur le tueur à la rose, j’ai lu le livre en trois soirées. Néanmoins, et là, c’est lié à ma propre personnalité et non à la qualité du roman, certaines scènes m’ont été difficilement supportables. Souffrant d’une phobie liée aux veines (oui, ça existe), et ne supportant pas les descriptions détaillées de blessures par arme blanche sur ces dernières, j’ai dû survoler certains passages. Cela ne m’a pas empêchée de passer un moment de lecture très addictif d’autant que ces scènes restent anecdotiques par rapport au reste de l’intrigue. Mais si vous êtes plutôt du genre sensible, mieux vaut être prévenu, l’autrice ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit de sang.

    En conclusion, une plume efficace, des personnages à la psychologie développée et complexe, un tueur insaisissable aux motifs flous, une enquête aux multiples ramifications, du suspense, de la tension, des scènes vous faisant passer par de nombreuses et intenses émotions… Tout autant de raisons qui vous pousseront à vous plonger avec angoisse et délectation dans ce roman qui devrait vous tenir en haleine jusqu’à la fin. Si vous avez envie d’un thriller puissant et intense qui se lit rapidement, À même la peau est fait pour vous.

  • Aude Lagandré 5 octobre 2019
    A même la peau - Lisa Gardner

    C’est rituel. Chaque début d’année commence par la sortie du dernier Lisa Gardner… Enfin dernier, façon de parler, puisque les éditions Albin Michel ne les sortent pas dans l’ordre d’écriture. « Fear nothing », « À même la peau » est sorti en 2014, avant « Lumière Noire » que nous avions pu découvrir en janvier 2018. Allez comprendre ! On y retrouve notre inspectrice DD Warren, personnage récurrent, du département de police de Boston. Cette fois-ci, elle court après un serial killer un peu fétichiste qui reproduit toutes ses scènes de crime à l’identique : peau des corps écorchée, rose rouge, champagne, menottes. À la limite, j’ai envie de vous dire que c’est loin d’être l’élément passionnant du livre. Je consens à admettre que pour les adeptes de thrillers, on a un crime ou plusieurs, le but c’est d’en trouver l’auteur. Certes ! Sauf que s’il n’y a que ça, c’est d’un ennui mortel. Lisa Gardner sauve les meubles en étoffant son roman de thématiques intéressantes, de problématiques différentes, d’un personnage assez attachant et d’un autre assez effrayant.

    Elle développe un thème attractif, un sujet qui peut toucher et parler à beaucoup d’entre nous : la douleur. De ces douleurs qui remettent votre vie en question, qui donne envie d’en finir parfois. Par l’intermédiaire du personnage d’Adeline, médecin, le lecteur découvre de nouvelles thérapies concernant le traitement de la douleur et les techniques innovantes pour l’apprivoiser. C’est en ce sens que le roman est étoffé, certains passages passionnants, certainement aussi parce que je ne m’étais jamais penchée sur ce sujet, qui pourtant me touche de près. (je n’ai d’ailleurs jamais fait de véritables recherches sur cette thématique, je suis donc incapable de vous dire si les informations données sont vérifiées ou pas) C’est d’autant plus intéressant que celle qui apprend à gérer la douleur ne la ressent pas : elle souffre d’une insensibilité congénitale à la douleur. Pour moi, c’est là le point phare du roman. Le lecteur se demande instantanément si souffrir d’une telle « maladie » provoque du coup une sorte de mélancolie anesthésique, c’est-à-dire le fait de ne pas ressentir non plus les émotions. Le point est soulevé, sans être suffisamment approfondi. Quel dommage !!

    Lisa Gardner reste assez fidèle à ce qu’elle propose habituellement, mais sans l’avoir creusé jusqu’au bout. C’est certainement un sacré boulot en matière de recherche. L’intrigue est assez bien ficelée, c’est plutôt agréable à lire. Alors quoi ? C’est conventionnel, trop conventionnel. Pas de second degré de lecture, pas de spécificité du style qui pourrait permettre qu’on en parle pendant des lustres, rien de vraiment original où le lecteur pourrait s’extasier devant l’ingéniosité de la construction. Le nom du tueur à la rose, vous le trouvez par élimination, sans même vraiment réfléchir aux indices égrenés. Il vient spontanément, comme un lapin qui sort du chapeau. Ses motivations ? Fantaisistes, pas vraiment crédibles, pas de grosses révélations qui vous laissent pantois, pas de twist phénoménal. Rien qui vous fera sauter de votre fauteuil ou reporter votre heure de coucher. On retrouve les personnages sans réelle passion et on les quitte avec un certain je m’en-foutisme. Et puis, c’est long… mon Dieu que c’est long. 512 pages pour autant de classicisme, une articulation littéraire logique, qui glisse parfaitement, sans accroc. La relation entre Adeline et sa soeur, si différentes pour ne pas écrire opposées, auraient pu être un point d’ancrage. Je n’ai pas réussi à les aimer, ni l’une ni l’autre. Le personnage récurrent de DD Warren n’a pas non plus rempli son rôle. Habituellement, le lecteur le retrouve avec plaisir, en découvre plus sur sa vie au fur à mesure des opus. Là, rien. Si ce n’est qu’elle est accidentée. Que même accidentée, c’est marche ou crève. Elle est en arrêt maladie, mais elle bosse quand même, et tous ces éléments apportent surtout des incohérences et un manque de crédibilité.

    Ce roman me laisse un goût d’inachevé, une amertume d’autant plus colossale quand j’imagine ce que l’auteur a raté, car il y avait, à mon sens, un potentiel énorme de développement …

    Peut-être plus grave, cette lecture ne m’a fait ni chaud ni froid. Je n’ai pas fondamentalement détesté, mais je n’ai pas aimé non plus. Pas de sympathie, pas d’empathie, pas d’antipathie. J’attends vraiment de chacune de mes lectures la naissance d’une émotion, quelle qu’elle soit, pas seulement d’aimer le contexte, ou le style, ou le chemin à parcourir. Il faut que ça me remue un minimum, en plus d’apporter une certaine réflexion. Là, j’ai eu loisir à réflexion, mais pas d’émotion. Pour moi, ce livre n’a tout simplement pas d’âme. C’est donc raté pour cette fois. Ce n’est pas très grave.

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