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L’interrogatoire de Gérard Delteil pour Les Écoeurés

Bepolar : Comment est née l’idée des Ecoeurés ?
Gérard Delteil : Tout simplement par ma participation personnelle au mouvement. J’éprouvais le besoin impératif de parler de cette expérience plus longuement que dans un article.

Bepolar : Votre intrigue tourne autour du mouvement des Gilets Jaunes, qu’est-ce qui vous intéresse dans ce mouvement social ?
Gérard Delteil : C’est une révolte sans précédent de travailleurs isolés. Jusqu’à présent les mouvements sociaux réunissaient des salariés de grandes entreprises organisés dans des syndicats. Cette fois, c’est une partie de la population laborieuse plus ou moins invisible, avec beaucoup de femmes aux professions dures, telles des aides soignantes et des assistantes à domicile, dont les souffrances étaient ignorées, qui s’est lancée dans l’action, avec pour objectif avant tout la justice sociale. Certes, les revendications sont parfois confuses, mais il faudra désormais compter avec cette fraction de la population qui a montré qu’elle était capable de prendre ses affaires en mains.

Bepolar : Qu’aviez-vous envie de faire ou de dire ?
Gérard Delteil : J’ai tenté de faire vivre ces hommes et ces femmes qui se sont retrouvés sur les ronds points, les barrages, de montrer les contradictions qui les parcourent, les interventions d’éléments politiques, sans dissimuler les aspects négatifs, mais aussi la fraternité qui est née dans ces rencontres. Je souhaiterais que mon roman fasse plus tard office de document sur ce mouvement. Il y a déjà beaucoup de textes de sociologues et d’essayistes, mais un roman est plus vivant, même s’il interprète inévitablement la réalité.

Je souhaiterais que mon roman fasse plus tard office de document sur ce mouvement.

Bepolar : Est-ce que c’est simple d’écrire un roman "à chaud" avec l’actualité ?
Comment avez-vous travaillé ?

Gérard Delteil : C’est un peu différent que d’écrire par exemple un roman historique après de longues recherches. On a déjà tout dans la tête quand on a vécu les situations. On a aussi des quantités de personnages à sa disposition, même si ceux qu’on va retrouver dans le roman comportent toujours une part d’imaginaire, de fantasmes de l’auteur. En revanche, on a moins de recul bien entendu. Après coup, je regrette par exemple de ne pas avoir développé davantage certains caractères, de ne pas avoir abordé certains thèmes. Mais il n’est pas non plus possible de tout dire.

Bepolar : Comment pourriez-vous nous présenter votre personnage d’Alain Devers ? Il semble être au cœur de tous les enjeux et tentatives de manipulations.
Gérard Delteil : Devers est un lieutenant stagiaire dont le rêve est de devenir enquêteur de la prestigieuse brigade criminelle, la Crim. Sa jeunesse a été nourrie de polars. Il n’a donc de la police qu’une vision un peu mythique. La tâche qu’on lui confie, espionner les gilets jaunes, entre en contradiction avec ses aspirations. Il va découvrir de braves gens, même s’il y a quelques allumés parmi eux, et se sentir très mal dans sa peau. Une aventure avec une jeune révoltée contribue à accroître son malaise. De plus, deux services différents tentent de le manipuler, de sorte qu’il ne sait plus trop où il en est. Pour se donner bonne conscience, il se lance donc dans deux enquêtes, sans l’aval de sa hiérarchie.

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Bepolar : Quelles sont les premières réactions autour de la sortie de votre livre  ?
Gérard Delteil : Des réactions contradictoires. D’une façon générale les premières critiques estiment que j’ai réussi à faire vivre le petit monde des gilets jaunes, mais elles divergent sur ma vision. Une des critiques me reproche par exemple d’avoir une vision hostile aux gilets jaunes, voire méprisante, alors que d’autres constatent que je les décris avec empathie. Certains, qui sont davantage « polar pur et dur », regrettent que la description sociologique passe avant l’intrigue. A mes yeux, l’évolution des personnages, dont celle de l’enquêteur, est aussi importante que l’évolution de l’enquête. Le suspense consiste aussi à savoir comment ils vont se comporter, ce qui va arriver à chacun d’entre eux.

Bepolar : Pourra-t’on vous voir prochainement en dédicace ?
Gérard Delteil : Je serai présent au Festival de Saint Malo « Étonnants voyageurs » le 9 et le 10 juin.

Bepolar : Quels sont vos projets ? Avez-vous un autre roman en cours ?
Gérard Delteil : J’ai deux romans en cours. La suite des Années rouge et noire, une fresque historique qui se déroule de la libération aux années soixante-dix. Cette fois, elle se poursuivra jusqu’à la fin des années quatre-vingt. L’autre est un petit polar breton, plus traditionnel, avec suspense, rebondissements, crime.

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  • 1001histoires 5 juin 2019
    L’interrogatoire de Gérard Delteil pour Les Écoeurés

    Je viens d’achever la lecture de ce roman. Je vais rédiger une chronique très rapidement.

    Ce roman vaut le détour. L’intrigue policière n’est pas le thème majeur du récit. Mais peu importe car le portrait des personnages principaux ( des gens ordinaires ) est fouillé et l’étude sociologique de ce mouvement social très complète. Je ne serai pas étonné que dans quelques années ce livre fasse référence pour se rappeler dans le détail ce qui s’est passé en France fin 2018 - début 2019. Plus qu’un polar, ce récit est un roman noir !

    En passant, je recommande la lecture des "Années rouge et noire" qui parlent d’une époque bien sombre de notre Histoire, là aussi il ne faut pas oublier. Je suis très content que l’auteur poursuive l’écriture de cette série.

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