Sinestra - Armelle Carbonel

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Résumé :

Suisse. 1942.
Le Val Sinestra, refuge isolé au cœur de la vallée des Grisons entouré de monumentales montagnes, accueille un convoi de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre. Des mères brisées au bras de leur progéniture, des orphelins meurtris et atteints de désordres psychiques. Mais là où ils croyaient avoir trouvé la paix, les résidents vont réaliser que le mal a franchi la frontière avec eux.

Vos avis

  • Mes évasions livresques 26 novembre 2018
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Avec Sinestra, Armelle Carbonel signe son troisième roman. Un roman fort, viscéral avec la plume si particulière de l’auteure, à la fois si percutante et si poétique.

    Une nouvelle fois, Armelle nous livre un roman en huis clos, un roman à ambiance où chaque chapitre donne la voix à chaque protagoniste, ainsi qu’au Val Sinestra, véritable personnage du roman.

    Dans l’horreur de la seconde guerre mondiale, des mères avec leurs enfants et des orphelins arrivent au Val Sinestra, avec l’espoir de fuir les horreurs de la guerre mais ce qu’ils vont trouver là-bas est bien plus maléfique qu’ils ne pouvaient l’imaginer.

    J’ai beaucoup aimé ce roman très immersif, glauque et poétique à la fois. La plume de l’auteure m’a totalement envoûtée, j’ai souffert avec les personnages, espéré avec eux, désespéré également ...
    Ce roman est d’autant plus glaçant que ce lieu existe et que les expériences qui avaient lieu en cette période malheureusement figée dans l’Histoire, montrent à quel point la folie humaine n’avait plus de limite et à quel point un être humain pouvait être totalement déshumanisé pour traiter ainsi ses semblables...

    Le plus dur ici étant que les victimes étaient des enfants...

    Je vous rassure, pas de description gore pour les plus sensibles, mais cela vous remuera psychologiquement.

    Avec ce troisième roman, Armelle Carbonel est au sommet de son art, de mon point de vue.
    En s’appuyant sur des faits historiques, le roman a eu beaucoup plus d’impact sur moi et l’ambiance huis clos a un bel effet anxiogène sur le lecteur.

    Un très beau roman qui vous fera frissonner, vous révoltera, ... Un roman que vous ne pourrez pas lâcher et qui se lit aisément grâce à la jolie plume d’Armelle.

    Un joli coup de maître pour Armelle Carbonel qui rejoint avec ce roman, la maison d’éditions Ring.
    Aussi controversée soit-elle, cette maison d’éditions aura, pour moi, fait un sans faute dans ses romans sortis cette année et Sinestra ne faillit pas à la règle.

    Longue vie à la Nécromancienne ;)

  • Sangpages 4 décembre 2018
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Chère Armelle,
    Puisque tu t’es adressé à moi de manière si intime, si forte, j’ai décidé de ne pas véritablement faire de chronique mais plutôt de t’écrire ces quelques lignes intimement même si d’autres pourront lire.
    J’ai bien entendu été ravie de voir ton récit se dérouler dans mon beau pays, qui plus est dans cet incroyable canton qu’est les Grisons. Un canton empli de mysticisme et plus que propice à une histoire comme celle-là. Well done Armelle ! Le choix est excellent !
    Tu m’as d’ailleurs bien bluffée de pousser jusqu’à l’utilisation du Romanche alors que la plupart des étrangers ne savent même pas que nous parlons quatre langues dans notre petite Suisse.
    Dès le début, tu m’as littéralement transportée dans une autre dimension. Une autre époque forcément, mais aussi et surtout dans un lieu subjuguant qui s’est très vite imposé à moi comme le personnage principal. Je me suis d’ailleurs délectée des chapitres où ce lieu prend, à lui seul, la parole. Ce lieu qui s’exprime avec autant d’émotions m’a subjuguée mais aussi bouleversée.
    Une atmosphère absolument incroyable : glauque, sombre, sombre et encore sombre. L’atmosphère est au Val Sinestra ce que le Val Sinestra est à l’atmosphère.
    Tu as su, à merveille, créer un lieu perdu, exclu de tout où pourtant les événements, la guerre sont omniprésents. Un lieu où tous sont venus se réfugier, se soigner. Un lieu qui semblait un havre de paix mais qui n’en a que les apparences. Un lieu où les soins revêtent une connotation toute particulière.
    Avoir choisi des enfants en personnages quasi principaux s’avère audacieux. Des enfants, c’est toujours un peu dangereux. On a l’habitude de les voir innocents et souvent, les auteurs n’aiment pas y toucher mais tu l’as fait, là, avec brio. Tu as su leur donner la douceur, tu as su les rendre lumineux mais aussi dangereux et subtils. La survie fait évoluer, fait grandir et fait faire des choses que l’on ne ferait pas en temps normal. C’est clairement une évidence dans ton récit qui pointe du doigt une réalité.
    Ta plume puissante, complexe, travaillée, obscure et douce à la fois. Ton style direct et pourtant poétique. Tes mots, tes phrases ont résonnés en moi comme un carillon géant laissant derrière lui un écho étourdissant. J’ai eu, par moment l’envie de prendre mes jambes à mon cou et de m’échapper de ce lieu sinistre, alors qu’à l’inverse je me sentais incapable de le quitter. J’avoue même avoir eu une grosse crainte à un certain moment mais qui s’est finalement dissipée. Je pourrai t’expliquer quand et pourquoi mais si d’autres que toi me lisent, ils en sauront trop et ce serait fort dommage.
    Tu as su mettre dans ce récit des sentiments puissants, certes parfois, contradictoires mais c’est ce qui en fait toute la force. J’ai été ballotée, remuée, étouffée par cette noirceur qui a semblé vouloir m’avaler goulument. J’ai été plus forte et en suis ressortie...Pas indemne, je dois le reconnaître.
    J’ai presque rêvé de ce lieu, au milieu des beautés de la nature, qui enferme pourtant les pires horreurs et je ne peux qu’inviter ceux qui me liraient en dehors de toi, à y séjourner sans tarder.
    Je te remercie du fond du cœur, Armelle, pour cette fabuleuse aventure et espère te revoir très bientôt pour pouvoir en parler avec toi de vive voix.
    Amicalement
    Valérie

