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Sinestra - Armelle Carbonel

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Résumé :

Suisse. 1942.
Le Val Sinestra, refuge isolé au cœur de la vallée des Grisons entouré de monumentales montagnes, accueille un convoi de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre. Des mères brisées au bras de leur progéniture, des orphelins meurtris et atteints de désordres psychiques. Mais là où ils croyaient avoir trouvé la paix, les résidents vont réaliser que le mal a franchi la frontière avec eux.

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Vos #AvisPolar

  • Mes évasions livresques 26 novembre 2018
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Avec Sinestra, Armelle Carbonel signe son troisième roman. Un roman fort, viscéral avec la plume si particulière de l’auteure, à la fois si percutante et si poétique.

    Une nouvelle fois, Armelle nous livre un roman en huis clos, un roman à ambiance où chaque chapitre donne la voix à chaque protagoniste, ainsi qu’au Val Sinestra, véritable personnage du roman.

    Dans l’horreur de la seconde guerre mondiale, des mères avec leurs enfants et des orphelins arrivent au Val Sinestra, avec l’espoir de fuir les horreurs de la guerre mais ce qu’ils vont trouver là-bas est bien plus maléfique qu’ils ne pouvaient l’imaginer.

    J’ai beaucoup aimé ce roman très immersif, glauque et poétique à la fois. La plume de l’auteure m’a totalement envoûtée, j’ai souffert avec les personnages, espéré avec eux, désespéré également ...
    Ce roman est d’autant plus glaçant que ce lieu existe et que les expériences qui avaient lieu en cette période malheureusement figée dans l’Histoire, montrent à quel point la folie humaine n’avait plus de limite et à quel point un être humain pouvait être totalement déshumanisé pour traiter ainsi ses semblables...

    Le plus dur ici étant que les victimes étaient des enfants...

    Je vous rassure, pas de description gore pour les plus sensibles, mais cela vous remuera psychologiquement.

    Avec ce troisième roman, Armelle Carbonel est au sommet de son art, de mon point de vue.
    En s’appuyant sur des faits historiques, le roman a eu beaucoup plus d’impact sur moi et l’ambiance huis clos a un bel effet anxiogène sur le lecteur.

    Un très beau roman qui vous fera frissonner, vous révoltera, ... Un roman que vous ne pourrez pas lâcher et qui se lit aisément grâce à la jolie plume d’Armelle.

    Un joli coup de maître pour Armelle Carbonel qui rejoint avec ce roman, la maison d’éditions Ring.
    Aussi controversée soit-elle, cette maison d’éditions aura, pour moi, fait un sans faute dans ses romans sortis cette année et Sinestra ne faillit pas à la règle.

    Longue vie à la Nécromancienne ;)

  • Sangpages 4 décembre 2018
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Chère Armelle,
    Puisque tu t’es adressé à moi de manière si intime, si forte, j’ai décidé de ne pas véritablement faire de chronique mais plutôt de t’écrire ces quelques lignes intimement même si d’autres pourront lire.
    J’ai bien entendu été ravie de voir ton récit se dérouler dans mon beau pays, qui plus est dans cet incroyable canton qu’est les Grisons. Un canton empli de mysticisme et plus que propice à une histoire comme celle-là. Well done Armelle ! Le choix est excellent !
    Tu m’as d’ailleurs bien bluffée de pousser jusqu’à l’utilisation du Romanche alors que la plupart des étrangers ne savent même pas que nous parlons quatre langues dans notre petite Suisse.
    Dès le début, tu m’as littéralement transportée dans une autre dimension. Une autre époque forcément, mais aussi et surtout dans un lieu subjuguant qui s’est très vite imposé à moi comme le personnage principal. Je me suis d’ailleurs délectée des chapitres où ce lieu prend, à lui seul, la parole. Ce lieu qui s’exprime avec autant d’émotions m’a subjuguée mais aussi bouleversée.
    Une atmosphère absolument incroyable : glauque, sombre, sombre et encore sombre. L’atmosphère est au Val Sinestra ce que le Val Sinestra est à l’atmosphère.
    Tu as su, à merveille, créer un lieu perdu, exclu de tout où pourtant les événements, la guerre sont omniprésents. Un lieu où tous sont venus se réfugier, se soigner. Un lieu qui semblait un havre de paix mais qui n’en a que les apparences. Un lieu où les soins revêtent une connotation toute particulière.
    Avoir choisi des enfants en personnages quasi principaux s’avère audacieux. Des enfants, c’est toujours un peu dangereux. On a l’habitude de les voir innocents et souvent, les auteurs n’aiment pas y toucher mais tu l’as fait, là, avec brio. Tu as su leur donner la douceur, tu as su les rendre lumineux mais aussi dangereux et subtils. La survie fait évoluer, fait grandir et fait faire des choses que l’on ne ferait pas en temps normal. C’est clairement une évidence dans ton récit qui pointe du doigt une réalité.
    Ta plume puissante, complexe, travaillée, obscure et douce à la fois. Ton style direct et pourtant poétique. Tes mots, tes phrases ont résonnés en moi comme un carillon géant laissant derrière lui un écho étourdissant. J’ai eu, par moment l’envie de prendre mes jambes à mon cou et de m’échapper de ce lieu sinistre, alors qu’à l’inverse je me sentais incapable de le quitter. J’avoue même avoir eu une grosse crainte à un certain moment mais qui s’est finalement dissipée. Je pourrai t’expliquer quand et pourquoi mais si d’autres que toi me lisent, ils en sauront trop et ce serait fort dommage.
    Tu as su mettre dans ce récit des sentiments puissants, certes parfois, contradictoires mais c’est ce qui en fait toute la force. J’ai été ballotée, remuée, étouffée par cette noirceur qui a semblé vouloir m’avaler goulument. J’ai été plus forte et en suis ressortie...Pas indemne, je dois le reconnaître.
    J’ai presque rêvé de ce lieu, au milieu des beautés de la nature, qui enferme pourtant les pires horreurs et je ne peux qu’inviter ceux qui me liraient en dehors de toi, à y séjourner sans tarder.
    Je te remercie du fond du cœur, Armelle, pour cette fabuleuse aventure et espère te revoir très bientôt pour pouvoir en parler avec toi de vive voix.
    Amicalement
    Valérie

  • mavic 15 décembre 2018
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Quelle plume, mais quelle plume mes amis ! Voici un livre qui n’aura pas fait long feu entre mes mains. Avec Sinestra, Armelle Carbonel nous offre un huis clos oppressant, angoissant où tout vos sens seront mis à rude épreuve.

