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L’interrogatoire de Yann Ollivier pour En attendant Boulez

Bepolar : Comment est née l’idée de ce roman ? Qu’est-ce qui vous a donné envie d’en écrire un ?
Yann Ollivier : J’ai toujours aimé écrire des romans, mais je n’avais jusqu’alors pas cherché ou su trouver d’éditeur, et mon tout premier livre était déjà un roman policier. Cette fois-ci, l’idée d’écrire « En Attendant Boulez » est née d’une rencontre avec Marc Fernandez, directeur de collection chez Plon, et qui est depuis devenu mon éditeur. Lors d’un déjeuner, nous avons échangé sur nos métiers respectifs, moi sur la musique classique, lui sur l’édition. Et Marc, sachant que j’avais déjà écrit, m’a fait remarquer qu’il n’y avait que très peu de polars évoluant dans le milieu de la musique classique. Il m’a demandé si je voulais réfléchir à une bonne idée de synopsis dans ce domaine. Il ne m’en fallait pas plus pour dégainer !
Et pourquoi un polar ? Marc dirigeant un collection de polars, moi en ayant déjà écrit, la forme était toute trouvée. Mais surtout, cela m’amusait beaucoup de plonger le monde des professionnels de la musique classique que je connais si bien dans des turpitudes d’une intrigue sanglante ! Comme le dit un personnage du roman, d’habitude « seules les critiques sont assassines dans ce milieu » !

Bepolar : Vous avez été président des Victoires de la musique classique.
Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire un polar dans cet univers ?

Yann Ollivier :Oui, j’ai été directeur d’Universal Classics & Jazz, ainsi que Président des Victoires de la Musique Classique, j’évolue dans ce milieu depuis une vingtaine d’années et le connais fort bien. En plus de l’intrigue purement policière, cela m’intéressait de faire découvrir ce petit monde aux lecteurs, en particulier ceux et celles qui sont des amateurs de musique. Les mélomanes, le plus souvent, écoutent des enregistrements ou vont au concert, mais ils ne connaissent pas les arrière-cuisines, les coulisses de ce monde, la vie des solistes une fois le rideau retombé. Alors j’ai voulu décrire tout cela au fil de l’enquête, le tout en m’amusant et en faisant partager ce plaisir au lecteur : on passe d’une salle de concert parisienne à l’autre, on assiste à une répétition d’orchestre, un enregistrement pour piano, une émission de radio ou bien sûr une soirée des Victoires de la Musique Classique. On suit aussi les musiciens lors de leurs soirées après concert ou à l’occasion d’un happening dans une galerie d’art… J’explique aussi quelques notions de l’économie de l’industrie musicale, le droit d’auteur, les royalties, les contrats d’artistes, mais de façon ludique par le biais de l’enquête.

Bepolar : Est-ce que c’est sur ses liens entre avec parfois le monde des puissants et de la politique ?
Yann Ollivier :Le monde de la musique classique est économiquement plus petit que celui de la pop, mais il est paradoxalement (ou pas) socialement important. C’est un lieu d’échanges et de rencontres où il est bon d’être « vu ». On y croise donc des politiques, des influenceurs, de nombreux hommes d’affaires. Nul doute qu’un meurtre violent dans de telles places défraierait les chroniques ! C’est aussi un milieu très international, les musiciens voyageant beaucoup. D’où l’importance des artistes et des agents chinois au cœur de mon intrigue.

"Si demain un logiciel peut produire de la très bonne musique, (...) qui fera alors la différence côté consommateur ?"

Bepolar : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire sur l’intelligence artificielle et son éventuelle implication dans le monde culturel ?
Yann Ollivier :L’intelligence artificielle est en train de conquérir de très nombreux domaines de notre vie, des plus anodins, dans nos cuisines par exemple, aux plus délicats comme en chirurgie. Je me souviens des premiers « combats » d’échec entre l’homme et la machine lorsque j’étais gamin, lorsqu’on se demandait si un jour celle-ci pourrait vaincre l’homme. La question ne se pose plus, l’intelligence artificielle ratatine aussi les joueurs de pocker « humains », et surtout elle entre en jeu dans maints processus industriels ou scientifiques. En musique, l’homme travaille avec la machine depuis près longtemps, et je m’y suis intéressé très tôt. L’intelligence artificielle a déjà été utilisée comme support à la création par des artistes, mais rarement pour créer intégralement sans intervention humaine, en tout cas les résultats ne sont pour l’instant pas du tout probants. Pas encore ?… C’est justement cette question que j’ai voulu poser. En art, en musique, l’Intelligence Artificielle va-t-elle aussi supplanter l’humain ? l’IA peut déjà concevoir et imiter le concept de la composition. Mais peut-on pour autant modéliser le talent ? Ou le génie ?

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Photographe : Rainer Paillard

Bepolar : Est-ce qu’une IA pourrait vraiment selon vous remplacer les artistes ?
Yann Ollivier :Mon roman imagine justement exactement cela, un logiciel d’IA qui peut se substituer à l’homme pour composer. Et en plus, dans le roman, cette musique est bonne…
C’est une vraie question. Sans « spoiler » le roman et donc indépendamment de l’intrigue, pour moi la création artistique est d’essence humaine. Si demain un logiciel - tel que « Chopart » dans mon roman - peut produire de la très bonne musique, il s’agira d’un process industriel, pas artistique. Mais qui fera alors la différence côté consommateur ? En peinture, la création par l’IA d’un tableau « à la façon de Rembrandt » est d’un rendu troublant, l’IA intervient aussi déjà dans la créations de certains scénarios de séries...