  • mavic 15 décembre 2018
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Quelle plume, mais quelle plume mes amis ! Voici un livre qui n’aura pas fait long feu entre mes mains. Avec Sinestra, Armelle Carbonel nous offre un huis clos oppressant, angoissant où tout vos sens seront mis à rude épreuve.

    C’est une histoire, une intrigue où une fois le nez dedans, difficile de le ressortir. Pourtant parfois il y en a besoin. Besoin d’une bouffée d’air frais loin du Val Sinestra. L’ambiance y est oppressante, dérangeante d’autant plus qu’Ana, un des personnages principaux, est aveugle majorant ce ressenti. Alors quand les choses, le décor est décrit de son point de vue j’ai eu l’impression que tout prenait vie autour de moi. En effet, nos autres sens sont sollicités et mon imagination s’est fortement emballée face à ces descriptions.

    Et vous dire que tout prend vie n’est qu’un doux euphémisme. L’autrice a pris la liberté de donner une âme au Val Sinestra lui-même et croyez moi vous n’êtes pas prêt. C’est bluffant de voir comment des mots, des descriptions sollicitant tout ton être en entier, te conditionne pour ta lecture.

    On suit le point de vue de quatre enfants portant chacun "un mal" que l’on découvre au fur et à mesure, dont les liens vont se développer pour n’aspirer qu’à une chose : guérir. Mais peut-on guérir du Val sinestra ? Un lieu avec une âme à part entière entretenu par deux étranges personnages, Il docter et Guillon dont on a également le point de vue.

    De plus, l’ambiance qu’elle soit à l’extérieur ou à l’intérieur de la demeure reste sombre, glauque ne faisant que renforcer cette sensation de malaise omniprésente dans un contexte de seconde guerre mondiale, il faut le rappeler.

    Ce que j’ai apprécié dans ce thriller, c’est le huis clos et ce qui en fait un huis clos avec toutes les raisons évoqués précédemment. Mais c’est également le fait que l’on ne soit pas épargnés.

    Dans cette demeure bien étrange il s’en passe des choses... Peu conventionnel c’est le cas de le dire et l’autrice ou plutôt les protagonistes les partagent avec nous d’une manière innocente pour un enfant, de leur point de vue, mais qui a eu un effet assez percutant sur moi.

    Sinestra c’est la confirmation du talent de Armelle Carbonel. Déjà convaincue avec Criminal Loft, elle s’inscrit désormais dans cette liste d’auteurs à ne louper sous aucun prétexte.

    Parce que tout ce que je vous ai dit jusqu’à présent, toutes ces émotions que j’ai ressenti ne serait rien sans son écriture. A plusieurs reprises je me suis dit que j’étais entrain de lire de la poésie. La fluidité, le vocabulaire évoquant le toucher, l’obscurité, tous ces mots utilisés pour décrire des murs, une forêt ou que sais-je encore ce n’est que du bonheur à lire. Ce sont des mots, des phrases qui évoquent de suite des choses en moi, qui viennent m’habiter le temps de ma lecture et qui vont me marquer moi, lectrice.

    En bref,

    Foncez, plongez, pénétrez au cœur du Val Sinestra. Faites-vous une frayeur, ressentez ce plein d’angoisse, de non-dits, d’oppression dans un fond de Seconde guerre mondiale.Eveillez vos sens et régalez-vous.