    C’est une histoire, une intrigue où une fois le nez dedans, difficile de le ressortir. Pourtant parfois il y en a besoin. Besoin d’une bouffée d’air frais loin du Val Sinestra. L’ambiance y est oppressante, dérangeante d’autant plus qu’Ana, un des personnages principaux, est aveugle majorant ce ressenti. Alors quand les choses, le décor est décrit de son point de vue j’ai eu l’impression que tout prenait vie autour de moi. En effet, nos autres sens sont sollicités et mon imagination s’est fortement emballée face à ces descriptions.

    Et vous dire que tout prend vie n’est qu’un doux euphémisme. L’autrice a pris la liberté de donner une âme au Val Sinestra lui-même et croyez moi vous n’êtes pas prêt. C’est bluffant de voir comment des mots, des descriptions sollicitant tout ton être en entier, te conditionne pour ta lecture.

    On suit le point de vue de quatre enfants portant chacun "un mal" que l’on découvre au fur et à mesure, dont les liens vont se développer pour n’aspirer qu’à une chose : guérir. Mais peut-on guérir du Val sinestra ? Un lieu avec une âme à part entière entretenu par deux étranges personnages, Il docter et Guillon dont on a également le point de vue.

    De plus, l’ambiance qu’elle soit à l’extérieur ou à l’intérieur de la demeure reste sombre, glauque ne faisant que renforcer cette sensation de malaise omniprésente dans un contexte de seconde guerre mondiale, il faut le rappeler.

    Ce que j’ai apprécié dans ce thriller, c’est le huis clos et ce qui en fait un huis clos avec toutes les raisons évoqués précédemment. Mais c’est également le fait que l’on ne soit pas épargnés.

    Dans cette demeure bien étrange il s’en passe des choses... Peu conventionnel c’est le cas de le dire et l’autrice ou plutôt les protagonistes les partagent avec nous d’une manière innocente pour un enfant, de leur point de vue, mais qui a eu un effet assez percutant sur moi.

    Sinestra c’est la confirmation du talent de Armelle Carbonel. Déjà convaincue avec Criminal Loft, elle s’inscrit désormais dans cette liste d’auteurs à ne louper sous aucun prétexte.

    Parce que tout ce que je vous ai dit jusqu’à présent, toutes ces émotions que j’ai ressenti ne serait rien sans son écriture. A plusieurs reprises je me suis dit que j’étais entrain de lire de la poésie. La fluidité, le vocabulaire évoquant le toucher, l’obscurité, tous ces mots utilisés pour décrire des murs, une forêt ou que sais-je encore ce n’est que du bonheur à lire. Ce sont des mots, des phrases qui évoquent de suite des choses en moi, qui viennent m’habiter le temps de ma lecture et qui vont me marquer moi, lectrice.

    En bref,

    Foncez, plongez, pénétrez au cœur du Val Sinestra. Faites-vous une frayeur, ressentez ce plein d’angoisse, de non-dits, d’oppression dans un fond de Seconde guerre mondiale.Eveillez vos sens et régalez-vous.

  • Ophé Lit 20 décembre 2018
    Sinestra - Armelle Carbonel

    « La vérité c’est qu’on n’en sortait jamais vraiment, quels que soient les subterfuges . Sinestra happait le corps et l’âme. Même loin de ses barricades, le Val vous rattrapait toujours. »

    Sinestra d’Armelle Carbonnel chez Ring Editions.

    Chronique d’une plongée dans la folie des Hommes.

    « Mon très cher Val Sinestra,
    Qu’il a été difficile de te quitter après ces quelques heures passées à tes côtés.
    Par les mots d’Armelle je t’ai découvert, toi mais aussi ton paradoxe. Aussi fascinant qu’effrayant, je t’ai, tour à tour, aimé et détesté.
    Tu as accueilli en ton sein ces mères et ces enfants, qui fuyaient la folie des Hommes et les horreurs de la guerre, pour leur offrir le repos des corps et panser leurs cœurs meurtris. Enfin, c’est ce qu’ils croyaient, mais toi tu savais… Tu savais que la folie de leurs pairs les poursuivraient jusque dans tes murs.
    Il a fait chaud en cet été 1942, pourtant j’étais glacée d’effroi en lisant ton histoire. Tant d’angoisse et de malaise portés par la plume délicate et poétique de celle qui t’a donné la vie mais aussi la parole. Une bien sombre poésie pour nous décrire ce que tu t’es acharné à cacher aux yeux du Monde.
    Pourtant tu les as aimés tes pensionnaires : « j’aimais cet enfant étoilé. Autant que les autres, mal nés, mal aimés, mal formés. Leur saveur ne présentait aucune différence. Ils incarnaient l’innocence dans un monde exempt de fraîcheur et le vieux rustre que j’étais s’en nourrissait pour prolonger l’éternité au-delà des limites sacrées. » Tu les as aimés non pas pour les protéger, mais te nourrir de leurs souffrances. Te repaître des calvaires provoqués par les vices des Hommes.
    Mais tu n’es pas né ainsi. Tu es devenu ce que le Mal a fait de toi.
    Mon très cher Val Sinestra, j’aimerais te dire que cette folie est terminée, mais il n’en est rien. Chaque jour, le Monde découvre de nouvelles horreurs et je ne sais qui du Bien ou du Mal finira par gagner ce combat. Heureusement, face à cette folie qui gangrène certaines âmes, s’opposent des cœurs vaillants, des cœurs amis qui, soudés, font front comme on sut le faire parfois tes enfants.
    Il est temps de nous séparer très cher Val et de reprendre nos chemins, mais avant je dois remercier Armelle de t ‘avoir donné la parole et de m’avoir conté ton histoire, et celle de tes enfants, avec autant d’âme et de talent.
    Bien à toi.
    Ophélie »

