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Nos corps étrangers - Carine Joaquim

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Résumé :

Quand Elisabeth et Stéphane déménagent loin de l’agi­tation parisienne avec leur fille Maëva, ils sont convain­cus de prendre un nouveau départ. Une grande maison qui leur permettra de repartir sur de bonnes bases : sauver leur couple, réaliser enfin de vieux rêves, retrou­ver le bonheur et l’insouciance. Mais est-ce si simple de recréer des liens qui n’existent plus, d’oublier les trahi­sons ? Et si c’était en dehors de cette famille, auprès d’autres, que chacun devait retrouver une raison de vivre ?

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Vos #AvisPolar

  • Aude Lagandré 4 avril 2021
    Nos corps étrangers - Carine Joaquim

    Déménager dans une grande maison et investir un atelier situé dans son grand jardin : voilà la grande idée de Stéphane pour « effacer les fautes commises et repartir sur de nouvelles bases. » Élisabeth se laisse séduire, Maëva l’adolescente du foyer fulmine. Élisabeth occupe cette dépendance au fond du jardin pour recommencer à peindre, seul moyen pour elle d’exprimer ses émotions. Stéphane accepte les contraintes de longues heures de transports en commun pour rejoindre son travail, Maëva entre dans un nouveau collège qu’elle déteste, comme chaque ado qui se respecte. Changer de lieu pour changer de vie… Quelque chose qui s’apparente à un semblant de vie normale reprend son cours, mois par mois, trimestre scolaire après trimestre scolaire.

    En surface, tout est lisse. En profondeur, les cœurs sont rugueux, les personnalités accablées, les esprits tourmentés. « Ce cirque n’était pas nouveau. Après le retour de Stéphane à la maison, quelques années auparavant, ils s’étaient accordés tacitement sur le rôle dévolu à chacun, et tous l’avaient joué à la perfection. Le gentil mari repenti. L’épouse digne. La jolie petite fille bien coiffée qui racontait ses journées d’école en se persuadant que ça intéressait vraiment quelqu’un. Et en coulisses, ça dégueulait dans la nuit, ça pleurait sous la couette, ça fuyait de tous les côtés. Rien n’avait plus jamais été étanche » Le vide croît chez Élisabeth, le souvenir excite Stéphane, la révolte gronde dans le cœur de Maëva. Toutes ces émotions bouillonnent dans un immense chaudron et le lecteur attend, tout en sachant que le moment viendra, où tout cela débordera.

    « Nos corps étrangers » a été une expérience de lecture inédite. C’est d’abord un roman qui séduit par la beauté de la plume. Carine Joaquim possède une écriture empathique, derrière chaque mot se cache une émotion qui frappe le lecteur. Derrière chaque thématique, la vulnérabilité des êtres s’échappe des pages pour parvenir jusqu’à nos âmes totalement ouvertes, accessibles, réceptacles des ébranlements qui s’abattent sur les protagonistes. « C’est dans l’improvisation, sans doute, que se cache le bonheur, dans ces moments infimes où la joie s’invite, d’autant plus précieuse que personne ne l’attendait. » Pourtant, aucune improvisation dans ce texte où chaque évènement a une raison d’être et sert un propos à venir.

    J’ai été très perturbée par le nombre de thématiques abordées dans ce roman assez court, 233 pages. J’en ai noté huit, ce que je trouvais énorme. Je me suis demandée si Carine Joaquim aurait pu construire son roman différemment, sans trouver de réponse à mon questionnement. J’avais donc des réserves, mais aussi de nombreuses interrogations. J’ai eu la chance de discuter avec l’auteur, lui demandant de m’expliquer la genèse, ce qu’elle avait voulu exprimer en condamnant presque le lecteur à l’asphyxie. D’une part, elle a m’a ouvert les yeux sur ces thématiques, les reliant entre elles dans cette chose qu’on appelle la vie. Les évènements qui frappent les quatre personnages principaux sont simplement les affres du quotidien. Ils sont tous pris dans leurs vies, différentes selon les personnages, mais bien réelles, si bien que l’essentiel, le drame qui se joue, la tragédie qui se prépare devient invisible. Forte de ces explications, j’ai donc relu le roman, ce qui ne m’arrive jamais et je l’ai vu sous un angle totalement différent. J’ai saisi la mécanique, compris différemment les nombreuses ouvertures qui finalement convergent vers un seul but, compriment et étranglent peu à peu un seul personnage pour converger vers une fin qui laisse réellement le lecteur exsangue, abasourdi et assommé. Ceci me conforte grandement dans mon désir de toujours savoir comment un auteur a pensé son roman, quels étaient ses buts, comment il a envisagé le déroulement et surtout sur quels axes il a travaillé pour parvenir au résultat escompté. Je trouve cela éminemment passionnant et dans ce cas précis, cette discussion a considérablement éclairé ma pensée et délié le nœud que j’avais dans mon esprit.

    Je ne peux révéler la thématique centrale de ce récit. Juste vous dire que c’est une thématique forte, tabou, incomprise. Que Carine Joaquim a ajouté sa pierre à l’édifice pour nous aider à comprendre le mécanisme qui se déploie petit à petit, l’état de sidération, l’incompréhension de la personne concernée, mais aussi celle des autres !

