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Top 40 des comédies policières cultes n°36 : Certains l’aiment chaud, de Billy Wilder

Certains l’aiment chaud, de Billy Wilder

Avec : Marilyn Monroe, Tony Curtis, Jack Lemmon, George Raft
Année : 1959

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En 1959, Billy Wilder a déjà 16 films à son actif parmi lesquels l’un des plus grands polars de l’histoire du cinéma, Assurance sur la mort, ou encore deux drames indépassables qui deviendront des références absolues : Boulevard du crépuscule (portrait au vitriol d’Hollywood) et Le Gouffre aux chimères (pamphlet contre le journalisme opportuniste et amoral). Celui alors que beaucoup considèrent comme un héritier du grand Ernst Lubitsch, auquel Wilder voue ouvertement un culte, choisit de synthétiser son goût pour le tragique et le burlesque dans Certains l’aiment chaud. En un jeu de mot typiquement Wilderien, le réalisateur fait à la fois allusion au jazz hot (le titre original est Some like it hot) dont les notes parcourent le film, et bien entendu au sexe qui suinte partout et en premier lieu via Marilyn Monroe. La comédie policière affleure avec une subversion de génie pour l’époque. L’intrigue suit en effet deux musiciens d’une troupe de jazz qui viennent d’assister malgré eux à un règlement de compte mafieux. Pour échapper à leurs poursuivants, le duo (inénarrables Tony Curtis et Jack Lemmon) est amené à se travestir en vue d’intégrer un orchestre de femmes.

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Cette année 1959 n’est pas comme les autres et Wilder le sait bien : les États-Unis traversent une dépression et le chômage explose, alors même que la guerre froide fait plonger peu à peu la population dans la paranoïa et que les grands metteurs en scène de l’âge d’or d’Hollywood se meurent. Il lui faut donc trouver une histoire capable de dynamiter la torpeur ambiante. À cet effet, le cinéaste américain choisit de reprendre l’esthétique des grands classiques hollywoodiens. C’est ainsi que l’on retrouve le noir et blanc et l’identité des films de gangsters les plus célèbres, à commencer par Scarface d’Howard Hawks (1932), le tout passé au tamis d’un humour volontairement burlesque et caricatural (voir par exemple le gâteau d’anniversaire contenant un tueur armé d’une mitraillette Thompson). Tous les personnages, de Sugar (Marilyn Monroe) à Joe/Josephine (Tony Curtis) en pasant par Jerry/Daphne (Jack Lemmon) sont pris dans un réseau de duplicités. On ment sur son identé sexuelle à la fois pour éviter la mort et en chemin, pour quelques-uns, à des fins plus pulsionnelles – le charme vénéneux de Monroe opérant. De son côté, celle-ci n’est pas épargnée par Wilder qui, en dépit de lui prêter une innocence et une grande naïveté, la dépeint aussi volontiers alcoolique et cupide.

Le cocktail qui en découle est à se tordre de rire, autant de par l’écriture subtile des dialogues ambigus qu’avec les doubles performances de Lemmon et Curtis – mention spéciale pour le côté Cary Grant de ce dernier – ou le jeu hypnotique et hautement sensuel de Monroe, laquelle chante notamment son célèbre I Wanna be loved by you moulée dans une robe forcément indécente. À noter que le rôle tenu par Jack Lemmon avait été à l’origine pensé pour Frank Sinatra, qui n’avait finalement pas accepté de jouer Daphne, un homme travesti en femme. Quant à Monroe, Wilder voulait la remplacer par Audrey Hepburn ou Elizabeth Taylor à cause du mauvais souvenir qu’il avait gardé d’elle sur le tournage de Sept ans de réflexion. Il n’en fut heureusement rien et le résultat avant-gardiste, ne serait-ce que sur la question du genre, est un chef d’œuvre.

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