  • L’atelier de Litote 16 janvier 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Un huis clos vertigineux se passant dans une immense bâtisse servant de refuge au cœur de la vallée non moins monumentale des Grisons, cela vous tente ? Alors bienvenue au Val Sinestra. En cette période trouble de la seconde guerre mondiale, le refuge accueille femmes et enfants rescapés des horreurs de la guerre. On y croise des femmes brisées et leurs enfants ainsi que des orphelins, tous sont abîmés et portent en eux des dérèglements physiques aussi bien que psychologiques. Le panel des pathologies est étendu et suffisamment original pour ne pas les oublier.
    J’ai été captivé par le lieu, lugubre et sinistre caché au plus profond d’une nature sublime, qui ici semble pourtant malveillante. Tout se passe dans cette vallée, dans cette grande bâtisse qui devient un des personnages de l’histoire, les chapitres où Val Sinestra prend la parole sont les plus forts et les plus représentatifs de cette atmosphère complètement délétère. Là où on s’attendait à trouver un refuge de paix retrouvée, de calme et de repos, on va vite se rendre compte que les soins apportés et les thérapies proposées ne sont pas celles auxquelles on pouvait s’attendre. J’en frissonne encore.
    Je me suis laissée entraîner dans cette spirale infernale, un style, une écriture particulière qui ne nous lâche à aucun moment, tout est fait pour que l’on soit témoin, que l’on ressente les choses qui s’y passent avec une sensibilité exacerbée par le choix des mots quasi poétiques, des descriptions et des histoires personnels de chacun des enfants. Pari osé que de prendre pour personnages des enfants, depuis « Sa majesté des mouches », je savais qu’il pouvait y avoir des anges et de véritables petits démons mais avec Sinestra, j’ai carrément eu peur. Il ne faut pas se fier aux apparences, si une seule chose compte ici, c’est bien de s’en sortir et tout sera mis en œuvre pour tendre vers ce but mais à quel prix. La terreur que nous inspire quasiment tous les personnages masculins et pas que, est profonde et on approche d’un niveau d’inhumanité et d’horreur rarement atteint, si ce n’est justement dans des périodes de guerres, où les situations de non-droit et d’abus se multiplient. Si vous souhaitez faire connaissance avec le Mal, lisez Sinestra, c’est effrayant.

  • Angie - Blog Culturez-moi 19 février 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Perdu dans les montagnes
    Val Sinestra. Rien que le nom du lieu devrait déjà vous arracher quelques frissons. Armelle Carbonel nous emmène en Suisse, dans la vallée des Grisons. En pleine seconde guerre mondiale, ce refuge coupé du monde accueille des familles brisées. Orphelins, femmes et enfants, vieillards en fin de vie. Tous pensent venir au Val pour retrouver la joie et le calme loin des armes et de la mort.

    Dès les premières pages du livre, une sensation d’oppression m’a envahie et ne m’a pas lâchée de toute ma lecture. Le Val Sinestra est bien plus qu’un refuge. Il se définit lui même comme le Mal Sinestra. Un lieu sombre, brumeux, loin des regards, où les pires atrocités semblent se mouvoir dans le secret le plus total.

    Quand la dernière « cargaison » de réfugiés arrive dans la vallée des Grisons, les ressentis des enfants, m’ont transpercés au travers des pages. Ces âmes innocentes fuyant les horreurs de la guerre se retrouvent au pied d’un hôtel lugubre qui leur promet la renaissance et pourtant… Le ton du maître des lieux sonne faux et il m’a donné un sentiment de malaise dès les premiers chapitres. Le Val et ses propriétaires transpirent le mal et le vice.

    J’ai été en apnée pendant les 400 pages du livre. J’évoluais au côté des personnages dans les couloirs sombres de l’hôtel guettant l’horreur à chaque ligne. L’auteure nous offre une ambiance exceptionnelle, qui vous prend aux tripes. La majorité du roman se déroule dans l’enceinte des murs du Val et le huit-clos renforce cette sensation d’oppression. Pourtant, on est ici très loin d’un thriller gore et sanglant même si la violence est partout, presque invisible et aux aguets. Loin des champs de bataille, le refuge semble avoir absorbé dans ses pierres les pires atrocités de la guerre : l’antisémitisme, l’homophobie, les expériences médicales, les viols et la mort. C’est un concentré historique que nous livre l’auteur au travers de ce thriller sans défaut.

    Une écriture magistrale
    Le livre est découpé en chapitres assez courts. Ces derniers se focalisent à chaque fois sur un personnage du roman. La structure du récit est totalement hypnotisante et on en redemande à chaque fin de chapitre. Chaque personnage apporte sa touche à l’histoire, sa propre personnalité, innocente ou machiavélique. Le personnage le plus intriguant s’avère être le Val Sinestra lui-même. Au détour de certains chapitres, le refuge prend ainsi la place du narrateur. Il se positionne comme un personnage à part entière qui vit et ressent ce qui se passe entre ses murs. C’est à la fois perturbant et diaboliquement intelligent. La personnification de l’hôtel renforce le caractère sombre et oppressant du lieu. Comme s’il gardait captif ses pensionnaires dans ses entrailles. Ces chapitres, d’une pertinence sans faille, m’ont à chaque fois, procuré une impression étrange et malsaine.

    La style d’écriture est également une des qualités majeures de ce roman. Ici, l’auteure utilise une écriture travaillée et pointue. On parle de grande littérature, d’un vocabulaire riche et de figures de styles maîtrisées. Une plume soignée, réfléchie, au style presque ancien par moment, qui vient renforcer le contexte historique de l’intrigue.

    En Bref
    Sinestra est une véritable bombe littéraire. Un sans faute tant sur la forme que sur le fond. Cette sensation de poids dans ma poitrine ne m’a lâchée qu’une fois la dernière page tournée. L’oppression est constante tout au long du récit, jusqu’au final qui vous arrachera les dernières bouffées d’air de vos poumons. J’ai vécu cette histoire, j’étais au Val, prisonnière des pages comme les personnages l’étaient entre les murs du refuge. Et quel plaisir que de lire un thriller avec un style si travaillé. Je vais m’empresser de lire les autres romans d’Armelle Carbonel. Un énorme coup de coeur !

  • Serial Lecteur Nyctalope 26 février 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

    🦊 Extrait « Elle se figura un paradis rempli de rires, de réglisses fondantes et de pommes d’amour, jusqu’au ce que l’haleine démoniaque du Val Sinestra effleurât sa nuque délicate tel un tisonnier labourant les cendres de l’innocence perdue. »

    🦊 Une vallée suisse isolée dans les grisons en 1942, le Val Sinestra accueille un convoi de réfugiés fuyant la guerre. Entre certains qui connaissent des troubles psychiques, d’autres aux vies brisées, ces réfugiés ne sont pas au bout de leur peine. Ce huit-clos au style extrême, aux manipulations et rebonds multiples est une pépite paranoïaque. •••

    🦊 Plusieurs narrateurs dans ce thriller électrisant, où chaque nouvel arrivant va proposer sa version de l’intrigue. Chaque étage est catégorisé selon la population réfugiée. On s’interroge ainsi sur la réalité de ce refuge et sur les idées d’El Docter qui les accueille avec Signor Guillon. Les tortures faites aux pensionnaires sont alors découvertes faisant penser à un centre nazi d’expérimentations scientifiques. C’est un roman tellement vaste, tellement multiple sans en dénaturer le fond. On parcourt ce refuge de salle en salle, on l’imagine, on s’y croit et surtout on tremble à la prochaine page •••