    Ce roman intense vous broie, mais sans que vous le voyiez venir. Sous les silences, le détachement, les difficultés de vie personnelles finalement banales, la fin du récit vous assomme. J’ai aimé la façon dont Élisabeth reprend vie, elle qui « avait appris à poser un sourire sur son masque quotidien. », elle qui, au travers de la peinture laisse s’exprimer des émotions alors qu’elle « glissait petit à petit dans des vêtements trop amples, rapetissait, s’effaçait du monde avec le plus d’élégance possible. » Son art « c’était la vie qui revenait peupler ses paysages intérieurs. » C’est un beau personnage de femme qui semble invisible, mais dont la sève intérieure n’est pas encore gelée et qui renaît lentement à la vie.

    Carine Joaquim a une façon exceptionnelle, qui vient des entrailles, de décrire les émotions et les ressentis, quel que soit le sexe ou l’âge des protagonistes. Les vibrations adolescentes sonnent extrêmement justes et les questionnements parentaux sont pertinents « Sa honte était immense, et en même temps une puissante colère grandissait en elle. Pourquoi les enfants devenaient-ils ces inconnus capables de choses inimaginables, dont elle devait ensuite répondre en tant que mère ? » Les relations de couple qui se délitent, par rancune silencieuse, temps qui passe ou secrets inavouables sont dépeintes avec exactitude et précision. Le ton est juste, les mots sont judicieusement choisis et le phrasé est non seulement mélodieux, mais aussi saisissant.

    Ce roman est une belle ode aux femmes, aux incomprises, aux malmenées, à celles qui crèvent de l’intérieur à cause d’émotions trop intenses, à celles qui semblent invisibles, mais rayonnent, à celles qui n’y croyaient plus et qui pourtant renaissent. Carine Joaquim a la plume raffinée et poétique pour embraser son propos. Je lui souhaite beaucoup de succès avec ce livre, et les suivants.

  • Les Lectures de Maud 2 avril 2021
    Nos corps étrangers - Carine Joaquim

    Livre lu d’une traite responsable d’une nuit courte…

    Au début de ma lecture, j’ai craint de me retrouver face à une histoire sentimentale banale, mettant en scène un couple et une enfant… Des bobos parisiens rêvant de campagne…

    Mais au fil des pages je me suis totalement laissée happer par l’histoire de ces personnages.

    Ce besoin de changement de vie, l’envie d’un nouveau départ, de se reconstruire une vie. Un sentiment de vouloir fuir la ville pour échapper aux malheurs qui leur incombent… Se voiler un peu la face aussi. Voici un décor très intéressant où la dimension psychologique prend tout son sens. La volonté de reconstruire une fêlure, de rescotcher des morceaux, d’une certaine manière, fuir la réalité qui devient très encombrante et qui pourrait briser un idéal, acquis pas à pas.

    Je n’ai ressenti aucune empathie envers les personnages, et pourtant cette histoire m’a totalement transpercée, je voulais absolument savoir comment ça allait finir.

    L’ambiance mêlant tumultes, drames sociaux et sentimentaux, décrits par une plume que j’ai ressenti comme froide et distante a donné toute la splendeur à ce récit. C’est le style qui dessine aussi les contours des anecdotes qui glissent sous nos yeux.

    Le destin peut-il être maîtrisable ? Peut-on vraiment changer les choses ? On a l’impression que même avec toutes les volontés du monde, les sacrifices, les efforts, le naturel revient tôt ou tard au galop et fracasse le travail accompli et balaye les bonnes résolutions.

    L’auteure aborde des thèmes très forts tant psychologiques que physiques, ils sont nombreux, donnent une impression d’avalanches de drames réunis au même endroit et endurés par le même groupe de personnes. Même si se tresse très habilement une certaine logique, certains aspects auraient mérités d’être un peu plus approfondis, comme la destruction suite aux troubles alimentaires.

    Le lecteur oscille entre espoir et désespoir. Passant de l’un à l’autre avec une facilité déconcertante, j’ai eu l’impression d’être baladée par l’auteure. J’ai beaucoup aimé Maëva dans le rôle de l’adolescente rebelle qui refuse le changement et son côté tête à claque, tout en étant un personnage sensible capable de beaucoup de violence malgré son âge.

    Certains faits sont très bien sous-entendus par l’auteure, que les images se déroulent d’elles-mêmes sous nos yeux, comme par exemple la violence et l’injustice. Le fait d’être « autonome » dans sa réflexion, le lecteur se fait lui-même son idée…

    On sent que des drames irréversibles vont poindre et pourtant, en aucun cas je n’aurais deviné la fin qui estomaque, choque, interpelle… J’ai ressenti un « outch », j’ai refermé le livre les yeux embués et des questionnements plein la tête… Il n’existe pas de bonnes ou mauvaises réponses…

    La puissance de ce livre est qu’il est transposable à toute famille…

    Je suivrai les prochaines sorties de l’auteure avec beaucoup d’attentions…

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