  • Ophé Lit 20 décembre 2018
    Sinestra - Armelle Carbonel

    « La vérité c’est qu’on n’en sortait jamais vraiment, quels que soient les subterfuges . Sinestra happait le corps et l’âme. Même loin de ses barricades, le Val vous rattrapait toujours. »

    Sinestra d’Armelle Carbonnel chez Ring Editions.

    Chronique d’une plongée dans la folie des Hommes.

    « Mon très cher Val Sinestra,
    Qu’il a été difficile de te quitter après ces quelques heures passées à tes côtés.
    Par les mots d’Armelle je t’ai découvert, toi mais aussi ton paradoxe. Aussi fascinant qu’effrayant, je t’ai, tour à tour, aimé et détesté.
    Tu as accueilli en ton sein ces mères et ces enfants, qui fuyaient la folie des Hommes et les horreurs de la guerre, pour leur offrir le repos des corps et panser leurs cœurs meurtris. Enfin, c’est ce qu’ils croyaient, mais toi tu savais… Tu savais que la folie de leurs pairs les poursuivraient jusque dans tes murs.
    Il a fait chaud en cet été 1942, pourtant j’étais glacée d’effroi en lisant ton histoire. Tant d’angoisse et de malaise portés par la plume délicate et poétique de celle qui t’a donné la vie mais aussi la parole. Une bien sombre poésie pour nous décrire ce que tu t’es acharné à cacher aux yeux du Monde.
    Pourtant tu les as aimés tes pensionnaires : « j’aimais cet enfant étoilé. Autant que les autres, mal nés, mal aimés, mal formés. Leur saveur ne présentait aucune différence. Ils incarnaient l’innocence dans un monde exempt de fraîcheur et le vieux rustre que j’étais s’en nourrissait pour prolonger l’éternité au-delà des limites sacrées. » Tu les as aimés non pas pour les protéger, mais te nourrir de leurs souffrances. Te repaître des calvaires provoqués par les vices des Hommes.
    Mais tu n’es pas né ainsi. Tu es devenu ce que le Mal a fait de toi.
    Mon très cher Val Sinestra, j’aimerais te dire que cette folie est terminée, mais il n’en est rien. Chaque jour, le Monde découvre de nouvelles horreurs et je ne sais qui du Bien ou du Mal finira par gagner ce combat. Heureusement, face à cette folie qui gangrène certaines âmes, s’opposent des cœurs vaillants, des cœurs amis qui, soudés, font front comme on sut le faire parfois tes enfants.
    Il est temps de nous séparer très cher Val et de reprendre nos chemins, mais avant je dois remercier Armelle de t ‘avoir donné la parole et de m’avoir conté ton histoire, et celle de tes enfants, avec autant d’âme et de talent.
    Bien à toi.
    Ophélie »

  • L’atelier de Litote 16 janvier 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Un huis clos vertigineux se passant dans une immense bâtisse servant de refuge au cœur de la vallée non moins monumentale des Grisons, cela vous tente ? Alors bienvenue au Val Sinestra. En cette période trouble de la seconde guerre mondiale, le refuge accueille femmes et enfants rescapés des horreurs de la guerre. On y croise des femmes brisées et leurs enfants ainsi que des orphelins, tous sont abîmés et portent en eux des dérèglements physiques aussi bien que psychologiques. Le panel des pathologies est étendu et suffisamment original pour ne pas les oublier.
    J’ai été captivé par le lieu, lugubre et sinistre caché au plus profond d’une nature sublime, qui ici semble pourtant malveillante. Tout se passe dans cette vallée, dans cette grande bâtisse qui devient un des personnages de l’histoire, les chapitres où Val Sinestra prend la parole sont les plus forts et les plus représentatifs de cette atmosphère complètement délétère. Là où on s’attendait à trouver un refuge de paix retrouvée, de calme et de repos, on va vite se rendre compte que les soins apportés et les thérapies proposées ne sont pas celles auxquelles on pouvait s’attendre. J’en frissonne encore.
    Je me suis laissée entraîner dans cette spirale infernale, un style, une écriture particulière qui ne nous lâche à aucun moment, tout est fait pour que l’on soit témoin, que l’on ressente les choses qui s’y passent avec une sensibilité exacerbée par le choix des mots quasi poétiques, des descriptions et des histoires personnels de chacun des enfants. Pari osé que de prendre pour personnages des enfants, depuis « Sa majesté des mouches », je savais qu’il pouvait y avoir des anges et de véritables petits démons mais avec Sinestra, j’ai carrément eu peur. Il ne faut pas se fier aux apparences, si une seule chose compte ici, c’est bien de s’en sortir et tout sera mis en œuvre pour tendre vers ce but mais à quel prix. La terreur que nous inspire quasiment tous les personnages masculins et pas que, est profonde et on approche d’un niveau d’inhumanité et d’horreur rarement atteint, si ce n’est justement dans des périodes de guerres, où les situations de non-droit et d’abus se multiplient. Si vous souhaitez faire connaissance avec le Mal, lisez Sinestra, c’est effrayant.

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