    🦊 On aime la provocation, on aime qu’Armelle Carbonel aille encore plus loin ! C’est dérangeant, c’est puissant et pardonnez-moi mais j’adore cela ! Un thriller est très bon lorsqu’on a envie non seulement de connaitre la suite mais surtout quand il te retourne la tête, que les personnages ne quittent plus tes nuits. On aime l’écriture de l’auteur qui pour un thriller ne tombe pas dans la facilité, il s’agit surement d’un des meilleurs thrillers quant à son écriture, que j’ai pu lire. Etre poétique et métaphorique dans l’horreur est le comble de la perfection. On redemande du sombre, du glauque quand c’est superbement écrit, continuez chère Armelle à nous régaler autant dans l’indicible ! Évidemment cette lecture n’est pas adaptée aux âmes sensibles car l’horreur y est décrite de façon millimétrée et ciselée. S’il y a un thriller à lire c’est bien celui-ci ! •••

    🦊 Editions Ring, 8 Novembre 2018, 390 pages.

  • Loudiebouhlis 26 février 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Alors que le Val Sinestra s’érige comme un lieu de sauvetage, celui fait plutôt penser à l’enfer sur terre. Un château effrayant enfouit dans les montagnes devient finalement une sorte de prison pour les pensionnaires qui y vienne pour la paix. 1942, pleine guerre, des femmes et enfants fuient leurs logements afin d’être à l’abri des horreurs de la guerre sans se douter que leur refuge se trouve finalement être le centre d’horreur insoupçonné. Un but, sauver leurs âmes tourmentées tout en étant loin des bombardements.

    Avant de commencer ce livre, je ne connaissais rien de l’auteur. Ni ses précédents ouvrages, ni sa réputation de nécromancière alors ce fût une réelle découverte pour moi. Je n’avais rien entendu non plus de ce livre mis à part sa couverture intrigante et son titre angoissant. C’est donc aveugle que j’ai commencé la lecture de cet ouvrage surprenant.

    Je viens de le refermer à l’instant et c’est sans attendre que je rédige ma chronique. Je n’arrive pas à savoir si c’est un coup de coeur, peut-être va-t-il se révéler l’être après réflexion. Dans tous les cas, c’était une lecture excellente. J’ai découvert un talent d’écriture rare, un style d’écriture différent. Armelle Carbonel choisi minutieusement ses mots car ceux-ci se révèlent capital pour la construction de son récit et pour le message qu’elle cherche à faire passer. Son écriture est précise, concise même, offrant au lecteur le strict minimum pour que celui-ci puisse faire les cheminements qui en découd. La précision se manifeste d’autant plus dans les descriptions, que ce soit pour les paysages lugubres et angoissant, les personnages mystérieux et intriguant, les situations ou encore l’ambiance.

    « Elle se figura un paradis rempli de rires, de réglisses fondantes et de pommes d’amour, jusqu’au ce que l’haleine démoniaque du Val Sinestra effleurât sa nuque délicate tel un tisonnier labourant les cendres de l’innocence perdue. Alors, Ana sut que maman s’était trompée. Le mal ne connaissait pas de frontière. Il était la frontière. »

    La lecture se révèle finalement très fluide grâce aux chapitres qui sont courts, mais qui alterne également entre les points de vues des différents personnages. La lecture se fait facilement, les pages défilent et on est pris dans le tourbillon de l’histoire. La curiosité est attisée au point qu’on ne voit même pas que le roman touche à sa fin. Aucune certitudes, des ébauches de révélations mais rien de concret jusqu’au dernier chapitre, celui juste avant l’épilogue qui apporte les réponses nécessaires au questionnement du lecteur. Les mystères s’évaporent, les personnages finissent par se révéler au grand jour, certains devenant plus fiable que ce que l’on pouvait croire, d’autres cachant bien leur jeu. Tout prends son sens, et cette fin colle parfaitement a ce qu’on aurait pu espérer.

    Cette lecture se traduit donc par une belle découverte que l’auteur Armelle Carbonel, qui me donne envie de la suivre que ce soit avec ses précédents romans, ou bien ses futurs.

  • jeanmid 26 février 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Armelle Carbonel nous offre avec ce roman – mon premier de l’auteure - un huit- clos glacial à l’atmosphère sombre et lugubre où le mal s’insinue à travers les épais murs de ce manoir hanté digne de Dracula d’où transpirent seulement le désespoir le plus cruel et la détresse la plus profonde d’enfants perdus .

    L’auteure nous transporte en 1942 dans cet endroit reculé du canton des Grisons à l’Est de la Suisse où l’on parle encore le romanche , ce dialecte ancestral .
    On y fait connaissance avec le maitre des lieux : Signur Guillon et son âme damnée il docter ( à moins que ce ne soit le contraire ..) . Ils recueillent dans leurs château du Val Sinestra perdu au milieu des bois , des enfants estropiés de la vie , des orphelins ou de simples réfugiés fuyant la guerre . Ils sont en cet été , rejoints par un nouveau groupe , composé des jeunes Valère et Ana , de sa mère ainsi que d’un vieillard souffreteux . Il est loin le temps glorieux où les touristes argentés à la recherche d’air pur , fréquentaient le Val Sinestra , il semble aujourd’hui figé dans le passé , ses murs rongés par l’ennui et portant en lui tous les malheurs du monde tels ces portraits d’enfants défunts qui le décorent du sol au plafond comme une mauvaise augure .
    Les nouveaux venus vont découvrir dans ses entrailles, une tribu hétéroclite de dix-neuf autres résidants, composée d’enfants et de certaines de leurs mères veillant sur eux mais aussi attachés à des tâches domestiques par le maître des lieux . Parmi celle-ci , Arthur qui a tendance à s’endormir à tout moment sans crier gare ou Colette aux comportements plus qu’étranges dont la main gauche semble dotée d’une autonomie de décision propre à elle et qui cache des boules de pain dans la terre .
    Le château est régulièrement ravitaillé en vivres par une bande de quatre bonhommes dont le savoir-vivre s’est perdu depuis longtemps dans leur cervelle de moineaux. « Les ravitailleurs » obtiennent en contrepartie de leurs livraisons le droit de cuissage de la gent féminine et leur poids en alcool divers et (a)variés , histoire d’un peu épicer , dans le gîte à l’entrée du domaine , leur fornication brutale et d’oublier le lendemain leurs exactions passées. Quitte à laisser sur la peau des pauvresses qui se sont sacrifiées pour le bien-être de leur progéniture, des marques indélébiles..
    La bienveillance de façade du Val Sinestra semble peu à peu se craqueler avec la découverte du corps de Rose , la mère de Colette , dans des bois près du Val et lorsque Signur Guillon acoquiné de il docter vont décider de mener des expériences inquiétantes sur Arthur afin de l’aider à dormir..les hôtes se transformeraient-Ils en bourreaux ?

