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Top 40 des comédies policières cultes #15 : Piège de cristal, de John McTiernan

Piège de cristal, de John McTiernan
Avec : Bruce Willis, Alan Rickman, Bonnie Bedelia, Reginald VelJohnson
Année : 1988

Considéré à sa sortie comme un simple film d’action décérébré et au mieux doté d’une efficacité à toute épreuve, Piège de cristal a su redorer son blason au fil des décennies aux yeux des cinéphiles. C’est qu’à y bien regarder, le troisième film de John McTiernan (Predator, À la poursuite d’Octobre rouge, Une journée en enfer…) surclasse toutes les œuvres du genre, méritant peut-être de figurer au panthéon de l’histoire du septième art. Ce déluge virtuose, le film le doit notamment à un dispositif d’une simplicité enfantine : les péripéties d’un lieutenant de police new yorkais, John McClane, dans le huis-clos d’un gratte-ciel de Los Angeles aux mains d’une bande de criminels sanguinaires et de haut-vol.

D’une intelligence sans pareille, le scénario s’attache d’abord méticuleusement à tracer les contours du héros incarné par Bruce Willis : celui d’un policier au tempérament bien trempé, si bien qu’il est actuellement séparé de son épouse. En l’espace de quelques scènes, le personnage transcende la fiction et, sa bonhommie et son humour aidant, on s’attache à lui de façon inconditionnelle. Il pourrait alors presque s’agir du prélude à une comédie romantique mais ces ingrédients nous font délibérément faire fausse route : peu après son arrivée dans l’immeuble du Nakatomi plaza, le soir de la fête de Noël de l’entreprise de son épouse, des coups de feu se font entendre. S’amorce aussitôt une savante prise d’otages. La tour de L.A. se transforme dès lors en terrain de jeu avec d’un côté son antihéros aux gros bras, sans cesse occupé à chercher des chaussures à sa taille, de l’autre sa horde de faux terroristes armés jusqu’aux dents.

La musique à la fois ironique et martiale signée Michael Kamen (compositeur regretté de réalisateurs comme Donner, Columbus, Yates ou Frankenheimer), qui semble perpétuellement reprendre à son compte les plaisanteries de McClane – cet homme invisible qui voit tout –, assoit l’atmosphère. Ce jeu de chat et de la souris entre le flic et les grands méchants, si particulier, restent cependant surtout instauré par la mise en scène. La photographie de Jan de Bont (partenaire de légende de Paul Verhoeven), stupéfiante de minutie et d’inventivité, embrasse les espaces en travelling au gré d’un mouvement quasi perpétuel.

Pour sauver les otages et déjouer le plan des voleurs, McClane ne cesse de réfléchir intensément ("Think, think", se lance-t-il souvent à lui-même) et sa pensée se voit personnifiée par le déplacement de la caméra et la multiplication des plans. Ainsi, même dans les moments de stase, lorsqu’il peut entendre ou voir (comme un démiurge) tout ce qui se passe à l’étage des malfaiteurs, les images bougent à des fins d’allégorisation. En découle un authentique ballet que parachèvent les scènes épiques d’affrontement. Pendant ce temps, la comédie demeure l’un des éléments essentiels de l’intrigue, toute entière contenue dans la personnalité de McClane et de son correspondant radio Al Powell (partenaire sédentaire et invisible façon buddy-movie), ou encore à travers Argyle, le chauffeur de limousine fan de RUN-DMC. Une fantaisie à laquelle viennent s’opposer les personnalités machiavéliques de Hans Gruber et de ses sbires.

Bien entendu, le film ne déroge pas à la règle des comédies d’action et persiste en lui un premier degré machiste hyperbolique pourvu d’un humour foudroyant. À ce titre, Piège de cristal est bien un petit monument de comédie policière postmoderne. De ces aventures mâtinées de thriller et d’excentricité dont on ne se lasse pas.

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