Bepolar : Comment pourriez-vous présenter Jade Valois, votre enquêtrice ?
Yann Ollivier :Jade Valois est une jeune femme d’aujourd’hui, pleine d’envies et d’ambitions mais aussi de contradictions. C’est aussi débutante dans son métier, elle ne travaille pas depuis très longtemps et elle n’a été mutée à Paris que récemment. Elle rêve d’une enquête qui lui permette de passer du domaine administratif au terrain. Comme elle est amatrice de musique classique (la seule dans son équipe !) et qu’elle parle chinois, un meurtre particulièrement violent intervenu à la Philharmonie de Paris va lui donner l’occasion de rentrer dans le vif du sujet plus tôt que prévu. C’est aussi un roman d’apprentissage : ne connaissant pas encore bien le métier, elle commet parfois des erreurs, elle apprend sur le tas, plongée de plus dans un monde essentiellement masculin qui ne lui fait pas de cadeau. Mais elle ne lâche rien. C’est donc aussi finalement pour elle un apprentissage de la vie.

"Je m’aperçois que j’ai pris un malin plaisir à maltraiter les lieux ou les domaines que j’affectionne particulièrement"

Bepolar : Comment avez-vous travaillé, composé votre roman ?
Yann Ollivier :J’avais envie de commencer mon roman dans la Philharmonie de Paris. J’adore cette salle, et finalement je m’aperçois que j’ai pris un malin plaisir à maltraiter les lieux ou les domaines que j’affectionne particulièrement. Une fois l’idée du premier meurtre et du principe d’une intrigue autour de l’Intelligence Artificielle acquis, j’ai d’abord développé le côté policier de mon histoire, pour avoir la charpente de l’enquête. Ensuite, j’ai réfléchi aux éléments de la vie musicale que j’aimerais faire partager à mes lecteurs, et je les ai introduits au fil de mon enquête et des personnages. Cela m’a donné un synopsis assez élaboré, d’une douzaine de pages, celui que j’ai soumis à mon éditeur. Et ensuite, j’ai rédigé cette aventure chapitre par chapitre, quasiment dans l’ordre chronologique de l’histoire.

Bepolar : Aurez-vous des dates de dédicaces à la rentrée ?
Yann Ollivier :Oui, il va se passer pas mal de choses :
- je suis invité par Philippe Tranchet mardi prochain, le 23 juillet, au Festival « Un Violon sur le Sable » à Royan, où je serai interviewé en direct sur France Bleu (à 16h50).
- Puis à la rentrée je participerai « activement » au Festival de Musique de Chambre « Les Vacances de Monsieur Haydn » à la Roche Posay du 20 au 22 Septembre. Avec Jerome Pernoo son directeur artistique, nous sommes en train d’imaginer une intrigue policière, différente de celle de mon roman mais qui utilise les mêmes ingrédients (le même logiciel d’IA, la même pianiste chinoise etc) que mon roman « En attendant Boulez » , et qui se déroulera sur 3 jours dans tous les lieux du in et du off du festival. Chaque festivalier, s’il le désire, pourra devenir enquêteur et enquêtrice et se mesurer à la lieutenant Jade Valois, qui sera présente elle aussi sa façon ! On devrait beaucoup s’amuser, et il y aura des dédicaces.
- Tout début octobre, le directeur de l’Orchestre National de Lille, François Bou, qui ne m’en veut manifestement pas du sort que j’ai réservé à sa salle, m’a invité à participer en compagnie du chef d’orchestre Alexandre Bloch (avec qui j’ai enregistré pour Deutsche Grammophon il y a quelques années) à un « bord de scène » à l’issue du concert de début de saison de leur orchestre (où sera donnée une oeuvre de Boulez d’ailleurs !) , pour échanger avec le public et présenter mon roman.
- les 16 et 17 novembre, je participerai au Festival « Sang d’Encre » (autour des littératures policières) à Vienne.
- les 23 et 24 novembre enfin, je suis invité au Festival « Paris Polar » qui se déroulera à la Mairie du 13ème arrondissement.
J’ajoute qu’à la rentrée, grace à mon amie Anne Saporta et sa mère Lina, « En Attendant Boulez » sortira chez Feryane dans une édition en gros caractères pour le public malvoyant, ce qui me ravit.

"Je suis en train de finaliser le synopsis d’une suite aux aventure de Jade Valois"

Bepolar : Avez-vous des envies d’autres polar ?
Yann Ollivier :Oui, j’avoue que je suis gourmand ! Tout d’abord, je me suis pris au jeu de ces intrigues dans le monde musical. Je suis en train de finaliser le synopsis d’une suite aux aventure de Jade Valois, qui cette fois évoluera dans le monde de l’opéra. On devrait à nouveau bien s’y amuser ! J’aimerais aussi reprendre mon tout premier roman, resté inédit. Je sais que l’intrigue et la structure sont intéressantes et innovantes. Mais je l’ai écrit il y a de nombreuses années, avec les défauts stylistiques d’un premier opus, il faut tout réécrire et condenser. Enfin, nous avons initiés à quatre mains et deux claviers avec mon ami le romancier Roman Rijka un série de romans policiers assez iconoclastes, qui frisent parfois le fantastique, autour d’un duo de privés improbables. J’ai bien l’intention de poursuivre avec lui dans cette voie, je suis certain que cela peut intéresser lecteur et éditeur.

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Photographe : Rainer Paillard
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