    L’auteure nous dépeint par petites couches , grâce au point de vue de chaque personnage , un décor de plus en plus malsain où la pièce maîtresse est ce château sinistre , morbide , qui déteint peu à peu sur les autres protagonistes. Aucun d’entre eux n’est épargné , qu’il soit enfant ou adulte . L’innocence n’est qu’un leurre qui sert à mieux choquer et surprendre un lecteur averti mais toujours avide d’étonnement. Armelle Carbonel , grâce à une écriture incisive aux mots choisis , marque les esprits avec cette touche délicieusement maléfique pour mieux entraîner ses lecteurs dans une descente aux enfers sans retour arrière possible.

  • calyenol 28 février 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

    <<< Une rivière de lave coulait dans mes artères depuis si longtemps que le magma refusait désormais de s’éteindre....Je demeurais ce volcan insatiable qu’un simple cri réveillait.>>>

    Bonsoir vous,ce soir je viens vous parler de "SINESTRA" de @armellecarbonel édité chez RING.
    Un livre qui nous amène dans la vallée des Grisons,dans une batisse appelée le Val Sinestra,entourée de montagnes qui nous donnent l’impression de ne pas pouvoir s’en échapper.
    On y rencontre Arthur,Colette,Jacqueline,Henri, mais surtout Ana et Valère,les enfants du Val en ces temps de guerre 1942.
    Il y a bien sûr leurs mères et les hommes que sont Signur Guillon et Il Docter qui se livrent à de bien étranges choses.
    Mais il y a surtout le Val Sinestra,qui voit tout,qui vit tout et nous raconte son histoire comme les personnages nous racontent la leur à travers les pages.
    Le Val Sinestra qui te permet de trouver refuge entre ses murs et qui t’empêche d’en repartir.
    C’est ce que l’auteure a su faire à travers ses mots,elle m’a faite entrer dans son univers,m’a faite m’attacher aux personnages,à leurs personnalités torturées,à leurs envies,leurs angoisses.
    Avec sa façon à elle,toujours sans trop de mots,juste ce qu’il faut,l’auteure va à l’essentiel en nous captivant chapitre après chapitre sans avoir envie d’en sortir,de fermer le livre.

    C’est le troisième livre de l’auteure que je lis et c’est toujours un plaisir de redécouvrir sa plume.
    "Criminal Loft" était mon favori et "Sinestra" l’a largement détrôné.
    Un huit clos comme je les aime.
    Et vous,avez-vous envie de pénétrer dans le Val-le Mal-Sinestra ?

  • ju_se_livre 3 mars 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Je tourne la dernière page et je suis bluffée. Coup de coeur ! La reine du Huis clos a encore frappé un grand coup.

    Armelle Carbonel a vraiment un plume unique et arrive toujours à instaurer cette ambiance si spéciale qu’elle seule sait si si bien créer.
    Dès les premières pages on est plongé dans l’histoire. Avec des chapitres courts, le rythme est soutenu et plus on avance, plus on se sent happé par cette atmosphère lourde et menaçante que représente le Val Sinestra. D’ailleurs, l’auteur fait du lieu un personnage à part entière qui renforce se sentiment d’oppression.
    Avec des personnages tous plus énigmatiques les uns que les autres, l’auteur a créer une histoire efficace, anxiogène et sombre. Le Val Sinestra m’a totalement envoûté.
    Encore une fois, Armelle Carbonel confirme son talent. Je suis fan de cette auteur dont j’ai désormais lu toutes les oeuvres.
    Et évidemment c’est paru chez qui ? Aux éditions Ring bien sûr ! Pour moi, 2018 aura été un sans fautes dans leurs parutions. Toutes lues, toutes aimées 👌👌

  • lecturesdudimanche 6 mars 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

    "Sinestra" … Mot énigmatique et empreint d’une funeste signification, je me suis rappelée avoir lu quelques avis dithyrambiques le concernant… 390 pages plus tard, ma frustration de lectrice est comblée et je pourrai aller à la rencontre de l’auteur pour glaner une dédicace et lui dire à quel point j’ai aimé cette lecture !

    Aimé ??? Mais comment peut-on aimer tant de noirceur, tant d’horreur, tant de déviance ??? Bah, tous les amis du Noir me comprendront ! Mais par delà la monstruosité de l’histoire (j’y reviens vite), il y a la plume, puissante, poétique, envolée d’une Armelle Carbonel qui m’a conquise par la force de sa narration, qui dose avec précision les émotions et la transcription du Mal absolu.

    Parce que le Mal, vous le trouverez à chaque recoin du Val Sinestra, établissement dans lequel des âmes dévastées par la guerre (nous sommes en 1942) qu’elles tentent de fuir espèrent trouver refuge. Des mères y accompagnent leurs enfants, atteints d’étranges désordres psychologiques, en espérant qu’il docter, sommité médicale, pourra les en guérir… Mais les desseins d’il docter et de son acolyte et directeur du Val, le Signur Guillon, s’ils sont emprunts de grandeur, n’en sont pas moins cruels et les murs qui camouflent leurs agissements, les murs du Val Sinestra, sont pourvu d’une âme plus noire encore que celles de ses habitants, faisant du Val un personnage à part entière.

    C’est une plongée en enfer qu’on nous livre, d’autant plus abominable que les hôtes du Val arrivent plein d’espoir dans ce lieu censé les sauver. Ce livre n’est pas forcément à mettre en toutes les mains, parce que la cruauté touche les enfants (entendez : âmes sensibles, s’abstenir !). Mais pour ma part, la maîtrise des mots et le pouvoir enchanteur que leur confère l’auteur m’ont totalement subjuguée, et si je ressors de cette lecture un peu secouée et avec l’impression oppressante qu’une néfaste brume m’entoure, c’est parce que l’auteur s’est infiltrée dans ma tête avec un talent incroyable qui justifie son statut de « nécromancière » !

  • lecturesdudimanche 6 avril 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

    "Sinestra"… Mot énigmatique et empreint d’une funeste signification, je me suis rappelée avoir lu quelques avis dithyrambiques le concernant… 390 pages plus tard, je pourrai aller à la rencontre de l’auteur le 14 février prochain pour glaner une dédicace et lui dire à quel point j’ai aimé cette lecture !

    Aimé ??? Mais comment peut-on aimer tant de noirceur, tant d’horreur, tant de déviance ??? Bah, tous les amis du Noir me comprendront ! Mais par delà la monstruosité de l’histoire (j’y reviens vite), il y a la plume, puissante, poétique, envolée d’une Armelle Carbonel qui m’a conquise par la force de sa narration, qui dose avec précision les émotions et la transcription du Mal absolu.

    Parce que le Mal, vous le trouverez à chaque recoin du Val Sinestra, établissement dans lequel des âmes dévastées par la guerre (nous sommes en 1942) qu’elles tentent de fuir espèrent trouver refuge. Des mères y accompagnent leurs enfants, atteints d’étranges désordres psychologiques, en espérant qu’il docter, sommité médicale, pourra les en guérir… Mais les desseins d’il docter et de son acolyte et directeur du Val, le Signur Guillon, s’ils sont emprunts de grandeur, n’en sont pas moins cruels et les murs qui camouflent leurs agissements, les murs du Val Sinestra, sont pourvu d’une âme plus noire encore que celles de ses habitants, faisant du Val un personnage à part entière.

    C’est une plongée en enfer qu’on nous livre, d’autant plus abominable que les hôtes du Val arrivent plein d’espoir dans ce lieu censé les sauver. Ce livre n’est pas forcément à mettre en toutes les mains, parce que la cruauté touche les enfants (entendez : âmes sensibles, s’abstenir !). Mais pour ma part, la maîtrise des mots et le pouvoir enchanteur que leur confère l’auteur m’ont totalement subjuguée, et si je ressors de cette lecture un peu secouée et avec l’impression oppressante qu’une néfaste brume m’entoure, c’est parce que l’auteur s’est infiltrée dans ma tête avec un talent incroyable qui justifie son statut de « nécromancière » !

  • Aude Lagandré 5 octobre 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Dans les vapeurs de brume, au coeur de la Suisse surgit le Val Sinestra. Un château, menaçant, encerclé de montagnes dont il semble impossible de s’échapper. Vingt-neuf août 1942, un chargement humain pénètre dans « l’oeil du cyclone », des femmes, des enfants, un homme, « une cargaison humaine » livrée à travers les Grisons, jetés là pour fuir la guerre mais empreints de l’espoir fou d’être guéris de leurs tares ou de leurs maladies, par un mystérieux médecin qui semble faire des miracles. C’est au milieu de cette forêt, en pleine nature, que la forteresse orchestre ses plus viles intentions, dans ses sombres boyaux qui ne comportent que de mystérieux tableaux qui laissent perplexes, ou terrorisés. C’est bien Val Sinestra le personnage principal de ce roman. C’est bien lui qui nous raconte la vie de ses pensionnaires et les projets inavouables qu’il abrite, et quand il prend la parole, à l’occasion de quelques chapitres, c’est son ombre terrible qui plane sur la providence de ses locataires. Les pensionnaires entrés de leur plein gré y sont captifs, prisonniers des murs, mais aussi de deux hommes qui y oeuvrent : Signur Guillon et Il docter. Je vous laisse faire connaissance avec Ana, Colette, Arthur, Valère et les autres. Découvrir leurs mères, les hommes en minorité numéraire et pourtant tout puissants. Vous verrez, l’attachement des personnages est immédiat.

    Et pourtant… Pas de philanthropie chez Armelle Carbonel. Enfance n’est pas synonyme d’innocence. Je crois que c’est ce que j’ai le plus aimé dans sa façon de gérer ses personnages : sa manière très lucide de parler de l’enfance. De placer l’enfance dans un climat de guerre, donc difficile, et d’exploiter cette situation particulière en brossant des êtres humains en accentuant leur inhumanité, et non par leur innocence. D’affirmer qu’à cause de leurs tares, réelles ou non, de leurs maladies qu’ils sont venus soigner, du climat de guerre, ils ne sont pas exemptés de toute noirceur. L’heure n’est pas à la tendresse et à l’amour. L’heure est à la survie. Et en situation de survie, les actes n’ont ni âge, ni sexe, ni milieu social. Tout est traité justement : l’influence des paroles assénées à l’enfant qui naît, le mensonge qui devient partie prenante d’une forme de réalité, l’homosexualité honnie, la haine de l’autre transmise, la responsabilité pointée du doigt d’un peuple tout entier sur les raisons d’une guerre meurtrière. La dureté de la vie et de la situation temporelle change la nature profonde de ces êtres et la démonstration littéraire qui en est faite, est sublime.

    Au milieu de ce champ de ruine où la bassesse humaine résonne entre les murs de « Mal Sinestra », l’écriture profondément poétique de l’auteur donne au récit une lueur d’humanité. Le choix des mots, des figures de style, des images qu’Armelle Carbonel emploie pour décrire les situations et les sentiments sont de toute beauté, tellement magistrales que je ne les ai parfois pas comprises, m’obligeant à faire machine arrière dans le livre. Parallèlement, elle nous assène, forte d’une écriture ciselée, puissante, toute l’horreur de la vie qui se déroule sous le toit de cette demeure mortifère. Elle nous emporte dans un huit clos insoutenable où l’humanité n’a plus rien que le nom, où les hommes brillent par leur cruauté et leurs idées nauséabondes.

    Malgré cette forme de clairvoyance dans l’inhumanité qui n’a ni âge, ni genre, Armelle Carbonel parvient à dégager de son livre une profonde compassion. Nonobstant les actes de certains de ses personnages, j’entends enfants et mères, il est impossible de les détester, impossible de ne pas ressentir cette incroyable urgence de vie qui justifie tout. En cela, je trouve ce roman d’une intensité puissante car le lecteur ressent des émotions totalement contradictoires au fil des différentes voix qui s’enchaînent au gré des chapitres. Il pose la question de ce que nous sommes tous prêts à accomplir quand la situation, dramatique, terrifiante, l’exige.

    Ce roman ne peut laisser indifférent sur le fond. Quant à la forme, elle est simplement sublime. Armelle Carbonel acquiert ici ses lettres de noblesse et assied magistralement son surnom de « nécromancière ».

  • Amandine Bouquine 15 novembre 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Percutant, envoûtant, énigmatique… Voilà les quelques mots qui résume pour moi mon séjour au Val Sinestra.

    Séjour oui, car Armelle Carbonel nous fait vivre une immersion totale dans ce lieu funeste, en compagnie de Valère, Ana, Colette, Jacqueline et les autres… Ainsi que le Val Sinestra lui même qui est un personnage à part en tiers du récit.
    Ici, les enfants ne riment pas avec innocence bien au contraire.. Ils sont autant attachants pour certains que terrifiant pour d’autres..

    J’ai particulièrement apprécié Ana. Grâce à l’écriture d’Armelle qui est très travaillé, j’ai eu l’impression d’évoluer à ses côtés dans les sombres couloirs du Val.

    C’est d’ailleurs le gros point fort de ce roman. Cette impression de tout ressentir, au point d’en être oppressé est assez incroyable.

    L’écriture de l’auteure est puissante, à la fois poétique et sombre. Un style bien à elle qui m’a énormément plu.

    Ne cherchez pas de sanglant ou de gore ici. C’est du pure thriller psychologique. C’est sombre, oppressant, angoissant.. L’atmosphère est assez horrifique.

    Le Val Sinestra vous mange tout cru, et si par chance il vous recrache, ne pensez pas en sortir indemne..

    J’ajoute une mention spéciale pour la couverture du livre que je trouve juste sublime !

  • La Caverne du Polar 12 décembre 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Aujourd’hui je vais vous parler de Sinestra, un roman d’Armelle Carbonel. La couverture de ce roman est tout simplement magnifique, je la trouve mystérieuse et angoissante à la fois… Cela fait très longtemps que j’entends parler de cette auteure, mais comme tous les blogueurs et blogueuses ma PAL est sans fin. Mais c’est enfin chose faite et j’en suis ravi. C’est parti, suivez-moi en direction du Val Sinestra un refuge isolé dans la vallée des Grisons en Suisse.

    On se retrouve en 1942 en pleine Seconde Guerre Mondial. Des enfants atteints de désordres psychiques sont emmené par leurs mères au Val Sinestra, un château sinistre planté en plein milieu des montagnes dans la vallée des Grisons en Suisse. Ce lieu a la réputation d’aider les enfants en difficultés, de plus il est situé en Suisse un pays neutre. On fait connaissance à tour de rôle avec Ana, Valère, Arthur, Colette et les autres. Ce sont tous des enfants torturés par les horreurs de la guerre qui viennent essayer de trouver l’insouciance et la paix dans ce lieu. Mais ses femmes et ses enfants qui ont fuis leurs logements sont loin de s’imaginer ce qu’ils vont trouver sur place… Qui sont réellement Signur Guillon et Il docter ses deux hommes qui s’occupent de ce lieu ? Quel est leur rôle et que cherchent-ils ?

    Avant tout je dois dire qu’Armelle Carbonel a vraiment beaucoup de talent. J’ai trouvé ses descriptions de très grande qualité, l’ambiance est pesante et sinistre. On arrive vraiment très facilement à se plonger dans ce lieu lugubre et angoissant en plein milieu de cette forêt. Moi qui aime bien les chapitres assez courts, j’ai été ravi et le fait d’alterner la narration par le biais de différents protagonistes est une bonne chose. J’ai adoré lorsque le lieu lui-même prend la parole et devient un personnage à part entière, j’ai trouvé cela très original. Par contre je dois bien avouer que j’ai trouvé l’intrigue un peu complexe à certains moments et je n’ai pas toujours bien compris vers quelle direction l’auteure voulait nous emmener. Mais j’ai beaucoup apprécié le dénouement qui est très surprenant.

    Sinestra est un thriller très sombre, un peu étrange et légèrement complexe mais d’une très grande efficacité. Après avoir fermé ce livre je me suis dit, tiens c’était vraiment quelque chose de différent, et que finalement à force de lire des polars toute l’année j’ai envie d’être surpris et de trouver cette touche d’originalité. Je vais continuer à découvrir l’univers d’Armelle Carbonel avec grand plaisir.

  • bonne_heure_litteraire 12 décembre 2019
    Sinestra - Armelle Carbonel

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    je n’ai pas aimé le début de ce roman de par son langage, ses mots incompréhensibles, le cafouillage de l’histoire etc...
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    J’ai donc continué et j’ai finalement accroché cette lecture.
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    L’histoire se passe en 1942 où des enfants et des mères victimes des horreurs de la guerre sont envoyés au Val Sinestra, un chateau en Suisse qui accueille ces gens ayant souffert de la guerre afin d’y trouver un refuge... Ils pensaient connaitre l’horreur mais il n’en est rien.
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    Sous fond de viols, de peur et d’expérimentations "pour la science" le Val Sinestra se révèle être le diable en personne.
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    "𝑳𝒆 𝒅𝒊𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒔𝒐𝒓𝒕 𝒑𝒂𝒓 𝒍𝒂 𝒑𝒐𝒓𝒕𝒆 𝒆𝒕 𝒓𝒆𝒗𝒊𝒆𝒏𝒕 𝒑𝒂𝒓 𝒍𝒂 𝒇𝒆𝒏𝒆̂𝒕𝒓𝒆..."
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    Un roman que j’ai finalement bien aimé mais relativement mystérieux, subjectif et bizarre...nous ne sommes pas sur un coup de ♡ et je ne le relierai sûrement pas.
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    Mais je dois reconnaitre que j’ai apprécié cette particularité de faire parler le chateau lui même dans certains chapitres et le fait que ce château existe réellement. Il fut construit en 1912 afin de loger les gens venant profiter des bienfaits des thermes de la région et est aujourd’hui un hôtel international

  • unevietoutesimple 28 juin 2020
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Oppressant, malsain, ce sont les mots qui me viennent à l’esprit à propos de ce roman.

    N’allez pas croire que je ne l’ai pas aimé, c’est tout le contraire. Ce roman vient vous serrer les tripes, il vous malmène, il vous donne la nausée, vous n’y trouvez aucun moment de douceur, de répit. Tout y est noir !

    Je crois que ce qui m’a le plus fait froid dans le dos au cours de ma lecture, c’est lorsque la parole est donnée au lieu, ce Val Sinestra qui est considéré comme une personne, qui vous fait part de son ressenti, de ses regrets, de ses peurs, de ses jouissances… Ce havre de paix, tant espéré des nouveaux arrivants qui ont vécu les horreurs de la guerre, se montre froid et sinistre.

    Ces enfants “innocents” le sont-ils vraiment ? Quelles sont les véritables intensions du Signur Guillon, maître des lieux, et de Il docter ? Qui est ce mystérieux vieil homme arrivé avec les enfants ?

    Les personnages se montrent tous étranges, on sent qu’ils ont quelque chose à cacher, alors on s’interroge (les réponses seront apportées et certaines vous feront tomber de haut).

    A aucun moment je n’ai décroché de ma lecture. Du début à la fin, Armelle Carbonnel a réussi à me captiver que ce soit par son histoire ou par son écriture. Le récit est fluide et la narration est laissée aux différents personnages et bien qu’elle alterne de l’un à l’autre, je ne me suis jamais sentie perdue comme cela arrive parfois dans ce genre de construction. En fait, vous vous familiarisez peu à peu avec chacun des protagonistes et chaque chapitre apporte une pièce d’un puzzle qui s’assemble peu à peu.

    Les personnages sont plus complexes qu’il n’y parait au prime abord. Je crois que celui qui m’a le plus touchée est Colette, elle m’a émue, je l’ai détestée tout comme j’ai eu envie de la prendre dans mes bras, de la consoler. Elle est fascinante, d’une complexité incroyable. Dès le départ, par contre, j’ai détesté Signur Guillon et Il Docter, quelque chose me déplaisait chez eux sans que je me l’explique, comme une intuition qui me disait de ne pas leur faire confiance…

    Et il y a cette fin qui va dans la continuité de la noirceur de ce roman…

    Âmes sensibles s’abstenir mais si vous aimez le noir, l’angoisse, que de vous sentir oppressé lors d’une lecture ne vous fait pas peur, foncez !

  • Sweethydark 19 septembre 2020
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Difficile de m’accrocher à cette histoire, au suspens, à l’écriture, aux personnages. Je ne me suis pas ennuyé mais presque..

  • LesRêveriesd’Isis 7 octobre 2020
    Sinestra - Armelle Carbonel

    Je commencerai par évoquer la plume et la narration de ce roman qui sont deux éléments caractéristiques et originaux. Tout d’abord, de page en page, la narration est laissée aux différents protagonistes qui nous racontent ce qui arrive. Étonnamment, le récit reste très fluide et n’est à aucun moment entrecoupé par ce changement de fil directeur. Il est donc très savoureux pour le lecteur de passer d’un chapitre à l’autre et de découvrir peu à peu les facettes de chacun des personnages. A cela s’ajoute une plume fine et poétique. J’ai été enchantée au début de ma lecture par la douceur et la poésie du texte, j’y ai trouvé de belles images, qui formaient un contraste d’autant plus saisissant avec le fond évoqué. Mais, bientôt, cette beauté du texte s’est effacé au profit d’autre chose. La brutalité, la violence des appétits voraces, les bas instincts ont pris le dessus à l’apparition de certains personnages et lorsque d’autres ont acquis leur pleine mesure. La langue s’est faite plus crue, plus rude, plus agressive et je reconnais qu’à partir de là, j’ai commencé à me distancier. Effectivement, lorsqu’un personnage parlant d’une femme enceinte dit qu’elle « va mettre bas« , cela permet de recréer tout son mépris pour la femme et cela montre la dégradation du féminin, réduit à l’animalité… Mais ça m’a déplu même si j’en comprends les effets littéraires. « Des ventres à remplir de foutre » est une expression qui me fait le même effet. La femme que je suis reste persuadée qu’au delà de l’effet stylistique indéniable, et que je reconnais volontiers, d’autres manières de le dire seraient tout aussi efficaces, et souvent, je préfère la force de la suggestion à cette violence crue. J’ai malgré tout conscience que nous parlons ici d’un goût très personnel, et que cela n’engage que moi.

    Du reste, les personnages campés par Armelle Carbonel sont d’une grande complexité. J’ai aimé que chacun ait sa part d’ombre, même les personnages en apparence lumineux et doux. Le personnage d’Ana, petite aveugle qui ne voit que le bien chez autrui est particulièrement intéressant. Elle est l’un des êtres les plus humains de ce livre. Quant à sa mère, Klara, ne prend sa pleine mesure que peu à peu et l’on comprend progressivement l’ampleur de l’amour qu’elle porte à sa fille. Valère est touchant également : doux et gentil, il se débat lui aussi avec ses ténèbres intérieures mais reste un ami extraordinaire pour Ana. Enfin, je terminerai sur Colette. Nous avons là un extraordinaire personnage : à la fois ange et démon, cette enfant nous désarme par sa méchanceté, par ses deux facettes antithétiques et cruelles, enfant manipulée, torturée moralement par une histoire qui la dépasse, elle est ici autant un bourreau qu’une victime. Seulement, le lecteur ne comprend pleinement le drame de sa petite vie que tardivement, et déjà, elle ne nous est plus sympathique depuis longtemps, mais elle exerce sur nous une espèce de fascination détestable. Nous nous demandons sans cesse quelles seront ses limites, et pour autant, nous ne les entrevoyons pas !

    Enfin, l’autrice parvient ici à faire cristalliser des figures de méchants particulièrement efficaces. Nous avons en plein le bourreau ordinaire. L’homme de tous les jours, le voisin, le docteur, l’être que nous côtoyons sans soupçonner l’étendue de sa folie et de sa cruauté. Il docter et Guillon deviennent l’emblème de ces êtres et nous révulsent bientôt, sans parler des hommes de Vulpera bien entendu. Ces figures cadrent tout à fait avec la période évoquée : la seconde guerre mondiale, les essais sur des cobayes humains, la banalité du mal… Alors, oui, c’est efficace. Maintenant, tout ce volet plus historique – pour ainsi dire- m’a moins emportée. Peut-être est-ce à cause de mes études, au cours desquelles j’ai déjà beaucoup étudié cette période sombre de l’histoire ? Ou parce que cela m’a semblé presque classique et déjà vu… ? Je ne saurais le dire, toujours est-il que j’ai vite compris ce que faisait il docter et que dès lors, cette partie là de l’histoire ne m’a pas poussée en avant, alors même que j’avais envie de connaître la fin.

    Par contre, une des trouvailles de ce roman est de donner la parole au Val Sinestra. J’ai beaucoup aimé les chapitres qui personnifiaient ce lieu de désastre, et qui, à la manière d’un chœur antique, venait annoncer l’inéluctable tragédie, minant de l’intérieur toute tentative heureuse d’évasion. Ce procédé littéraire est à la fois poétique et d’une redoutable efficacité dramatique.

    Enfin, et sans gâcher à quiconque le plaisir de la découverte, j’ai bien aimé la fin. Inattendue, cruelle, violente, elle est à l’image du roman et termine le récit en nous laissant un goût amer dans la bouche. N’attendez pas de happy end, ici la souffrance humaine est portée à son paroxysme, transformant les êtres et déployant Cruauté et Revanche jusqu’à leur point d’orgue.

    Ainsi, Sinestra est une belle découverte. Ce thriller reste complexe. Mené de main de maître, il nous emporte au cœur de l’horreur. Néanmoins, tout ne m’a pas pleinement convaincue et j’ai encore quelques réserves malgré une narration des plus singulières et efficaces.

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